Amiens – Rouen (Coupe de France 2020, finale)

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L’échéance tant attendue est enfin arrivée pour Gothiques et Dragons, la finale de la Coupe de France. Des mois que les joueurs attendent ce match, et quel match, le classique du hockey français, le derby des plaines opposant les Dragons de Rouen aux Gothiques d’Amiens dans une Accor’Hotels Arena plein à craquer ! L’objectif est simple ici, faire le match parfait pour venir soulever le trophée Pete Laliberté à l’issue de la rencontre. Pour aligner ses 7 défenseurs (depuis le recrutement du joker Cam Barker), l’entraîneur rouennais Fabrice Lhenry a sacrifié Maurin Bouvet, laissé en tribune, pour jouer à 11 attaquants. Passons aux choses sérieuses avec le résumé du match !

Le match commence fort avec un arrêt pour Henri-Corentin Buysse sur un tir de Nicolas Ritz. Les jaunes et noirs ont le contrôle du palet durant les deux premières minutes sans pour autant être en position idéale pour tirer, la faute à un bloc défensif très solide des Gothiques. Buysse est sur la trajectoire du tir lointain de Mäkinen. On voit quelques imprécisions de part et d’autre, notamment à cause d’une qualité de la glace qui laisse à désirer. Les Rouennais sont nettement mieux rentrés dans leur match, mais ils manquent de précision à l’image d’un 2 contre 1 non cadré de la part de Nicolas Ritz. Mario Richer sait que son équipe n’aborde pas le match comme il le faut, et le coach québécois décide de prendre son temps mort.

Nicolas Ritz est le premier joueur à se rendre au cachot, pour faire trébucher. Amiens a du mal à s’installer et ne tire qu’une fois à la cage par Evan Richardson. La pénalité est tuée par les Dragons. Même s’il n’a pas été efficace, le power-play a permis aux Gothiques de se mettre dans leur match. Henri-Corentin Buysse est irréprochable dans sa cage où il essuie les tentatives rouennaises. Nicolas Deschamps est à son tour pénalisé, cette fois de 2’+2′ pour une crosse haute évitable. Encore une fois, Amiens peine à s’installer durablement dans la zone adverse. La seule véritable occasion en avantage numérique est un tir de Tommy Giroux bien renvoyé par Pintaric. De retour à égalité numérique, Michael Babcock force Matija Pintaric à se déployer et à sortir un joli arrêt de la mitaine. Les esprits s’échauffent quelque peu à la fin de la période avec des charges très appuyées de chaque côté. Les Dragons ont assez globalement dominé ce premier tiers même si les lancers cadrés sont eux aussi à égalité.

Après un petit problème de glace, retour au jeu avec le début du deuxième tiers. Une très belle défense de Lehtinen permet aux Gothiques de ne pas encaisser le premier but du match sur un 3 contre 2. Bruche prend de vitesse son vis-à-vis et vient buter sur Pintaric très solide. Roy vient mettre Buysse à contribution avec deux lourds lancers de la ligne bleue. Philippe Halley est le premier Amiénois pénalisé du match pour accrocher. Sur leur première supériorité numérique, les Dragons ouvrent le score par un lancer puissant de Cam Barker à la ligne bleue. Dans la continuité, les Rouennais sont proches du break après un petit numéro de Mikko Lehtonen. De la tension dans ce match avec un joueur pénalisé de chaque côté (Barker et Prissaint). Louis Bélisle est bien trouvé devant le but mais manque de précision. Après un festival individuel de Philippe Halley à 4 contre 4, c’est Tommy Giroux qui est trouvé dans le slot, il s’y reprend par deux fois avant d’ajuster Matija Pintaric, les Gothiques égalisent à la mi-match !

Les deux pénalités se terminent et les deux équipes sont au complet. L’ambiance se réveille côté amiénois grâce à ce but. Le duel se passe sur la glace mais également dans les gradins avec les milliers de supporters rouennais et amiénois qui ont fait le déplacement. Nouvelle pénalité sifflée contre un amiénois, Kaï Lehtinen pour accrocher. Les Rouennais sont bien en place et font tourner autour du bloc amiénois. La défense amiénoise plie mais ne rompt pas, et Buysse assure le spectacle. Juste après la fin de la pénalité, les Gothiques se procurent une occasion en or, mais le tir lointain de Coulaud passe de peu au-dessus. Amiens termine mieux cette période et met Pintaric à contribution à plusieurs reprises. Les deux équipes sont toujours à égalité, 1 but partout cette fois, il restera encore 20 minutes aux deux équipes pour essayer de faire la différence.

