La revanche de Stéphane Da Costa ?

Stéphane Da Costa (c) Jonathan Vallat
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Son passage à Kazan s’étant terminé en eau de boudin, Stéphane Da Costa peut être animé d’une envie de revanche contre son ancien club, d’autant que sa nouvelle équipe évolue dans la même division. Mais cette division Kharlamov est loin de se résumer à ce duel : c’est sans doute la plus forte de la KHL. Les équipes de l’Oural peuvent toutes figurer en haut du tablau, pendant que le Red Star Kunlun reste la grosse interrogation. Le projet « olympique » de développement du hockey sur glace en Chine est-il mort-né ?

Voici la deuxième partie de notre présentation KHL, consacrée à la division Kharlamov.

 

Ak Bars KazanCela fait deux ans que l’Ak Bars Kazan termine à la première place de la Conférence Est, et il n’a manqué à l’accès à la finale qu’à la prolongation du septième match l’an passé. Cette élimination a néanmoins laissé des traces profondes. L’entraîneur Dmitri Kvartalnov avait dirigé la responsabilité de la défaite vers les joueurs étrangers, mais le club tatar s’est vite rendu compte qu’il ne pourrait pas se contenter de les remplacer. Le meilleur marqueur russe de l’équipe depuis deux ans, Stanislav Galiev, a décidé de rentrer dans son club formateur, le Dynamo Moscou, et deux autres éléments importants ont suivi le même chemin, le défenseur le plus productif Andrei Pedan et le solide attaquant défensif Konstantin Fisenko.

Mais ce qui a fait le plus mal, c’est le départ d’Albert Yarullin. Pendant la pandémie de Covid-19, ce défenseur avait répondu à un appel aux bénévoles lancé par le club et avait distribué des colis aux plus nécessiteux en compagnie de quelques coéquipiers de hockey de son enfance. Il était ainsi devenu le deuxième bénévole le plus actif du Tatarstan en nombre de voyages de ce type effectués. Difficile d’imaginer joueur plus attaché à sa ville ou plus impliqué dans sa communauté. Et pourtant, après son contrat de transition d’un an, il a choisi de signer avec le Traktor. Le directeur général Rafik Yakubov, qui attendait apparemment la fin du ramadan (pendant lequel le joueur restreignait ses communications) pour finir les négociations, s’est fait doubler.

ZARIPOV Danis-110512-522Les supporters tatars se sont affolés en voyant l’équipe se disperser aux quatre vents. La présidence du club n’a pas tardé à réagir. Yakubov a été viré, remplacé par le jeune Marat Valiullin (37 ans) qui s’occupait depuis quatre ans du scouting. Le mal était déjà fait. Le nouveau venu a bien essayé de téléphoner à son collègue du Traktor qu’il connaît pour voir s’il pourrait récupérer Yarullin. Qui ne tente rien n’a rien, mais il s’est évidemment fait rire au nez. Il a juste pu retenir l’assistant-coach Pavel Zubov, qui était quasiment parti. Autre changement de cap : l’ex-international en déshérence Roman Lyubimov, prolongé avec l’assentiment du coach, a été prié de s’entraîner à l’écart de l’équipe à la reprise jusqu’à être libéré de son contrat fin août

Pour le reste, Valiullin s’est surtout appliqué à prolonger Artyom Galimov jusqu’en 2024, mais aussi à augmenter le contrat déjà existant de Dmitri Voronkov : le but est clairement de dissuader ce joueur de partir en NHL en le payant plus à sa valeur. Révélé lors des derniers play-offs, Voronkov pourrait être l’un des rares joueurs de KHL dans la sélection olympique russe. L’Ak Bars apprend de ses erreurs en chouchoutant un peu plus ses cadres actuels. Et pour optimiser le retentissement médiatique, le « visage du club » Danis Zaripov a déclaré dans une réunion officielle chez les plus hauts autorités de la République que sa nouvelle année de contrat – à 40 ans – serait la dernière.

