4 tirs en 60 minutes : le coffre-fort suisse

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La Suisse et le Danemark s’affrontent pour confirmer leur très bon début de tournoi : le vainqueur rejoindra Russes et Slovaques en tête du groupe A.

Les Danois sont privés de Nicholas B. Jensen, blessé dans le match d’hier même s’il l’a fini. Ils espèrent qu’il rentrera dès mardi. Ils ont par ailleurs accueilli un quatrième gardien (!), l’espoir de 20 ans Mads Søgaard qui vient de finir sa saison en AHL, et comme ils n’ont le droit qu’à 28 joueurs dans la bulle, ils ont renvoyé à la maison l’attaquant Felix Scheel. Le coach Heinz Ehlers ne se précipite pas pour déclarer ses remplaçants, toujours… remplaçables.

Son homologue suisse Patrick Fischer a plus de ressources à disposition. Pour ce deuxième match, il lance dans le grand bain Fabian Heldner, grand gabarit de Lausanne dont certains doutaient qu’il ait le talent suffisant pour l’équipe nationale. Pendant un changement de lignes, c’est pourtant bien Heldner qui effectue une superbe longue passe vers Timo Meier esseulé à la ligne bleue, dont le tir est capté directement par la mitaine de Sebastian Dahm. L’attaquant de San José se rattrape ensuite de cette occasion vendangée avec un tir du poignet de meilleure qualité, dans la lucarne opposée côté plaque, après une passe transversale de Nico Hischier, auteur d’un dribble magnifique en entrée de zone (1-0).

2021 05 23 sui dan2Le Danemark a une occasion d’égaliser, et une seule. Il s’agit d’un tir lointain d’Oliver Larsen qui arrive dans la lucarne, un but tout de suite refusé par l’arbitre car Morten Poulsen a percuté Reto Berra au même moment. Pas moyen d’approcher des filets le reste du temps. Même pendant la première pénalité suisse (Alatalo avait fait trébucher Olesen), on avait surtout remarqué la contre-attaque pleine de détermination de Nico Hischier.

La Suisse réalise un match impressionnant dans toutes les zones. Elle met du trafic devant la cage, c’est la raison pour laquelle Dahm ne voit pas partir un tir d’Andrighetto qui lui arrive dans le masque quand il penche la tête. Elle presse partout sur la glace. Si les deux vedettes de NHL ont été décisifs, Grégory Hoffmann continue aussi de se distinguer. Son patinage puissant lui permet une impressionnante percée entre la première paire défensive danoise.

Le Danemark ne démérite pas et ne manque pas d’effort, mais est de plus en plus contraint à seulement défendre. Le point positif est sa discipline. L’unique faute est concédée par Oliver Larsen en début de troisième période quand il accroche Nico Hischier, qui a reçu un bon palet de Meier sur une transition rapide. Ce powerplay – si efficace contre les Tchèques – est d’ailleurs la seule fausse note de la Nati dans cette soirée : des palets perdus (Diaz à la bleue sur passe imprécise d’Andrighetto et Hoffmann en dribblant) et aucun tir.

dan heinz ehlers
Heniz Ehlers fronce les sourcils

La démonstration reprend ensuite à cinq contre cinq, avec pléthore d’occasions : Ambühl en tour de cage, Hoffmann et Hischier dans le slot, Corvi qui sort du coin comme un diable, et enfin Kurashev qui s’échappe à toute vitesse dans l’axe sur une relance d’Alatalo, mais qui tire dans la botte droite de Dahm. Ce manque de finition explique la petitesse du score.

La plus impressionnante prestation a été défensive : 4 tirs cadrés concédés en 60 minutes, c’est un record dans un championnat du monde (le précédent plus bas total était de 7). Et ce n’est pas l’Italie ou la Grande-Bretagne qui a subi cela, c’est le Danemark qui venait de battre la Suède avec un compteur de tirs équilibré. Certes, Heinz Ehlers a acquis la réputation d’un entraîneur très défensif au sein de ses clubs suisses. Mais son équipe a aussi des intentions offensives, elle l’a prouvé hier, mais ces intentions ont été totalement contrariées ce soir. La défense suisse a bloqué huit ou neuf tirs, et surtout elle a rarement laissé les Danois s’installer.

