Conférence de presse de la FFHG à Bercy

1 788

Luc Tardif, président de la FFHG

– sur la possibilité d’organiser un match NHL en France

Nous étions en contacts avancés avec les Canadiens de Montréal à l’occasion de leur centenaire. Pour organiser un match de saison régulière, c’est une question de compensation des revenus. Or, un match des Canadiens, ou des Maple Leafs, ce sont des recettes de l’ordre d’un million et demi d’euros. Il faut être réaliste quant à l’équation économique.

– sur la position de la FFHG par rapport à la volonté du président de l’IIHF René Fasel de passer les championnats du monde sur petite glace.

Ce que je vais donner est un avis personnel. Il y a de grandes discussions au sein de l’IIHF et tout le monde n’est pas d’accord. Certains pensent que le spectacle sera plus au rendez-vous sur des petites glaces. Pour les grandes nations professionnelles, ce n’est pas un problème. Mais pour nous, qui faisons la promotion des 60 x 30, si on change tout d’un coup la donne, cela nous met dans une position difficile. C’est le cas de toutes les fédérations comme la nôtre. Les discussions ne sont pas complètement finies, le débat continue au sein de l’IIHF. On peut jouer les compétitions de haut niveau sur des glaces de 26 mètres et garder nos patinoires, mais pour la préparation des grands championnats, ce n’est pas idéal.

Lors de la création d’une patinoire, il y a des économies à faire au niveau de la portée si on a quelques mètres de moins. Pour une fois que les normes vont dans le sens du moins, cela sera bien perçu. Mais le problème réside dans le changement brutal.

– sur la présence des joueurs de NHL aux Jeux olympiques

L’IIHF était un peu seule à pousser pour avoir les joueurs de NHL à Pyeongchang entre les intérêts des uns et des autres. Mais il y a tout de même eu une baisse médiatique sur le tournoi olympique de hockey. Ce n’était pas le cas en Europe, mais les grands bailleurs du fonds du CIO et les grands médias sont nord-américains.

On a été surpris par l’ouverture du CIO sur les droits marketing. Maintenent le contexte est de nouveau favorable. On a souhaité, avec le président [Fasel], fixer un ultimatum jusqu’aux tournois de qualification olympique fin août – début septembre. C’est une question de logistique et d’organisation, on ne logera pas les joueurs de NHL dans des Airbnb.

Philippe Bozon, entraîneur de l’équipe de France, sur les championnats du monde

On a une réunion le 29 mars à Cergy et une semaine de remise à niveau pour les joueurs éliminés depuis quelque temps de leurs championnats respectifs. On espère partir en Russie avec la majorité de l’effectif, même si ce n’est pas garanti. On jouera ensuite deux fois contre la Lettonie à Épinal avant un dernier match en Autriche à quatre jours de notre premier match de championnat du monde contre la Roumanie.

Alexandre Texier est toujours blessé, il n’a pas repris. On va voir s’il est capable de jouer d’ici la fin de saison. Le problème avec les équipes de NHL, c’est qu’on ne maîtrise rien. Elles peuvent décider de retenir le joueur parce qu’il a été blessé. Je connais bien le manager de Columbus [Jarmo Kekäläinen], je laisserai d’abord Alex reprendre et ensuite je le contacterai pour voir s’il est apte. Il risque aussi d’avoir un problème avec les joueurs encore en compétition en Suède et en Finlande, car les dates de la finale y sont en conflit avec le Mondial de Division IA.

Maintenant, on connaît les joueurs, il n’y a plus d’expérimentations. Il y a un joueur qui marche bien en ce moment, c’est Jérémie Romand. Malheureusement il s’est blessé et n’a pas pu venir au stage. Pour le reste, il n’y aura pas de surprise dans la composition au Mondial.

Philippe Lacarrière, responsable de la commission des équipements

– sur la situation des patinoires

Certaines patinoires ont été construites en remplacement des patinoires existantes, comme à Meudon ou à Toulon. On travaille sur les patinoires qui pourraient disparaître, comme cela a été le cas avec la reprise d’Avignon. Il y a aussi un projet de refaire la patinoire de Deuil-la-Barre. Et puis il y a les agglos qui envisagent des patinoires, comme à Douai, Lille ou Saint-Étienne. Un certain nombre de patinoires sont un grand succès comme Angers ou Cergy. Un mouvement général recommence à s’intéresser aux patinoires (voir notre article projets de patinoire en France).

