Les Brûleurs de Loups n’ont pas réussi la passe de deux à Rouen. Vainqueurs la semaine dernière en quarts de finale de la coupe de France (6-3), ils se sont cette fois inclinés sur la glace de l’Ile Lacroix (3-4) au terme d’un match fou car ils étaient menés 4-0 à dix minutes de la fin. L’issue du match donne des regrets d’autant plus qu’avec cette défaite en Normandie, les Isérois se retrouvent désormais à 6 points d’Angers et voient la deuxième place s’éloigner. Autre mauvaise nouvelle : la suspension à titre conservatoire de Brent Aubin, coupable d’une charge mal maîtrisée sur Tommy Perret qui a été blessé sur l’action.
Son absence vient s’ajouter à la longue liste des blessés côté grenoblois (Racine, Koudri, Schmitt et Onno). Pour renforcer une défense réduite à la portion congrue, les Brûleurs de Loups sont allés puiser chez le club partenaire de Chambéry en D1 : le défenseur québécois Samuel Régis, qui a signé un contrat à durée limitée et le jeune espoir grenoblois Antoine Fertin, déjà aligné l’an dernier en Ligue Magnus, sont intégrés ce soir dans l’alignement. L’infirmerie niçoise est également bien garnie avec Lévesque, Elo et Kopta notamment. Les Brûleurs de Loups ont une revanche à prendre sur les Niçois qui les ont battus il y a une semaine (4-3 après prol.) sur la Côte d’Azur. Lors de la première rencontre à Pôle Sud entre les deux équipes en tout début de saison, Grenoble s’était imposé facilement (5-0).
Dès la première présence, les Brûleurs de Loups donnent le ton avec un premier tir de Fleury capté de la mitaine par Conrad Mölder puis un lancer lointain de Maxim Lamarche est détourné par le portier estonien, titularisé à la place de Nikita Bespalov laissé au repos. Les Grenoblois font tourner le palet en zone offensive en ce début de match alors que les Niçois sont repliés en défense. Ivan Esipov prend le premier tir des visiteurs mais Raphaël Garnier, titularisé lui aussi ce soir, repousse le danger avant que Flavian Dair n’écarte le palet.
Grenoble continue de dominer les débats et la récompense vient finalement quand Lavoie, bien placé derrière la cage centre pour Treille qui se présente devant le slot et marque de près (1-0, 03’52). Les Aigles de Nice essaient de réagir avec une bonne passe de Larinmaa qui permet à Luka Kalan de se présenter seul devant Garnier mais ce dernier réalise un bel arrêt. Les Brûleurs de Loups continuent de faire le jeu en zone offensive mais butent sur Mölder. Un bon lancer de Fertin au milieu du trafic crée le danger après un rebond contre la balustrade.
Sacha Treille fait trébucher Kuronen dans la zone offensive. Le jeu de puissance est installé par Rychagov qui fait circuler le palet. Esipov casse une crosse alors qu’il se trouvait en bonne position pour prendre un lancer face à la cage. Abramov tente de forcer le passage vers le slot mais Garnier parvient à mettre la mitaine sur le palet. La pénalité est finalement tuée. Régis met une grosse charge à Abramov qui arrivait en entrée de zone, signe que l’intensité monte d’un cran. Crinon prend un lancer lointain, repoussé par Mölder.
La pression grenobloise se fait moins forte en fin de tiers, la défense niçoise ne concédant que des tirs lointains. Malgré une énorme domination, les Brûleurs de Loups restent sous la menace des visiteurs à l’image d’une reprise de Nikiforov de près, repoussée par Garnier. Dans la foulée, Deschamps est sanctionné pour un cinglage sur Rychagov ce qui permet à Nice de terminer le tiers en supériorité numérique, sans conséquence. Les deux équipes rentrent au vestiaire avec un maigre avantage d’un but pour Grenoble malgré une énorme domination (11 tirs à 4).
