Le Bélarus premier grâce à un ivrogne et à un powerplay incompréhensible

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La petite patinoire de Liepaja est pleine : les 1200 places assises sont occupées et plusieurs centaines de spectateurs sont debout sur tout le pourtour. Le vainqueur de ce dernier match entre Lettonie et Bélarus sera aussi celui du tournoi. Le derby entre les co-organisateurs du Mondial 2021 a toujours une saveur particulière depuis un fameux match de qualification olympique de 2005.

Preuve qu’on peut se remettre de tout, l’entraîneur de l’époque, Mikhaïl Zakharov, est revenu aux commandes de l’équipe nationale du Bélarus. Si la nouvelle est perçue avec effarement par certains, c’est en tout cas l’assurance qu’on ne va pas s’ennuyer… Comme les retransmissions vidéo de la CHL enregistrent tout, Zakharov s’était fait remarquer début septembre en tant qu’entraîneur du Yunosty Minsk lors d’un match à Trinec. Il avait successivement engueulé son assistant-coach puis l’entraîneur des gardiens Dmitri Karpikov pour avoir procédé à un changement de gardiens… alors qu’a priori c’est quand même lui qui est censé valider les décisions en tant qu’entraîneur en chef ! « Pourquoi tu as fait entrer cet ivrogne ? Trois tirs – deux buts. Tu veux qu’on en prenne dix ? » Voilà le discours – expurgé des autres grossièretés – qu’il tenait alors à Karpikov…

Deux mois plus tard, Mikhaïl Zakharov dirige le banc de l’équipe nationale. L’ivrogne dont il était question – Igor Brikun – a été sélectionné ! « J’espère que ce n’est pas une fille pour être offensé », a répondu Zakharov à un journaliste qui s’inquiétait des possibles répercussions de ce discours. Il a précisé que la sélection de Brikun était un choix conjoint avec… Dmitri Karpikov, l’entraîneur des gardiens qui est son seul adjoint présent ici (les autres n’ont pas encore été nommés…). Pour cette finale du tournoi, Zakharov a préféré refaire confiance au junior formé en Russie, Konstantin Shostak, plutôt qu’à Brikun (le fameux « ivrogne » qui a battu la France en ouverture).

Le discours très communicant et positif de Bob Hartley, ou le style soviético-charretier de Zakharov : qui aura le meilleur ce soir ? Le premier s’est volontairement privé de deux attaquants majeurs (Karsums et Daugavins) pour ce dernier match, mais les Biélorusses finissent le week-end à onze attaquants en raison de blessures.

Après un round d’observation, la Lettonie intensifie sa pression vers la septième minute, après un bon lancer du capitaine de substitution Miks Indrašis sur la droite puis un redoutable tir sur engagement de Rihards Bukarts. Mais c’est pendant ce temps fort balte que le Bélarus part en contre-attaque. Stanislav Lopachuk trouve une belle passe entre les deux défenseurs pour Mikhail Stefanovich qui reprend dans la lucarne proche. Kristers Gudļevskis touche le palet sans l’arrêter (0-1). Les Baltes continuent de pousser, mais prend des risques. Le forechecking de Drozd provoque une erreur à leur ligne bleue et l’action se conclut par un lancer de Stasenko arrêté par Gudļevskis. Une pénalité contre Lopachuk (faire trébucher) permet à la Lettonie de chauffer la cage des visiteurs, même après le retour au complet. Mais elle ne parvient pas à trouver la clé de Shostak, aussi efficace de la mitaine que du bouclier.

Birziņš est pénalisé en début de deuxième période et le Bélarus concrétise ce premier avantage numérique : Stefanovich lance en lucarne pendant que Nikolai Stasenko masque parfaitement le gardien (0-2). On se rappelle alors les propos on ne peut plus officiels de Zakharov sur le site de la fédération biélorusse avant le tournoi : « aucun joueur dans cet effectif ne joue vraiment en supériorité numérique. Peut-être seulement les joueurs du championnat du Bélarus. On verra comment ils se débrouilleront quand la situation se produira. C’était incompréhensible à l’entraînement, assez faible. Or, dans cette finale, le Bélarus réussit un parfait 2 sur 2 avec un homme de plus ! À chaque fois, Mikhaïl Stefanovich prend sa position préférentielle dans le cercle gauche et Stasenko fait écran. Au début du troisième tiers, alors qu’Indrašis a retenu Belevich, Stefanovich ne met que 6 secondes à faire mouche dans la lucarne opposée (0-3). Hat-trick !

