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Qui sont les gagnants et les perdants du week-end ?

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La proximité des Jeux olympiques a rendu le tournoi Karjala plus important que jamais. Chacun des joueurs participants sait qu’il tient une chance historique et veut gagner sa place. Même un nouveau venu comme le gardien tchèque Marek Mazanec peut y croire : après sa première réussie, il a été confirmé dans les cages contre la Russie. Un test autrement plus difficile…

La Russie, justement, a connu un début de tournoi difficile, mais s’est transformée avec l’adjonction de « sang frais » venu de l’équipe B : Shalunov, mais aussi Pavel Kraskovsky. Celui-ci a bénéficié d’un concours de circonstances – la blessure de Shirokov puis l’exclusion de Plotnikov – pour être introduit sur la quatrième ligne, et il l’a totalement dynamisée. Kraskovsky joue en fait en « centres jumeaux » avec Mikhaïl Grigorenko, chacun pouvant occuper la position de l’autre selon les cas. Grigorenko retrouve ainsi une position d’ailier connue chez les Colorado Avalanche et utilise sa polyvalence.

La sélection de Mikhaïl Grigorenko n’avait rien d’évident avec des performances irrégulières au CSKA Moscou, et sa première moitié de tournoi était ratée. Mais ensuite, sans toujours briller, il a fait preuve d’une efficacité redoutable. Face à des Tchèques dépassés en patinage malgré leur jour de repos, Grigorenko part vite à 2 contre 1, et si sa passe ricoche sur le patin du défenseur Nakladal, c’est une bénédiction puisque le palet lui revient alors que le gardien a commencé son déplacement. C’est ce qu’on appelle être en réussite. Son deuxième but ne doit rien à personne : un tir du poignet parfait du cercle droit, dans la lucarne opposée. Il complètera son triplé en deuxième période grâce à son compère Kraskovsky qui sèmera la pagaille en passant devant le gardien (il est mis à terre par la charge de Nestrasil dans son dos). Meilleur buteur et marqueur, Grigorenko sera élu de fait meilleur attaquant du tournoi.

Mais faut-il vraiment s’étonner que les buts russes aient été inscrits par les joueurs qui avaient le plus à gagner ? Plus que les stars, ce sont ceux qui devaient jouer se dépasser pour gagner leur place qui se sont mis en évidence pour conclure. Sur le 3-0, le jeune Kirill Kaprizov s’est parfaitement placé juste devant la cage pour reprendre imparablement la passe en retrait de Nikita Gusev, avec qui on attendait une alchimie encore à peaufiner. L’anonyme Dinar Khafizullin a inscrit le dernier but russe en reprenant la passe de derrière la cage de Mozyakin, maître passeur à défaut d’avoir tenu son rôle de buteur ce week-end.

En défense, Andrei Zubarev, défenseur peu spectaculaire de 100 kilos critiqué pour être un « protégé » sans relief du sélectionneur Znarok, aura été le plus efficace avec son jeu simple. Inversement, Vladislav Gavrikov – ménagé pour ce dernier match – n’a pas confirmé son Mondial « parfait » puisqu’il a fini avec la moins fiche de son équipe (-2). Quant au débutant Nikita Tryamkin, le géant a peiné à s’adapter à ce rythme de jeu.

Et les Tchèques ? Cette sixième défaite consécutive contre cet adversaire historique qu’est la Russie a été particulièrement dure à encaisser pour eux. Ils n’ont encore marqué qu’en supériorité numérique, par le jeune Dominik Kubalik et dans les dernuières secondes par le vétéran Jakub Klepiš, qui aura réussi son retour en équipe nationale. Le gagnant du week-end est sans doute Jakub Nakladal, nommé capitaine pour la première fois… depuis ses 12 ans ! Il a reçu le titre de meilleur défenseur du tournoi. En revanche, la révélation du championnat du monde Libor Šulák a paru nerveux avec de fréquentes erreurs, n’ayant peut-être pas digéré l’accélération des évènements dans sa carrière (camp NHL à Detroit, arrivée en Liiga finlandaise, fracture du doigt…) alors qu’il jouait à Znojmo en ligue autrichienne l’an passé.

