Le Temple de la renommée annonce les élus 2020

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Dans une saison perturbée par la pandémie de Covid-19, le « Hockey Hall of Fame » a annoncé, comme chaque année, les heureux élus. Quatre joueurs, une joueuse et un « bâtisseur » rejoignent l’élite de l’histoire du hockey.

La cuvée 2020 s’annonçait incertaine. À l’exception de Jarome Iginla, éligible pour la première fois et unanimement vu comme un choix sûr, la liste des candidats comportait peu de certitudes.

Les 18 membres du comité de sélection ont finalement tranché en faveur de Iginla donc, mais aussi de Marian Hossa, Kevin Lowe, Doug Wilson, Kim St. Pierre et Ken Holland.

Jarome Iginla est élu dès sa première tentative, tout comme Marian Hossa. Il aura fallu en revanche attendre 24 ans pour Doug Wilson et 19 pour Kevin Lowe.

Iginla, icône des Flames de Calgary, n’a certes jamais remporté la coupe Stanley, mais son parcours parle pour lui. En 2002, il soulève le Ted Lindsay award, trophée du joueur par excellence désigné par ses pairs avec le trophée Maurice Richard (52 buts) et un Art Ross (96 pts). Il finit meilleur buteur une deuxième fois en 2004.

Il compte deux médailles d’or olympiques et a joué un rôle crucial dans ces deux victoires : un doublé en finale 2002 à Salt Lake City, et la passe décisive pour Sidney Crosby sur le but gagnant en prolongation à Vancouver en 2010 – il avait été rappelé au dernier moment pour remplacer Simon Gagné, blessé. Il compte ainsi 10 buts et 14 pts en 19 matchs aux Jeux olympiques.

Le natif d’Edmonton termine sa carrière NHL avec 1554 matchs, 625 buts (17e de tous les temps) et 1300 pts (34e), ajoutant 37 buts et 68 pts en 81 matchs de playoffs. Il compte cinq All-star game, un Championnat du monde (1997) et, dans sa carrière junior, une coupe Mémorial et une médaille d’or U20. Iginla est d’autant plus symbolique par le respect profond de l’ensemble de la ligue sur sa personnalité et sa carrière. Il est seulement le deuxième Afro-américain élu au Hall of Fame, rejoignant le gardien Grant Fuhr dans un cercle bien trop restreint.

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Marian Hossa est pour sa part techniquement toujours sous contrat NHL, mais sur la liste des « blessés longue durée ». En réalité, victime d’une maladie de peau – l’équipement de hockeyeur lui est désormais insoutenable – il s’est retiré après la saison 2017-2018. Hossa est élu dès sa première année d’éligibilité et n’est que le troisième Slovaque choisi, après Peter Stastny et Stan Mikita.

Un honneur pour Hossa, qui aura gagné le respect sur la deuxième partie de sa carrière et, de manière rétrospective, pour la qualité de son jeu dans les deux sens de la patinoire.

Il a porté les couleurs d’Ottawa et Atlanta, mais sa carrière prend un chemin étonnant en 2008. Il perd contre Detroit en finale avec Pittsburgh, et change de tunique l’été suivant, pour perdre avec Detroit contre Pittsburgh. Il signe ensuite à Chicago, et soulève enfin le trophée suprême en 2010, puis 2013 et 2015.

Trois coupes Stanley et 525 buts en carrière, 35e de tous les temps, de quoi imposer le respect, avec 1134 pts en 1309 matchs. Hossa aura été convié à six All-star game et fut quatre fois joueur de l’année en Slovaquie.

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L’attente fut bien plus longue pour Doug Wilson, 62 ans et actuel manager général des Sharks de San José. L’ancien défenseur de la NHL a compilé 827 pts en 1024 matchs en carrière, dont neuf saisons à plus de 50 pts. Il a soulevé le trophée Norris 1982 sous les couleurs de Chicago, et a rejoint la Californie lors de l’expansion de 1991-92.

Le défenseur compte même une saison de 39 buts, 7e meilleure saison de tous les temps pour un défenseur (les six premiers appartenant à Bobby Orr ou Paul Coffey), avec 85 pts au compteur en 1982.

Quatorze saisons à Chicago, deux en temps que capitaine des Sharks avant une retraite en 1993. Doug Wilson dirige San José depuis 2003 avec une belle régularité de l’équipe – sauf la mauvaise saison 2019-2020.