L’Ak Bars a bondi sur Igor Bobkov, dépossédé de sa place de premier gardien par Simon Hrubec à Omsk : son arrivée était indispensable car Timur Bilyalov a été opéré à l’issue des play-offs et a manqué toute la présaison après sa convalescence. Il a surtout embauché Dmitri Kagarlitsky, attaquant majeur au Dynamo dont l’épanouissement dans le système de Kvartalnov fait débat. Mais c’est à peu près tout dans un marché déjà vidé des joueurs russes de premier plan. Une seule recrue notable, l’ailier Daniil Tarasov. Il est rentré dans son club d’origine du Dynamo Moscou en 2015 après avoir fait ses premiers matches en NHL parce que sa mère était malade, et il n’a cessé de progresser depuis, passant de moins de 10 points par saison de KHL à 32 puis 35 depuis deux ans. C’est aussi en mémoire de sa mère décédée il y a un an et demi – elle était kazakhe mais avec des origines tatares – qu’il a rejoint Kazan.

Kazan devra donc avoir un impact maximal de ses étrangers. Ils sont tous nouveaux car le seul survivant, le défenseur Trevor Murphy, a été échangé pendant la présaison. Or, le club n’a pas réussi à engager des joueurs déjà établis en KHL, ce qui pose la question de l’adaptation. Le centre international suédois Pär Lindholm est intelligent dans les deux sens du jeu mais n’a pas un impact offensif majeur. Cela fait reposer beaucoup de responsabilités sur le plus gros salaire Jordan Weal. MVP des playoffs d’AHL à tout juste 23 ans, il a ensuite intégralement joué en NHL pendant cinq ans (sauf une saison partagée avec AHL), mais a perdu sa place chez les Canadiens de Montréal la saison dernière. Centre au début du camp de Kazan, il a été transféré avec succès à l’aile par Dmitri Kvartalnov, pour qui ce sera aussi la saison de vérité. Il ne pourra plus terroriser ses joueurs en playoffs et sa position semble plus fragile.

 

TraktorLa concurrence de l’Oural affûte en effet ses armes, notamment le Traktor Chelyabinsk. Après avoir dominé la pré-saison, il est même cité parmi les candidats au titre. Impensable il y a quelques mois encore, alors que le club semblait ne pas avoir de perspectives et que des rumeurs – non concrétisées – couraient sur la suppression de son équipe-ferme (le Chelmet). Et si une – éventuelle – réussite du Traktor devenait la preuve de l’intérêt du plafond salarial peut fonctionner en KHL ? Alors qu’un club de la « moyenne haute » aurait cause perdue dans une surenchère financière face aux géants pétroliers et gaziers, jouer le titre n’est plus impossible !

Il « suffit » que les autorités locales accordent une hausse de budget « raisonnable », et comme le Traktor a plus de place sous le plafond salarial que les clubs déjà blindés, il peut attaquer le marché en flairant les bons coups. Il est allé à la limite de ses possibilités en embauchant trois gros salaires tous au meilleur âge (entre 27 et 29 ans). Seul nouvel étranger, le buteur finlandais Teemu Pulkkinen a un potentiel offensif supérieur à son prédécesseur Pontus Åberg . Le centre russe natif d’Ukraine Vladimir Tkachyov, dernièrement capitaine à Yaroslavl, a été engagé en surenchérissant sur deux concurrents directs de la division (Magnitogorsk et Ekaterinbourg). Ces deux attaquants forment la nouvelle première ligne avec le capitaine Sergei Kalinin.

La troisième recrue majeure est donc le défenseur Albert Yarullin, qui forme maintenant l’une des meilleures paires défensives du pays avec l’international suédois Lawrence Pilut. Pour que Yarullin se sente comme chez lui en quittant pour la première fois le Tatarstan, on a même installé une salle de prières musulmane dans l’Arena Traktor pour lui et pour le gardien Emil Garipov qui est son ami proche (les deux hommes ont investi ensemble dans un réseau de salons de barbiers). Garipov, Yarullin et Tkachyov ont tous été champions avec Kazan en 2018. Mais ce n’est pas tout. Le centre biélorusse Andrei Stas et son collègue Aleksei Potapov, champions avec l’Avangard en mai, doivent apporter leur expérience en quatrième ligne et en infériorité numérique.

