Ligue Magnus J9 : Bordeaux laborieux, mais victorieux.

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Auréolés d’un éclatant début de saison avec 5 victoires en 6 matchs, les Boxers de Bordeaux, que l’on n’attendait pas à telle fête, se trouvent sur le podium du championnat et veulent continuer à jouer les trublions. En recevant les Diables rouges de Briançon, les Bordelais veulent enchaîner malgré un effectif restreint par les blessures.

Après une préparation compliquée, les Boxers s’attendaient à devoir lutter dans la seconde partie du classement très rapidement. Au lieu de ça, ils sont sur le podium de la Synerglace Ligue Magnus après 6 journées, avec 5 victoires et une défaite à Rouen.

Olivier Dimet ne dispose pas du tout de l’entièreté de son effectif, avec notamment des blessés importants comme Loïk Poudrier et Bastien Lemaître, en plus d’Austin Fyten. Des rotations à 16 joueurs qui viennent handicaper assez lourdement un effectif déjà pas spécialement pléthorique.

Briançon, bien mieux que les deux années précédentes malgré une mauvaise série actuellement, vient donc ennuyer les Boxers sur leur glace après une première défaite face à ce même adversaire il y a deux semaines 5-2 en terres alpines.

Briançon donne le ton

Plus vites dans le match, les Diables rouges lancent les hostilités sur le but de Clément Fouquerel par deux frappes de Thomas Carminati, puis Filip Vasko, suite à un mauvais dégagement de l’arrière-garde locale. Bordeaux a du mal à sortir le palet de sa zone et s’expose à la pression visiteuse.

Les Boxers réagissent brièvement avec une-deux entre Enzo Carry et Maxime Legault, puis un tir de Julien Guillaume sur Jan Broz. Félix Plouffe répond à côté, et Martin Lendak envoie une lourde frappe à la ligne bleue, sur Fouquy.

Alex Wideman s’essaiera bien avec Alexandre Mulle, mais la pression est toujours briançonnaise avec une belle séquence de possession dans la zone offensive, Nicolas Ruel en profite pour s’illustrer.

En dépit de la domination territoriale assez nette des Diables rouges, ce sont les Bordelais qui ouvrent la marque après une belle incursion d’Alex Wideman sur la gauche de l’attaque, qui remet en retrait pour Alexandre Mulle, qui conclut sous la barre. 1-0, plutôt contre le cours du jeu, mais c’est le talent individuel qui a fait la différence sur cette action.

Dans la foulée, Christian Michalcin se rend coupable d’une obstruction. Le temps pour Kevin Spinozzi de faire parler sa vitesse et son patinage, bien stoppé par le gardien des diables, et Martin Lendak (cinglage) rejoint son coéquipier sur le banc des pénalités pour donner un double avantage numérique aux locaux. Louis Bélisle s’essaie à côté de la cage et Maxime Legault oblige Jan Broz à un super arrêt, sans beaucoup plus de danger par la suite. Alexandre Mulle obtient ensuite une double possibilité, en ratant une première fois le palet alors que la cage était ouverte, puis en trouvant le portier adverse à bout portant. Un 5 contre 3 finalement pas plus dangereux que ça pour les Bordelais, qui manquent une belle occasion de faire le break.

Briançon repart au travail à égalité numérique, et Jakub Sedlak trouve la base du poteau droit, puis Benjamin Berard le portier bordelais Clément Fouquerel. Louis Vitou, lancé dans l’axe, profite de sa vitesse pour faire la différence mais bute à nouveau sur Jan Broz, juste avant que Marc-André Levesque n’allume une mèche à côté des buts.

La fin du tiers voit Briançon bénéficier d’un avantage numérique après un faire trébucher d’Esteban Ragot, le jeune Bordelais qui bénéficie de pas mal de temps de jeu dans l’effectif girondin après une bonne préparation et des circonstances « favorables » (blessures, etc.).

Il reste 2’30, Christian Michalcin frappe à côté. Rudolf Huna et Charles Schmitt trouvent le gant et le plastron de Clément Fouquerel. Le gardien normando-bordelais est encore mis à contribution par ce duo et sauve la patrie in extremis avec son gant, puis sa botte droite. Point d’autres alertes sur lui, et sur la fin du jeu de puissance, c’est même Alex Wideman qui grille la défensive adverse en patinage pur, mais ne conclut pas. À 30 secondes de la sirène, Quentin Berthon fait trébucher un bordelais et termine la période en prison.

Kevin Spinozzi allume lourdement Broz, juste avant que le duo Alex Wideman / Maxime Legault ne combine et trouvent le gant de Broz concluant ce premier tiers plutôt à l’avantage des visiteurs à 5 contre 5, et dont les seules miettes laissées viennent souvent de leur indiscipline.

