Les Bleus de l’ombre (2/2)

Le vestiaire des Bleus à Kosice
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Lors des Championnats du monde en Slovaquie en mai dernier, Hockey Archives a rencontré Christophe Tournier, responsable matériel, et Edouard Manson, kiné. L’occasion de découvrir un peu plus les coulisses des Bleus.

De gauche à droite : Aurélien Omer, Adrien Valvo et Christophe Tournier.

Christophe Tournier (responsable du matériel)

Quel est ton parcours avant d’arriver chez les Bleus ?

J’ai débuté au club de Lyon en 2012 car mon fils s’était mis au hockey. J’ai aidé en tant que bénévole après ma rééducation. On m’a alors proposé le poste d’intendant de Lyon. Un poste s’est ouvert à la fédération et j’ai postulé. C’était une bonne opportunité. Nous étions une quinzaine de candidats. Je suis donc complètement autodidacte, je n’ai suivi aucune formation mais « Jimmy » (Aurélien Omer) à mes côtés dispose lui d’une grande expérience internationale.

Quel est ton statut ?

Je suis salarié de la fédération et je suis l’équipe sénior, ainsi que le stage estival, depuis juin 2016.

Comment s’est déroulé le voyage ?

Nous avons fait 19h de camion depuis Cergy, jusqu’à Kosice. Nous sommes partis le 4 mai et arrivés le 6. Au total, nous sommes partis six semaines, en comptant les quatre de préparation.

Quel est ton rôle auprès des joueurs ?

Je suis là pour leur apporter de la confiance, créer une relation de confiance. Je dois être prêt pour eux, à l’écoute de leurs besoins afin qu’ils puissent se concentrer sur leur jeu.

Combien de personnes gèrent le matériel ?

Nous sommes deux, un pour les besoins des joueurs et un pour l’affûtage, etc. Cela comprend aussi les réparations de patins, rivets, bref, éliminer le superflu pour que les joueurs se sentent bien.

Comment se passe la journée ?

Nous arrivons deux heures avant eux. Nous préparons le vestiaire, les patins avec l’affûtage, les crosses. Nous vérifions le matériel, effectuons les petites réparations. L’objectif est de laisser les joueurs dans une bulle. Ils ne doivent être là que pour monter sur la glace.

Quel matériel  utilisent les joueurs?

Il y a entre neuf et douze crosses par joueur. L’usage est aléatoire, cela dépend des matchs et il faut en avoir le maximum au cas où. Elles sont payées par la fédération. Les joueurs ont leurs propres protections mais la fédération fournit le reste (casque, gant…)

L’organisation du mondial traite-t-elle les équipes équitablement ?

Nous sommes toujours très bien reçus par l’organisation, même si nous n’avons jamais les meilleurs vestiaires.

Comment cela se passe avec les autres pays ?

Nous sommes un peu une famille internationale. Nous échangeons entre nous, partageons des choses. Il y a toujours à prendre chez les autres car nous ne sommes jamais parfaits mais cherchons toujours à faire mieux. C’est un plaisir de partager avec les grosses nations sur les techniques de matériel. Je suis quelqu’un de très perfectionniste, je cherche toujours à être au top. La partie matérielle demande de la performance.

Le vestiaire des Bleus à Kosice

Edouard Manson (kiné)

Comment se passe une journée type ?

Nous avons une salle de soins à l’hôtel et une à la patinoire. Tout se fait au rythme des entraînements et des matchs. La priorité c’est la gestion des blessures, et l’aide à la récupération. Les joueurs bénéficient de soins après les matchs, à la patinoire, et après le repas, selon l’état des joueurs et leurs soucis de blessure ou non.

Quel staff pour tout cela ?

Un médecin et deux kinés ostéopathes, sur tous les regroupements. Le médecin est là pour poser un diagnostic. Il donne un avis médical sur l’état du joueur. On se concerte, et la décision dépend du moment, des échéances, tout en protégeant en priorité l’intégrité physique du joueur.

Les joueurs veulent souvent jouer en dépit des blessures…

Oui, c’est toujours un dilemme. Nous voulons minimiser les risques du mieux possible et cela explique la concertation : l’entraîneur, le directeur sportif prennent la décision selon l’avis médical.

Côté nutrition, comment cela se passe-t-il ?

Le médecin vérifie tout. Lors du Mondial, l’hôtel annonce un certain nombre de choses et nous adaptons selon les goûts avec la gestion de l’hôtellerie.

Quand as-tu débuté en équipe de France ?

Je suis là depuis 2005. J’ai participé au mondial en Chine en 2007 par exemple, avec notamment Benoît Messin qui est là depuis quasiment vingt ans. Sébastien Defoor nous a rejoint il y a douze ans, et nous avons un nouveau kiné cette année.

La préparation physique a bien évolué au fil des années…

Oui, aujourd’hui tout le monde travaille énormément physiquement, dans tous les sports d’ailleurs. Tous les joueurs sont très impliqués dans la préparation physique. Ils arrivent prêts. Cela patine fort, le niveau a monté. Et le Mondial, c’est la folie, c’est particulièrement élevé !

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