Il n’y a pas que le recrutement. Ce sont aussi deux joueurs formés au club qui font changer le Traktor de dimension. Nikita Tertyshny n’était apparu que 14 fois en KHL sans le moindre point, il était prêté au niveau inférieur pour s’aguerrir. À 23 ans, cet ailier droit technique, pouvant dribbler n’importe qui avec des mains rapides et créatives a été la grande révélation de la pré-saison. Testé par chance pendant une blessure (de Hyka), il complète finalement une deuxième ligne redoutable avec les deux Tchèques Lukas Sedlak et Tomas Hyka. Le meilleur joueur de LHJMQ 2017 Vitali Abramov s’est lassé d’attendre sa chance en NHL et est rentré à Chelyabinsk sous les ordres d’un entraîneur qu’il avait déjà connu en junior (Anvar Gatiatullin) pour amener une intensité incroyable sur la troisième ligne. Tous ces joueurs ont au moins deux ans de contrat et le Traktor a donc une fenêtre pendant laquelle la Coupe Gagarine n’est plus forcément une utopie.

 

L’Avtomobilist Ekaterinbourg essaie depuis des années de se muer en candidat au titre, mais c’est un processus difficile. Le pont d’or offert au meilleur marqueur de KHL Vadim Shipachyov à l’intersaison ne l’a pas convaincu de quitter le Dynamo. Il n’a pas recruté de joueur russe de premier plan, mais a juste pu faire revenir le défenseur discret – mais sûr et persévérant – Efim Gurkin. Celui-ci arrive du Sibir avec l’attaquant Danil Romantsev et leur ancien entraîneur Nikolai Zavarukhin, qui a accepté de rétrograder à une position d’adjoint en rejoignant Ekaterinbourg.

MACEK Brooks 160508 623Son nouveau club est en effet toujours guidé par Bill Peters (coach évincé de NHL pour des accusations de racisme). Il mène ses entraînements très intenses, dans lesquels les exercices s’enchaînent à une cadence minutée. La stratégie du club a été orientée en son sens en se concentrant sur des Nord-Américains qui comprennent style de jeu. Les naturalisés au Kazakhstan ou au Bélarus sont considérés au même titre que les Russes car ils bénéficient du statut des joueurs de ces pays « amis ». La concurrence s’offusque mais l’Avtomobilist peut ainsi aligner deux « Canadiens masqués » hors quota, le défenseur Jesse Blacker, qui a joué les Mondiaux pour le Kazakhstan, et l’ailier Shane Prince, qui porte les couleurs du Bélarus.

Prince vient de connaître la meilleure saison de sa carrière au Dynamo Minsk, en bénéficiant des passes du centre canadien Ryan Spooner (non doté d’un passeport de complaisance pour sa part) avec qui il s’entend à merveille. Les deux hommes arrivent ensemble pour former un premier trio à vocation très offensive aux côtés du Germano-Canadien Brooks Macek. Les autres étrangers Da Costa et Cormier occuperont le vide laissé par Datsyuk au centre. Même si Prince était son colocataire à Binghamton en AHL, Stéphane Da Costa est en effet séparé du trio nord-américain. Avec son jeu technique et créatif, on lui a demandé de s’entendre avec des ailiers russes, en particulier Aleksei Makeev qui ne parle pas anglais, et qui s’était révélé la saison dernière aux côtés de Datsyuk.

Puisque cela fait deux fois qu’on évoque son nom, que devient l’idole locale Pavel Datsyuk ? Cette question est toujours en suspens. Il avait annoncé se préparer individuellement et annoncer une décision sur la poursuite de sa carrière pour fin août. L’ex-capitaine de 43 ans s’est même entraîné une semaine avec l’équipe entre deux tournois… mais a repoussé sa décision à décembre ! Et il ne s’agit pas même de place disponible dans la masse salariale.

