L’équipe de France des moins de 20 ans est parfaitement entrée dans son championnat du monde en battant successivement le Danemark (6-4) et le Japon (5-3), à chaque fois avec un dernier but en cage vide. Elle fait partie des trois équipes qui se sont détachées après deux journées, avec l’Autriche et surtout le Kazakhstan. L’adversaire du jour, dans le match-clé pour la montée, fait figure d’épouvantail puisqu’il a battu les Bleuets 8-2 lors de leur unique match de préparation. Certes, le gardien drafté en NHL Antoine Keller n’était pas encore revenu de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec, mais sa seule présence peut-elle changer le rapport de forces défavorable ?
Le premier signe encourageant est que la France ne se montre pas nécessairement inférieure techniquement à ses adversaires. La plus belle action individuelle du début de match est à mettre à l’actif de Valentin Grossetête qui s’infiltre jusqu’à la cage. Sur une bonne entrée de zone de Tom Guidoux, qui décale du revers Mathis Dufour à droite, le Kazakhstan concède sa première pénalité. Le jeu de puissance a été la grande force de l’équipe de France dans le début du tournoi avec 5 buts sur 7 occasions (71%). Mais aujourd’hui, il se retourne contre elle : le défenseur Dmitri Breus part à 2 contre 1 et sert Davlat Nurkenov qui ouvre le score (1-0). Pour éviter un second but sur cette même infériorité (!), James Eyre doit même retenir Ruslan Ospanov : c’est un tir de pénalité. L’attaquant du Nomad Astana (qui a déjà mis un but en KHL avec le Barys) s’élance mais perd son face-à-face avec Antoine Keller.
Le but a brisé l’élan tricolore. Le Kazakhstan est en confiance dans ses gestes offensifs. Les Français ont de plus en plus de mal à relancer et à construire proprement. Ils mettent quelques minutes à retrouver le fil de leur jeu. Philéas Perrenoud se procure alors une belle occasion en filant sur l’aile gauche et en venant frapper à la porte du gardien Vladimir Nikitin, solide sur cette action. Bien que jouant en blanc, les Bleuets retrouvent des couleurs. Ils dominent, provoquent une nouvelle faute à la dernière minute et mettent une grosse pression sur la cage quand la sirène retentit.
Même activité à 5 contre 4 à la reprise : les Français sont fermement installés et multiplient les essais, notamment Emil Tavernier qui cherche la déviation de Hugo Nogaretto, mais en vain. Après six minutes, les Bleuets subissent leurs deux premières pénalités, contre Matéo Bussat (faire trébucher) puis contre Perrenoud qui prend 2’+2′ pour crosse haute. Au total, le capitaine Tom Guidoux et ses collègues défendent avec une bonne activité pendant plus de quatre minutes et demie en infériorité. Antoine Keller a été vigilant au début quand le Kazakhstan avait un homme campé juste devant lui… mais le danger survient quand il n’y en a plus. Egor Smoliyaninov se fait oublier derrière la cage, puis vient se positionner dans le dos d’Ulysse Tournier pour reprendre au second poteau le centre de Roman Yermak (2-0, photo ci-après).
Ce score n’est pas mérité dans ce match équilibré. Une crosse haute de Vsevolod Logvin au visage de Nathan Cal permet aux hommes d’Éric Blais de finir la deuxième période en avantage numérique. Mais ils ne sont toujours pas en réussite offensivement.
Dès la première minute du troisième tiers-temps, Ruslan Ospanov part en prison pour faire trébucher. Néanmoins, les Bleuets ne prennent aucun tir pendant ces deux minutes. Ensuite, ce sont eux qui enchaînent les pénalités : Chapuis (retenir) puis Nicoud (faire trébucher). La France peut-elle faire le même coup que le Kazakhstan en début de match ? On y croit quand Valentin Grossetête et Fiorenzo Villard partent à 2 contre 1 à la fin de la seconde infériorité… mais le défenseur intercepte.
Sur la pénalité suivante, un cinglage d’Addamo, Davlat Nurkenov se présente devant Keller et le trompe pour la seconde fois du match (3-0). C’est le coup de bambou. Deux minutes plus tard, Alexander Kim enterre définitivement les espoirs tricolores (4-0).