La Nati a tout simplement été l’équipe la plus solide de ce premier week-end de tournoi. Un championnat du monde dure deux semaines, il faudra donc maintenir ce niveau de performance sur la durée. Mais la Suisse, avec une équipe bien équilibrée, n’a aucune raison de s’interdire de rêver. Prochaine étape mardi : garder la tête de la Suède – la bête noire qui avait brisé deux fois les rêves de titre – sous l’eau. Si la Nati la noie d’entrée, aucune chance de la retrouver en finale !

Commentaires d’après-match :

sebastian dahm
Sebastian Dahm

Sebastian Dahm (gardien du Danemark) : « C’était une dure soirée pour nous. Nous nous sommes battus de tout notre cœur pour le Danemark, malheureusement nous avons dépensé l’essentiel de notre énergie à défendre dans notre propre zone. Nous l’avons très bien fait mais nous n’avons pas eu ce jeu de contre-attaques que nous savons si bien faire, ni notre cycling en zone offensive pour glaner des pénalités. Donc, malheureusement, nous n’avons pas été aussi productifs offensivement que nous l’aurions voulu, mais je suis fier de la façon dont les gars ont bataillé ce soir. Ils jouent un jeu énergique, ils sont partout sur la glace. Nous espérions avoir plus de temps avec le palet et lire des espaces, mais ils étaient vraiment bien placés en zone neutre. Depuis mon premier championnat du monde en 2011, ce qu’on voit et qui est vraiment excitant dans le hockey, c’est que les équipes du milieu et du bas de tableau sont devenues bien meilleures. Les tactiques sont bien meilleures, les qualités individuelles des joueurs sont bien meilleures. Cette année, les grandes équipes n’ont pas beaucoup de leurs joueurs dominants de NHL et le niveau est plus égal. »

Tristan Scherwey (attaquant de la Suisse) : « C’était une partie serrée pendant 60 minutes. Nous savions que nous devions imposer notre jeu, avoir plus de possession de palet et mettre beaucoup plus de palets à la cage. L’élément physique est aussi une force de cette équipe, nous savons que nous pouvons ainsi user les équipes adverses pour utiliser ensuite notre vitesse. »

Danemark – Suisse 0-1 (0-1, 0-0, 0-0)
Dimanche 23 mai 2021 à 20h15 à l’Olimpiskais sporta centrs de Riga. Huis clos.
Arbitres : Robin Šír (TCH) et Peter Stano (SVK) assistés de Jiří Ondráček (TCH) et Šimon Synek (SVK)
Pénalités : Danemark 2′ (0′, 0′, 2′) ; Suisse 4′ (2′, 2′, 0′).
Tirs : Danemark 4 (2, 1, 1) ; Suisse 30 (10, 9, 11).

Évolution du score :
0-1 à 13’12 : Meier assisté de Hischier et Müller

Danemark

Attaquants :
Mikkel Bødker (-1) – Julian Jakobsen (-1) – Nicklas Jensen (-1)
Nichlas Hardt – Jesper Jensen – Niklas Andersen
Nicolai Meyer – Alexander True – Mathias Bau Hansen puis Mathias From
Morten Poulsen (A) – Morten Madsen – Nick Olesen

Défenseurs :
Markus Lauridsen – Mattias Lassen
Oliver Larsen (-1, 2′) – Jesper Jensen Aabo (C, -1)
Oliver Lauridsen (A) – Emil Kristensen
Anders Krogsgaard

Gardien :
Sebastian Dahm [sorti à 58’39]

Remplaçant : Frederik Dichow (G). En réserve : Nicholas B. Jensen (blessé).

Suisse

Attaquants :
Sven Andrighetto (+1) – Nico Hischier (A, +1) – Timo Meier (+1)
Grégory Hoffmann – Enzo Corvi – Dario Simion
Andres Ambühl – Philipp Kurashev (2′) – Joël Vermin
Tristan Scherwey – Christoph Bertschy – Vincent Praplan

Défenseurs :
Jonas Siegenthaler (+1) – Mirco Müller (+1)
Janis Moser – Ramon Untersander (A)
Tobias Geisser – Raphael Diaz (C)
Santeri Alatalo (2′) – Fabian Heldner

Gardien :
Reto Berra

Remplaçant : Melvin Nyffeler (G). En réserve : Leonardo Genoni (G), Romain Loeffel, Fabrice Herzog.

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