Grenoble digère la coupe de France
Les Brûleurs de Loups ont remporté dimanche à Paris leur quatrième coupe de France face aux Dragons de Rouen, prenant ainsi leur revanche sur la finale de la saison dernière. Une victoire acquise au bout du suspense, au cours des prolongations, sur un but libérateur du capitaine Éric Chouinard. Huit ans après leur dernière victoire en 2009, les Grenoblois ont réussi à mettre de nouveau la main sur ce trophée, qui vient valider une excellente saison régulière. Un premier trophée majeur pour Edo Terglav avec les Brûleurs de Loups alors qu’il vient de signer une prolongation de contrat jusqu’en 2020.

Sur le coup d’envoi, Éric Chouinard est déséquilibré par Vondracek. Les Brûleurs de Loups débutent donc par une supériorité numérique. Le palet circule bien et revient sur Bisaillon à la ligne bleue dont le slap tendu à ras de glace est dévié opportunément par Kuralt (1-0, 02’05 »).
Début de match idéal pour Grenoble mais quelques instants plus tard Trabichet est pénalisé pour un cinglage dans sa zone défensive. Bonvalot, préféré à Horak mis au repos après ses exploits à Bercy, se retrouve rapidement sous pression. Il repousse un lancer de Romand avant de multiplier les arrêts importants alors que le jeu est revenu à cinq contre cinq. Le jeu s’équilibre et les Aigles font mieux que résister. Sur une relance maladroite de Hardy plein centre, Bajarus récupère le palet, donne à Misura qui s’avance pour fusiller Bonvalot à bout portant (1-1, 11’00 »).

Les Isérois ne peuvent que faire mieux dans la deuxième période. Ils montrent de meilleures intentions avec Texier dont la reprise à bout portant est repoussée par Tom Charton. Bonvalot n’est pas en reste et maintient son équipe à flot en repoussant une tentative de Matej Hamrak. Le palet va d’une cage à l’autre. Le jeu débridé donne à chaque équipe l’occasion de marquer, mais c’est Grenoble qui a les meilleures opportunités avec un rebond de Kuralt et un palet de Rodman qui passe à quelques centimètres du poteau niçois.
Au moment où Nice semble en mesure de marquer, c’est Grenoble qui prend l’avantage sur un numéro en solo de Baazzi près du poteau : sans être attaqué, il s’amuse avec le palet pour provoquer un mouvement du gardien et place le palet dans la lucarne. Belle maîtrise technique du défenseur grenoblois (2-1, 25’24 »). Ce but fait du bien aux Grenoblois qui se montrent plus offensifs. Sur leur lancée, les Brûleurs de Loups font le break. Un lancer lointain de Quentin Scolari bat Charton, masqué par le trafic devant sa cage (3-1, 27’31 »).

Avec leur avance de deux buts, les Brûleurs de Loups abordent la troisième période repliés dans leur zone défensive. Texier est pénalisé mais le boxplay grenoblois fait le travail pour tuer la supériorité numérique niçoise. Les Aigles n’ont pas renoncé et continuent de se montrer dangereux devant la cage de Bonvalot, toujours aussi concentré face à Birolini. Mais les Niçois concèdent bêtement une pénalité pour un surnombre. La sanction est quasi immédiate : sur un palet ressorti par Texier à la ligne bleue, Chouinard récupère le palet, s’avance dans l’axe du but et trouve la lucarne d’un puissant lancer (4-1, 48’51 »). Dans la foulée, un but est refusé à Hardy pour un hors-jeu sifflé tardivement. Alors qu’ils semblent s’acheminer vers une fin de match relativement tranquille, les Grenoblois se retrouvent sous pression après un tir d’Aubert dévié involontairement par un défenseur grenoblois (4-2, 50’11 »).

Cette succession de pénalités ôte toute chance à Nice de revenir dans cette fin de match. Sur un palet perdu par Hardy à la ligne bleue, Grenoble se fait quand même une petite frayeur en laissant Lauris Bajarūns s’échapper avec le palet. Mais Bonvalot remporte le duel avec l’attaquant niçois en réalisant un excellent arrêt de la jambière. Après une dernière occasion d’Abramov, Grenoble préserve jusqu’au bout son avantage de deux buts, le coach niçois ne prenant même pas la peine de sortir son gardien dans une rencontre sans enjeu pour son équipe.

On retiendra toute de même le très bon match de Bonvalot, une semaine après sa sortie également de bonne facture face à Angers. Avec lui, Grenoble a une alternative crédible dans les cages, ce qui permet de faire souffler Horak à bon escient sans altérer les résultats de l’équipe. Baazzi est à créditer également d’un grand match, récompensé par un but sur lequel il a fait parler sa technique. Désormais assurés d’être au moins troisièmes et donc d’avoir l’avantage de la glace pour les quarts de finale, les Brûleurs de Loups doivent encore battre Épinal lors de la dernière journée et espérer une défaite de Rouen à Gap pour espérer grappiller une place supplémentaire avant le début des play-offs.
Les Aigles de leur côté se sont montrés très accrocheurs et même si le match avait un enjeu limité pour eux, ils n’ont jamais lâché le match, se montrant dans le coup jusqu’à la fin de la rencontre. Il leur a surtout manqué un brin de réalisme offensif car les attaquants ont constamment buté sur Bonvalot. Contrairement à leurs adversaires, les Niçois n’ont pas su concrétiser leurs temps forts, notamment lors des supériorités numériques. Néanmoins, les Aigles se sont bien préparés aux play-downs et au match de vendredi contre Strasbourg dont l’importance est déjà capitale pour figurer avec le meilleur classement possible sur la ligne de départ. L’opération maintien est lancée.
Désignés meilleurs joueurs du match : Eric Chouinard (Grenoble) et Jérémie Romand (Nice)
(Photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :

Pascal Margerit (entraîneur-adjoint de Nice) : « On a encore un petit avantage sur nos adversaires en play-downs étant donné qu’on reçoit Strasbourg au dernier match. Nos play-downs commencent clairement vendredi. Ce sont des play-downs théoriquement en six matchs, pour nous ce sera en sept. C’est un petit avantage. Mais on fait une mauvaise série, on perd beaucoup de matchs avec un score très serré. On a du mal en finition, on joue pas mal défensivement mais on ne marque pas beaucoup de buts. Ce qu’on voulait surtout ce soir, c’est déjà relever la tête après notre dernière défaite qui est peut-être la plus mauvaise de la saison face à Dijon où on a perdu en prolongation. On avait vraiment fait un non-match. On voulait voir les joueurs réagir, ils ont réagi, ils ont bien joué face à une équipe de Grenoble plus forte que nous. Il nous aurait fallu beaucoup de réussite pour mettre Grenoble en difficulté, ce qu’on n’a pas eu ce soir. On prend le premier but en moins de deux minutes, ça ne nous met pas dans de bonnes dispositions. On revient, comme souvent, presque jusqu’au bout dans les matchs, mais on a toujours un petit souci sur la finition, on a dû sortir notre gardien 16 ou 17 fois cette saison pour essayer d’égaliser. C’est hallucinant. On l’a pas fait ce soir parce qu’il y avait 4-2, qu’on était en infériorité et qu’on a rien à jouer sur ce match. Sur les supériorités numériques, on va optimiser mieux pendant les play-downs que ce soir où il nous manquait deux joueurs qui jouent sur les supériorités numériques, ça bouleverse un peu les lignes. Ce soir, on voulait que tout le monde joue et que tout le monde en profite, mais ça n’optimise pas la réussite non plus. On a un bon groupe, qui est solidaire. L’objectif clairement avoué depuis le début de saison, c’est le maintien, même si on a frôlé la participation aux play-offs avec les quelques bonnes séries qu’on a faites. On est clairement dans nos objectifs, la fin de saison va se jouer là et être très intéressante. On a un groupe au complet, quatre matchs à la maison, on a notre destin en mains. »
Quentin Scolari (défenseur de Grenoble) : « On s’est entraîné ce matin, c’était un peu compliqué. On ne s’est pas entraîné lundi, et après dimanche on a juste voulu profiter, il fallait le faire, on a fait le travail, c’est parfait. Mais ce n’était pas facile. Nice, c’est une équipe qui n’a rien perdre, ils sont en bas de classement, ils jouent pour s’amuser, il leur reste un match et c’est les play-downs, ils sont là sans pression, c’est toujours plus facile. On se concentre surtout sur nous, on a un match à gagner vendredi, c’est la seule chose qu’on peut maîtriser réellement. On regarde le classement, mais en play-offs, on doit gagner contre n’importe qui donc on n’est pas forcément attentif à ce genre de détail. À titre personnel, je n’étais pas très content de mon match mais c’était un but qui était important pour l’équipe donc ça a amené une bonne dynamique pour la suite. Il faut préciser qu’il y a des mecs devant la cage qui font le travail aussi et je dois aussi leur porter du crédit parce que sans trafic devant la cage, on ne marque pas ce genre de but. »
Grenoble – Nice 4-2 (1-1, 2-0, 1-1)
Mardi 21 février 2017 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3 500 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Guillaume Barthe et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 14′ (2’, 10’, 2’), Nice 10’ (2’, 2’, 6’)
Tirs : Grenoble 23 (3, 11, 9), Nice 22 (7, 7, 8)
Évolution du score :
1-0 à 02’05 » : Kuralt assisté de Bisaillon et Tartari (sup. num.)
1-1 à 11’00 » : Misura assisté de Bajarūns
2-1 à 25’24 » : Baazzi assisté de Favarin et Abramov
3-1 à 27’31 » : Scolari assisté de Baylacq et Tartari
4-1 à 48’51 » : Chouinard assisté de Texier et Rodman (sup. num.)
4-2 à 50’11 » : Aubert assisté de Hamrák
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Alexandre Texier (2’) – David Rodman
Anže Kuralt – Sébastien Gauthier – Norbert Abramov
Julien Baylacq – Christophe Tartari (A) – Pierre Robert
Antoine Torres – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Défenseurs :
Kyle Hardy (10’) – Sébastien Bisaillon
Nicolas Favarin – Aziz Baazzi
Teddy Trabichet (A) (2’) – Stéphane Gervais
Quentin Scolari
Gardien :
Antoine Bonvalot
Remplaçant : Lukáš Horák (G). Absents : Camilo Miettinen, Boštjan Goličič, Rhett Bly (ligaments du genou).
Nice
Attaquants :
Aurélien Maçon (C) – Roman Vondracek (4’) – Jérémie Romand
Lauris Bajarūns – Matej Misura (2’) – Matej Hamrák
Patxi Biscard – Vladimir Kubus – Yoanne Lacheny
Kevin Marion
Défenseurs :
Alexis Birolini – Lukas Spelda
Michael Quinn – Mário Kurali
Ričards Birziņš (4’) – Stanislas Aubert (A)
Arthur Montenoise
Gardien :
Tom Charton
Remplaçants : Sergei Khoroshun (G), Clément Londioz. Absents : Zbynek Hampl, Romain Carpentier, Cédric Cheylan, Bohdan Visnak, Pierrick Hoehe, Milan Varga.









