Nice n’arrive pas vraiment à installer son power-play et Grenoble tue sa deuxième pénalité du match. À 5 contre 5, les Aigles enchaînent avec une bonne présence en zone offensive sans vraiment trouver de position de tir dangereuse. Les Brûleurs de Loups reprennent l’initiative, Mölder repousse un tir de Lavoie du bouclier. Puis le portier niçois réussit un gros arrêt de la jambière face à Bachelet au rebond d’un lancer de Crinon. Un arrêt qui permet d’éviter à Grenoble de prendre le large. Les Aigles s’enhardissent et réalisent un bon travail autour de la cage grenobloise. Sur la contre-attaque Munoz arrive à partir à la ligne bleue mais son lancer est bien bloqué par Mölder.
Les débats s’équilibrent à la mi-match avec un lancer de Kalan qui est repoussé par Garnier, plus sollicité que lors du premier tiers-temps. La défense niçoise a fait le dos rond et parvient à rester au contact d’une équipe grenobloise qui n’arrive pas à concrétiser ses occasions. Un cinglage d’Alzon sur Deschamps permet à Grenoble d’obtenir sa première supériorité numérique du match. L’installation est rapide avec une bonne circulation du palet. Deschamps prend sa chance puis Treille de près. Le boxplay niçois parvient à bien repousser les assauts des Grenoblois qui passent presque deux minutes dans la zone niçoise. Mölder bloque le palet avec la mitaine sur un dernier lancer de Lamarche et la pénalité est tuée par les Aigles.
Les Brûleurs de Loups continuent de faire circuler le palet en zone offensive en situation de quasi supériorité numérique. Mölder plonge sur le palet pour devancer Lavoie mais il est pénalisé pour un retard de jeu pour avoir gelé le palet hors de la zone autorisée. Grenoble essaie de pousser pour égaliser avant la fin du tiers. Aurélien Dair prend un lancer dans l’axe à mi-distance, Mölder parvient à repousser. Le power-play grenoblois continue de faire circuler le palet, Mölder s’interpose avec la jambière sur un lancer de Rouhiainen. Et en toute fin de pénalité, un tir de Deschamps est dévié habilement devant la cage par Lyubimov (2-0, 37’22).
Dans les dernières secondes, Radek Cip aurait pu réduire le score pour Nice avec une reprise à bout portant mais Garnier reste concentré jusqu’au bout et maintient l’écart de deux buts en faveur de Grenoble, un écart plus confortable mais pas encore décisif.
Les Aigles se montrent offensifs dès le début du troisième tiers avec Larinmaa qui permet à Nikiforov de prendre un bon lancer, repoussé par Garnier. Sur un bon travail en zone offensive de la troisième ligne grenobloise, Yohann Alzon se fait sanctionner pour une crosse haute sur Loïc Farnier. Cette fois Grenoble ne met pas longtemps à concrétiser : Lavoie sert en retrait à la ligne bleue Rouhiainen qui transperce Mölder, masqué par le trafic devant lui (3-0, 42’45). Ce troisième but, le deuxième en supériorité numérique, donne de l’air aux Brûleurs de Loups.
Euphoriques, ils déroulent offensivement : Flavian Dair gagne le palet derrière la cage niçoise, il le ressort pour Farnier qui sert en retrait Lamarche dont le lancer vient se loger au ras du poteau (4-0, 43’36). Cette fois la messe est dite. Les Aigles qui étaient restés à portée de tir ont fini par céder.

Les Brûleurs de Loups laissent le chrono défiler dans les dix dernières minutes face à une équipe niçoise désormais résignée. Radek Cip s’échappe mais il est rattrapé par Hardy et ne peut tirer qu’en angle fermé, un lancer détourné par Garnier. Farnier prend un lancer face à la cage mais ne parvient pas à déjouer Mölder. Larinmaa place une grosse accélération qui laisse sur place la défense grenobloise. Pressé par Crinon, il prend un lancer arrêté par Garnier de la jambière avant que Rouhiainen ne dégage le palet. Fleury casse la crosse d’Esipov et est sanctionné pour un cinglage, sans que le score n’évolue jusqu’au coup de sirène.