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Attente à peine plus courte pour le défenseur Kevin Lowe, au CV long comme le bras. Il a soulevé cinq coupes Stanley à Edmonton dans la génération dorée des années 1980, en soutien de l’offensif Coffey. Lowe a ensuite joué aux Rangers et remporté une sixième coupe en 1994, faisant lui l’un des sept défenseurs avec six coupes ou plus.

Au final, il aura disputé 1254 matchs (431 pts) et 214 matchs de playoffs (58 pts), et son numéro 4 est retiré par les Oilers d’Edmonton.

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Côté féminin, l’heureuse élue en 2020 est la gardienne canadienne Kim St. Pierre, qui a tenu le fort à la feuille d’érable de 1998 à 2011. Elle a remporté trois médailles d’or olympique avec une ébouriffante fiche de 8 victoires et 0 défaites, pour 0,78 but encaissé en moyenne aux JO.

Elle détient aussi le record du nombre de médailles aux Mondiaux (5 d’or, 4 d’argent) et 13 blanchissages, dont une série de 430’09 minutes étalée sur 4 tournois.

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Dans la catégorie bâtisseur, Ken Holland est récompensé pour sa longue carrière à Detroit, où il a construit des effectifs victorieux à quatre reprises en finale de la coupe Stanley : assistant manager général en 1997, manager général en 1998, 2002 et 2008. Depuis 2019, il dirige les Oilers d’Edmonton.

Durant sa carrière à la tête des Red Wings, aucune équipe n’a gagné plus de matchs de saison régulière ou de playoffs.

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Le comité de sélection du Temple de la renommée est composée de 18 personnes. Pour être élu, un candidat doit obtenir au moins 14 votes.

Sous la houlette de Lanny McDonald, les membres de ce comité de sélection sont :

  • John Davidson, ancien dirigeant des Blues
  • David Branch, président de la Canadian Hockey League
  • Brian Burke, ancien manager général d’Anaheim et Toronto
  • Cassie Campbell-Pascal, six fois championne du monde avec le Canada et commentatrice de « Hockey Night in Canada »
  • Mark Chipman, dirigeant des Jets de Winnipeg
  • Bobby Clarke, ancien capitaine des Flyers de Philadelphie des années 1970 (vainqueur de la coupe en 1974 et 1975) et dirigeant NHL par la suite
  • Marc de Foy, journaliste à Montréal
  • Michael Farber, journaliste à Montréal puis à Sports Illustrated
  • Ron Francis, ex-joueur et dirigeant de Carolina, et de la franchise de Seattle
  • Mike Gartner, auteur de 708 buts en NHL puis ex-président de la NHLPA
  • Anders Hedberg, pionnier des Européens en NHL et manager général de l’équipe nationale suédoise
  • Jari Kurri, cinq coupes Stanley avec Edmonton et dirigeant du Jokerit Helsinki
  • Igor Larionov, double champion olympique, quadruple champion du monde, vainqueur de trois coupes Stanley
  • Pierre McGuire, assistant coach de Pittsburgh lors du titre 1992 puis commentateur sur NBC depuis vingt ans
  • Bob McKenzie, l’un des journalistes les plus respectés et figure de TSN
  • Mike Murphy, 13 saisons NHL et désormais vice-président des opérations hockey de la NHL
  • David Poile, manager général des Predators de Nashville depuis 1998 après avoir été celui de Washington
  • Luc Robitaille, meilleur buteur de l’histoire de Los Angeles, et désormais dirigeant des Kings.

Parmi les nombreux candidats qui devront encore patienter, citons Alexander Mogilny, l’un des pionniers russes des années 1990-2000, l’attaquant défensif finlandais Jere Lehtinen, le petit gabarit explosif de Theo Fleury, l’ex-capitaine d’Ottawa Daniel Alfredsson, les défenseurs russes Sergei Zubov et Sergei Gonchar, le buteur slovaque Peter Bondra, l’ailier tchèque des Devils Patrik Elias, le rugueux Keith Tkachuk ou encore l’attaquant Steve Larmer et les gardiens Mike Vernon, Tom Barrasso, Chris Osgood et Curtis Joseph. Tous ces joueurs éligibles manquent du petit quelque chose qui les ferait passer du « Temple des très bons joueurs » à celui de « joueur légendaire »…

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