Celle-ci a en effet été « allégée » – bien malheureusement – du gardien tchèque Jakub Kovar lorsque celui-ci a été placé sur la liste des blessés. Opéré du ménisque pendant l’été, Kovar a de nouveau ressenti des douleurs lors du premier match de championnat. Alors que le Tchèque n’avait pas de doublure de bon niveau jusqu’ici, l’Avtomobilist semble avoir anticipé les risques pour sa santé en recrutant Dmitri Shikin, aux performances très régulières en KHL, et en retenant quand même le jeune Vladimir Galkin. Il n’y a donc pas urgence à recruter, mais il sera intéressant de voir à quel poste la place d’étranger ainsi libérée sera utilisée.

 

Metallurg MagnitogorskLe Metallurg Magnitogorsk n’avait pas tout à fait achevé sa reconstruction. Il s’était déjà débarrassé des salaires disproportionnés, mais il a encore cherché à se défaire à l’intersaison des trois joueurs les mieux payés. Sauf que, cette fois, il ne s’agissait pas d’éléments sous-performants. Beck et Plotnikov étaient les deux meilleurs marqueurs du club. Pourtant, Magnitka n’a pas hésité à racheter leur dernière année de contrat, c’est-à-dire à payer 25% de leur salaire restant pour ne plus les avoir dans l’effectif. Pour Sergei Plotnikov, la raison est à rechercher en dehors de la glace. L’ex-international russe est émotionnel, têtu, pas très respectueux des remontrances du coach lais toujours prêt à reprocher à des jeunes psychologiquement plus fragiles. Son comportement a semé la zizanie dans le vestiaire.

Si les étrangers n’ont pas su apaiser le climat, ce qui n’a rien d’évident pour des non-russophones, les motifs sont plus sportifs concernant Taylor Beck. les dirigeants l’ont jugé « prévisible », « incapable d’inventer de nouvelles façons » de tromper des adversaires habitués à lui, et « répétant sans cesse les mêmes erreurs » (fiche médiocre de +1 en saison régulière et -4 en play-offs). L’assertion peut sembler sévère, et le pari risqué. Beck est remplacé par deux joueurs certes un peu moins chers, mais n’ayant ni un passé NHL comparable, ni expérience préalable de la KHL : Philippe Maillet et Josh Currie.

Le troisième joueur que Magnitka voulait céder était Nikolai Prokhorkin. Son contrat n’était en aucun cas surdimensionné pour le marché. Il y avait de la demande pour un centre russe de niveau international, une denrée rare, et le club ouralien a su se montrer plus patient dans ce cas. Fin août, il est tombé d’accord avec l’Avangard pour échanger Prokhorkin contre Denis Zernov, moins cher, plus performant sur la saison dernière et avec encore du potentiel à 25 ans.

Magnitka a plutôt engagé des joueurs un peu moins cotés et non des vedettes. L’objectif est de constituer une équipe plus homogène, dans la grille salariale comme dans le style de jeu : après la retraite de la légende Mozyakin, les quatre lignes doivent pratiquer un jeu rapide, mais toujours fondé sur la possession du palet et les combinaisons dans la tradition de Magnitogorsk. Un style qui peut convenir à la créativité technique et à la variété d’un Nikita Korostelyov, bridé au CSKA. Tout un collectif peut se tourner vers l’offensive en sachant disposer de bons gardiens avec l’international russe Juho Olkinuora, toujours couvert par le géant Vasili Koshechkin qui a prolongé le plaisir à 38 ans.

 

Les chances du Neftekhimik Nijnekamsk de dépasser un de ces quatre cadors semblent très faibles. Mais cela ne veut pas dire que les play-offs sont totalement hors de portée. Pour se qualifier, il peut devancer des équipes de la division Chernyshev plus à sa portée comme le Sibir, voire le Barys. Les « pétrochimistes » ont recruté un nouvel entraîneur en la personne d’Oleg Leontiev. Après un intérim à la tête de l’Admiral, il a passé les trois dernières saisons aux manettes du peu coté Gornyak Uchaly en VHL.

