Claude Devèze allie passion et volonté d’organiser

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Claude Dévèze est un personnage qui a marqué le hockey français et que l’on retrouve dans un nouveau projet, à la fois surprenant et passionnant. C’est avec un réel plaisir qu’il a accepté cet entretien. Hockey Archives peut ainsi revenir sur le parcours de ce dirigeant solide avec son regard sur le hockey, sa passion d’enfance.

On retrouve, dans ce confinement forcé, un Claude Devèze détendu qui revient sur son expérience dans les Hautes-Alpes et introduit son bout de chemin à Tours. Mais crise sanitaire oblige, comment se porte-t-il ?

Claude Devèze : « On respecte le confinement, mais bon, il faut être discipliné car il fait beau en ce moment. Mais une petite heure de marche le matin est nécessaire, car cela commence à devenir long et psychologiquement c’est un peu compliqué » !

À Briançon, Claude conquiert le titre de champion de Division 1 après un processus de reconstruction, mais doit rendre son tablier. Retour sur une chevauchée dans les Hautes-Alpes.

C.D : « Le 10 avril, c’était l’anniversaire du titre de champion avec Briançon. Et avec certains joueurs on a communiqué ensemble et on s’est tous envoyé des photos. C’était vraiment sympa ! Et c’est là qu’un an après il y a eu beaucoup de choses qui ont resurgi. À Briançon ça n’a jamais été le juste milieu et tout a toujours été trop haut. Un mois après le titre de champion je reçois la médaille de la ville et six mois après on me remercie ! Autant dans la victoire tu es placé en haut et quand tu perds on te jette en bas de la montagne. J’ai été l’entraîneur qui a fait monter l’équipe de Briançon et est-ce que je méritais une médaille pour cela? Non, car je pense qu’il y a beaucoup de gens qui font avancer cette ville et qui n’ont jamais eu de médaille pour autant. Mais je sais qu’à Briançon le hockey est quelque chose d’énorme.

Est-ce que le club de Briançon était suffisamment armé structurellement pour affronter le nouveau format de la ligue Magnus ?

C.D : « Au départ on savait, avec la structure de l’équipe et surtout avec ce budget, que la saison serait très très difficile à jouer en Magnus. Par contre on savait qu’il fallait de la patience avec cette équipe et ces jeunes joueurs français. Ils allaient avoir beaucoup de temps de jeu en Magnus et prendre de nouvelles responsabilités. Mais on savait que ça allait être juste et il fallait continuer à être patient ».

Briançon est monté en Ligue Magnus, erreur ou opportunité ? Comment vois-tu les choses rétrospectivement ?

C.D : « On avait le 4e ou 5e budget de D1. Personnellement comme nous avions construit quelque chose en trois ans et que nous sommes allés jusqu’au bout, je n’avais pas envie de partir à l’issue de la saison. Moins d’une semaine après le titre de champion, il a fallu travailler pour bâtir une nouvelle équipe avec un retard considérable sur les autres clubs de Magnus. Daniel Sedlak et moi, on avait une vraie alchimie et on avait un plan précis pour faire des ajustements et prévoir les blessures à venir. La rupture a été dure mais je n’ai aucun regret, j’ai tout donné. Je suis fier de ce que j’ai fait à Briançon ».

Tours, une nouvelle aventure dans un environnement différent ! Comment s’est passé cette saison dans un contexte final inédit ?

C.D : « Mon arrivée à Tours a vraiment été bizarre. On ne savait pas très bien pourquoi l’entraîneur était parti. Normalement, quand tu arrives dans un contexte de changement d’entraîneur, tu prends une situation où ça va mal avec une équipe qui perd et ne tourne plus. Et bien je suis arrivé dans un contexte qui n’était pas aussi négatif que ça. Ça vivotait, avec une moitié de l’équipe qui ne comprenait pas pourquoi on avait changé d’entraîneur. Et là j’me suis dit, encore une fois tu aimes bien les choses compliquées (rires) ! »

