Le plan quinquennal de la Suisse

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Les contrats de long terme sont une habitude bien ancrée en Suisse. Avant même que la Nati ne foule la glace cette saison, le directeur des équipes nationales Lars Weibel a prolongé coup sur coup jusqu’en 2024 les contrats du sélectionneur national Patrick Fischer puis de son adjoint suédois Tommy Albelin, au « savoir-faire » jugé précieux. Continuité, durabilité et « swissness » (en référence à une nouvelle réglementation sur l’indication de provenance suisse) ont été les maîtres mots de cette décision. Cela enlève de la pression à Fischer à quelques mois des championnats du monde à domicile… ou en ajoute à ses dirigeants qui se verront reprocher ce choix si jamais cela tourne mal.

En tout cas, Fischer a réussi son premier tournoi après avoir été conforté dans ses attributions. Avec un effectif incluant de nouveaux visages (l’équipe-type sera en effet alignée le mois prochain à domicile à Viège), la Nati a remporté ses deux premières rencontres. Il en reste une dernière, contre la Russie B. Gauthier Descloux était normalement prévu pour jouer ce match, mais le gardien genevois s’est fait une petite déchirure musculaire et Melvin Nyffeler retourne donc dans les cages.

La première période est équilibrée. Chaque équipe bénéficie de trois avantages numériques et ce sont les Russes qui en profitent finalement pendant une prison de Bader. Vladimir Bryuvkin est contré une première fois par la forte activité avec la crosse de Simon Lecoultre : il écarte alors le palet jusqu’à ce qu’il lui revienne après un jeu en triangle avec Zaitsev et Tolchinsky, pour une reprise instantanée au ras du poteau (0-1).

La Suisse réplique dès le retour sur la glace en mettant beaucoup de patinage. Un tir de la bleue de Jason Fuchs est dévié et arrive sur Simon Lecoultre ; celui-ci effectue alors un tour de cage éclair pour battre le gardien Daniil Tarasov qui n’était plus en position (1-1). Deux pénalités simultanées de Yannick Rathgeb et Pius Suter pour le même motif (faire trébucher) placent les Russes à 5 contre 3, mais ils ne concrétisent pas malgré un tir sur le poteau de Dmitri Yudin et un face-à-face de Sergei Tolchinski avec le gardien. Ils finissent quand même par reprendre l’avantage peu après. Maksim Tsyplakov dribble le défenseur Samuel Kreis en zone neutre et se procure alors un 2 contre 1 qu’il concrétise en servant parfaitement Daniil Ilyin (1-2). Fischer prend même son temps mort pour que son équipe reprenne ses esprits, la seconde moitié du deuxième tiers est meilleure mais les powerplays ne sont pas utilisés.

Ne démentant pas la bonne habitude prise, la Suisse sort des vestiaires avec de la rapidité, récompensée d’un but. Tyler Moy dépasse totalement en patinage Vadim Kudako pour s’échapper en contre et dribbler le gardien Tarasov avec une superbe vitesse d’exécution pour conclure du revers (2-2). Cette fois, les Helvètes enchaînent même à la faveur d’une phase de jeu à 4 contre 3 provoquée par une crosse haute de Volkov : Tyler Moy attire deux défenseurs en gardant le palet et sert une magnifique passe levée à Alessio Bertaggia dans le cercle opposé, pour une reprise en lucarne (3-2).

Néanmoins, les Suisses n’achèvent pas leur adversaire dans les deux avantages numériques qui suivent, pour des obstructions de Kodola et Galimov. Or, les Russes ont toujours des atouts techniques dans leur manche. Egor Voronkov signe un véritable festival en s’amenant le palet entre les jambes avant de le glisser sous les bottes du gardien ; Ivan Igumnov n’a en fait plus qu’à le pousser sur les vingt centimètres qui restent avant les filets déserts (3-3). La Suisse doit tuer une pénalité de Kreis pendant la prolongation et il faut ensuite passer aux tirs au but. Même si Pius Suter marque côté bouclier, la primauté technique des Russes est évidente une fois qu’ils règlent la mire. Vladislav Kodola finit le travail en marquant du revers entre les jambières du gardien Melvin Nyffeler.

La Suisse n’a pas obtenu le succès qui l’aurait assurée de gagner le tournoi. Elle offre donc une chance aux Allemands de repasser devant s’ils battent la Slovaquie à leur dernier match… Le week-end restera quoi qu’il arrive positif et la Nati sait disposer d’un nouvel atout techniquement intéressant avec Tyler Moy, attaquant californien de mère suisse qui joue depuis maintenant un an à Lausanne.