Menée de trois buts, la Lettonie n’a pas dit son dernier mot. Miks Indrašis se rattrape de sa pénalité en étant le plus prompt sur un rebond en cage ouverte (1-3). Les gradins se réveillent. À huit minutes de la fin, le lancer de la ligne bleue du jeune Sandis Smons se fraye un chemin dans le trafic. Les Biélorusses protestent contre une obstruction de Rihards Bukarts sur le gardien, mais les arbitres valident le but après appel à la vidéo (2-3). Un renversement improbable, mémoire de 2005 ? Non, car le Bélarus résiste, même pendant un passage en prison de Bogoleisha. Il a livré son meilleur match pour la fin, avec de l’intensité, et remporte le tournoi. Un premier succès à l’actif du si controversé Zakharov…

Désignés joueurs du match : Miks Indrašis pour la Lettonie et Sergei Drozd pour le Bélarus.

 

Lettonie – Bélarus 2-3 (0-1, 0-1, 2-1)
Samedi 9 novembre 2019 à 17h30 à la LOC Ledus Halle de Liepāja (LET). 1870 spectateurs.
Arbitrage d’Eduards Odiņš et Andris Ansons (LET) assistés d’Uldis Bušs et Dāvis Zunde (LET).
Pénalités : Lettonie 6′ (0′, 4′, 2′), Bélarus 30′ (2′, 6′, 2’+20′).
Tirs : Lettonie 26 (12, 5, 9), Bélarus 22 (8, 12, 2).
Engagements : Lettonie 25 (9, 9, 7), Bélarus 31 (9, 15, 7).

Évolution du score :
0-1 à 07’38 : Stefanovich assisté de Lopachuk
0-2 à 21’45 : Stefanovich assisté d’Antonov et Lopachuk (sup. num.)
0-3 à 42’27 : Stefanovich assisté d’Antonov et Drozd (sup. num.)
1-3 à 44’44 : Indrašis assisté de Ri. Bukarts et Jeļisejevs
2-3 à 52’34 : Smons assisté de K. Freibergs et Indrašis

Lettonie

Attaquants :
Rihards Bukarts (-1) – Deniss Smirnovs – Miks Indrašis (C, 2′)
Frenks Razgals (+1) – Romāns Ņekļudovs – Toms Andersons (2′)
Sandis Zolmanis – Deivids Sarkanis (-1) – Raimonds Vītoliņš
Lauris Bajaruns – Kirils Galoha – Nikolajs Jeļisejevs (+1)

Défenseurs :
Ričards Birziņš (2′) – Kristers Freibergs (A, +1)
Artūrs Salija (-1) – Roberts Mamčics (-1)
Eduards Jansons (-1) – Sandis Smons (+2)
Artūrs Kulda (-2)

Gardien :
Kristers Gudļevskis [sorti à 59’01]

Remplaçant : Kristaps Nazarovs (G). En réserve : Roberts Bukarts (malade), Ralfs Freibergs, Arvils Bergmanis, Bruno Zabis, Mārtiņš Karsums, Kaspars Daugaviņš, Rihards Melnalksnis.

Bélarus

Attaquants :
Mikhail Stefanovich (+3) – Sergey Drozd (+3) – Stanislav Lopachuk (+3, 2’+20′)
Aleksandr Malyavko (2′) – Pavel Boyarchuk (2′) – Sergei Malyavko
Artyom Demkov (-1) – Andrey Belevich (-1) – Igor Martynov (-1)
Dmitry Ambrozheychik (-1), Nikolai Suslo (-1)

Défenseurs :
Andrei Antonov (+1) – Nikolai Stasenko (C, +1)
Sergey Bogoleisha (-1, 2′) – Dmitry Znakharenko
Vladislav Eryomenko – Kirill Gotovets (+1, 2′)
Evgeny Nogachev (-1)

Gardien :
Konstantin Shostak

Remplaçant : Igor Brikun (G). Blessés : Andrei Kostsitsyn, Oleg Evenko et Aleksandr Kogalev.

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