La saison régulière est déjà finie pour Colmar, sûr de terminer en poule de relégation. Cela n’a pas empêché les Alsaciens d’accrocher Annecy puis Villard, avant de reboire la tasse, la semaine dernière, en terre vanoise. Valence, de son côté, connaît une saison pour le moins inégale et se retrouve à flirter avec la dernière place qualificative. Rien n’est donc encore acté pour les Lynx, qui sont venus en rangs fournis pour espérer emporter le gain du match. La patinoire sonne nettement moins creux que lors de la rencontre précédente, jouée un soir de match de coupe du monde de foot des Bleus… C’est donc devant une affluence retrouvée que les protagonistes disputent cette partie.
Les deux points récemment remportés par les Titans laissaient entrevoir une amélioration dans leur façon de gérer leur match. Au vu de la rencontre de ce soir, on peut dire qu’en effet, il y a du mieux dans le hockey proposé par les Haut-Rhinois. Les noir et rouge ont passé une grosse partie de leur match à gratter le palet, couper les passes adverses, tourbillonner en zone neutre, le tout de façon vive et volontaire, occasionnant pas mal de gêne à leurs adversaires venus plus prudents, quoique plus précis le cas échéant. C’est donc un hockey énergique que les Titans ont globalement montré au public.
Énergique certes, mais encore perfectible dans la précision des passes et des placements. Ainsi, malgré une débauche colossale d’énergie des locaux, c’est bien Valence qui rentre aux vestiaires en menant au score, grâce à un tir appuyé de Sam Riffard à mi-distance (0-1 à 7’37 »). Colmar, placé haut, gêne énormément les Lynx, tire beaucoup mais manque de réalisme, notamment sur ce poteau de Teo Haffner (3’26 ») ou ce break de Thomas Ackerman (6’38 »).
Perfectible aussi au niveau de la concentration, notamment lorsque les organismes commencent à fatiguer. Pourtant revenus au score à l’énergie, sur un rebond exploité de près par Ackermann (1-1 à 25’17 »), les Alsaciens vont ensuite manquer plusieurs fois le coche, notamment sur un nouveau break du même Ackermann (34’11’), quand les Valentinois exploiteront de leur côté la moindre maladresse alsacienne. Le poteau de Malo Wessang vient juste de finir de résonner (28’40 ») que ses coéquipiers se font naïvement avoir sur un ricochet de près attribué à Alban Rodriguez alors que le portier local est masqué (1-2 à 29’34 »). Rageant, mais encore plus le sera cette remise hasardeuse en plein axe exploitée par Frans Stromback (1-3 à 35’43 »). Et que dire de ce petit bijou de l’ex-Mulhousien César Joffre qui décale impeccablement le pointeur Tristan Carl Månsson, seul au second poteau (1-4 à 39’11 ») ? Colmar, toujours aussi énergique, s’éteint cependant sensiblement, du moins au niveau des essais lancés.
Perfectible enfin au niveau de la précision. En effet, les Titans auront passé les trois quarts du match à gratter tout palet adverse, une tâche physique et éreintante. Le dernier quart d’heure leur est alors fatal : ils n’ont plus autant de jus pour gêner leurs adversaires. Qui plus est, les Lynx, un peu plus frais, se mettent eux aussi à pratiquer ce type de hockey éprouvant, laissant les locaux, en perte de lucidité, s’éreinter à aller chercher le palet. Une lucidité en berne qui occasionne une nouvelle mauvaise relance plein axe captée par Dmitrii Dudkin (1-5 à 43’49 »), avant de clouer au pilori les Titans, qui n’en méritaient pas tant, sur une mésentente gag entre Wessang et son défenseur : le palet, à deux à l’heure, franchit bien la ligne rouge (1-6 à 53’38 »). De l’autre côté de la patinoire, les Haut-Rhinois auront encore vendangé pas mal d’occasions, que ce soit par Raphaël Brites, de près, qui lance au-dessus (44’46 »), imité par Ackermann pas plus en réussite (49’52 »), par Paul Fillod dont le lancer lourd s’écrase sur le poteau de Théo Gautero pourtant battu (51’46 »), ou lors d’une énième supériorité stérile (54’27 »).
Au final, le score est très lourd pour les locaux, qui auront payé très cher quelques moments de flottement ou de non-concentration. Le schéma tactique de Tarik Chipaux est plaisant à voir, mais peu économe en énergie. Les Titans n’ont pas réussi à marquer durant leurs périodes de domination. Dans ce type de schéma, l’adversaire fait le dos rond en attendant son heure. C’est exactement ce qu’on fait les Lynx valentinois qui ont attendu de prendre l’avantage pour ensuite harceler de plus en plus leur adversaire en perte de lucidité.
Nonobstant le score en lui même, le match s’est joué à peu de choses. C’est le moins imprécis des deux qui est sorti gagnant de ce combat de gratteurs. On a tellement gratté le palet et la glace, hier soir, que le trou initial, qui a occasionné un retard de 30 minutes pour être comblé, au moment du coup d’envoi, n’était plus visible en fin de partie !
Colmar – Valence 1-6 (0-1, 1-3, 0-2)
Samedi 14 janvier 2023 à 19h45 à la patinoire de Colmar. 209 spectateurs.
Arbitrage de Lancelot Thorrignac assisté de Bastien Germaneaud et Julien Le Monnier.
Pénalités : Colmar 12′ (2′, 6′, 4′) ; Valence 16′ (4′, 4′, 8′).
Tirs : Colmar 31 (13, 8, 10) ; Valence 33 (12, 16, 5).
Évolution du score :
0-1 à 07’37 » : Riffard assisté de Janci
1-1 à 25’17 » : Ackermann assisté de Vix (inf. num.)
1-2 à 29’34 » : A. Rodriguez assisté de Dudkin (sup. num.)
1-3 à 35’43 » : Stromback
1-4 à 39’11 » : Månsson assisté de Joffre
1-5 à 43’49 » : Dudkin assisté de Månsson
1-6 à 53’38 » : accordé à Dousseau (but contre son camp de Colmar)
Colmar
Attaquants :
Enzo Labat – Quentin Borg – Paul Fillod (C)
Teo Haffner – Thomas Ackermann – Ludovic Vinals
Quentin Mathez – Aurélien Chaubell – Bastien N’Guiamba
Renaud Studer – Clément Tognan – Nino Abdelali
Défenseurs :
Léopold Beckmann (A) – Lélian Vix
Joachim Sonnet – Raphaël Brites
Félix Rousseau – Milo Avoine (A)
Gardien :
Malo Wessang
Remplaçant : Lukas Paicheler (G)
Valence
Attaquants :
Dmitrii Dudkin – César Joffre – Jules Plenet [puis Månsson à 20′]
Clément Stévenin (A) – Valentin Clément – Carl Månsson [puis Plenet à 20′]
Frans William Stromback – Flavio Commusset – Yoan Colomban
Mateo Briançon – William Dupend-Carette – Kevin Richard
Défenseurs :
Sam Riffard – Tomas Janci (C)
Enzo Dousseau – Joris Rama
Alban Rodriguez – Quentin Rodriguez (A)
Gardien :
Theo Gautero
Remplaçant : Lou Silighini (G)









