– sur l’intégration du hockey sur glace dans le projet de « Bercy 2 » envisagé pour les JO 2024

C’est un sujet qui me tient à coeur, les projets d’arénas en France. Je trouve qu’on n’a pas suffisamment de projets qui intègrent plusieurs sports. Sans vouloir copier exactement le modèle américain, mais aussi allemand ou finlandais, il est dommage de vouloir se spécialiser sur un ou deux sports dans des salles de 10 000 places. Pour la rentabilité d’un équipement aussi dispendieux, il vaut mieux qu’il permette de multiples pratiques. Quelquefois, pour quelques centimètres, on ne peut pas faire de hockey. Par exemple à Rouen, il manque deux mètres à l’aréna pour pouvoir installer une patinoire.

– sur le rôle de la commission

Notre rôle est le plus en amont possible, dans le dialogue avec les collectivités, puis avec l’équipe qui va construire. C’est ce que nous avons fait avec le cabinet Chabanne à Cergy, et avec d’autres architectes et maîtres d’oeuvre. Nous voulons éviter les très grosses erreurs qui ont été faites dans d’autres époques, éviter les dépenses inutiles et les équipements mal préparés.

– sur la densité de patinoires

Il y a des régions qui sont un véritable désert comme la Bresse, de Bourg-en-Bresse à Chalon-sur-Saône, et le sud-ouest. Nous avons été en contact avec l’association qui promeut une patinoire à Chalon, mais le projet en est encore aux balbutiements. Il y avait aussi des gens intéressés à Dax, on a réessayé de les contacter mais on n’en entend plus parler.

Nous avons fait faire une étude par l’université de Grenoble qui nous a permis de déterminer les zones prioritaires pour installer des patinoires, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas un besoin de patinoires important, même ailleurs. Avec une centaine de patinoires règlementaires, soit 1 pour 660 000 Français, nous sommes au 18e rang mondial en patinoires par habitant. On ne va pas se comparer au Canada ou à la Suède qui sont à 1 sur 10 000 ou 1 sur 30 000, mais la marge est très importante. Exemple avec une agglomération d’un million d’habitants comme Lille qui n’a qu’une seule patinoire à Wasquehal. Même la vingtaine de patinoires franciliennes, c’est très peu pour douze millions d’habitants.

– sur les places en tribune

En France on n’a pas la possibilité d’empêcher un promu de monter parce qu’il n’a pas un terrain convenable, la capacité n’est pas un critère. J’ai toujours pensé que la jauge minimale pour une équipe de haut niveau, c’est 5 000 spectateurs. Mais quand une collectivité décide de construire une patinoire, il est difficile qu’elle se projette dans une jauge élevée comme il n’y a rien au départ. La construction d’une équipe de hockey requiert de la patience, on ne trouve pas 20 joueurs comme ça.

– sur les vestiaires

Dans les patinoires qui ont 20 à 30 ans, les vestiaires sont une catastrophe. Je connais des patinoires où les douches sont aussi grandes que les vestiaires. La moitié de l’équipe ne se douche pas en même temps, on n’a pas besoin de 12 douches, 6 suffisent.

Pour les patinoires plus anciennes qui ont 40 ans, les équipements des joueurs ont pris du volume, et le nombre de joueurs aussi. Les vestiaires sont devenus obsolètes. Il y a des progrès sur les patinoires récentes. Cergy est un modèle du genre, très confortable. Dans les patinoires existantes, on essaie de convaincre de modifier les vestiaires, mais on ne peut pas pousser les murs.

– sur les secondes pistes « ludiques »

Patinoire ludique, c’est un terme que j’abhorre, c’est une idée de programmistes, ça ne veut rien dire. on peut aménager une piste sportive pour faire du ludique. Dans certains cas comme les deuxièmes patinoires de Montpellier et Strasbourg, les pistes ludiques sont de formes différentes avec des bosses, un labyrinthe… C’est très dommage qu’un club de Strasbourg ne puisse pas développer d’une deuxième glace pour développer ses jeunes.

À Dunkerque, la deuxième piste fait 40 mètres sur 20, elle risque d’être saturée dans une ville de hockey comme Dunkerque. La seconde glace de Cergy est déjà totalement saturée trois ans après son ouverture alors qu’elle fait 60 mètres sur 30.

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

accumsan Curabitur elit. mattis venenatis ut diam