Eisbären Berlin – Grenoble (CHL, groupe G, 4e journée)

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Inutile de se voiler la face en prétendant que Grenoble garde une chance de qualification qui n’est que mathématique. L’enjeu, avant d’affronter Frölunda en octobre, est d’essayer d’accrocher au moins un point dans ce groupe relevé, et à tout le moins d’effacer la gifle reçue à domicile en ouverture de cette Ligue des Champions (2-8). Dans le Wellblechpalast, comme avant-hier le public occasionnel ne remplit pas les places assises, mais dans les gradins debout, le kop – ravi de retrouver sa patinoire traditionnelle pour l’occasion – forme une impressionnante muraille blanche et met une belle ambiance.

Le gardien expérimenté Jakub Štěpánek, sonné après un gros choc jeudi à Hradec Králové, est préservé. C’est Raphaël Garnier – déjà entré en jeu au cours du match aller – qui débute dans les cages grenobloises. Malheureusement pour lui, cette première titularisation européenne commence très mal. Une crosse haute maladroite de Sacha Treille, après s’être fait prendre le palet en zone offensive, met rapidement les Brûleurs de Loups en infériorité numérique. Zach Boychuk feinte le lancer et effectue une passe transversale pour le one-timer de Marcel Noebels dans le cercle droit. Raphaël Garnier semble bloquer le palet mais il est passé sous sa botte et est entré au ras du poteau, comme les arbitres le vérifient à la vidéo (1-0).

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Grenoble a le mérite de vite réagir, avec un gros lancer sur la barre transversale. Ensuite, le défenseur berlinois Morgan Ellis défend d’abord très bien sur un 2 contre 1 : il suit la passe de Markus Poukkula pour Nicolas Deschamps et bloque l’angle de tir. Mais l’attaquant canadien récupère le palet, et depuis le fond de la zone, il donne en retrait à Dylan Fabre qui reprend à bout portant (1-1).

La dynamique est devenue clairement grenobloise, et le jeu se passe donc à l’opposé du kop, que l’on entend moins. Eric Mik retient Poukkula à deux mains dans le coin, puis Noebels ne réussit pas à soulever la crosse de Rouhainen et l’atteint au visage avec son bâton. Grenoble peut donc jouer 40 secondes à 5 contre 3. Un lancer non cadré de Kyle Hardy frappe la balustrade, et Chad Nehring est opportunément placé de l’autre côté du but pour reprendre en angle ce palet qui revient avec la cage ouverte (1-2).

Mais une pénalité du défenseur suisse en prêt Makai Holdener remet en cause cet avantage au score. À 5 contre 4, le tir du poignet de Zach Boychuk dans le cercle gauche trompe Garnier entre les bottes (2-2). Le powerplay berlinois a marqué deux fois en deux occasions… et Poukkula retient Müller dans la foulée. La pénalité est tuée, au prix de longues batailles dans les bandes, mais surtout d’une crosse haute de Lamarche sur Fiore dont le tir à bout portant venait d’être arrêté par Garnier. Cela fait deux minutes de plus en infériorité…

Le coup de poing de Janne Jalasvaara sur Kevin Clark après l’arrêt de jeu est alors impardonnable de la part d’un tel joueur d’expérience : les Brûleurs de Loups doivent jouer 1’20 en double infériorité numérique par la faute du défenseur finlandais ! Un geste idiot qui « offre » ce premier tiers-temps aux Eisbären : Kevin Clark se place seul devant la cage, dans le dos de Holdener, pour dévier le centre de Melchiori (3-2). Tout le kop berlinois saute de nouveau en parfaite coordination.

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Jyrki Aho change de gardien à la pause, remplaçant un Raphaël Garnier un peu fébrile par Štěpánek. Il se montrera plus solide que son jeune collègue avec des arrêts plus sûrs et nets, sans rebond ou moment d’hésitation. Grenoble repart fort en deuxième période et pousse rapidement Berlin à la faute. Frank Hördler accroche Bobby Raymond mais le jeu de puissance grenoblois, organisé par Joël Champagne sur le côté droit, ne parvient pas à égaliser. Peu après le retour à 5 contre 5, les Eisbären marquent un but chanceux, puisque le revers à ras glace de Zach Boychuk ricoche sur le patin de Kevin Clark (4-2).

Après ce but encaissé par sa quatrième ligne de jeunes (Quattrone-Koudri-Munoz), Jyrki Aho réduit sa rotation à trois lignes, en sacrifiant Flavian Dair et en faisant monter Adel Koudri sur le premier trio.

Alors que Grenoble semble dans un temps faible à la mi-match, Giovanni Fiore prend une pénalité inutile (accrocher) en zone offensive. Même si un mauvais contrôle de Joël Champagne gâche un premier jeu installé, les Brûleurs de Loups se montrent dangereux par un bon tir en pivot d’Adel Koudri, puis par une reprise de Chad Nehring dans le slot peu après le retour à égalité numérique. Les Grenoblois finissent mieux le tiers – sans comparaison avec leurs précédentes deuxièmes périodes dans cette CHL – avec de bonnes séquences en zone offensive. Ils peuvent même terminer en avantage numérique quand un cinglage est sifflé contre Boychuk dans un échange de bastonnades avec Poukkula, mais n’arrivent pas à s’installer. La dernière occasion est même pour White qui vole le palet en zone neutre à Nehring en infériorité, mais Štěpánek s’interpose d’un poke-check magistral.

Les Eisbären sont en maîtrise au troisième tiers-temps. Ce n’est pas le cas des Grenoblois, à l’image de Rouhainen qui cafouille son contrôle après un engagement en zone neutre. Marcel Noebels lui vole le palet, mais Štěpánek lui ferme parfaitement l’angle de tir sur son revers.