Autrefois petit frère souffre-douleur d’Ak Bars, le second club tatar ne prête plus ses jouets. Quand le grand frère a essayé d’engager Pavel Poryadin, agent libre restreint en fin de contrat dont le départ aurait permis de récupérer une compensation financière, le Neftekhimik a égalé l’offre pour le conserver, quitte à en faire le joueur le plus payé de l’équipe. L’attaquant le plus précieux semble plutôt être Marat Khairullin, qui finit presque chaque saison avec des fiches positives, ce qui est remarquable dans un petit club (Poryadin était à -13 l’an passé…).

Comme vraie tête d’affiche, le Neftekhimik a surtout fait revenir Dan Sexton, qui avait porté l’équipe pendant quatre ans à son arrivée dans la ligue avant de décevoir chez un Avtomobilist aux plus grandes ambitions. Les mauvaises langues disent que l’Américain s’arrêterait de jouer dès qu’il a atteint le nombre de points permettant d’atteindre son bonus contractuel, ce qui expliquerait sa faible implication dans les fins de saison et les play-offs. Ansel Galimov, né et formé à Nijnekamsk mais parti à 22 ans sans avoir eu sa chance, revient à 30 ans. Sa carrière KHL était prometteuse les premières années après son départ mais déclinante depuis, au point que ses coéquipiers avaient réclamé son éviction à Sotchi.

Même si l’international slovaque Libor Hudacek est toujours là, l’attaque reste limitée malgré ces joueurs à forte identification. La chance du Neftekhimik pourrait résider dans son choix de privilégier la défense en utilisant 3 des 5 places d’étrangers pour deux arrières tchèques de beau gabarit (Lukas Klok et Ronald Knot) et surtout le gardien finlandais Frans Tuohimaa. Aucun d’entre eux n’est vraiment un très gros profil pour la KHL.

 

Kari Jalonen avait signé pour devenir le nouvel entraîneur du Red Star Kunlun, mais il a négocié une rupture contractuelle par accord mutuel en juin. Il a expliqué au journal finlandais Iltalehti que, compte tenu d’un « changement d’environnement », il ne pouvait « pas amener totalement son professionnalisme ». Ce désistement du technicien finlandais prouve combien les perspectives de l’équipe chinoise sont floues. Elle passera une seconde saison à Mytishchi dans la banlieue de Moscou, car le franchissement des frontières de la Chine est toujours interdit pendant la pandémie.

Selon son programme initial, Jalonen devait commencer à diriger un camp d’entraînement le 15 juillet. Une semaine après cette échéance, l’effectif n’avait toujours pas de coach, et on connaissait à peine ses premiers joueurs ! C’est finalement Ivano Zanatta qui a accepté de prendre la barre du projet chinois, qui comprend à la fois Kunlun et l’équipe nationale. Depuis son renvoi par le SKA Saint-Pétersbourg il y a plus de dix ans, l’Italo-Canadien n’a pourtant plus été entraîneur en chef !

L’effectif est à 95% nord-américain. Le principal intrus est le gardien russe Aleksandr Lazushin, dont il se dit qu’il pourrait être naturalisé chinois pour les Jeux olympiques. Ce serait une exception car la nationalité n’est généralement pas accordée aux joueurs sans ascendance chinoise, et une décision importante car il serait alors considéré comme étranger en KHL et ne pourrait plus jouer ailleurs qu’au Red Star Kunlun… si ce projet survit après les JO.

Il est en effet permis d’en douter. Le plan annoncé il y a quelques mois était d’aligner 22 Chinois plus 10 à 15 naturalisés pour sélectionner les 25 meilleurs pour l’équipe de Chine. En pratique, il y a, sans surprise, déjà plus de 15 naturalisables. Les vrais joueurs chinois ont dû se présenter à des sélections avec leur propre équipement pour essayer de gagner leur place. Ils sont privés de compétition depuis un an et n’ont que des miettes de temps de jeu sur la quatrième ligne. Même certains doubles nationaux ont connu une saison blanche pour cause de Covid-19. Cette équipe de Sino-Canadiens peut toujours aligner au moins deux lignes de bon niveau AHL, et elle ne sera pas aussi ridicule que certains le craignent à Pékin en février. Le problème est qu’on voit mal ce qu’elle lèguera au développement du hockey chinois dans les circonstances actuelles.

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