Battus la veille, les Dragons du Rouen Hockey Élite 76 espéraient réagir devant leur public de l’île Lacroix. Mais ce sont encore les Boxers de Bordeaux qui ont frappé fort, s’imposant 5-3, dans une partie où le forecheck a été décisif sur beaucoup de but, pour prendre le large dans cette demi-finale de Ligue Magnus (2-0 dans la série).
Bordeaux assomme Rouen d’entrée
Les Girondins ont pris le match par le bon bout, cette fois dès le début. Placés défensivement, tranchants, rapides dans les transitions et avec un forecheck très efficace, ils ont puni chaque approximation normande. Des locaux qui ont mis trop d’émotion dans l’exécution et pas assez d’effort dans le contrôle du palet au premier tiers. Mathieu Pompei, seul dans l’enclave, a ouvert le score en profitant d’un palet mal négocié le long de la bande récupéré par Pelletier (0-1 à 10’16), avant que Baptiste Bruche ne double la mise sur une transition parfaitement menée (0-2 à 12’56).
Dépassé, le RHE76 a longtemps tourné loin de la cage de Papillon (seulement 5 tirs cadrés dans le premier tiers), et a fini par céder une troisième fois lorsque Maxim Lamarche, perdu par l’ailier gauche rouennais, a suivi un rebond dans l’enclave (0-3, 16’57). En vingt minutes, les Néo-Aquitains avaient déjà posé une main sur le match.
Une révolte normande… vite freinée
Au retour des vestiaires, les Seino-Marins ont enfin trouvé de l’allant et de l’équilibre entre leur jeu physique et leur jeu de passe. Simon Lafrance a relancé les siens d’un revers levé après une attaque surnuméraire rapide menée par Lavoie après une chute de Kindl (1-3, 21’51), réveillant une patinoire jusque-là sonnée.
Mais les Boxers ont immédiatement remis la défensive des Seinomarins sous pression. D’abord en supériorité (24’07) puis à cinq contre cinq : Poudrier (poteaux à 26’14), Leborgne (27’37), Farnier (28’48) et Bruche (29’42). Puis, ils ont refroidi l’ambiance. Un palet malheureux dévié dans sa propre cage par Tommy Perret sur un centre de Morin a redonné trois buts d’avance aux visiteurs (1-4 à 32’06).
Dans un match devenu fou, Lafrance, encore lui, suite à un palet perdu par Poudrier (2-4 à 33’06), puis Anthony Rech en infériorité numérique qui a intercepté une passe aveugle de Beaudry, ont ramené les Dragons à une longueur (3-4 à 37’37). Rouen, qui recouvrait de l’opportunisme, pensait alors avoir fait le plus dur.
Bordeaux reste clinique
C’était sans compter sur le réalisme girondin. Plus solides dans la gestion des temps faibles, les hommes de d’Olivier Dimet ont su attendre le bon moment. En début de troisième période, Quentin Tomasino a profité d’un palet gratté au forecheck par Giroux lors du démarrage d’une transition normande pour faire mouche dans la lucarne tout en haut de l’enclave (3-5, 51’18).
Malgré une fin de match sans gardien et une dernière tentative de Lafrance, les Normands ont buté sur un Quentin Papillon solide (22 arrêts), pendant que Mac Carruth faisait face à 30 tirs bordelais.
Bordeaux prend le large
Malgré des progrès, gênés par le pressing girondins, les Dragons paient un premier tiers manqué à cause de petites erreurs défensives coûteuses et des mauvaises prises de décision ou de risques non couvertes. Les Boxers, eux, confirment leur excellente dynamique : opportunistes, disciplinés (seulement 2 minutes de pénalité) et redoutables en transition. Bordeaux mène désormais 2-0 dans la série et se rapproche d’une qualification, laissant Rouen dos au mur avant les prochains actes en Gironde.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Carl Mallette (coach de Rouen) :
« Les intentions étaient bonnes mais on fait des erreurs présentement qu’on n’a pas faites cette saison. Est-ce que c’est la nervosité ? Est-ce que c’est l’effet de vouloir bien faire ? On paye cash nos erreurs en première période.
Ça ne donne rien de blâmer qui que ce soit lors d’une période aussi mauvaise. J’ai dit aux joueurs de faire abstraction à tout ce qu’on entendait [des sifflets]. On gagne Bercy, on finit premier. Les attentes sont élevées, on le comprend. Sauf qu’à un moment donné, je ne pense pas que les joueurs méritent ça. Et je suis content de leur réaction.
Personne ne croyait qu’on reviendrait dans le match. Nous, on y croyait. On a une force de caractère assez incroyable parce qu’à partir de la deuxième et la troisième, on a été la meilleure équipe sur la glace.
Le score n’indique pas l’allure du match. On revient 4 à 3 au score. Si ça, ce n’est pas du caractère, si ce n’est pas de la résilience, je suis fier de mes joueurs. Je pense que le momentum était de notre côté.