Parité jusque dans l’indiscipline

Bordeaux repart sur cette seconde période, toujours en supériorité, sans trop de succès excepté Marc-André Levesque qui alerte Jan Broz. D’ailleurs, Briançon débute bien et surprend les Boxers d’entrée avec cette infiltration toute en vitesse de Rudolf Huna, qui loge la rondelle sous la barre, au-dessus de l’épaule gauche de l’infortuné Clément Fouquerel. 1-1, et des Diables qui recollent de manière méritée sur l’ensemble de la partie.

Malgré des chances, Bordeaux est pour le moment brouillon, et semble manquer de rythme. Le genre de soir où c’est un peu plus dur, et où il faut faire le dos rond. Pourtant, les Boxers vont un peu mieux dans ce deuxième tiers, et force la bataille en zone neutre.

Alexandre Mulle trouve d’abord Maxime Legault qui tombe sur le gardien adverse, avant qu’un joli « tic tac toe » entre Julien Guillaume, Louis Vitou et Robin Lamboley ne termine sa course juste à côté. Vince Tartari aura aussi son occasion, juste après que Michalcin aura trouvé la botte droite de Fouquy.

À la mi-période, Jan Broz se rend coupable d’un retard de jeu suite à un désoclage (involontaire ?) de la cage que les arbitres ont choisi de sanctionner. Malgré des difficultés à construire en début de supériorité, Robin Lamboley trouve le portier briançonnais, puis Enzo Carry profite d’un errement défensif adverse pour tenter sa chance en vain.

Deux alertes suivent pour Fouquerel via Filip Vasko notamment, et Briançon se retrouve de nouveau en avantage numérique quand Esteban Ragot est de nouveau sanctionné, cette fois d’un faire trébucher. Nicolas Ruel (au-dessus) et Félix Plouffe (à côté) offrent des tentatives, mais c’est Maxime Moisand qui réveille un peu Mériadeck avec un petit slalom en entrée de zone offensive qui termine hors cadre.

Alexandre Wideman puis Alexandre Mulle envoient deux lourdes mines sur Jan Broz qui s’interpose tout d’abord avec le casque, puis le haut du corps ensuite.

Vient un nouvel avantage numérique visiteur après que Jules Boscq accroche un adversaire à 1’20 de la fin du tiers. Robin Colomban et Charles Schmitt butent sur Clément Fouquerel qui s’illustre surtout face à Félix Plouffe seul au second poteau, devant une cage ouverte, mais contré dans ses intentions par un Fouquy auteur d’un retour latéral superbe, qui offre un frisson aux supporters bordelais.

Le tiers se termine et si les Boxers sont mieux, c’est leur indiscipline cette fois-ci qui a offert aux Diables rouges leurs meilleures chances.

Bordeaux crescendo

Score de parité donc, et des Bordelais qui bataillent malgré un soir compliqué. Louis Bélisle, puis Enzo Carry, s’assurent que Jan Broz est toujours chaud, et Kevin Igier ne parvient pas à trouver le cadre en contre.

Nicolas Ruel, et Thomas Carminati en font de même, imités juste après par Enzo Carry et surtout Robin Lamboley qui contourne la cage en vitesse et met un peu la panique dans la défense blanche.

Les Bordelais récupèrent des palets, mais manquent d’idées en attaque, les briançonnais défendant bien l’entrée de zone défensive. Quelques mises au fond pour tenter de mettre la pression sur l’arrière-garde adverse, et surtout une impression de flottement, et que le match pourrait basculer sur une erreur diverse.

Les arbitres oublient un faire trébucher sur François Paquin en milieu de glace, et Briançon presse, trouvant Clément Fouquerel par trois fois consécutivement, notamment par Radovan Cutt. Bordeaux réplique timidement par Aina Rambelo mais personne ne suit au rebond, Alexandre Mulle tente de trouver son compère Alex Wideman qui ne peut pas armer, puis Jules Boscq allume une mèche, au-dessus.

Bordeaux, qui n’a pas joué de la semaine, paraît un peu plus frais, malgré un clair manque de rythme sur la première moitié du match, contre une équipe de Briançon qui a enchaîné un bloc de 3 matchs en une semaine.

Quentin Berthon aura deux grosses occasions, et Clément Fouquerel – pas forcément beaucoup mis à contribution – sauve les meubles au meilleur moment. Décisif, il fait la différence en fin de match, en restant concentré et en intervenant très pertinemment, dans ce qui est finalement le tournant de cette fin de match.

Le tournant, car à 1’15 du terme, dans un moment où cela aurait pu tourner dans un sens comme dans l’autre, le très remuant Alexandre Mulle trouve Maxime Legault en retrait. L’ex-Grenoblois inscrit le second but bordelais du soir et crucifie des Diables rouges méritants au demeurant. Ils auront bien une dernière chance via Rudolf Huna mais Clément Fouquerel veille au grain, et mérite par ailleurs sa première étoile du match (et sa bouteille de vin pour l’occasion).

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Bordeaux a eu chaud, et malgré le fait qu’Olivier Dimet avait « averti les joueurs que cette rencontre avait tout du match piège » il choisit de « se satisfaire des trois points ». Pas du tout satisfait du contenu « surtout les deux premiers tiers-temps », le technicien bordelais trouve même que ce fut « le plus mauvais match depuis le début de la saison ». Conscient que son équipe était « encensée » mais certainement un peu en surrégime, il retient le caractère de son groupe, et surtout le fait qu’ils ont su remporter ce « genre de matchs, qui aurait certainement été perdu les années précédentes ».

