Dans un début de saison en montagnes russes, les Gothiques ont connu une vague ascendante le week-end dernier, du côté de l’improbable lanterne rouge bordelaise. Face à des Boxers en délicatesse, la faute à des blessures et un calendrier corsé, les Gothiques ont su faire le dos rond avant de piquer et s’imposer largement du côté de Meriadeck (0-4). Avec ce deuxième « jeu blanc » de la saison, les protégés de Kevin Bergin ont surtout mis de côté la première ratée à domicile contre Grenoble (2-6).
Oui mais voilà, pour tenter d’ouvrir le compteur au Coliseum, la marche n’est finalement pas beaucoup plus accessible qu’une semaine auparavant. Se présentant dans le costume des « visiteurs » en terre picarde, c’est tout simplement le leader, Angers. Avec cinq succès en cinq matches, dont des victoires face à Grenoble (6-3), Bordeaux (4-1) et Rouen (6-3), les Ducs impressionnent et viennent à Amiens avec l’ambition de signer la passe de six, histoire de marquer encore un peu plus le coup face à un demi-finaliste du dernier exercice.
Du rythme d’entrée
Pourtant, d’entrée de jeu, les joueurs de Jonathan Paredes étaient proches de subir les foudres locales. Plagnat réalisait une jolie incursion en zone offensive depuis la droite, tentait sa chance mais manquait de très peu le cadre (0’30). Pas échaudés pour autant, les Angevins pouvaient compter sur leur premier trio pour répondre. Tavernier, sur la droite de la zone offensive, centrait pour Halleydont la reprise forçait Kozun à un arrêt réflexe (0’50). Décisif face à l’ancien de la maison Gothique, le gardien canadien ne pouvait toutefois rien face à Tavernier qui, malgré une bonne défense, parvenait à faire trembler les filets (0-1, 02’42). Douchés, les Samariens n’abdiquaient pas pour autant, surtout aussi rapidement dans la rencontre et il s’en fallait de peu pour qu’une déviation de Richards, consécutive à un lancer au ras de la glace de Larose, ne trouve le cadre (4’30).

Malgré leur dangerosité, les locaux devaient rester sur leurs gardes et éviter les erreurs bêtes comme celle de Roussel qui perdait le palet inexplicablement devant Tavernier. Ce dernier s’en allait défier Kozun, le couchait mais perdait finalement son duel (5’30). Quelques minutes plus tard, en infériorité, le buteur du soir était servi magnifiquement par Halley et ne manquait la lucarne que de quelques centimètres (8’). Plutôt intéressants dans le jeu, les Gothiques manquaient toutefois d’un petit quelque chose dans les derniers gestes, à l’image d’une échappée d’Izacky qui mettait à contribution O’Connor sans le battre (11’).
Amiens recolle…
Les Angevins, quant à eux, se montraient bien plus incisifs mais pas (beaucoup) plus efficaces. Sur une ligne de passe, Centazzo récupérait la rondelle, se présentait devant Kozun mais s’inclinait (14’10) tandis qu’avant la sirène, Tavernier était trouvé étrangement seul au deuxième poteau et forçait – encore – Kozun à un très bel arrêt (19’30). La pause semblait alors arriver au bon moment pour des Amiénois qui parvenaient certes à faire jeu égal dans les intentions mais manquaient cruellement de réalisme et de sérieux dans les transmissions défensives. On pensait le remède trouvé d’abord sur un lourd lancer de Gibert, mais la crosse de O’Connor barrait le chemin (21’30).

Par la suite, Izacky trouvait Craig au deuxième poteau dont la reprise faisait se lever le Coliseum… pendant que la cage était désoclée (24’30). Pas de but et nouvelle frustration. Ce n’était alors que partie remise puisque Richards entrait en zone offensive depuis l’axe, trouvait son compère Lemay sur la droite dont le slap dévastateur laissait O’Connor impuissant (1-1, 25’29). Enfin, le mur était brisé ! Suffisant pour faire douter les Ducs ? Pas réellement, car ces derniers repartaient de plus belle dans leur conquête et il fallait encore une fois un Kozun impérial pour s’interposer devant le duo Ritz – Sarliève (26’15). Prapavessis sur le banc des pénalités, Amiens espérait en profiter pour faire parler la poudre et prendre les commandes et il s’en fallait de peu pour que le capitaine Magovac ne fasse exulter son public mais le Slovène se heurtait in extremis au bouclier de O’Connor (30’). Après une première moitié plutôt enlevée, le match devenait petit à petit tendu et bien plus haché. Les coups après les coups de sifflets devenaient légion, les pénalités tombaient, et le jeu disparaissait légèrement.
… par deux fois !
A ce petit jeu, les Ducs semblaient sortir vainqueurs. Capables de répondre aux coups tout en gardant quelque peu une domination dans les rares séquences de jeu, les Angevins paraissaient alors avoir la main sur la partie. Cela s’accentuait sur une supériorité numérique où, rapidement installés, les protégés de Paredes faisaient tourner jusqu’à une magnifique passe dans le dos de Tavernier qui trouvait Prapavessis qui envoyait un slap ravageur dans les filets de Kozun (1-2, 36’40). Une (re)prise d’avantage logique mais de courte de durée, puisqu’à peine une minute plus tard, Gibert déviait subtilement un lancer au ras de la glace de Bergeron pour égaliser (2-2, 37’32). Tout était encore à jouer à l’aube d’une ultime période qui sentait la poudre à tous les niveaux.