Nicolas Deschamps met tout de suite le danger à la cage amiénoise, Buysse bloque difficilement le palet. Un autre Nicolas, Ritz, trouve le poteau sur un tir en entrée de zone, c’était très chaud sur la cage amiénoise. Rouen rentre mieux dans ce dernier acte et enchaîne les tirs sur Buysse qui fait un match très costaud. Vient ensuite une charge très sale du capitaine Mathieu Roy sur Baptiste Bruche, le jeune Amiénois se relève difficilement alors que Roy est sanctionné de 2’+10′ pour charge à la tête. Sur la supériorité numérique, les Gothiques font bien tourner le palet, et Jérôme Verrier propulse le palet dans les filets ! Après intervention de l’arbitrage vidéo, le but est bien validé, Amiens prend la tête pour la première fois dans ce match, 2-1 ! La tension monte d’un cran alors que le public amiénois exulte !

Les Gothiques sont transcendés et font tous les sacrifices possibles pour bloquer un maximum de lancers alors que les Dragons reprennent le contrôle du palet. Alors qu’il reste un peu plus de 10 minutes, Axel Prissaint est pénalisé pour faire trébucher. Les Dragons font tourner mais sans être réellement dangereux, et les tirs pris sont arrêtés par Buysse ou bloqués. Buysse fait le spectacle et vient frustrer Thinel pourtant seul au second poteau d’un arrêt mitaine de grande classe. Les Gothiques sont au complet. Halley et Giroux ont le palet du break dans la crosse en 2 contre 1, mais le tir de Giroux n’est pas cadré. Moins de 7 minutes à faire dans la troisième période, les centaines d’Amiénois donnent de la voix pour pousser leur équipe. Les Gothiques vont commettre une terrible erreur à 3’36 de la fin du match, une pénalité pour banc mineure est sifflée après une protestation du banc des Gothiques, Loïc Lampérier ne se fait pas prier et égalise. Les Dragons ont le momentum et sont tout près de prendre l’avantage. La fin de match se passe à 4 contre 4 avec deux pénalités contre Verrier et Roy. On se dirige tout droit vers une nouvelle prolongation en finale de Coupe de France après celle de l’an dernier entre les Gothiques et les Lions.

Philippe Halley est le premier dangereux avec un nouveau festival techique dans la défense, mais bute sur Pintaric. L’équipe d’Amiens est de nouveau pénalisée, pour un changement trop tardif. Amiens plie, mais les lancers sont bloqués par les Gothiques. West a l’occasion de plier le match en break, mais Pintaric fait l’arrêt ! Amiens tue cette pénalité tant bien que mal. Deschamps à son tour vient taper à la porte avec un festival technique, mais Buysse sort vainqueur du duel. Fin de la prolongation, le vainqueur du trophée Pete Laliberté sera désigné aux tirs aux buts.

Mikko Lehtonen est le premier tireur, Buysse fait l’arrêt. Rudy Matima s’élance, il trompe Pintaric dans la lucarne ! Amiens a l’avantage. Deschamps rate à son tour face à Buysse qui attend le dernier moment pour bouger. Tommy Giroux manque le palet du 2-0. Caron met de la vitesse mais manque lui aussi. Gibb défier du revers Pintaric qui s’impose, toujours 1-0. C’est au tour de Thinel, qui égalise d’un tir côté plaque ! Halley vient buter du revers sur Pintaric. Buysse bloque entre ses bottes la tentative de Guttig. Mort subite désormais. Jérôme Verrier se présente, Pintaric est solide des jambières.

Matima de nouveau, il bute sur Pintaric qui ferme les bottes réalise une grande séance. Thinel pour la victoire, Buysse cette fois fait l’arrêt de la jambière. Giroux parvient à tromper Pintaric en feintant un slap pour lancer dans un second temps. La pression est sur les épaules de Cam Barker, il échoue, victoire des Gothiques qui remportent la Coupe de France !

Un scénario exceptionnel qui sacre les Gothiques d’Amiens pour la deuxième année d’affilée. Henri-Corentin Buysse est de nouveau élu MVP de la finale, comme l’an dernier.

