Da Costa chez un poids-lourd de la KHL

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À 30 ans, Stéphane Da Costa reste logiquement en KHL et passe du Lokomotiv Yaroslavl à l’Ak Bars Kazan, son quatrième club sur le circuit Medvedev après avoir auparavant porté les couleurs du CSKA Moscou et de l’Avtomobilist d’Ekaterinbourg. Sa venue a été conditionnée par deux éléments : retrouver un coach qu’il a côtoyé, et rejoindre une équipe qui jouera le titre.

Ak Bars KazanDimanche 5 avril, plusieurs sources en Russie l’ont évoqué et depuis, la rumeur enflait pour devenir une nouvelle fondée mais officieuse. Le contrat au Lokomotiv étant effectif jusqu’au 30 avril, l’officialisation n’a pu se faire que plus tard : Stéphane Da Costa rejoint « les léopards » de Kazan, un contrat d’un an. Ce sont 800 kilomètres qui séparent Yaroslavl de Kazan mais le « Magicien » tricolore change de nouveau de conférence en retrouvant celle de l’est, déposant ses valises dans la région du Tatarstan, et chez un poids-lourd de la KHL.

Kazan, éternel favori de la Coupe Gagarine

La signature de Da Costa à Kazan revêt deux ambitions. La première, c’est le souhait pour le Français, qui disputera sa sixième saison en KHL, de soulever la Coupe Gagarine. Kazan est un monstre en KHL, remportant la coupe à trois reprises, dont une acquise en 2018 durant les trois finales atteintes entre 2017 et 2019. Lors de la saison 2019-2020 écourtée, les Léopards de l’Ak Bars ont fini à la première place de la conférence est, et deuxièmes à seulement un point du CSKA au classement général. Pour gagner la coupe, Kazan est clairement l’un des tous meilleurs endroits, bien plus que Yarolslavl ou Ekaterinbourg.

Dmitri KvartalnovAu premier tour des playoffs 2020, l’Ak Bars de Kazan avait d’ailleurs balayé le Neftekhimik 4 manches à 0, avant que le deuxième tour ne soit annulé. Ces performances 2019-2020 ont été réalisées avec Dmitri Kvartalnov derrière le banc. Et le coach de 54 ans est aussi la raison du choix de Stéphane Da Costa. L’un et l’autre se connaissent parfaitement depuis leurs trois années communes au CSKA, au cours desquelles le club moscovite avait atteint la finale de la conférence ouest en 2015, puis la finale de la Coupe Gagarine l’année suivante, perdue alors contre le Metallurg Magnitogorsk. Kvartalnov cherche la recette du titre, et pour cela il a l’habitude de s’entourer de visages familiers.

Da Costa, un atout fiable

Après de multiples blessures durant ses premières années KHL, qui l’ont catalogué comme « fragile » par certains observateurs, Stéphane Da Costa a depuis retrouvé sa santé et demeure un joueur fiable. Avec le Lokomotiv, il a inscrit 35 points (14 buts, 21 passes) en 58 matchs de saison régulière, ainsi que 5 points (3 buts, 2 passes) en playoffs. En dépit de l’élimination prématurée du « Loko » dès le premier tour par les Jokerit, les spécialistes soulignent à l’unanimité que le Français était le meilleur joueur de son équipe durant les séries éliminatoires.

Même si le pointage au Lokomotiv est en deçà de son année à l’Avtomobilist (48 points), le Parisien demeure un joueur prolifique. Après deux dernières saisons denses, le centre était convoité, en premier lieu par Kazan et Kvartalnov.

Stéphane Da Costa est d’ailleurs l’une des rares arrivées dans le Tatarstan. L’autre recrue est Alexander Burmistrov, un attaquant qui s’est recyclé en centre plus défensif et qui laissera probablement à Da Costa le poste de centre n°1. Burmistrov a décliné une offre du SKA Saint-Pétersbourg et accepté de diviser son salaire par deux pour revenir à l’Ak Bars, son club formateur et avec qui il avait remporté la Coupe Gagarine en 2018. Le salaire au rabais et le passeport russe (les joueurs étrangers étant restreints en KHL à cinq par équipe) arrangeaient forcément l’Ak Bars qui doit respecter le plafond salarial de 900 millions de roubles (11 millions d’euros), sachant que le contrat de Da Costa au Lokomotiv pesait 70 millions de roubles (850 000 euros).

Une équipe quasi-inchangée et très compétitive

L’Ak Bars a ainsi opéré une stratégie inhabituelle en KHL : finaliser à 99% un effectif pour la saison à venir… alors que la fenêtre des transferts ne s’ouvrait que ce 1er mai ! Certains clubs de la ligue n’ont d’ailleurs même pas commencé leur recrutement. L’objectif de l’organisation tatare était de conserver la grande majorité de l’équipe, en y incorporant peu de nouveauté. Cet objectif est atteint mais de manière incroyablement précoce, alors que le début de la saison 2020-2021 n’a pas encore été fixée, crise du COVID-19 oblige.

L’Ak Bars semble avoir atteint une situation optimale. Les joueurs non-russes qui ont déçu (Jesse Virtanen et Matthew Frattin) ont été priés de faire leurs valises, libérant ainsi les spots de joueurs étrangers. Emil Galimov s’est lui avéré trop gourmand financièrement. Son profil identique à celui de Burmistrov, bien moins exigeant niveau salaire, ne pouvait que le pousser vers la sortie.

ZARIPOV Danis-110512-522Kazan s’est surtout assuré de prolonger ses joueurs clefs. Justin Azevedo (meilleur marqueur de l’équipe), Patrice Cormier et Kirill Petrov ont eu une bonne alchimie sur la glace. La prolongation de leur bail à Kazan est un motif de satisfaction pour le staff et les fans.

Des fans forcément très heureux que leur légende, Danis Zaripov, continue à 39 ans de porter les couleurs tatares, son contrat est également prolongé. Rappelons que Zaripov est le troisième joueur le plus prolifique de l’histoire de la KHL, et quintuple vainqueur de la Coupe Gagarine. Zaripov avait d’ailleurs obtenu l’une de ses coupes aux dépens de Da Costa, Kvartalnov et CSKA.

Alors Kazan toujours aussi fort ? Le seul cas incertain demeure celui d’Albert Yarullin. À 26 ans, il s’est révélé comme le meilleur défenseur de l’équipe. En fin de contrat, il commencera à négocier avec l’Ak Bars fin mai. Musulman pratiquant, Yarullin souhaite se focaliser d’abord sur le ramadan avant d’entamer toutes négociations. Si ce maillon fort devait décliner un renouvellement de contrat, gageons que Kazan entamerait alors les recherches d’un maillon fort pour sa défensive.

Question négociations, étrangement comme le soulignent plusieurs médias russes, le Lokomotiv n’a pas cherché à retenir Stéphane Da Costa. Incompatibilité avec le cap salarial ? Mésentente au sein du groupe ? Tant mieux pour Kazan qui a trouvé son centre numéro 1, avec le souhait pour le hockeyeur français et Kvartalnov d’aller cette fois-ci au bout. Parmi une telle équipe, l’ambition est légitime.

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