Pour la 18e journée de DEL, on se dirige vers Francfort pour le derby face à Mannheim qui promet d’être chaud. Les dirigeants des Frankfurt Löwen ont décidé de remplacer un Tom (Rowe) par un nouveau Tom (Pokel) derrière le banc. Ce dernier avait dirigé pendant plusieurs années Straubing et hissé cette équipe au plus haut niveau jamais atteint pour le club.
Ce match est un premier test de haut niveau pour le nouveau coach et un défi attendu avec impatience par les fans. D’ailleurs le match se joue à guichets fermés. D’ailleurs une partie de la réussite d’un grand coach, par le talent, c’est sa capacité à développer son jeu pour une équipe avec la patience d’un jardinier : « Il faut planter certaines choses et il faut en aussi arroser certaines autres pour que tout pousse ensemble. On ne peut pas tout faire en quelques jours, alors que d’autres équipes ont travaillé pendant quatre ou six semaines de préparation. » Mais c’est également après de nombreuses années de présence en Allemagne qu’il a acquis la culture et la langue pour s’exprimer le plus précisément dans la langue du pays : « Il était important pour moi de découvrir la culture allemande et de pouvoir communiquer avec l’équipe en allemand ».
Mannheim arrive avec un solide parcours de leader, des joueurs à haute performance, deux gardiens à plus de 92% d’arrêts, et trois scoreurs en grande forme avec Marc Michaelis (17 points), Nicolas Mattinen (16) et Anthony Greco (14).
La pression du public à l’entrée des joueurs est incroyable. La patinoire du Rastweg est en fusion. Il faut trente secondes à Matthew Wedman pour transpercer les filets avec un « one timer » et c’est l’éruption volcanique du public (1-0).
Dan Renouf, devant le gardien Mirko Pantkowski, pousse la rondelle sur le portier (1’23) mais ce sont les Lions qui patinent à très haute vitesse. Pendant que Chris Wilkie est en prison pour un surnombre de son équipe, Nico Mattinen peut lancer dans le trafic, puis Anthony Greco reprend devant le gardien, mais Mannheim éprouve des difficultés pour trouver des espaces dans ce dispositif défensif. À l’issue de la pénalité, Francfort repart de plus belle avec Schweiger qui exécute un tour de cage rapide et tire en angle très fermé (11’03). La pression sur les blancs est déjà énorme. Matthias Plachta déborde et envoie en pleine mitaine (11’52).
Les revirements sont incessants et on est impressionné par la rapidité du patinage. Ensuite c’est Fröberg qui est appelé au banc des pénalités, tout en ayant reçu un coup de coude de Kris Bennett. Reichel et Bennett décochent les tirs mais le PK est intraitable. À noter la présence du jeune Max Penkin (16 ans) sur un bloc de power-play. Les charges des noirs se multiplient et Francfort ne compte pas laisser de place au jeu adverse. Au retour à cinq, la vitesse d’enchaînement des Lions leur permet de trouver des espaces et de se créer des opportunités. Les locaux terminent avec un temps fort de récupération des palets et un repli défensif intense.
Un brassage lors d’une récupération de Michaelis sur un rebond envoie l’international en prison pour un cinglage à une seconde de la pause. Au retour sur la glace, Daniel Pfaffengut tire du revers dans le trafic à 5 contre 4 (2-0).
La domination de Francfort se poursuit dans sa capacité à récupérer des palets en zone défensive et à évacuer la zone. La vitesse de patinage est encore plus impressionnante. Mannheim n’arrive plus à construire un jeu organisé et se retrouve bloqué. Les hors-jeu et dégagements interdits se multiplient. Même le jeune Kevin Bicker est ultra rapide et fait la reprise à bout portant (27’34). Les aigles sont à l’agonie, mais dans cette obscurité du jeu, Max Penkin apporte un éclair de soleil. Seul devant la cage, il pousse le palet mais se rate en n’ayant pas poussé assez fort (30’00). Kris Bennett est toujours aussi physique mais est pénalisé. Mais Nico Mattinen chipe le palet et part en deux contre un. Il loge son palet levé, dans les filets. C’est la douche froide (2-1).
Tobias Fohrler est pénalisé pour une charge avec la crosse et la pression est irrespirable sur les cages de Maximilian Franzreb. Un puissant tir de Chris Wilkie donne des sueurs froides aux supporters visiteurs (36’32). En fin de période, Mannheim redonne de la vitesse pour sortir le palet et Zach Solow est un acharné pour gagner des palets. C’est la guerre sur chaque duel, la partie est une bataille de tranchées.
Une crosse haute de Dunham est sifflée à la sirène. En troisième période, Matthias Plachta fait un boulot énorme pour installer le jeu de puissance et nous gratifie d’une conduite de palet hors normes. Ensuite, Greco shoote en angle fermé mais voit le puck capté de la mitaine (42’25). Cela brasse énormément devant Mirko Pantkowski mais sur une pression en zone, Dennis Lobach fait un poke check à la bleue défensive et part seul avec la rondelle. Il contourne Franzreb et sort vainqueur du duel (3-1).