Pour cette dernière rencontre avant la trêve internationale, les Brûleurs de Loups remportent un succès net et sans bavure mais qui a mis longtemps à se dessiner. La faute à une équipe niçoise bien regroupée défensivement et qui a résisté pendant deux tiers-temps aux assauts grenoblois. Malgré les nombreuses absences, les Brûleurs de Loups ont rendu une copie propre défensivement avec une bonne prestation des jokers Samuel Régis et Antoine Fertin. Il fallait se montrer patient et ne pas se faire surprendre par les contre-attaques niçoises pour garder l’avance au tableau d’affichage. On notera tout de même que ce sont deux défenseurs, Jere Rouhiainen et Maxime Lamarche, qui ont permis à Grenoble de prendre le large au tableau d’affichage. Le power-play grenoble s’est également montré efficace au bon moment avec deux buts qui ont permis de débloquer la situation. En attaque on retiendra la nouvelle belle performance d’Alexandre Lavoie, impliqué sur quatre des cinq buts grenoblois (quatre assistances !). Les Brûleurs de Loups peuvent désormais se reposer avant la grosse échéance qui les attend après la trêve internationale, la demi-finale de coupe de France contre Amiens.
Les Aigles n’ont pas pu rééditer leur exploit d’il y a une semaine. Comme souvent à Pôle Sud, ils subissent une large défaite après avoir pourtant tenu la marque pendant près de quarante minutes grâce à Conrad Mölder. Limités à 15 tirs cadrés sur l’ensemble du match, ils n’ont guère pu peser offensivement, se contentant de quelques contre-attaques alors que leur supériorité numérique s’est montrée inoffensive et que deux buts ont été concédés en infériorité numérique. On retiendra tout de même l’activité de Jesper Larinmaa et Evgenii Nikiforov en attaque tout comme le jeu collectif d’Andrei Rychagov. Limités par un banc assez réduit et des absences importantes, les Aigles ont finalement craqué au troisième tiers-temps. La pause internationale fera du bien aux Aigles, toujours à la lutte pour accrocher la huitième place.
Désignés meilleurs joueurs du match : Sacha Treille (Grenoble) et Norbert Abramov (Nice)
(Photos de Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Jean-François Dufour (co-entraîneur de Grenoble) : « On était un peu déçus, sur l’ensemble du match à Rouen, on méritait mieux. On a fait quand même un bon début de match et après on s’est pris des pénalités. Nous le mot d’ordre, c’était de finir en beauté avant la trêve et puis avoir une bonne réaction. Au début ce n’était pas si simple mais dans l’ensemble je pense qu’on a fait un match très solide. C’est le danger avec Nice, on sait qu’on n’est jamais à l’abri d’un contre. C’est un peu leur façon de jouer, de t’endormir. On demande aux joueurs de bien gérer les temps forts et les temps faibles dans un match de hockey. Ce soir, le meilleur exemple est le troisième tiers, on est en confiance, on a tout de suite un avantage numérique, on fait la différence et ensuite on n’a pratiquement rien donné. Le but qu’on donne, c’est un mauvais rebond mais dans l’ensemble on est calme, on est posé. Parfois avant la trêve, les gars peuvent avoir la tête ailleurs, là c’était important de juste finir sur une bonne note. Nice, ce n’était pas un esprit de revanche, il faut juste les jouer correctement. On connait leur façon de jouer, ils t’endorment, t’as l’impression que t’as le contrôle du jeu, tu contrôles et puis tu prends deux buts en l’espace de quatre minutes, là-bas c’était un peu la même chose. C’est