France – Russie (Euro Challenge à Rouen)

Présents dans la pénibilité !

304

Présents dans la pénibilité !

Faussement présenté comme un premier match international, à l’abusif tarif de gala (de 19€ à 26€), servant de préparation aux championnats du monde de l’équipe de France, on assistait plutôt à une nouvelle ébauche d’épuration de Philippe Bozon face à une équipe russe dite « olympique » parce que 15 joueurs sur 20 ont moins de 25 ans (le plus âgé, l’ailier Alexei Makeyev, a 27 ans), moins alignée pour préparer ses matches à la Zimný štadión Ondreja Nepelu de Bratislava que pour servir de sparring partner (idéal ?) à une France « espoirs » composée majoritairement d’apprentis internationaux à passer sévèrement au chinois du staff français.

Pour ces Bleus-là, leurs adversaires, même de « second plan » (un défenseur évolue en VHL, pas d’ex-NHL’ers – à l’exception d’un match joué par Yakimov – aucun sélectionné n’a joué de Mondial, pas un joueur dans le top35 des pointeurs de KHL), seront d’un calibre très relevé. Sept joueurs ont été drafté. Neuf Russes, presque la moitié de l’équipe, évoluent ensemble dans l’équipe de Yaroslavl (deuxième de la division Tarasov derrière le CSKA Moscou). Notamment, ils composent deux paires d’arrières (Rafikov–Osipov & Cherepanov –Yelesin), où les ententes sont très importantes dans les alignements, et ils constituent aussi 80% des deux premiers blocs russes qui disposeront donc de repères extrêmement solides. C’est aussi en défense que cette équipe « olympique » dispose du plus d’expérience. Rafikov, Yelesin et Kulik ont été plus souvent appelés dans les sélections de tournois amicaux officiels que leurs partenaires, tout comme le gardien aligné ce soir, Ilya Konovalov. Malgré sa jeunesse (20 ans), 9è gardien de la KHL (93,0%), il est titulaire à Yaroslavl (et serait aussi de la draft 2019 ?). Ces atouts ne sont pas les seuls. L’équipe a déjà joué deux rencontres amicales, la semaine dernière, contre la Biélorussie. Les Russes ont capitalisé deux victoires (1-3 et 1-4) avec 6 buteurs différents.

En face, le patchwork bleu, trois jours après le match 7 d’une finale de coupe Magnus, à la recherche d’une place pour Kosice, dispose de bien moins d’expérience et surtout d’automatisme collectif. Il n’y pas d’ossature qui reposerait soit sur un club comme pour les Russes, même si les Bordelais sont majoritaires, soit sur les sélections précédentes, à l’image de Axel Prissaint, Julien Guillaume, Loïc Farnier, Vincent Nesa et Fabien Colotti qui sont appelés pour la première fois sous le maillot bleu des « A ». À peine plus d’un tiers des sélectionnés de ce soir était présent en février en Autriche et seuls quatre joueurs présents à Rouen, Gallet, Valier, Di Dio Balsamo et Matima, ont aussi participé, avec l’équipe de France, aux deux derniers tournois EIHC. Et si l’on remonte jusqu’en novembre 2018, pas si loin finalement, seul Hugo Gallet aura participé aux 4 tournois officiels !

Malgré tout, les Bleus sont bien entrés dans la rencontre. Peter Valier lançait à gauche du but russe (0’22). Ils obtenaient une supériorité sur laquelle Olivier Dame-Malka puis Anthony Rech inquiétaient Ilya Konovalov. Ensuite, dans un jeu à quatre-contre-quatre, la Russie ouvre le score par Rudenkov, dans le cercle droit, sur réception, suite à une sacrée passe transversale du revers (0-1 à 07’49). Les Russes sont définitivement rentrés dans le match et tout sera compliqué pour les coéquipiers de Kevin Hecquefeuille.