Désignés joueurs du match : Tyler Moy pour la Suisse et Maksim Tsyplakov pour la Russie.

Commentaires d’après-match

Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Cela serait beau d’être tout en haut. Nous avons déjà été deuxièmes aux championnats du monde et ici l’an passé. Dommage de ne pas avoir réglé la chose nous-mêmes. La manière m’a plu, sauf au deuxième tiers. Nous avons beaucoup d’erreurs dans les passes, sujet auquel nous accordons beaucoup d’importance. Mais nous avons bien réagi, nous sommes sortis comme les pompiers au troisième tiers et nous avons retourné le match. Nous avions le match en mains et nous aurions pu marquer le 4-2. Dommage de ne l’avoir pas fait, je suis déçu pour les gars. Nous valorisons néanmoins la performance et la façon dont les joueurs se sont sacrifiés sur les tirs à la fin. Maintenant nos espoirs reposent simplement sur les Slovaques. »

 

Suisse – Russie B 3-3 (0-1, 1-1, 2-1, 0-0) / 1-3 aux tirs au but
Dimanche 10 novembre 2019 à 11h00 au Königpalast de Krefeld. 4312 spectateurs.
Arbitrage de Lukas Kohlmüller et Markus Schütz (ALL) assistés de Wayne Herth et Kai Jürgens (ALL).
Pénalités : Suisse 16′ (6′, 6′, 2′, 2′) ; Russie 22′ (6′, 8′, 8′, 0′).
Tirs : Suisse 39 (8, 11, 18, 2) ; Russie 37 (9, 15, 8, 5).

Évolution du score :
0-1 à 18’13 : Bryuvkin assisté de Tolchinsky et Zaitsev (sup. num.)
1-1 à 21’36 : Lecoultre assisté de Suter et Fuchs
1-2 à 28’11 : Ilyin assisté de Tsyplakov et Veryaev
2-2 à 41’25 : Moy
3-2 à 46’22 : Bertaggia assisté de Moy et Egli (sup. num.)
3-3 à 57’01 : Igumnov assisté de Voronkov et Tolchinsky

Tirs au but :
Russie : Tolchinsky (à côté), Bryuvkin (au-dessus), Igumnov (réussi), Galimov (réussi), Kodola (réussi).
Suisse : Moy (arrêté), Suter (réussi), Egli (arrêté), Simion (à côté).

Suisse

Attaquants :
Pius Suter (A, +1, 2′) – Jason Fuchs (+1) – Luca Fazzini (+1)
Noah Rod (C, +1, 4′) – Raphael Prassl – Tyler Moy (+1)
Alessio Bertaggia (-1) – Marco Müller (A) – Luca Hischier (-1)
Guillaume Maillard ou Ken Jäger (-1) – Thierry Bader (-1, 2′) – Dario Simion (-1)

Défenseurs :
Claude-Curdin Paschoud (2′) – Dominik Egli (-1)
Simon Le Coultre (+1) – Yannick Rathgeb (+2, 2′)
Samuel Kreis (-2, 4′) – Roger Karrer
Fabian Heldner

Gardien :
Melvin Nyffeler

Remplaçant : Joren van Pottelberghe (G). Absents : Gauthier Descloux (G, déchirure musculaire), Andrea Glauser (commotion).

Russie B

Attaquants :
Sergei Tolchinsky (+1, 2′) – Ivan Igumnov (+1) – Vladimir Bryukvin (+1)
Kirill Voronin (-2, 2′) – Vladislav Kodola (-2, 2′) – Svyatoslav Grebenshikov (-2, 2′)
Pavel Poryadin (2′) – Georgi Ivanov – Artyom Galimov (2′)
Maksim Tsyplakov (+1) – Daniil Ilyin (A, +1, 2′) – Danil Veryaev (+1)

Défenseurs :
Egor Zaitsev – Artyom Volkov (2′)
Vadim Kudako (-2) – Andrei Ermakov (-1, 2′)
Dmitry Yudin (C, -1, 2′) – Aleksandr Shemerov (2′)
Egor Voronkov (+2) – Vladislav Provolnev (+2)

Gardien :
Daniil Tarasov

Remplaçant : Ilya Konovalov (G). En réserve : Andrei Tikhomirov (G), Ilya Karpukhin, Daniil Vovchenko.

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