ce que j’ai aimé ce soir, tu ne donnes pas grand-chose pour les laisser croire… On essaie de ne pas penser au résultat. C’est un peu le mot d’ordre qu’on a eu au début moi et Edo, essayons de jouer mieux, de faire les bonnes choses. On travaille peut-être un peu plus les tirs des défenseurs aux entraînements. On demande toujours de tirer au but. Il y a des phases de jeu comme Nice aujourd’hui, c’est une équipe qui va te laisser de la place en haut ce qui fait que tu n’as pas le choix à un moment donné de lancer. On le voit à Rouen, sur le troisième tiers, les buts qu’on marque, c’est qu’on amène du trafic et qu’on lance d’en haut. Par moments il y a des matchs où on en fait trop, on essaie toujours de faire le jeu parfait. Mais des fois le jeu parfait, c’est mettre du trafic et masquer le gardien de but. »
Maxim Lamarche (défenseur de Grenoble) : « On a confiance à la maison, c’était important de retrouver le chemin de la victoire avant la trêve. On voulait rebondir dans notre dernier match et je crois que c’est ce qu’on a fait ce soir. On a joué un bon match, on n’a pas donné grand-chose, on a contrôle le jeu la plupart du temps et Raph a fait les arrêts quand c’était le moment et on a bien fait ça. Ça fait du bien de marquer pour la confiance. On a vu leur but, c’est un mauvais rebond, c’est important de les battre, on avait échappé le match là-bas, on voulait rebondir et je crois que ce soir c’est ce qu’on a fait. On va prendre quelques jours de repos et ensuite on reprend l’entraînement, c’est un très gros match qui nous attend mardi, on a déjà hâte mais c’est important de se reposer et on verra pour la suite. »

Grenoble – Nice 5-1 (1-0, 1-0, 3-1)
Vendredi 8 décembre 2023 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitres : Benjamin Scolari et Julien Peyre assistés de Maxime Laboulais et Johan Fauvel
Pénalités : Grenoble 6’ (4’, 0’, 2’), Nice 6’ (0’, 4’, 2’)
Tirs : Grenoble 33 (11, 13, 9), Nice 15 (4, 4, 7)
Engagements : Grenoble 21 (5, 6, 10), Nice 27 (9, 10, 8)
Évolution du score :
1-0 à 03’52 : Treille assisté de Lavoie et Regis
2-0 à 37’22 : Lyubimov assisté de Deschamps et Lavoie (sup. num.)
3-0 à 42’45 : Rouhiainen assisté de Lavoie et Deschamps (sup. num.)
4-0 à 43’36 : Lamarche assisté de Farnier et F. Dair
4-1 à 47’45 : Abramov assisté de Rychagov et Alzon
5-1 à 48’20 : Bachelet assisté de Treille et Lavoie
Grenoble
Attaquants :
Roman Lyubimov – Nicolas Deschamps (A) (2’) – Damien Fleury (A) (2’)
Sacha Treille (C) (2’) – Matias Bachelet – Alexandre Lavoie
Loïc Farnier – Aurélien Dair – Flavian Dair
Timothée Quattrone – Julien Munoz
Défenseurs :
Kyle Hardy – Maxim Lamarche
Pierre Crinon – Samuel Régis
Antoine Fertin – Jere Rouhiainen
Gardien :
Raphaël Garnier
Remplaçant : Jakub Stepanek (G). Absents : Brent Aubin (suspendu), Jonathan Racine, Adel Koudri (psoas), Charles Schmitt (adducteurs), Lucien Onno (scaphoïde).
Nice
Attaquants :
Jesper Larinmaa – Luka Kalan – Evgenii Nikiforov
Norbert Abramov (A) – Andrei Rychagov (A) – Bryan Sautereau
Louis Vitou – Mikael Kuronen – Radek Cip
Daniel Babka – Alexis Sutor
Défenseurs :
Yoann Salvé – Ivan Esipov
Louis Belisle (C) – Lucas Villain
Roope Reini – Yohann Alzon (4’)
Gardien :
Conrad Mölder (2′)
Remplaçants : Lou Silighini (G). Absents : Nikita Bespalov (surnuméraire), Isaac Charpentier (hanche), Marc-André Lévesque (luxation de l’épaule), Kasper Elo (ligaments du poignet), Ondrej Kopta (fracture au visage).














