Les Brûleurs de Loups n’abandonnent pas et jettent leurs dernières forces sur la glace dans les cinq dernières minutes. Il reste 2’47 au chronomètre quand Morgan Ellis est pénalisé pour un cross-check dans le dos de Poukkula sur une séquence installée des champions de France. Jyrki Aho appelle son temps mort et donne ses consignes pour que son équipe joue à 6 contre 4. Malgré le trafic devant lui, le jeune gardien Martin Ancicka se montre solide pour bloquer proprement le palet ou le dévier. Brent Aubin ne peut maîtriser un palet en zone neutre et Zach Boychuk est alors envoyé achever le match en cage vide (5-2).

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Les Berlinois, un genou sur la glace, remercient leurs supporters pour leur soutien constant. Ils en auront encore besoin pour se qualifier car la victoire du Mountfield HK contre Frölunda obligera les champions d’Allemagne à prendre au moins 5 points sur 6 dans les deux confrontations face aux Tchèques en octobre. Grenoble devra pour sa part finir dignement. Mais pour le moment, après leur voyage dans les étoiles, les Brûleurs de Loups doivent se concentrer sur leur retour « sur Terre », autrement dit en Ligue Magnus.

Commentaires d’après-match :

ahojyrkiJyrki Aho (entraîneur de Grenoble, en photo) : « Nous avons pris de grandes leçons tout le temps. C’est amusant que nous ayons voyagé toute la semaine et que, en utilisant trois lignes, nous arrivons à jouer avec plus d’énergie. Nous sommes mieux dans le match. Nous avons pris trop d’infériorités en première période, mais ça doit être notre état d’esprit de nous battre jusqu’à la fin quel que soit le résultat, et nous l’avons fait ce soir. C’est un processus d’apprentissage, nous apprenons contre ces équipes fortes combien les petites choses sont importantes. Ce sera la même attitude contre Frölunda. C’est le plus haut niveau. C’est une des meilleures équipes en Europe, ils sont vraiment bons avec le palet, ils sont forts, ils sont rapides, il faudra trouver un moyen de rivaliser. »

Serge Aubin (entraîneur de Berlin) : « J’ai aimé les dix premières minutes, nous avons bien débuté. Ensuite, nous avons fait trop compliqué et le match nous a échappé. Nous ne nous sommes jamais vraiment remis. Évidemment, une victoire est une victoire, mais nous savons que nous pouvons bien mieux. Jeudi [contre Frölunda] nous avons joué un match exceptionnel et nous n’avons pas été récompensés. Aujourd’hui, le match n’était pas aussi bon mais nous avons eu la récompense. C’est le hockey. »

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Eisbären Berlin – Grenoble 5-2 (3-2, 1-0, 1-0)
Samedi 10 septembre 2022 à 17h00 au Wellblechpalast de Berlin. 2424 spectateurs.
Arbitres : Michael Tscherrig (SUI) et Lasse Kopitz (ALL) assistés de Nikolaj Ponomarjow et Jonas Merten (ALL).
Pénalités : Berlin 12′ (4′, 6′, 2′) ; Grenoble 10′ (10′, 0′, 0′).
Tirs : Berlin 42 (19, 14, 9) ; Grenoble 43 (16, 15, 12).
Engagements : Berlin 30 (10, 12, 8) ; Grenoble 38 (12, 15, 11).

Évolution du score :
1-0 à 03’10 : Noebels assisté de Boychuk et Nowak (sup. num.)
1-1 à 06’46 : Fabre assisté de Deschamps
1-2 à 11’26 : Nehring assisté de Hardy et Aubin (double sup. num.)
2-2 à 14’59 : Boychuk assisté de Fiore (sup. num.)
3-2 à 19’16 : Clark assisté de White (double sup. num.)
4-2 à 23’56 : Boychuk assisté d’Ellis
5-2 à 59’37 : Boychuk assisté de Noebels (cage vide)

Eisbären Berlin

Attaquants :
Marcel Noebels (+2, 2′) – Zach Boychuk (+2, 2′) – Kevin Clark (+2)
Matt White (-1) – Peter Regin (-1) – Giovanni Fiore (-1, 2′)
Marcel Barinka – Manuel Wiederer – Jan Nijenhuis
Bennet Roßmy – Kevin Handschuh – Marco Baßler

Défenseurs :
Frank Hördler (C, 2′) – Marco Nowak (+1)
Jonas Müller – Morgan Ellis (2′)
Julian Melchiori – Eric Mik (+1, 2′)
Korbinian Geibel

Gardien :
Tobias Ancicka

Remplaçant : Juho Markkanen (G). Absents : Leo Pföderl (genou et aine), Yannick Veilleux (genou), Brendan Guhle (soupçon de commotion cérébrale), Frank Mauer.

Grenoble

Attaquants :
Sacha Treille (-1, 2′) – Joël Champagne (C) – Floran Douay [puis Koudri à 20’00]
Dylan Fabre – Nicolas Deschamps – Markus Poukkula (+1, 2′)
Flavian Dair [puis Douay à 20’00] – Chad Nehring – Brent Aubin (-1)
Timothée Quattrone (-1) – Adel Koudri (-1) – Julien Munoz (-1)

Défenseurs :
Kyle Hardy – Maxim Lamarche (2′)
Jere Rouhiainen – Bobby Raymond (-1)
Janne Jalasvaara (2′) – Makai Holdener (-1, 2′)
Alexandre Pascal [une présence]

Gardien :
Raphaël Garnier puis à 20’00 Jakub Štěpánek [sorti de 57’14 à 59’37]

Absents : Pierre Crinon (blessé), Lucien Onno (main), Aurélien Dair (cheville), Damien Fleury.

 

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