Les Tchèques n’enverront plus de smileys

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Avant même ce dernier match, la Russie sait qu’elle pourra soulever le trophée, matérialisé pour la première fois par les organisateurs alors que le tournoi Karjala a plus de vingt ans d’existence. Et, contrairement à sa dernière victoire il y a deux ans où elle avait plutôt agi en contre-attaque, elle l’a fait plutôt en dominant son sujet et en imposant son jeu, alors même qu’elle alignait une équipe rajeunie. Les commentateurs russes ont remarqué que la sélection jouait bien mieux que la SKA Saint-Pétersbourg, alors même que les deux équipes ont le même entraîneur et plusieurs joueurs en commun. Kuzmenko et Byvaltsev sont ainsi méconnaissables par rapport à leurs prestations moyennes en club.

Il reste cependant un match face à des Tchèques déjà en plein doute après deux défaites, alors que le mandat de Miloš Říha vient à peine de débuter. L’entraîneur tchèque a modifié toutes ses lignes, par contre il a maintenu Patrik Bartošák dans les cages après la défaite de la veille. Le gardien de Vítkovice encaisse de nouveau après trois minutes, quand Kirill Kaprizov reçoit directement le palet envoyé de la ligne bleue par Nesterov sur une première supériorité numérique parfaitement négociée par la Russie. Sekáč peut répliquer dans la foulée, placé près du poteau, mais il manque le cadre.

C’est finalement Michal Řepík, trouvé devant la cage par Horák, qui égalise entre les bottes de Sorokin. Une pénalité très bête de Kousal remet toutefois les Russes à 5 contre 4, et c’est cette fois Aleksei Vasilyevsky qui marque. L’annonceur finlandais l’a appelé trois fois « Andrei Vasilyevsky », soit le nom de son frère cadet (d’un an), le gardien de Tampa. Mais Aleksei pourrait bien lui aussi se faire un prénom au rythme où il va. Après avoir mûri la saison dernière dans l’équipe de Russie B (« olympique »), le défenseur de première paire de l’actuelle meilleure équipe de KHL – l’Avtomobilist – a impressionné pour son intégration à l’équipe première avec une belle vision du jeu. De manière générale, en l’absence de Kiselevich (parti en NHL) et de Gavrikov, les arrières russes ont fait un bon tournoi, à l’exception de Zub qui a commis pas mal d’erreurs.

Mais alors qu’on semble s’acheminer vers la victoire russe attendue, les Tchèques ressortent des vestiaires avec de l’envie et de la hargne. Dominik Kubalík, qui avait été rejeté de KHL l’an passé semble même avoir sa chance en match officiel, s’impose deux fois dans le slot et se montre opportuniste pour faire repasser son équipe en tête. Kubalík signe aussi une passe quasi-décisive pour Pavlík qui tire sur le poteau. En fin de match, Pavlík obtiendra, en cage vide, son premier but en équipe nationale. Et Kubalík aussi, ce qui fait un beau triplé personnel pour l’attaquant d’Ambrì-Piotta. Même si les Russes restent premiers et les Tchèques derniers, ce résultat relativise un peu la domination des uns et les inquiétudes des autres.

Désignés joueurs du match : Dominik Kubalík pour la Tchéquie et Kirill Kaprizov pour la Russie.

Commentaires d’après-match :

Ilya Vorobyov (entraîneur de la Russie) : « Match serré. Nous avons commis des erreurs inutiles. Nous nous sommes battus à la fin, mais il a manqué un but. Nous avons gagné le tournoi et testé des débutants, le bilan global est très correct. Le jeu en supériorité numérique n’avait pas fonctionné parce que nos adversaires avaient analysé nos schémas. c’était mieux dans ce dernier match. Si le premier trio finit à -3, c’est à cause des buts en cage vide. Cela arrive. Bien sûr, je ne voudrais pas que ça se répète. »

Jakub Nakládal (capitaine de la Tchéquie) : « Les entraîneurs nous ont dit de nous aider et d’être solidaires sous la pression. Je pense que nous l’avions bien fait. Mais je pense que notre jeu était bon au premier match contre la Suède et que nous aurions mérité un point. Face à la Finlande, nous étions frustrés, nous ne patinions pas et nous n’étions pas compacts. Le contraire de ce match face à la Russie. C’est une victoire importante. Nous avons de nouveaux entraîneurs, beaucoup de jeunes. C’est encore l’Euro Hockey Tour et tout culminera au championnat du monde. Mais il n’y a pas de quoi paniquer. »

Patrik Bartošák (gardien de la Tchéquie) : « Je déteste vraiment perdre. Que ce soit à la maison aux petits chevaux, à la playstation, au billard, au bowling ou au hockey. Je suis comme un petit garçon. Ma famille et mes amis savent déjà qu’il ne faut pas jouer avec moi. Si je ne gagne pas, je suis de mauvaise humeur. On s’est battu les uns pour les autres et à partir du deuxième tiers on ne leur a pas laissé un mètre de glace. Quand ils ont eu des occasions, j’étais là pour les gars. Et quand j’étais en difficulté, ils étaient là pour moi. Nous avons gagné, donc les impressions du match sont bonnes. Même si notre position au classement, c’est bon pour la confiance. Nous avons réussi à battre la plus forte équipe du tournoi, même pas 24 heures après notre défaite contre la Finlande. »

