Calgary met le feu à la NHL

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11e de la saison dernière dans la conférence ouest, les Flames de Calgary ont modifié pas mal de choses cet été, pour tenter de renverser une tendance pas forcément à leur avantage et de confirmer par des résultats, le talent qu’ils ont sur le papier. Nouveau coach, quelques transferts bien sentis, et une attaque qui mitraille absolument tout ce qui bouge.

Avec la tournure que prenaient les saisons des Flames, ils semblaient bien partis pour faire comme leur voisin de l’Alberta, les Oilers d’Edmonton, en gâchant un super talent comme l’est Johnny Gaudreau.

Depuis le départ de Bob Hartley, Glen Gulutzan n’avait pas réussi à trouver la formule pour tirer le maximum de son effectif, et bouger suffisamment ses troupes. Passant du temps à chercher comment faire passer son message, l’ex-coach en chef a finit par être remercié, remplacé par l’ancien des Hurricanes de Carolina, Bill Peters, lui-même en disgrâce à Raleigh.

Besoin de changement

Il fallait donc changer plusieurs aspects de l’équipe, à commencer par le discours du coach. Glen Gulutzan, plus en lumière l’an dernier pour ses coups de colère que pour ses résultats, n’a pas pu insuffler ce qu’il souhaitait, en s’appuyant sans doute trop sur les vétérans. Bill Peters, pas non plus en réussite en Caroline, s’est vu offrir un ou plusieurs buteur(s) de qualité pour son projet de jeu.

Autres changements, dans le choix des hommes. Exit Dougie Hamilton, Michael Ferland et Adam Fox (bon prospect défensif), direction la Caroline, en retour de Elias Lindholm et Noah Hanifin. Hamilton, en délicatesse avec la franchise et peut-être même avec la ville de Calgary, paraissait inéluctablement voué à partir. Noah Hanifin, très prometteur, avait visiblement la confiance de Peters, souhaitant l’amener dans son périple canadien.

Ferland, en très bonne connexion avec Gaudreau et Monahan devant la saison passée, est censé amener cette profondeur dont les Canes ont besoin, eux mêmes un peu déçus par le rendement du suédois Lindholm n’ayant pas dépassé les 45 réalisations en saison, malgré une forte attente due à sa position de 5e choix de la draft 2013.

Le projet est donc simple : possession du palet, construction par l’arrière, et le maximum de pression sur la cage adverse en l’inondant de tirs. Avec des menaces comme Johnny Gaudreau, Sean Monahan, Matthew Tkachuk, ou Mikael Backlund, les pensionnaires du Scotiabank Saddledome ont de quoi inquiéter une grosse partie des défenses de la ligue.

Une attaque plus précise

C’est bien là que la différence paraît la plus importante. L’an passé, avec 218 buts inscrits, soit environ 2,65 buts par match, les Flames pointaient au 13e rang à l’ouest, à égalité avec Vancouver (14e). Avec une première ligne omniprésente (Gaudreau/Monahan/Ferland), cela manquait de soutien, si ce n’est avec l’apport offensif de défenseurs comme Dougie Hamilton, ou Marc Giordano.

Cette année, les Flames en sont pour le moment à 157 buts en 44 matchs, soit 3,56 unités par rencontre. Un but de plus par match globalement et surtout 13 matchs à 5 buts marqués ou plus, avec des cartons à 7 ou 9 unités inscrites. Et si le « bottom-6 » n’explose pas tous les compteurs, le premier trio composé de Gaudreau/Monahan/Lindholm est lui en feu. Aussi important que l’an passé, « Johnny Hockey » a déjà marqué plus de buts (26 buts contre 24 en 2017-18), tandis que ses compères ont également marqué presque autant que la saison dernière.

Elias Lindholm, lui, a déjà inscrit 20 buts, pour 50 points au total, soit plus en une moitié de saison que sur les autres saisons complètes.

Les Flames sont ainsi bien plus précis devant le but. En passant de 7,38% à 10,24% au SH%, Calgary met ses occasions. Leur corsi est plutôt stable (52,77% au lieu de 52,44%), et les buts anticipés sont un tantinet supérieurs (54,87% au lieu de 51,43%), les hommes de Bill Peters n’attaquent donc pas plus mais ostensiblement mieux. Leur PDO s’en ressent avec une amélioration d’environ 3 points (101,37 au lieu de 98,84).

En supériorité numérique, Calgary a pour le moment un rendement supérieur aussi. Avec 21% de réussite, contre 16% la saison passée, ils sont dans la partie haute à l’ouest (6e) et dans la ligue (13e).

Résister aux ondes négatives

Une bonne défense, une attaque en grande réussite, un coach intelligent, adapté à son effectif, qu’est-ce qui pourrait empêcher les Flames de créer la grosse surprise à l’ouest, et de casser les pieds aux gros bras de la conférence que sont les Predators, Jets ou Sharks ?

Pour le moment, rien. Sauf qu’en se penchant sur le sujet, l’équilibre reste non pas fragile, mais à surveiller. Actuellement, Johnny Gaudreau, Sean Monahan et Elias Lindholm, soit la première ligne offensive, représentent presque la moitié de la production totale. Une blessure pourrait endiguer la bonne marche globale de manière significative. D’autres éléments, comme James Neal par exemple, devraient plus se montrer pour apporter du complément aux stars de l’équipe

Ensuite, les choix de coaching font aussi des victimes. Michael Frolik a été écarté plusieurs fois, et commence à s’impatienter. Si nous ne sommes pas dans le vestiaire pour mesurer l’étendue des dégâts, son agent, Allan Walsh, s’épanche en tout cas pas mal sur les réseaux sociaux et condamne la faible utilisation de son poulain, malgré un investissement toujours impeccable du joueur. Si cela tend à s’améliorer, ça ne pourrait être qu’un mauvais souvenir, mais cela peut aussi faire jurisprudence auprès d’autres membres de l’effectif, soucieux de retrouver du temps de jeu, ou simplement mécontents de leur sort.

Enfin, la marque de fabrique Bill Peters aux Hurricanes tournait autour d’une équipe belle à voir jouer, d’une attaque imprécise, mais surtout d’une incapacité à posséder des gardiens fiables. Cette année, aux Flames, Peters dispose de deux hommes qui démontrent un autre niveau. Mike Smith, plus à présenter, a même été « détrôné » par le jeune Tchèque David Rittich.

Avec une moyenne d’arrêts à 92,1%, Rittich est la révélation de la saison dans les cages. Smith n’arrive d’ailleurs pas à retrouver son rang, même lorsque le tchèque est blessé, avec une moyenne faiblarde à 88,6%. Avec 22 matchs commencés chacun, David Rittich possède 3 victoires de plus, une moyenne d’arrêts bien supérieure, et 12 buts encaissés de moins.

En somme, si les Flames n’ont encore rien gagné, la différence visuelle est déjà énorme avec les années précédentes. La répartition des tâches semble similaire, mais la réussite qui fuyait la franchise paraît revenir. Les forts atouts de l’équipe fonctionnent à plein régime, et les points faibles n’en sont pour le moment plus. Si la saison continue ainsi, la méthode Bill Peters pourrait donc être la bonne dans l’Alberta.

Sources: Corsica.hockey ; nhl.com ; Crédit photo: globalnews.ca ; youtube.com

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