Le résultat est lourd pour les juniors français, et il empêche tout rêve de montée même dans une hypothèse d’égalité à trois avec l’Autriche. Alors qu’on craignait pour la défense tricolore et ses buts concédés sur des revirement et des replis défaillants, c’est l’attaque qui s’est grippée au plus mauvais moment avec zéro but marqué pour 33 tirs cadrés comptabilisés en leur faveur. Bien sûr, le but du Kazakhstan à 4 contre 5 a fait très mal en obligeant à courir après le score. Les joueurs d’Asie centrale ne sont jamais aussi frustrants à jouer que quand ils mènent à la marque. Les Brûleurs de Loups l’ont vécu récemment en Coupe Continentale (les nombreux jeunes Grenoblois parmi les Bleuets n’étaient pas en tribune ce soir-là car ils jouaient en licence bleue à Chambéry ou à Vaujany).
Même si elle est un peu trop sévère, la défaite ne doit pas être regrettée trop longtemps. Le Kazakhstan est sûrement mieux outillé pour participer à l’élite mondiale l’an prochain : 14 de ses 23 joueurs seront encore sélectionnables, alors que la France – même si elle a le plus jeune joueur absolu avec Mathis Dufour qui a 3 ans d’avance – n’en aura plus que 5 ! Rappelons que la génération 2005 du Kazakhstan est montée dans l’élite lors du Mondial U18 d’Angers pendant que leurs homologues français rétrogradaient : cela n’aurait pas forcément été un cadeau de les envoyer au niveau supérieur.
En tout cas, l’équipe de France U20 n’a pas à rougir de son Mondial et peut encore terminer deuxième si elle bat l’Autriche demain.
Désignés joueurs du match : Egor Smoliyaninov pour le Kazakhstan et Téo Toubhans (photo ci-dessous) pour la France.
(photos Qazaqstan Hokei)
Kazakhstan U20 – France U20 4-0 (1-0, 1-0, 2-0)
Mercredi 13 décembre 2023 au Tüskecsarnok de Budapest. 112 spectateurs.
Arbitres : Christian Ofner (AUT) et Zsombor Palkovi (HON) assistés de Tomas Gegan (SVK) et Michal Gerne (POL).
Pénalités : Kazakhstan 8′ (4′, 2′, 2′) ; France 12′ (0′, 6′, 6′).
Tirs : Kazakhstan 40 (6, 21, 13) ; France 33 (15, 10, 8).
Évolution du score :
1-0 à 08’48 : Nurkenov assisté de Breus et Beisembayev (inf. num.)
2-0 à 31’19 : Smoliyaninov assisté de Yermak et Logvin (sup. num.)
3-0 à 52’10 : Nurkenov assisté de Kim et Orazov (sup. num.)
4-0 à 53’59 : Simonov assisté de Lyapunov et Smoliyaninov
Kazakhstan
Attaquants :
Ruslan Ospanov (A, 4′) – Vsevolod Logvin (2′) – Roman Yermak (C)
Davlat Nurkenov (+1) – Adil Beisembayev (+1) – Alexander Kim
Semyon Simonov (+1) – Egor Smoliyaninov (+1) – Kirill Lyapunov (+1)
Artur Gross – Aleksandr Migunov – Nikita Sitnikov
Assanali Ruslanuly
Défenseurs :
Kirill Khan (+1) – Dmitry Breus (A, +1, 2′)
Artyom Avdeyenko – Beibarys Orazov
Gleb Reshetko (+1) – Danial Shakshakbayev (+1)
Mstislav Shipilin
Gardien :
Vladimir Nikitin
Remplaçant : Artyom Shestakov (G).
France
Attaquants :
Antoine Addamo (-2, 2′) – Philéas Perrenoud (A, 4′) – Emil Tavernier (-1)
Valentin Grossetête (A) – Mathis Dufour (-2) – Tom Guidoux (C)
Hugo Raveaud – Mattis Chapuis (-1, 2′) – Hugo Nogaretto (-1)
Ethan Gourbil – Raphaël Chauvel – Matéo Bussat (2′)
Fabian Riu
Défenseurs :
Fiorenzo Villard – Téo Toubhans-Besnier (-1)
James Eyre (-1) – Ulysse Tournier (-1)
Nathan Cal – Raphaël Brites
Nathan Nicoud (2′)
Gardien :
Antoine Keller
Remplaçant : Mathis Thirion (G).














