Avec un dernier tiers « plus acceptable », cela reste un « gros signal d’alerte sur la façon d’approcher le match ». En proie à des difficultés à cause des blessures, et avec un effectif court, cela se ressent aussi sur la qualité des séances d’entraînement avec parfois « peu de joueurs, où il est difficile de mettre du rythme et des choses en place ».

Attention à la suite donc, dès mardi en coupe de France à Brest, loin d’être un faire-valoir, sur une compétition où les Bordelais ont un coup à jouer, mais où il faudra aborder la partie sérieusement. Ce beau début de saison inattendu laisse entrevoir de belles choses mais les bordelais vont payer cette réussite à un moment donné. Bordeaux « va rentrer dans le dur avec 3 déplacements consécutifs, à Brest, Cergy et Grenoble, avec le même effectif, peu de profondeur, et des gars qui vont serrer les dents, malgré le fait qu’il y a moins de jus chez certains qui faisaient la différence ».

Le staff a une vision « à moyen et long terme, avec envie que l’équipe grandisse en gérant mieux ces moments difficiles », et le point positif est que « personne ne lâche ». Cela tombe bien car c’est l’objectif dans le plan de jeu demandé par le staff, plutôt énergivore, mais viable sur la durée.

L’autre point positif est également les performances régulières et décisives de la doublette de gardiens bordelais. Gaétan Richard a fait un super début de saison, poussant Clément Fouquerel directement dans ses retranchements. Une « concurrence saine » entre ces « deux excellents gardiens, qui permettent de rester dans les matchs avec des prestations XXL. Bordeaux n’en serait pas là sans eux et ça pousse l’équipe. »

Niveau recrutement, Bordeaux cherche toujours, mais le marché est bloqué. Une recrue était d’ailleurs « signée, mais a fait faux bond à 5 heures de prendre l’avion ». Malgré tout, les Boxers ne veulent pas « prendre un joueur pour prendre un joueur. Il faut amener une plus-value à cette équipe et respecter l’esprit actuel du groupe, en amenant de la profondeur ». Avec une équipe jeune, il faut « bien identifier les profils de joueurs qui peuvent adhérer au projet, et accepter de jouer avec une équipe plus jeune, et être capable de faire la différence ».

C’est notamment le cas des recrues phares de cet été avec Alex Wideman, Kevin Spinozzi, et Maxime Legault. Ils amènent des points, leur expérience du plus haut niveau, et du leadership. « Cela rejaillit sur l’ensemble du groupe », mais le staff « reste déçu de ne pas avoir Fyten ou Poudrier sur la glace » pour enfin mettre en place la configuration sur laquelle ils avaient axé la préparation.

Enfin, l’apport du public est essentiel. 4 matchs et 4 victoires à Mériadeck, cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Si le match du soir n’était pas forcément le plus plaisant, la victoire semble donner « le sourire à tout le monde » et c’est bien ce que le staff veut prodiguer : une équipe à laquelle « les gens s’identifient ».

Bordeaux – Briançon (1-0, 0-1, 1-0)
Vendredi 15 octobre à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 2550 personnes.
Arbitres : Savice Fabre et Laurent Galbay assistés de Messieurs Clément Goncalves et Johan Fauvel.
Pénalités : Bordeaux 6′ (2′, 4′, 0′), Briançon 8′ (6′, 2′, 0′).
Tirs : Bordeaux 33 (11, 11, 11,), Briançon 29 (13, 8, 8).

Évolution du score :
1-0 à 09’06 : Mulle assisté de Wideman et Spinozzi
1-1 à 21’58 : Huna assisté de Colomban et Ruel
2-1 à 58’45 : Legault assisté de Mulle et Bélisle

Bordeaux

Attaquants :
Alexandre Mulle – François Paquin – Alex Wideman
Aina Rambelo – Enzo Carry – Maxime Legault
Robin Lamboley – Julien Guillaume – Louis Vitou
Esteban Ragot – Vince Tartari

Défenseurs :
Maxime Moisand – Kevin Spinozzi
Marc-André Levesque – Louis Bélisle
Jules Boscq

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Gaétan Richard (G). Absents : Austin Fyten, Bastien Lemaître, Loïk Poudrier.

Briançon

Attaquants :
Rudolf Huna – Robin Colomban – Nicolas Ruel
Filip Hudak – Radovan Cutt – Filip Vasko
Kais Brac-Faure – Félix Plouffe – Quentin Fauchon
Quentin Berthon – Antoine Torres – Benjamin Berard

Défenseurs :
Martin Lendak – Thomas Carminati
Charles Schmitt – Kevin Igier
Christian Michalcin – Jakub Sedlak

Gardien :
Jan Broz

Remplaçant : Olivier Richard (G).

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