Commentaires d’après-match

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Ce sont des sensations différentes de l’an dernier, mais de belles sensations de toute façon. Tout le monde l’an passé nous a dit qu’on a gagné contre des petites équipes, cette année on bat les gros Dragons. On a battu la machine de hockey de la France, donc l’ampleur est encore plus grosse. Cette année on a eu du mal aux tirs aux buts, avec quatre ou cinq défaites de suite, bon bah là on a gagné. On a fait les huit ou neuf premières minutes dans notre zone. Après, on a demandé un temps mort, on a été plus dans leur zone par la suite. En deuxième période, on n’a pas donné beaucoup de chances de compter même s’ils étaient dans notre zone, ça tournait mais ce n’était pas si dangereux. Et c’était plus heureux en troisième. On prend des punitions bêtes, c’est parce que j’ai critiqué le juge de ligne sur la première. Pour l’instant c’est difficile à réaliser, j’espère qu’on va pouvoir rester plus de dix minutes dans le vestiaire, pas comme l’année passée, j’espère qu’on aura une célébration comme il se doit. »

Francis Drolet (attaquant d’Amiens) : « C’est incroyable. Je suis venu à Amiens parce que c’est une bonne équipe, je savais qu’il y avait des chances de gagner la Coupe de France. Rouen, très bonne équipe talentueuse, ce n’est pas facile. Il fallait jouer les dix premières minutes dans notre zone, après ça on est revenu en force. Les gars ont un mental très solide ici à Amiens et on est des travailleurs, même si avec les 2-3 calls des arbitres on a souffert à la fin. C’est sûr que n’importe quoi, quand on le gagne, ça fait du bien pour la suite. »

Jérôme Verrier (attaquant d’Amiens) : « Les tirs aux buts on n’a pas eu beaucoup de succès cette année, on a dit aux joueurs qui y allaient de s’amuser, de se faire confiance, on a des joueurs plein de talent dans l’équipe, on est capables de marquer aux tirs aux buts, il y avait un bon gardien en face, Pintaric on sait qu’il est solide durant tous les matchs et durant les tirs aux buts, à la fin c’était l’équipe qui était capable de trouver le fond du filet. On doit remercier aussi « Coco » (Henri-Corentin Buysse), incroyable performance pendant tout le match et encore plus pendant les tirs aux buts, un bel effort d’équipe. Cette coupe représente beaucoup d’années de travail, je ne sais pas si j’ai encore beaucoup d’années de hockey devant moi, je sais pas si j’aurais la chance de vivre ça encore, mais c’est un sentiment incroyable, en plus de donner un but, d’aider l’équipe, je crois pas avoir marqué des buts aussi importants que ça dans ma carrière. Ça va nous rattacher encore plus quand tu vis des émotions aussi intense avec un groupe de gars, avec le staff, avec la ville, avec le club, ça nous rattache encore plus serré, je sais pas si ça va changer quelque chose mais c’est sûr que je vais créer des souvenirs inoubliables avec les gens qui sont ici. Les supporters ont été incroyables, un gros merci, mais même un merci ça représente pas tout ce qu’on leur doit, ils ont été présents tout le match, même quand Rouen a égalisé ils ont été présents pour nous encourager, on sait qu’ils ont cru en nous, ils se sont déplacés en grand nombre parce qu’ils croyaient en nous, on peut juste les remercier, on va fêter ça avec eux parce qu’il y a une partie de cette coupe qui leur revient aussi. »

Rudy Matima (attaquant d’Amiens) : « On savait que c’était une grosse équipe en face et qu’on allait devoir défendre comme des lions. Je suis hyper stressé encore, j’ai les mains qui tremblent, on l’a encore fait et je suis très heureux de mon équipe. Les tirs aux buts, c’est souvent des coups de poker, quand ça ne marche pas une fois ça peut marcher une autre. n se met beaucoup la pression au sein de l’équipe quand on doit tirer des penaltys, là il fallait jouer le tout pour le tout donc on y est allé avec du cœur et on a réussi. Je sais pas si ça va nous donner des ailes pour la suite mais en tout cas on est sur la bonne voie, il faut continuer comme ça. »

Guy Fournier (manager de Rouen) : « On est forcément déçu quand on perd, ce n’est pas agréable, mais Amiens ne démérite pas non plus. On débute très fort, on est réellement dominants, puis les prisons ont un peu cassé notre rythme. Amiens joue très bien défensivement, ensuite on a eu du mal à se créer des occasions contrairement au début de match. On a connu un début de saison compliqué mais tout le monde est resté solidaire, staff et joueurs. On est remonté deuxième, on est rendu dans la dernière ligne droite, la saison est loin d’être terminée. C’est un heureux problème d’avoir des joueurs de qualité, même si ça cause des casse-tête au coach. »

