Grenoble déroule
Les Brûleurs de Loups se sont rapidement ressaisis à Angers dimanche en l’emportant 4-2, juste après avoir concédé vendredi face à Gap leur première défaite en 21 rencontres. Le doute ne s’est donc pas installé dans l’esprit des Grenoblois, qui ont repris leur marche en avant et restent plus que jamais à la lutte pour une place dans les 4 premiers afin d’obtenir l’avantage de la glace lors des quarts de finale.

Amiens est l’équipe la plus en verve au début de rencontre. Yanick Riendeau se procure la première occasion mais place le palet juste à côté. Quelques instants plus tard, la défense grenobloise se fait peur avec une situation très confuse devant le slot. Pendant ces premières minutes de jeu, O’Keefe ne voit pas le palet. Les Grenoblois sont empruntés et manquent d’entrain. Mais la première occasion sera la bonne : passe laser de Chouinard pour Rodman qui trouve la lucarne et Grenoble marque sur son premier tir du match (1-0, 04’24 »).
Rien de tel pour se mettre dedans et Miettinen est tout près de doubler la mise quelques instants plus tard. C’est finalement Trabichet qui s’y colle sur un lancer qui finit sa course en lucarne alors que Grenoble avait mis beaucoup de trafic devant le gardien amiénois et qu’O’Keefe demandait une obstruction (2-0, 06’06 »). Deux buts sur deux tirs, difficile de faire mieux pour les Brûleurs de Loups. Si offensivement ils sont en pleine réussite, on ne peut pas en dire autant de leur défense, très fébrile en ce début de match. Et sur une contre-attaque bien emmenée, Eric Johansson transperce Horak d’un tir croisé (2-1, 08’57 »).

Amiens se montre aussi dangereux par instants à l’image d’un tour de cage de Mathieu Brisebois qui aurait pu surprendre Horak. Ce dernier doit même s’employer de la mitaine pour bloquer un tir de Rémi Thomas. La première pénalité du match contre Brisebois permet à Grenoble de finir le tiers en supériorité numérique. Une opportunité parfaitement saisie par les Brûleurs de Loups sur une passe transverse de Rodman pour Hardy reprise sans contrôle par le défenseur grenoblois. O’Keefe arrête le palet mais le relâche, Goličič, présent au rebond, le pousse dans le but vide (3-1, 18’56 »).

Sur une reprise de Goličič, O’Keefe est mis aussi à contribution. Le centre slovène est intenable dans cette rencontre et manque de très peu le cadre quelques instants plus tard. Après un tir sur le poteau, les efforts offensifs grenoblois sont finalement récompensés sur une action individuelle d’Eric Chouinard qui déborde sur la droite, revient devant la cage sans être inquiété et ajuste tranquillement O’Keefe (4-1, 27’39 »). Mais Grenoble n’est pas encore à l’abri, le petit relâchement défensif qui suit permet à Riendeau de tirer à bout pourtant, insuffisant pour tromper la vigilance d’un excellent Horak qui avait tendu sa jambière au bon moment.

Ce but a raison de O’Keefe qui sort, visiblement touché à la jambe. Bisaillon en profite pour tester son remplaçant, le tout jeune Kévin Deliac, qui effectue ses premières minutes devant une cage en Ligue Magnus. Le petit gardien amiénois se détend et bloque le puissant lancer du défenseur québécois.
Une pénalité contre Nicolas Favarin offre à Amiens sa première supériorité numérique du match. Un power-play qui tourne à la catastrophe puisque suite à une relance rapide de Horak, Baylacq parvient à s’échapper en break et marque avec l’aide du poteau (6-1, 34’14 »). Dès lors, les Gothiques n’y croient plus beaucoup et subissent le feu nourri des attaques grenobloises. Chouinard voit son tir arrêté par Déliac alors que Bisaillon en excellent position devant la cage met le palet juste à côté. Alors que la sirène retentit, Tomas Nechala est sanctionné de deux minutes de pénalité.

Avec leur avance confortable de cinq buts, les Brûleurs de Loups se contentent d’avoir une approche défensive. Les trous dans la défense amiénoise leur offrent quand mêmes des opportunités : Kuralt s’échappe en break mais perd son duel avec Déliac qui s’interpose avec une belle mitaine. Puis Chouinard tarde trop alors qu’il était idéalement placé à côté du slot. Tomas Nechala est de nouveau sanctionné. Encore une fois, les Brûleurs de Loups profitent de la supériorité numérique, par Kuralt, au terme d’une action confuse durant laquelle Déliac a perdu le palet de vue et le laisse glisser derrière la ligne (7-1, 48’43 »).

