Un début d’incendie causé par une fuite de gaz a décalé de deux heures le coup d’envoi d’Allemagne-Danemark. Ce sera le seul moment un peu chaud d’une rencontre soporifique…
Ce Allemagne-Danemark apparait comme un match décisif dans la course aux quarts de finale. Les deux équipes sont classées 3e et 4e avec six points. Un succès propulserait le vainqueur vers un avantage sérieux pour terminer à l’une des quatre premières positions.
L’ennui, c’est que la préparation du match va prendre une tournure inattendue. Environ une heure avant le coup d’envoi, un incendie se déclare près des vestiaires suite, selon la chaine canadienne RDS, à une fuite de gaz. L’organisation évacue l’intégralité de la patinoire : spectateurs, journalistes, bénévoles… et joueurs, bien sûr, qui patientent dehors, en tenue !
Les pompiers ainsi qu’une ambulance arrivent rapidement et maîtrisent le départ de feu, qui ne fait pas le moindre blessé, fort heureusement. Mais cela fait deux heures de perdues. Les joueurs rentrent les premiers, avec un échauffement sur la patinoire d’entrainement, pendant que les spectateurs de la rencontre – médias, scouts, public dont de nombreux groupes scolaires – ne rentreront que vers 17h30. Le coup d’envoi est décalé à 18h, ce qui impacte évidemment le Canada-Kazakhstan, décalé à 21h30.
Privés de Tim Stützle, blessé contre la France, les Allemands alignent Alexander Karachun et chamboulent leurs trios. Ils recevront bientôt le renfort de Lukas Reichel, prolifique en AHL, ainsi que celui du gardien Dustin Strahlmeier et de Leon Gawanke, 22 ans, qui évolue lui aussi en AHL. Aucun des trois n’est sur la glace ce soir.
Ce début de match n’enflamme pas les spectateurs, en revanche. Les actions offensives sont rares, les deux équipes peinant à trouver du rythme. Les défenses sont bien en place. Les deux gardiens n’ont pas vraiment beaucoup de travail : après un quart d’heure, l’Allemagne mène 4 tirs à 2, et on ne peut pas dire que les joueurs aient vraiment mis le feu devant Sebastian Dahm et Philipp Grubauer… La seule occasion du tiers revient à Moritz Seider, dont le tir en tête de cercle vient percuter la barre transversale. Bref, on oubliera assez vite ce premier tiers indigeste. Il s’achève sur un lancer en angle fermé de Nikolaj Ehlers, qui échoue sur la poitrine du gardien, pour un bilan de 5-4 au tir en faveur des Danois. Le feu sur la glace donc…
Les intentions sont meilleures à la reprise. Nicolai Meyer lance un deux-contre-un, et son tir de l’aile ne trompe pas Grubauer. Mais moins d’une minute plus tard, l’attaquant de Vienne est victime d’une charge de Jonas Müller, qu’il ne voit pas du tout arriver. Allongé sur la glace, il met un bon moment à se relever, accompagné au banc par la soignante de l’équipe. Aucune pénalité n’est signalée sur l’action. Le joueur reviendra fort heureusement au jeu un peu plus tard.
🇩🇰 Nicolai Meyer slow to get up from this hit from 🇩🇪 Jonas Müller #IIHFWorlds pic.twitter.com/93PY2lL1Z0
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L’Allemagne obtient peu après une pénalité différée pour un accrochage le long de la bande. Le palet tourne bien, découpe la défense et Kastner manque une cage béante. Collé ligne de fond, il envoie le palet sur le poteau ! Julian Jakobsen rejoint le banc des punis et le jeu de puissance s’installe.
Wissman efface Nielsen et le palet tourne, derrière la cage, pour un tir entre les cercles de Noebels… le métal résonne à nouveau. Le Danemark revient au complet, et le duo Ehlers-Nielsen manque d’ouvrir le score en contre. Ce sont malgré tout les Allemands les plus dangereux, à l’image de ce tir de Jonas Müller à travers le trafic. Le rebond est dégagé de justesse. Le défenseur est cependant puni dans la continuité pour un retenir dans son travail en zone défensive, et laisse les Danois en supériorité. Ils n’arrivent même pas à franchir la zone neutre…
De retour à cinq contre cinq, Ehlers trouve le casque de Grubauer en angle fermé, puis Mathias Bau menace la défense dans l’enclave. Les joueurs de Heniz Ehlers essaient enfin d’accélérer, mais ils concèdent deux minutes pour surnombre.