La défense française résiste, mais sur leur première infériorité, les Bleus craquent. Yegor Korshkov dévie d’une prouesse exceptionnelle, une passe de l’arrière, dans un angle très réduit, en bas du cercle droit, un palet qui passe au-dessus de l’épaule gauche d’Ylönen pas assez collé à son poteau (0-2 à 14’58, notre photo ci-dessous). Rudy Matima obtient une chance en duel, mais il est frustré par Konovalov (15’31). Les hommes de Philippe Bozon sont un peu mieux à présent et obtiennent un power-play tué par les joueurs d’Oleg Bratash (aussi assistant coach des U20 russes) qui obtiennent une occasion sur cette infériorité. Mais que le meilleur sélectionné russe, Anatoli Golyshev, ne peut convertir (17’31).

Au retour sur la glace, les Français sont toujours combatifs malgré l’opposition. Certes les entrées de zones sont rudimentaires, voire commodes à déjouer pour les Russes. Cependant, Di Dio Balsamo peut se montrer dangereux (20’06). Les Bleus ne lâchent pas grand-chose à quatre contre cinq et Prissaint est clairvoyant en défense (21’51). Mais la sélection française est souvent en difficulté malgré sa combativité et ne fait que retarder l’échéance. Elle accorde un contre surnuméraire heureusement assez mal joué par Demidov, Makeyev et Zhafyarov (24’23). Enfin, elle s’incline un peu naïvement. Igor Rudenkov, qui a gagné cette saison, à 24 ans, ses galons de titulaire en KHL à Khabarovsk, inscrit son second but, d’un tir frappé encore sur réception, en moins de 18 minutes (0-3 à 25’26).

À l’exception de Di Dio Balsamo, les Bleus, assez bien encouragés par une foule en manque des Bleus, ont terriblement de difficulté à être tranchants. Heureusement, ils n’autorisent plus de lancer trop compliqué à lire pour Sebastien Ylönen. Après un premier tiers moins convaincant, le portier s’est montré solide, notamment de la botte devant Yakimov, (23’17) et de la mitaine face au tir de Yarulin, vainqueur avec Kazan de la coupe Gagarine en 2018 (36’36).

Le dernier tiers permet à Anthony Rech, d’un exploit personnel, de sauver l’honneur, tôt dans la période, et de ravir les tribunes qui l’espéraient (1-3 à 41’05). Au lieu d’emballer ce match, un peu courts, les Français doivent jouer deux infériorités agaçantes. La première est maîtrisée, mais la seconde doit laisser la place à un nouveau filet des Russes. Pavel Kraskovsky de près s’essaie d’un rebond (1-4 à 47’42). La fin de match sera encore plus inextricable pour des Français faisant pourtant toujours preuve d’abnégation. Mais impuissants en attaque à cinq, ils s’en remettent à un Ylönen de bonne facture. Le gardien a été épais. Il a vu les lancers de Demidov (52’39), Zhafyarov (55’13) et Yakimov (59’06) passer à côté de sa cage. Le cerbère a frustré Khokhlachev parti en échappée (47’54) et a remporté une nouvelle opposition face à Yakimov (55’34).

Les aspirants internationaux, dans des conditions peu optimales, ont capitulé logiquement sans qu’ils aient démérité à leur volonté de bien faire. Il semble difficile de tirer des enseignements collectifs de cette rencontre. Les power-breaks mis à profit par Philippe Bozon comme des mini-temps-morts ne semblent avoir eu d’incidence ni sur le comportement tactique des Bleus ni sur leur capacité à contrecarrer leurs adversaires. Quelques individualités (Di Dio Balsamo ?) ont pu marquer les esprits d’une façon ou d’une autre et pourront les confirmer demain, pour le match 2 à Cergy.

Commentaires (dans Paris-Normandie) :

Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « Je suis satisfait de l’attitude qu’ont eue les joueurs. Je leur avais dit avant le match que je ne regarderai pas trop le score mais plutôt l’attitude et, de ce point de vue, ils ont répondu présents. Ils n’ont jamais lâché. Un match comme celui-là, ça permet de montrer aux jeunes les paliers à franchir pour arriver au haut niveau. À partir du moment où on avait décidé de faire cette liste Espoirs, ce match était, je trouve, une belle opportunité de lancer les jeunes et de leur montrer ce qu’est le haut niveau. C’est plus facile après pour un coach de faire passer ses messages quand les joueurs ont goûté à cela. »