Pour ces deux pays, les jugements ne sont donc pas définitifs et demanderont confirmation en décembre. Mais pour ceux qui y seront, ce sera vraiment la dernière chance…

Commentaires d’après-match

Pavel Kraskovsky (attaquant de la Russie) : « J’étais intéressé à essayer de jouer à deux centres. Bonne expérience. Nous avons convenu que le premier qui y parvient revient défendre. En fait, nous étions trois centres sur notre ligne [NDLR : Kalinin est aussi un attaquant polyvalent], donc l’identité du joueur ne fait pas vraiment de différence. Les équipes nationales sont toujours à un haut niveau. La vitesse est plus élevée qu’en saison régulière de KHL. C’est une excellente expérience, dont j’espère qu’elle m’aidera à avoir plus de force et d’émotion dans mon jeu avec le Lokomotiv. »

Josef Jandač (entraîneur de la République tchèque) : « Nous devrons revoir ce match calmement. Sur le moment, nous sommes très déçus. Nous étions toujours en retard. Ils sont forts avec le palet et nous n’avons jamais pu réagir. Quand nous rencontrerons les Russes les prochains fois, nous devrons enfin répondre. En particulier, il faut éliminer leurs longues passes. Ils ont écarté deux joueurs et nous défenseurs les ont suivis. Les Russes se sont ainsi ouvert le chemin dans l’axe. Je suis déçu de notre jeu à 5 contre 5. Hormis un but à la Suède, nous n’avons marqué qu’en avantage numérique. C’est bien de convertir les jeux de puissance, bien sûr, mais s’il y a moins de pénalités, nous ne sommes pas capables de marquer. Nous aurons un autre tournoi, et on verra qui sera dans la liste olympique le 15 janvier. Quand on perd les duels et qu’on patine en retard, cela doit faire réfléchir tous les joueurs. Nous devons nous améliorer contre les Russes. Chacun de nous. »

Russie – République Tchèque 5-2 (2-0, 2-1, 1-1)
Dimanche 12 novembre 2017 à 13h30 à la Hartwall Areena de Helsinki. 3143 spectateurs.
Arbitrage d’Aleksi Rantala et Stefan Fonselius (FIN) assistés de Sakari Suominen et Markus Hägerström (FIN).
Pénalités : Russie 6′ (2′, 2′, 2′), République Tchèque 18′ (2′, 4’+10′, 2′).
Tirs : Russie 35 (9, 14, 12), République Tchèque 28 (7, 8, 13).

Évolution du score :
1-0 à 04’23 » : Grigorenko assisté de Tokranov
2-0 à 11’10 » : Grigorenko assisté de Kalinin
3-0 à 23’40 » : Kaprizov assisté de Gusev et Nesterov (double sup. num.)
3-1 à 30’36 » : Kubalík assisté de Kovář et Řepík (sup. num.)
4-1 à 33’06 » : Grigorenko assisté de Kraskovsky
5-1 à 55’36 » : Khafizullin assisté de Mozyakin et Tkachyov
5-2 à 59’52 » : Klepiš assisté de Kovář (sup. num.)

Russie

Attaquants :
Valeri Nichushkin – Sergei Andronov (A) – Ivan Telegin
Kirill Kaprizov – Maksim Shalunov (2′) – Nikita Gusev
Aleksandr Barabanov (+1) – Vladimir Tkachyov (+1) – Sergei Mozyakin (C, +1)
Mikhail Grigorenko (+3) / Pavel Kraskovsky (+3) – Sergei Kalinin (+3)

Défenseurs :
Bogdan Kiselevich (+1) – Dinar Khafizullin (+1)
Nikita Nesterov (+1) – Ilya Lyubushkin (+1)
Andrei Zubarev (+1) – Vyacheslav Voinov (2′)
Vassili Tokranov (+1) – Nikita Tryamkin (+2, 2′)

Gardien :
Ilya Sorokin

Remplaçant : Andrei Kareev (G). En réserve : Igor Shestyorkin (G), Vladislav Gavrikov, Sergei Plotnikov, Sergei Shirokov (blessé).

République Tchèque

Attaquants :
Jiří Sekáč (-3) – Andrej Nestrašil (-3) – Lukáš Radil (-3)
Dominik Kubalík – Jan Kovář – Milan Gulaš (4’+10′)
Michal Birner (-2) – Roman Horák (A) – Michal Řepík (-1)
Martin Zaťovič – Jakub Lev – Jakub Klepiš (A)
Tomáš Mertl

Défenseurs :
Libor Šulák (-2) – Jakub Nakládal (C, -1, 2′)
Jakub Krejčík (-1) – Tomáš Kundrátek (-1)
Ondřej Vitásek (-1) – Vojtěch Mozík (-1, 2′)
David Němeček – Michal Moravčík (-1)

Gardien :
Marek Mazanec

Remplaçant : Pavel Francouz (G). En réserve : Patrik Bartošák (G), Ladislav Šmíd (D).