On prend un cinquième but, alors que la mise en jeu n’aurait pas dû être dans notre zone. Le quatrième, on le prend nous-mêmes dans notre cage. On n’est pas chanceux.
On n’a pas les rebonds pour nous. Est-ce qu’on les mérite, je ne suis pas convaincu à 100 %.
La dernière punition, si c’est ça qu’il faut faire, on va le faire. Ça nous fait extrêmement mal parce qu’on avait le momentum pour pouvoir revenir dans le match.
Chapeau à Bordeaux. Ils sont en contrôle. Ils prennent l’avance dans les matchs. Ils contrôlent mieux la rondelle que nous. Ils font moins d’erreurs que nous.
Nos joueurs sont fiers. J’espère avoir 20 soldats pour le match 3. Là, on s’en va à Bordeaux. La pression est sur eux. »
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) :
« C’est une très bonne opération de repartir de Rouen avec deux victoires. Mais ce n’est que la moitié du chemin. Je pense qu’il faut qu’on apprenne de ce qui s’est passé il y a deux ans. On était également à 2-0 et derrière on a perdu quatre matchs de suite. On est satisfait ce soir, mais il y a encore la suite qui nous attend.
Le but était de sortir fort car on s’attendait à une réaction de Rouen sur ce début de match. On mène 3-0. Derrière, on savait que sur le deuxième tiers, il allait y avoir une grosse réaction. Ils nous ont mis sous pression et je trouve qu’on a joué un peu trop facilement en menant au score 4-1. Ils ont repris le momentum, ils ont repris l’intensité et on s’est mis en difficulté. Je crois qu’on a essayé de rectifier le tir sur le troisième. On a été solidaires. C’est encore une grosse victoire d’équipe avec Papillon qui a fait le job devant la cage.
Il y a beaucoup de qualités dans cette équipe de Rouen. On savait qu’aujourd’hui, il fallait être solide défensivement et être efficace quand on avait nos chances. Sur les deux matchs, on a montré qu’on était en capacité d’être efficace. On va savourer un peu ce soir, rentrer sur Bordeaux et préparer ce match 3 très sérieusement.
Il ne faut pas croire que c’est fait. Rouen a l’habitude de ces situations, de gérer des playoffs. On sait qu’ils ne vont pas s’avouer vaincus. Ils vont venir chez nous avec la même volonté qu’on a eue en venant ici. Le match 3 va être un match important. C’est souvent un match clé. Il va falloir bien l’attaquer et rester dans notre bulle si on veut profiter de cet avantage-là ».
Rouen – Bordeaux 3-5 (0-3, 3-1, 0-1)
Samedi 28 mars 2026 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Nicolas Cregut assistés de Quentin Cady et Thomas Simon
Tirs : Rouen 25 (5, 13, 7) ; Bordeaux 30 (16, 10, 4)
Pénalités : Rouen 8′ (0′, 4′, 4′) ; Bordeaux 2′ (2′, 0′, 0′)
Supériorités : Rouen 0/1 ; Bordeaux 0/4
Évolution du score :
0-1 à 10’16” : Pompei assisté de Pelletier et Kindl
0-2 à 12’56” : Bruche assisté de Poudrier et Boscq
0-3 à 16’57” : Lamarche assisté de Guillaume et Farnier
1-3 à 21’51” : Lafrance assisté de Lavoie et Simonsen
1-4 à 32’06” : Morin assisté de Giroux et Lamarche
2-4 à 33’06” : Lafrance assisté de Lavoie
3-4 à 37’37” : Rech assisté de Perret et Holway (inf.num.)
3-5 à 51’18” : Tomasino assisté de Giroux et Morin
Rouen
Attaquants :
Anthony Rech – Michael Regush – Chase Gresock
Alexandre Lavoie – Simon Lafrance – Tomas Simonsen
Loïc Lampérier – Robin Colomban – Tommy Perret
Rolands Vigners – Vincent Nesa – Charles Schmitt
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Dylan Yeo (A) – Noa Goncalves-Nivelais
Gardien :
Mac Carruth (25 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absents : James Phelan (suspendu) et Julien Tessier (blessé).
Bordeaux
Attaquants :
Craig Puffer – Loik Poudrier (C) – Baptiste Bruche
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin – Quentin Tomasino
Kaylian Leborgne – William Pelletier – Mathieu Pompei
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Loïc Farnier
Arrières :
Kevin Dusseau (A) – Maxim Lamarche
Jules Boscq – Jeremy Beaudry
Jakub Kindl – Nicholas Pageau
Gardien :
Quentin Papillon (22 arrêts)
Remplaçant : Ewan Barrier (G). Absents : Alex Dubeau (étranger surnuméraire), Enzo Carry (blessé au bras), Ulysse Tournier et Tom Guidoux (?).












































