Rejet de la ligue fermée par les Tchèques

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Après la partition de la Tchécoslovaquie, une ligue des clubs professionnels (APK) avait été créée et avait pris en charge la gestion de l’Extraliga tchèque. Mais en mai 2012, la ligue était frappée par les scandales et la fédération (CSLH) lui avait retiré sa délégation. L’objectif était d’assainir la situation avant de redonner la main aux clubs quelques années plus tard. Le processus semblait imminent, et les clubs devaient récupérer la main à l’issue de cette saison.

Quel qu’ait été son gestionnaire, l’Extraliga a toujours fonctionné avec un système de promotion/relégation. Il s’agissait d’un barrage entre le dernier et le premier de la division inférieure (1. Liga) dans les dernières années de l’APK. Puis la fédération avait remis en place le système initial : une poule de quatre entre les deux derniers et les deux prétendants à la promotion. En moyenne, cette poule aboutissait à une montée et une descente, même s’il pouvait y en avoir zéro ou deux. Mais au début de cette saison, la fédération a décidé un système direct dans lequel le dernier descendrait. Or, le bas de tableau est extrêmement serré et les clubs concernés se sentent sous pression.

Une réunion discrète s’est déroulée entre quelques clubs – huit au maximum – juste avant Noël dans un début de réorganisation en ligue : ils ont convenu d’annuler la relégation et d’étendre la ligue à 16 clubs en deux ans pour se donner de la visibilité… avant de revenir à 14 par la suite. Lorsque le journal Sport a révélé cet accord secret, plusieurs grands clubs (Sparta Prague, Trinec, Liberec), même pas consultés, se sont dits ouverts au débat mais choqués que l’on puisse changer les règles en cours de saison. Même position à la fédération.

Le président du syndicat des joueurs Libor Zboril a parlé de décision « scandaleuse et honteuse » et un sondage auprès des hockeyeurs a révélé que 92% étaient contre cette suppression de l’intérêt sportif de la compétition en milieu de championnat. Dans une conférence de presse de six capitaines, Radek Smolenak (Mountfield Hradec Kralové) a cité en contre-exemple un pays ans lequel il a évolué : « Regardez la Finlande, où on ne descend pas, en février ou en mars. Vous verrez que les cinq/six derniers lâchent l’affaire. Cela se voit au nombre de spectateurs et au niveau des matches.

La polémique a même éclaboussé l’icône jusque là intouchable, Jaromir Jagr. Joueur mais aussi propriétaire de Kladno, il s’est exprimé pour la fermeture de la ligue en raison de l’augmentation des coûts et des difficultés financières des clubs. La parole de Jagr a-t-elle valeur d’évangile ? La preuve que non. L’attachement des supporters à une compétition ouverte et juste est supérieur à leur attachement – pourtant immense – au numéro 68. Depuis son retour de blessure en janvier, il est régulièrement sifflé par les supporters adverses pour ses prises de position. Jagr est devenu malgré lui le symbole de la proposition détestée de ligue fermée. Certains présidents de club plus hypocrites, qui étaient pourtant plus à la manœuvre en coulisses pour abolir la relégation, se sont cachés derrière lui et se taisent depuis qu’ils se sont rendus compte des réactions.

Les clubs ont fait machine arrière. Ils se sont réunis de nouveau et ont finalement convenu de ne pas changer les règles jusqu’en 2021/22, mais de travailler un peu plus à leur projet avant de reprendre la gestion de la ligue.

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