« L’équipe était très jeune et il a fallu que je m’adapte sur une autre méthode de coaching. J’avais l’habitude de diriger une équipe avec plusieurs joueurs très expérimentés. Tandis que là, à part Peter Bourgaut, ça manquait cruellement d’expérience. Au bout de trois semaines, j’ai été obligé d’aller chercher Jekimovs et Gibert pour gagner plus d’alchimie et d’expérience devant. Jekimovs a beaucoup apporté, c’est quelqu’un de très sain et une très bonne personne. Gautier Gibert a été très bon aussi. Ces deux changements nous ont permis de faire les play-offs. Concrètement on a gagné des matchs importants mais on a aussi profité du fait que Strasbourg et Marseille sont passés à côté de leur saison. À Tours, c’était l’esprit d’équipe qui primait. C’était une équipe jeune mais vraiment à l’écoute. Ces jeunes joueurs ont acquis une bonne expérience et certains vont regoûter à la Magnus ».

Metz, un choix qui surprend son monde et interpelle. Comment arrive ce projet ?

C.D : « Voilà plus de deux ans que j’étais en contact avec le président Fondadouze car nous avions une même volonté dans un projet de structuration du club de Metz. Tout ça n’est pas sorti du jour au lendemain, et là, le timing était bon pour les deux parties.

Metz, c’est un club qui veut faire sa place ! C’est vrai, le challenge est ambitieux mais la construction peut aller très vite. Tout en restant cohérent, la priorité c’est la structuration du club. Le mineur progresse bien avec un entraîneur spécifique qui fait du bon boulot. Il faut continuer à avoir du mineur et, moi, ma priorité est de structurer l’équipe première.

Le développement des jeunes a déjà commencé et nous savons qu’il faut beaucoup de patience et de détermination. Ce travail va permettre de construire et de mettre Metz sur une carte de la France. J’adore ce type de projet qui me rappelle mon travail à Nantes et Briançon avec un très gros challenge de départ ! J’ai hâte que ce projet commence qui s’inscrit dans un choix de club et de vie. C’est une décision réfléchie avec un président structuré. Le développement passe par l’organisation avant tout ! Le projet de Metz, j’y crois !

Au vu du nombre de saisons passées à Angers, on ne peut pas croire que tu n’aies pas un regard sur ce club.

Angers, c’est la plus belle patinoire de France et les Ducs ont pris une nouvelle dimension. Le Président Juret a donné son cœur et son âme pour développer son club. Aujourd’hui, en tant qu’ancien joueur, Angers restera toujours dans mon cœur, c’est sûr et certain ! En plus mes trois filles sont nées là-bas !

Le club a toujours été géré par des dirigeants qui ont tout donné et la mairie a aussi été là dans les bons comme dans les mauvais moments. Tout le monde dans l’environnement du club a gardé cette tradition familiale et de cœur ! À l’inauguration de l’Iceparc, avec tous les maillots, c’était la grande classe !

Tu as fait un passage remarqué à Nantes en tant que joueur mais aussi et surtout en tant qu’entraîneur pendant plusieurs années. Quel est ton regard sur son développement ?

Je suis persuadé que Nantes était en forme au bon moment cette saison ! Dans l’avenir Nantes sera l’équipe qui accèdera en Magnus car le timing est très bon et la structuration parfaite.

Comment a débuté ta vie dans le hockey ?

Mes parents sont français et sont allés au Canada en voyage de noces. Je suis né là-bas. Je suis parti assez jeune de la maison pour jouer au hockey. C’est une passion qui est toujours restée et je me sens privilégié de vivre de cette passion. Aujourd’hui, c’est une autre vision, à 50 ans, mais j’ai une chance qui n’est pas donnée à tout le monde de vivre de sa passion.

Au début, quand je suis arrivé à Nîmes en D2 avec Dominique Pelloux et les autres, c’était l’année des grandes inondations ! On n’a pas joué un seul match de la saison à domicile. On allait à Perpignan, il y avait encore une patinoire là-bas, ou bien on jouait à Avignon. Et avec tout ça on a réussi à faire les play-offs ! C’était une sacrée aventure. Et à 18 ans je suis parti à Angers.

Claude Devèze continue donc son périple en France dans un nouveau territoire de hockey, la Moselle ! Au nom de l’équipe de Hockey Archives, on lui souhaite, à lui et sa famille, de rester en santé. Bonne réussite dans ton nouveau projet et à très bientôt pour communiquer sur l’évolution du club et les résultats en championnat !

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