Fabien Colotti (attaquant de la France) : « C’était très excitant de jouer un tel match. Porter le maillot bleu, c’est toujours fort en émotion. J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Ce soir, en face, c’était très fort mais j’ai le sentiment que, question intensité, on est parvenu à se mettre au niveau. Après, le talent des Russes et leurs qualités techniques ont fait la différence. Même si j’ai eu un peu de déchets dans mes passes et quelques difficultés au niveau de la vitesse d’exécution, je garderai un bon souvenir de ce match. Ça m’a aussi permis de voir le travail que j’ai encore à faire pour jouer à ce niveau. Clairement, il y a du pain sur la planche ! (rires). »

Vincent Nesa (attaquant de la France) : « C’était un bon match à jouer. On était là, nous les jeunes, pour montrer au sélectionneur ce dont on est capable. Ça n’était pas simple car il a fallu intégrer tous les systèmes, qui sont différents de ceux de Rouen, en deux jours mais, au fil du match, j’ai senti que ça se mettait en place. J’ai vraiment apprécié ce moment en tout cas. J’étais fier en tout cas de pouvoir remettre ce maillot que je n’avais plus porté depuis 2015 (NDLR : en U20). D’autant plus que, dans l’ensemble, je trouve que ça s’est bien passé. On a plutôt fait un bon match. »

France – Russie 1-4 (0-2, 0-1, 1-1)
Vendredi 13 avril 2019 à 19h30 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : MM. Pierre Dehaen et Adrien Ernecq assistés de MM. Jérémie Douchy et Clément Goncalves.
Pénalités : France 10′ (4′, 2’, 4’) ; Russie 22′ (8′, 12′, 2’).
Tirs : France 16 (7, 6, 3) ; Russie 57 (13, 23, 21).
Supériorités : France 0/5 ; Russie 2/4.

Évolution du score :
0-1 à 07’49 : Rudenkov assisté de Zlobin
0-2 à 14’58 : Korshkov assisté de Golyshev et Rafikov (sup.num.)
0-3 à 25’26 : Rudenkov assisté de Zlobin
1-3 à 41’05 : Rech assisté de Claireaux et K.Bozon
1-4 à 47’42 : Kraskovsky assisté de Korshkov et Golyshev (sup.num.)

France

Attaquants :
Cédric Di Dio Balsamo – Maurin Bouvet – Peter Valier (2′)
Kevin Bozon (+1, 4′) – Valentin Claireaux (A, +1) – Anthony Rech (A, +1)
Bastien Maia – Julien Guillaume – Rudy Matima
Loïc Farnier (-2) – Fabien Colotti (-2) – Fabien Kazarine (-1) ou Vincent Nesa (-1)

Défenseurs :
Pierre Crinon (-1) – Kevin Hecquefeuille (C, 2′)
Fabien Bourgeois – Olivier Dame-Malka (+1, 2′)
Hugo Gallet (-1) – Aziz Baazzi (-1)
Axel Prissaint

Gardien :
Sebastian Ylönen (53 arrêts)

Remplaçant : Henri-Corentin Buysse (G). En réserve : Gabin Ville.

Russie

Attaquants :
Yegor Korshkov – Pavel Kraskovsky (10′) – Anatoli Golyshev (C, 2′)
Danil Yurtaikin (-1) – Aleksandr Khokhlachev (-1) – Denis Alekseyev (-1)
Aleksei Makeyev – Artyom Shvets-Rogovoy – Damir Zhafyarov
Anton Zlobin (+2) – Bogdan Yakimov (+2) – Igor Rudenkov (+2)

Défenseurs :
Rushan Rafikov (A) – Maxim Osipov (2′)
Nikita Cherepanov (2′) – Alexander Yelesin
Albert Yarullin (A, 2′) – Yevgeni Kulik (2′)
Nikolai Demidov (+1) – Ivan Mishchenko (+1, 2′)

Gardien :
Ilya Konovalov (15 arrêts)

Remplaçant : Ivan Bocharov (G). Absents : Artyom Zagidulin, Egor Rykov, Nikita Mikhailov.

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

tempus porta. quis, elit. nec risus vel, vulputate, Sed diam