Sans réelle surprise, aucune équipe ne se détachait réellement dans le jeu, et à chaque situation, une réponse. Ainsi, Kozun s’interposait sur un lourd lancer de Llorca (44’) avant qu’O’Connor n’en fasse de même une trentaine de secondes plus tard sur une reprise d’Izacky, trouvé par Bergeron, pendant une supériorité (44’30). Durant ce même powerplay, la tension montait encore d’un cran. Servi par Tavernier, Halley tentait sa chance et en profitait pour s’effondrer assez volontaire sur Kozun qui répondait en lui assénant des coups au sol. Les coups se multipliaient ici et là pendant l’interruption du jeu tandis que O’Connor se présentait à sa ligne bleue et invitait Kozun à en découdre. Les arbitres intervenaient, empêchaient ce duel et sanctionnaient le gardien amiénois, jugé coupable des coups portés à Halley.
Angers porte le coup de grâce
Un évènement qui rendait l’ambiance électrique aussi bien en tribunes que sur la glace où chaque coup de sifflet était l’occasion de s’échanger des amabilités. Sur le plan du jeu, les occasions se comptaient sur les doigts de la main, malgré une volonté claire et nette des Picards de s’adjuger le défi en temps réglementaire. Maia offrait à Craig une occasion en or pour passer devant mais, de près, ce dernier manquait le cadre (51’). Un raté qui se « payait cash » comme le veut l’expression consacrée. Deux minutes plus tard, sur une mauvaise relance en zone défensive. Haley récupérait la rondelle et trouvait immédiatement Tavernier dans l’enclave, une opportunité que le casque d’or angevin ne manquait pas, ajustant Kozun à mi-hauteur (2-3, 53’33). Touchés et presque coulés, les Gothiques se montraient volontaires mais trop brouillons pour parvenir à égaliser.

S’en remettant au jeu physique, ils se montraient parfois à la limite, à l’image d’une mise en échec le long de la bande de Mony sur un Tavernier en pleine rotation qui s’effondrait et était contraint de quitter la rencontre à moins de quatre minutes du terme. De quoi jeter un léger coup de froid et tempérer les ardeurs sur la fin de partie… mais les velléités des Ducs qui réussissaient à envoyer quelques piques en contre. C’est de cette manière que Viksten trompait Kozun et tuait la rencontre (2-4, 58’38).
Les Amiénois réussissaient bien à revenir à une unité en toute fin de rencontre grâce à Bergeron (3-4, 59’52), le mal était déjà fait et Amiens devait concéder une deuxième défaite en deux rencontres à domicile.

Capables de tenir tête à Grenoble le temps d’une période la semaine passée puis à l’intenable leader angevin, les Picards montrent des signaux très positifs face aux gros du championnat sans pour autant convertir jusqu’ici. Toujours sans victoire à la maison, les joueurs de Kevin Bergin auront une nouvelle chance, ce dimanche, face à Nice en match en retard de la deuxième journée, juste après un périlleux déplacement à Chamonix. Le début de saison angevin au presque parfait continue mais a coûté cher avec la perte du meilleur compteur actuel du championnat pour au moins quelques matches. Un coup dur dont il faudra se remettre pour continuer à s’affirmer comme la véritable première force de 2025-2026.
Élus meilleurs joueurs du match : William Lemay (Amiens) et Orrin Centazzo (Angers)

Amiens – Angers 3-4 (0-1, 2-1, 1-2)
Mardi 30 septembre 2025 à 20h15 au Coliséum. 2929 spectateurs.
Arbitres : Julien Peyre et Alexandre Bourreau assistés de Joffrey Yssembourg et Hugo Maillard
Pénalités : Amiens 8’ (0’, 6′, 2’) ; Angers 10′ (2′, 6’, 2’).
Tirs : Amiens 27 (5, 9, 13) ; Angers 29 (10, 13, 6).
Évolution du score :
0-1 à 02’42’’ : Tavernier assisté de Halley et Prapavessis
1-1 à 25’30’’ : Lemay assisté de Richards et Roussel
1-2 à 36’40’’ : Prapavessis assisté de Tavernier et Gaborit (sup. num.)
2-2 à 37’32’’ : Gibert assisté de Bergeron et Larose
2-3 à 55’33’’ : Tavernier assisté de Rouhiainen et Halley
2-4 à 58’38’’ : Viksten assisté de Rouhiainen
3-4 à 59’52’’ : Bergeron assisté de Matima et Plagnat
Amiens
Attaquants :
Antonin Plagnat – Janis Svanenbergs (-2) – Rudy Matima (-1)
Bastien Maïa (A, +1) – Kieran Craig (-1) – Jakub Izacky
Gauthier Gibert (+1) – William Lemay (+2) – Sean Richards (+1)
Ilies Djemel – Virgile Gauffriau – Mattéo Bussat
Défenseurs :
Kristjan Cepon (-1) – Aleksandar Magovac (C)
Mathieu Mony – Justin Bergeron (A, +1)
Guillaume Roussel – Félix Larose
Gardien :
Taran Kozun (sorti de 59’06 à 60’00)
Remplaçant : Clément Fouquerel (G). Absents : Anatole de Mali, Thomas Boisson, Gaspard Vanwormhoudt (choix)
Angers
Attaquants :
Orrin Centazzo (+2) – Phlippe Halley (A, +3) – Sami Tavernier (+2)
Daniel Viksten (-1) – Kale Kerbashian (-3) – Noa Besson (-1)
Romain Gutierrez (-1) – Robin Gaborit (C, -1) – Cédric Di Dio Balsamo (-1)
Téo Sarliève – Nicolas Ritz – Jordan Hervé
Marius Serer
Défenseurs :
Neil Manning – Vincent Llorca
Jere Rouhiainen (+1) – Cody Donaghey
Ethan Cap – Matt Prapavessis
Gardien :
Matt O’Connor
Remplaçant : Elliot Lévêque (G). Absents : Jonathan Charbonneau (ligaments croisés, reprise imminente), Lucien Onno (ligaments croisés), Fiorenzo Villard








