Les Brûleurs de Loups n’ont pas forcé leur talent ce soir pour obtenir un large succès face à Amiens au terme d’une rencontre qui n’a pas atteint les sommets d’intensité des matchs récents contre Lyon et Gap. Grenoble s’est appuyé sur un solide Horak et une attaque très efficace qui a très bien su exploiter les largesses de la défense et du gardien adverse. Au rayon des satisfactions, on notera l’excellente forme du premier trio reconstitué avec Chouinard, Rodman et Goličič. Même si défensivement tout ne fut pas parfait, Grenoble peut se satisfaire ne pas avoir eu à puiser dans ses réserves pour cette rencontre qui lui permet de retrouver le top 4 avant un déplacement délicat à Nice vendredi.
Amiens a rivalisé pendant un tiers-temps avec Grenoble avant d’exploser au deuxième tiers sur des erreurs défensives et des rebonds coupables laissés par O’Keefe. À sa décharge, le portier amiénois s’est visiblement blessé. Une mauvaise nouvelle de plus pour l’entraîneur Mario Richer, déjà privé de Berzins, Legault et Crowder en attaque. Le jeune Kévin Deliac a réalisé une très belle rentrée en n’étant pas toujours bien aidé par sa défense. Mais c’est quasiment la seule satisfaction de la rencontre pour les Gothiques qui rentrent en Picardie les valises pleines et qui voient Nice revenir à seulement deux points après cette rencontre. À douze matchs de la fin de la saison, Amiens devra encore batailler pour assurer sa place en play-offs.
Désignés meilleurs joueurs du match : Teddy Trabichet (Grenoble) et Grégory Béron (Amiens)
(Photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Je pense qu’on est bien rentré dans les dix premières minutes. On a eu un bon départ, sauf que Grenoble est venu deux fois dans notre zone, deux lancers, deux buts. Donc on avait le départ voulu mais on n’a pas été capable de tenir sur les deux premiers lancers. Notre gardien n°1 a une blessure, notre défenseur importé [Jass] aussi est sorti au milieu de la première période, il n’était plus capable. Donc on est encore avec cinq importés à l’écart. C’est comme si on enlevait les cinq meilleurs joueurs de Grenoble, on verrait une différence. Grenoble s’est ajusté avec le temps, Texier qui jouait en octobre sur le premier trio est maintenant sur le troisième. Leur premier trio avec Rodman, Chouinard et Goličič ont tous joué dans des ligues supérieures, Chouinard a joué en LNH et en DEL, donc c’est une première ligne très forte, peut-être la meilleure de la ligue. On compte un but par match, ça fait cinq matchs que c’est comme ça. Quand on est mené 2-0 au bout de dix minutes, c’est difficile pour nous de remonter. On veut produire, mais pour l’instant on n’arrive pas à compter les buts. La dernière fois qu’on a joué ici, on avait notre équipe complète, tous nos joueurs étaient dans l’alignement. Donc ça fait une grosse différence. Crowder a joué un match à Angers et est de retour sur la liste des blessés. On est une année où les blessures ne s’arrêtent pas, il y a des équipes qui n’ont pas encore eu de blessures cette année alors ça va bien pour eux… Il nous reste au moins deux semaines à souffrir au niveau du nombre de blessures, on espère que les joueurs vont revenir, qu’on puisse avoir des trios qui ont l’habitude de jouer ensemble. Pour l’instant, il y a beaucoup de combinaisons qui sont refaites toutes les semaines. »
Norbert Abramov (attaquant de Grenoble) : « Ça fait du bien, il n’y a pas eu de panique dans l’équipe, c’est une série qui prend fin, ça devait arriver, c’est comme ça, on a réussi à rebondir très rapidement à Angers et ce soir on a réussi à fournir un match encore plus complet et c’est plaisant d’avoir réussi à se remobiliser aussi rapidement. Il y a beaucoup de travail qui paye [depuis la défaite contre Amiens], il y a plein de petits détails qui sont mis en place aussi tout au long de l’année. On ne pense pas déjà aux play-offs, comme on le dit depuis le début de l’année, on prend chaque match à la fois. Même pendant cette série victorieuse on n’y pensait pas même si c’est plaisant à vivre. »
Grenoble – Amiens 7-1 (3-1, 3-0, 1-0).
Mardi 10 janvier 2017 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2 700 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Guillaume Barthe et Frédéric Peurière
Pénalités : Grenoble 4′ (0’, 2’, 2’), Amiens 8’ (2’, 2’, 4’)
Tirs : Grenoble 37 (12, 15, 10), Amiens 25 (7, 11, 7)
Évolution du score :
1-0 à 04’24 » : Rodman assisté de Chouinard et Gervais
2-0 à 06’06 » : Trabichet assisté de Texier et Tartari
2-1 à 08’57 » : Johansson assisté de Coulaud et Brisebois
3-1 à 18’56 » : Goličič assisté de Hardy et Rodman (sup. num.)
4-1 à 27’39 » : Chouinard assisté de Rohat et Scolari
5-1 à 31’04 » : Goličič assisté de Chouinard et Favarin
6-1 à 34’14 » : Baylacq assisté de Tartari et Horak (inf. num.)
7-1 à 48’43 » : Kuralt assisté de Tartari et Miettinen (sup. num.)
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Boštjan Goličič – David Rodman
Camilo Miettinen – Sébastien Gauthier – Anže Kuralt
Alexandre Texier (2’) – Christophe Tartari (A) – Norbert Abramov
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Antoine Torres
Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Teddy Trabichet (A) [puis Alexandre Pascal au 3e tiers] – Nicolas Favarin (2’)
Quentin Scolari – Stéphane Gervais
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Aziz Baazzi (blessé à la main), Rhett Bly (ligaments du genou)
Amiens
Attaquants :
Yanick Riendeau – Eric Johansson – Loïc Coulaud
Rémi Thomas – Joël Champagne (C) (2’) – Grégory Béron (A)
Fabien Kazarine – Joey West – Fabien Bourgeois
Rudy Matima – Yannick Offret – Quentin Fauchon
Défenseurs :
Māris Jass – Jonathan Narbonne
Tomas Nechala (4’) – Mathieu Brisebois (2’)
Nicolas Leclerc – Romain Bault
Gardien :
Mitch O’Keefe puis Kévin Deliac [à 31’04 »]
Absents : Armands Bērziņš, Maxime Legault, Tim Crowder, Corentin Cunsolo, Thomas Suire, Axel Prissaint








