Le public pousse à tout rompre. Le bruit est assourdissant, la pression infernale. La vieille patinoire est un chaudron en fusion. À partir de ce moment, les joueurs de Tom Pokel conservent le palet. En conclusion d’une remontée de palet à grande vitesse, le tir de Michael Joyaux depuis la bande est stoppé dans les jambières de Franzreb (47’00). Dallas Eakins voit son équipe ne rien lâcher et tout tenter pour revenir. Plachta et ses amis sont en difficultés pour s’installer en supériorité. Daniel Wirt bloque le tir et l’envoie contre la vitre pour dégager son camp. Francfort dégage tout ! Mannheim est devant un mur infranchissable. Le jeu se poursuit dans le camp local et Mattinen hérite de la mise au jeu gagnée. Son lancer est dévié par le portier, mais Tobias Fohrler est en retard pour reprendre (51’25). Le public ne lâche rien et pousse son équipe. Chaque gain de palet, chaque évacuation de la zone est saluée par une foule en délire qui hurle à chaque geste positif pour son équipe.
Dallas Eakins n’a plus le choix et doit sortir son gardien (54’33). Francfort capte de nombreux palets mais les envoie toujours hors cadre. Matthias Plachta trouve l’espace et tire dans le trafic (57’09). Tout est relancé, rien n’est joué et c’est une succession d’entrées et de sortise du portier à chaque gain ou perte de palet. Rien n’y fait, Francfort tient sa victoire dans ce défi titanesque. Les Adler rentrent tête basse et Tom Pokel a réussi son examen de passage dans un des matchs les plus importants de la saison pour les fans.
Clairement l’intensité et la vitesse des Lions a été hallucinante face à des Adler qui n’ont jamais rien lâché. Malheureusement pour eux ils sont tombés sur un Mirko Pantkowski de très haut niveau et une équipe qui n’a laissé que très peu d’espaces en zone défensive.
Réactions d’après match :
Yannick Proske (attaquant de Mannheim) : « Dans l’ensemble, nous avons livré une bonne performance. Nous nous sommes créés de nombreuses occasions et avons clairement dominé à 5 contre 5. Malheureusement, la chance n’était pas de notre côté. Le but encaissé (3-1) juste après notre avantage numérique a évidemment été un coup dur, mais nous avons réussi à réduire l’écart. Au final, tout se joue sur des détails : être plus rapides, faire des passes plus précises, gagner plus de duels pour la rondelle. »
Dallas Eakins (entraîneur de Mannheim) : « Dans l’ensemble, je suis très satisfait de notre performance, car nous avons eu plusieurs occasions de gagner. Mais au final, nous avons commis une perte de palet de trop. Nous devons créer plus d’occasions devant le but, comme l’a fait Francfort lors de ses buts. Nous retenons des points positifs de ce match, mais nous savons aussi où nous devons progresser. »
Francfort – Mannheim 3-2 (1-0, 1-1, 1-1)
Vendredi 14 novembre 2025 à 19h30 à l’Eisporthalle. 6990 spectateurs.
Arbitres : David Cespiva et Sirko Hunnius assisté de Tobias Schwenk et David Tschirner
Pénalités : Francfort 8’ (4’, 2’, 2’) ; Mannheim 6’ (2’, 4’, 0’).
Tirs : Francfort 21 (6, 10, 5) ; Mannheim 38 (14, 10, 14).
Évolution du score :
1-0 à 00’30” : Wedman assisté de Glover
2-0 à 21’41” : Pfaffengut assisté de Matushkin et Brace (sup. num.)
2-1 à 32’15” : Mattinen assisté de Kühnhackl (inf. num.)
3-1 à 42’42” : Lobach
3-2 à 57’09” : Plachta assisté de Gilmour et Greco
Löwen Frankfurt (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Noah Dunham (2’) – Linus Fröberg (2’) – Cameron Brace (-1, 2’)
Markus Schweiger – Carter Rowney – Chris Wilkie
Jakob Lilja (-1) – Daniel Pfaffengut (-1) – Dennis Lobach
Ty Glover – Matthew Wedman (+1) – Kevin Bicker (+1)
Défenseurs :
Maksim Matushkin (C) – Daniel Wirt
Fabio Kose – Ryan McKiernan
Philipp Bidoul – Michael Joyaux
Gardien :
Mirko Pantkowski
Remplaçant : Rodion Schumacher (G), Sebastian Cimmerman (D). Absents : Cody Brenner (G), Tommy Pasanen, Nathan Burns, Carter Proft.
Adler Mannheim
Attaquants :
Tom Kühnhackl – Kristian Reichel (-1) – Alexander Ehl
Maximilian Heim (+1) – Luke Esposito (+1) – Matthias Plachta (+1)
Kris Bennett (2’) – Zach Solow (+1) – Anthony Greco
Eric Uba (-1) – Marc Michaelis (C, -1, 2’) – Yannick Proske
Max Penkin [4 présences]
Défenseurs :
Nicolas Mattinen (-1) – Dan Renouf (-1)
John Gilmour (+1) – Hayden Shaw
Nico Mähler [4 présences] – Tobias Fohrler (2’)
Gardien :
Maximilian Franzreb [sorti de 54’25” à 57’09”, de 57’35” à 58’02”, de 58’31” à 58’46” et de 59’06” à 60’00”]
Remplaçant : Kimi Saffran (G). Absents : Johan Mattsson (G), Leon Gawanke (malade), Lukas Kälble, Colin Schlenker, Justin Schütz (blessés), Samuel Soramies (choix du coach).














