Une erreur coupable. L’Allemagne s’installe bien, et Noebels envoie le palet vers l’enclave. Marc Michaelis, planté près du gardien, dévie la rondelle dans ce jeu bien travaillé (1-0).
L’Allemagne a fait le plus dur dans cette course d’escargot, mais concède deux minutes en fin de tiers pour une charge avec la crosse de Plachta. L’équipe spéciale danoise ne montre toujours rien, engluée dans la neutre. Et, avec un maigre total de 12-10 aux tirs, et seul petit but, la pause est la bienvenue pour tous les spectateurs endormis.
Ce n’est pas vraiment mieux au troisième tiers. Après quelques rares tirs, il faut attendre la sixième minute pour voir l’Allemagne mettre le feu, si l’on peut dire, à l’enclave danoise. Dahm, en déséquilibre, est secouru par sa défense qui vient bloquer devant une cage ouverte et dégager le rebond.
Alors que les supporters allemands chantent la même chose en boucle pendant un temps interminable, le jeu s’excite un peu vers la dixième minute. Une grosse action danoise secoue l’enclave de Grubauer et le palet est dégagé de peu. L’Allemagne part en contre, et échoue à son tour à quelques millimètres, la cage étant déssoclée avec le disque sur la ligne…
Coast to coast chances for @deb_teams and @dkishockey.😱#GERDEN #IIHFWorlds pic.twitter.com/xp1CB5Ko7F
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La seule ligne dangereuse côté danois accélère. Ehlers lance de l’aile, prend le rebond et Nielsen, dans le slot, ne convertit pas. Le palet est dégagé et Emil Kristensen se rend coupable d’un retenir dans la zone neutre, étouffant dans l’œuf le momentum de ses coéquipiers.
La supériorité numérique ne donne rien, et on se dirige doucement vers la fin du match. Cela chauffe un peu près du banc allemand à cinq minutes de la sirène, sans conséquence. Le jeu quitte guère la zone offensive. Markus Lauridsen tente de loin, puis Mikkel Aagaard tente un tour de cage… le Danemark ne cadre rien, désespérément muet. Le temps mort et la sortie de Dahm sont la suite logique de cette inefficacité offensive. Les neuf buts infligés au Kazakhstan sont bien loin…
L’Allemagne s’impose donc 1-0, dans un match soporifique, avec un mirifique total de tirs de 18-13 pour le Danemark. Décaler tout le programme du jour pour un tel spectacle, était-ce bien nécessaire ?
Désignés joueurs du match : Sebastian Dahm (Danemark) et Maximilian Kastner (Allemagne)
Allemagne – Danemark 1-0 (0-0, 1-0, 0-0)
Championnats du monde élite 2022.
Jeudi 19 mai 2022 à 18h00 à la Helsingin jäähälli. 2570 spectateurs.
Arbitres : Lassi Heikkinen (FIN) et Peter Stano (SVK) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Jake Davis (USA)
Pénalités : Allemagne 4′ (0′, 4′, 0′), Danemark 6′ (0′, 4′, 2′)
Tirs : Allemagne 13 (4, 6, 3), Danemark 18 (5, 7, 6)
Récapitulatif du score :
1-0 à 32’42 : Michaelis assisté de Noebels et Fischbuch (sup. num.)
Allemagne
Attaquants
Matthias Plachta (2′) – Marc Michaelis – Yasin Ehliz
Daniel Fischbuch – Leonhard Pföderl – Marcel Noebels (A)
Daniel Schmölz – Stefan Loibl – Alexander Karachun
Samuel Soramies – Maximilian Kastner – Alexander Ehl
Défenseurs
Moritz Seider – Moritz Müller (C)
Korbinian Holzer (A) – Jonas Müller (2′)
Kai Wissman – Fabio Wagner
Dominik Bittner
Gardien :
Philipp Grubauer
Remplaçant : Mathias Niederberger (G). Blessé : Tim Stützle (A)
Danemark (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Nikolaj Ehlers – Frans Nielsen (A) – Joachim Blichfeld
Frederik Storm – Peter Regin (C) – Felix Scheel
Mathias Bau – Patrick Bjorkstrand – Nicolai Meyer
Mikkel Aagaard – Julian Jakobsen – Morten Poulsen
Matthias Asperup
Défenseurs :
Matias Lassen – Markus Lauridsen
Emil Kristensen – Jesper Jensen Aabo (A)
Oliver Larsen – Nicholas Jensen
Gardien :
Sebastian Dahm
Remplaçants : Frederik Dichow (G), Morten Jensen (D). Réserviste : Oliver Lauridsen (D)