Miloš Říha (entraîneur de la Tchéquie) : « Il peut sembler que les Russes nous ont surestimés parce qu’ils étaient premiers, mais bien sûr ils ne veulent jamais perdre comme nous. Le tournoi n’était pas fini, chaque match est important, surtout pour les joueurs avec un lion sur la poitrine. Nous leur avons répété ce qu’on exigeait d’eux et ils ont fait exactement ce que nous voulions, merci à eux. Nous avons créé une pression spéciale, un mode d’entraînement pas habituel en équipe nationale. Nous n’avons pas cherché du repos, mais plus de travail, plus de théorie, plus de discipline et de rassemblements collectifs. Au début, les joueurs nous regardaient incrédules. Par exemple, quand on leur a envoyé un programme d’entraînement en deux phases, le manager a reçu des smileys… Mais nous les avons convaincus. Nous leur avons même donné un programme pour travailler plus dur en club. Il est trop tôt pour dire si cela réussit. Nous avons gagné un match, il n’y a pas de quoi se vanter, mais nous pouvons bâtir là-dessus. En défense, les anciens ont amené de la stabilité, Doudera, Zámorský et Musil se sont distingués. En attaque, il est évident que les Sekáč, Nestrašil et Kubalík ont progressé. Mais nous voudrions qu’ils prennent confiance pour mener l’équipe. Řepík a joué son rôle, les jeunes l’ont rejoint. Nous avons fait la sélection pour avoir une équipe équilibrée. Il est juste dommage que Jirí Novotny et Martin Zaťovič aient dû déclarer forfait sur blessure. Nous pourrions déjà être un peu plus loin, mais ce n’est pas grave, nous les essaierons plus tard. »

 

Tchéquie – Russie 5-2 (1-2, 2-0, 2-0)
Dimanche 11 novembre 2018 à 13h30 à la Hartwall Areena de Helsinki. 3020 spectateurs.
Arbitrage de Kristian Vikman et Lassi Heikkinen (FIN) assistés de Tommi Niittylä et Jere Koskela (FIN).
Pénalités : Tchéquie 24′ (6’+10′, 4′, 4′) ; Russie 4′ (2′, 2′, 0′).
Tirs : Tchéquie 21 (9, 4, 8) ; Russie 23 (11, 9, 3).

Évolution du score :
0-1 à 02’45 : Kaprizov assisté de Nesterov et Vasilyevsky (sup. num.)
1-1 à 11’28 : Řepík assisté de Horák et Červený
1-2 à 16’08 : Vasilyevsky assisté de Grigorenko et Kaprizov (sup. num.)
2-2 à 21’16 : Kubalík
3-2 à 33’40 : Kubalík assisté de Štencel et Doudera
4-2 à 58’59 : Pavlík assisté de Řepík (cage vide)
5-2 à 59’27 : Kubalík assisté de Horák (cage vide)

Tchéquie

Attaquants :
Jiří Sekáč (+1) – Andrej Nestrašil – David Tomášek
Radovan Pavlík (+3, 2′) – Robin Hanzl (+3) – Dominik Kubalík (+3, 2′)
Rudolf Červený (+1, 2′) – Roman Horák (+2) – Michal Řepík (A, +2)
Robert Kousal (2’+10′) – Radim Zohorna – Hynek Zohorna
Patrik Zdráhal

Défenseurs :
Jan Štencel (+1) – Jakub Nakládal (C, +1, 2′)
Jan Kolář (A, +2) – Milan Doudera (+2)
Michal Jordán (+2) – Petr Zámorský (+2, 2′)
Jakub Krejčík – David Musil (2′)

Gardien :
Patrik Bartošák

Remplaçant : Simon Hrubec (G). En réserve : Radan Lenc, Tomáš Vincour.

Russie

Attaquants :
Kirill Kaprizov (-3) – Andrei Loktionov (A, -3) – Mikhail Grigorenko (-3)
Andrei Kuzmenko – Aleksei Byvaltsev – Ilya Mikheev
Anton Slepyshev (-2) – Denis Zernov (-1) puis à 12′ Maksim Shalunov – Anatoli Golyshev (-2)
Ivan Telegin (-1) – Aleksandr Kadeikin (-1) – Evgeni Ketov (C, -1)

Défenseurs :
Nikita Nesterov (A, -2) – Artyom Blazhiyevsky (-2)
Viktor Antipin – Aleksei Vasilyevsky (-1, 2′)
Denis Barantsev (2′) – Aleksandr Yelesin
Andrei Pedan (-3) – Artyom Zub (-2)

Gardien :
Ilya Sorokin [sorti de 57’37 à 58’59 et de 59’20 à 59’27]

Remplaçant : Igor Shestyorkin (G). En réserve : Dinar Khafizullin, Aleksandr Barabanov, Aleksandr Dergachyov (hématome).

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