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « Grosse déception. Tout ce parcours en Coupe de France, juste pour participer… C’était une belle finale, un beau match à regarder. Mais quand on est acteur du jeu, on veut finir vainqueur. Je suis déçu pour les joueurs, il n’y en a pas un qui ait triché ou qui ne soit pas donné à 100%. On est bien rentré dans le match mais on n’a pas su profiter de ce moment-là. On aurait pu faire la différence dès le début. On a eu beaucoup la possession mais on n’a pas eu énormément de shoots, ils ont su se recroqueviller et bloquer les shoots. La seule grosse occasion du premier tiers est celle de Ritz en 2 contre 1, malgré le temps passé dans leur zone. On a zéro tir cadré sur la supériorité tombée du ciel en prolongation, ça laisse énormément de regrets. […] J’ai choisi de jouer à 7 défenseurs car je pensais qu’on passerait plus de temps dans notre zone. On n’était pas de trop pour être à six derrière pendant les 2’+10′ de Roy. En tournant à onze attaquants, Deschamps a certes plus de temps de jeu, mais il ne joue pas à 4 contre 5. On écoute son ressenti aussi, s’il ne peut pas il est honnête avec ça. »

Cam Barker (défenseur de Rouen) : « C’était un match serré, les deux gardiens ont bien joué. On a eu des opportunités, mais il faut capitaliser. Je me sens un peu plus confortable maintenant, je n’avais pas joué depuis un an et ça prend un peu de temps. Les tirs en powerplay sont une de mes forces, j’avais une bonne vision et je ne pense pas que le gardien l’ait vu partir. Sur mon pénalty, leur gardien avance bien, je voulais qu’il descende un peu plus tôt, j’aurais dû tirer plus haut. On voulait gagner à Paris, on jouait devant nos familles dans une salle pleine, mais il faut tourner notre attention vers la suite. »

Anthony Guttig (attaquant de Rouen) : « Les dix premières minutes, sans leur manquer de respect, on leur a mis la tête sous l’eau. Quand tu arrives à résister, le scénario du match tourne en ta faveur, c’est ce qui s’est passé pour eux. Dominer, c’est bien, mais il faut marquer. Mon avis personnel est que notre équipe ne veut pas aller dans les zones où ça fait mal. On reste en périphérie, on donne l’impression qu’on domine, on veut marquer des buts à un million de dollars, mais ça ne marche pas tout le temps. Les défaites laissent toujours des traces. Avec mon expérience, je pense que ça peut faire mal à l’équipe, même s’il faut éviter le négatif. »

Rouen – Amiens 2-2 (0-0, 1-1, 1-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Dimanche 16 février 2020 à 15h00 à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy. 13877 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Pierre Dehaen assistés de Nicolas Constantineau et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 22’ (6’, 2’, 2’+10’, 0’) ; Amiens 14’ (0’, 6’, 6’, 2’).
Tirs : Rouen 30 (7, 9, 13, 1) ; Amiens 22 (7, 5, 7, 3).

Évolution du score :
1-0 à 24’58 : Barker assisté de Lehtonen et Caron (sup. num.)
1-1 à 31’27 : Giroux assisté de Halley et Gibb
1-2 à 44’41 : Verrier assisté de Halley et Giroux (sup. num.)
2-2 à 56’43 : Lampérier assisté de Deschamps et Langlais (sup. num.)

Tirs au but :
Rouen : Lehtonen (manqué), Deschamps (manqué), Caron (manqué), Thinel (réussi), Guttig (manqué).
Amiens : Matima (réussi), Giroux (manqué), Gibb (manqué), Halley (manqué), Verrier (manqué).
Tireurs supplémentaires : Matima (A, manqué), Thinel (R, manqué), Giroux (A, réussi), Barker (R, manqué).

Amiens (2′ pour retard de jeu)

Attaquants :
Tommy Giroux (+1) – Philippe Halley (+1, 2′) – Florian Sabatier
Rudy Matima – Jérôme Verrier (2′) – Evan Richardson
Michael Babcock – Joey West (C) – Francis Drolet
Thomas Suire (2′) – Antonin Plagnat – Baptiste Bruche

Défenseurs :
Louis Bélisle – Dan Gibb (+1)
Romain Bault (+1) – Kai Lehtinen (2′)
Axel Prissaint (4′) – Yohan Coulaud

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absents : Jérémie Romand (blessé), Thomas Roussel (choix du coach), Spencer Edwards (bas du corps).

Rouen

Attaquants :
Nicolas Deschamps (-1, 6′) – Joël Caron – Bastien Maia
Loïc Lampérier – Nicolas Ritz (-1, 2′) – Marc-André Thinel
[Deschamps] – Anthony Guttig – Vincent Nesa
Joris Bedin – Juha Koivisto – Mikko Lehtonen

Défenseurs :
Cam Barker (2′) – Mathieu Roy (C, 2’+10′)
Kévin Dusseau – Chad Langlais (-1)
Pierre Crinon (-1) – Atte Mäkinen
Florian Chakiachvili

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçant : Gaëtan Richard (G). En tribune : Maurin Bouvet, Enzo Cantagallo, Julien Msumbu.

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