Huet tombe définitivement le masque

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En Suisse, le match de samedi entre Lausanne et Langnau a créé l’événement puisqu’il s’agissait de la dernière apparition sur la glace de celui qui est, sans doute, le meilleur joueur français de l’histoire du hockey. Après un quart de siècle d’exercice de haut niveau, Cristobal Huet range définitivement son attirail au placard.

Hockeyades2013-HuetUn dernier salut à Malley

Il a définitivement raccroché. Cristobal Huet, 42 ans, a disputé son dernier match samedi soir à Malley, l’antre du Lausanne HC. Obligé de passer par le tour de relégation pour sauver sa place parmi l’élite, son club de Lausanne était toutefois assuré du maintien. Sandro Zurkirchen est devenu titulaire incontestable devant la cage vaudoise cette saison, Huet se contentant de rôle de doublure avec des performances déclinantes dues à un genou gauche douloureux et devenu trop handicapant. Toutefois, la cage a été confiée une dernière fois à « Cristowall » pour lui offrir une sortie comme il se doit. On retiendra l’ovation du public et la victoire de son équipe 2-1 pour son dernier match durant lequel le portier français a été élu meilleur joueur.

En marge de ce match, le Lausanne HC a rendu un hommage appuyé au légendaire portier tricolore, son rempart depuis six ans. « Cristo » n’était pas le seul joueur célébré puisque deux autres de ses coéquipiers ont également annoncé leur retraite sportive : John Gobbi et Florian Conz. Gobbi, défenseur de 36 ans et champion de Suisse avec Zurich en 2012, a disputé les cinq dernières saisons avec le club vaudois, dont quatre en tant que capitaine. Quant à Conz, il est devenu co-meilleur marqueur de l’histoire du club en saison régulière, égalant les 227 points de Claude Verret, un ancien dragon de Rouen de 1988 à 1994 qui avait remporté trois titres de champion de France.

Le point final d’une carrière bien remplie

S’agissant de Cristobal Huet, il clôt une carrière longue de 24 saisons : quatre disputées à Grenoble, une en Allemagne, sept en NHL et douze en Suisse. Il y a vingt ans, à l’issue de sa dernière saison avec les Brûleurs de loups, il remportait son premier titre, celui de champion de France, avec en prime le titre de meilleur joueur du championnat de France 1997-1998. Que de chemin parcouru depuis. Un titre de champion de Suisse avec Lugano en 1999 qui précédera deux autres finales.

Puis le rêve américain. Son éveil aux Kings de Los Angeles, qui l’avaient repêché au septième tour de la draft en 2001. Huet profite d’une blessure de Félix Potvin pour réaliser ses premières parades en NHL. Son arrivée en 2005 sera tout de même discrète à Montréal, où il profitera des déboires sportifs et personnels de José Théodore pour se mettre en évidence, Huet recueillera une incroyable popularité dans la capitale mondiale du hockey. Des performances époustouflantes lui permettront d’être retenu pour le All Star Game en 2007. Cristobal Huet disputera au total 123 matchs avec les Canadiens, avant une manœuvre douteuse de la direction qui le mènera à Washington en février 2008.

HuetParis5Et puis il y eut Chicago, 93 parties disputées sous l’uniforme des Blackhawks, un salaire mirobolant à 22,5 millions de dollars sur quatre ans, qui deviendra malheureusement très vite un handicap. La pression du contrat semble difficile à assumer et le poste de titulaire incombera à Nikolaï Khabibulin puis à Antti Niemi. Mais la Coupe Stanley en 2010, qui n’a peut-être pas été rendue possible par ses performances, sera présentée fièrement à Grenoble puis devant la tour Eiffel, un joli coup de pub pour le hockey en France.

Le gardien isérois retournera ensuite en Suisse, d’abord à Fribourg le temps de deux saisons, puis dès 2012 à Lausanne, posant ses valises dans le canton de Vaud où est originaire sa femme, Corine. A sa première saison à Lausanne, Huet contribuera grandement à la montée du LHC en Ligue Nationale A. En LNA, « Cristo » sera élu meilleur gardien par la ligue en 2014 (trophée Jacques Plante) puis en 2015 par les médias.

Présent à Nagano en 1998 et à Salt Lake City en 2002, Cristobal Huet était aussi l’un des derniers olympiens du hockey français encore en activité, avec Yorick Treille et Laurent Meunier.

Hormis deux Jeux olympiques, Huet a disputé au total 17 Championnats du monde avec l’équipe de France, son premier en 1997 à 22 ans, son dernier vingt ans plus tard à domicile, à  l’AccorHotels Arena, devant une foule passionnée et reconnaissante.

Car le serein Cristobal a souvent permis d’éviter le pire aux Bleus, ou d’entrevoir l’exploit, comme cette victoire historique contre le Canada en 2014. Par son parcours et ses performances, Cristobal Huet a transporté le hockey français vers des sommets que personne ne soupçonnait.

Après sa carrière de joueur, Cristobal Huet devrait intégrer le staff de Lausanne, c’est en cours de discussion. Nul doute que ses qualités humaines reconnues y seront utiles.

Les autres Bleus de Suisse

Il n’y a plus de joueurs français en course pour le titre en National League suisse. Finaliste avec Zoug l’année dernière, le défenseur Johann Morant a été éliminé en quart de finale en cinq manches par Zurich. L’EV Zoug avait pourtant terminé second de la saison régulière. On retiendra tout de même que le jeune Thomas Thiry (20 ans), natif d’Annecy et défenseur comme Morant, a disputé sa première saison en élite suisse, avec des performances très encourageantes. Thiry a clairement le potentiel pour devenir un rouage important des Bleus à moyen et long terme.

Cinq manches ont également suffi à Lugano pour écarter le Fribourg-Gottéron de Laurent Meunier. Retraité international comme Huet aux derniers Mondiaux de Paris, Meunier a inscrit 2 points en 5 matchs de playoffs, mais les « Bianconeri » luganais ont sorti les griffes d’entrée avec deux premières victoires 6-2 et 5-2. Les Fribourgeois ont réussi à arracher une victoire en prolongation, insuffisant pour inquiéter Lugano qui a terminé le travail avec notamment une dernière victoire à domicile, à la Resega. Éliminé, Laurent Meunier mettra-t-il un trait définitif à sa carrière à 39 ans ?

Du côté de Genève, où évoluent les internationaux Stéphane Da Costa et Floran Douay, la saison a été très particulière. Les problèmes financiers, la livraison incertaine de la nouvelle patinoire et la présidence controversée de Hugh Quennec ont beaucoup attiré l’attention en coulisses, et sans doute déteint sur les performances de l’équipe. Car le Genève-Servette a difficilement décollé cette saison, obtenant péniblement le dernier ticket disponible pour les playoffs. Et Berne, double champion en titre et vainqueur de la saison régulière, n’a pas fait dans la dentelle, ne concédant qu’une seule défaite lors de ce quart de finale. Stéphane Da Costa aura toutefois été l’un des joueurs du GSHC les plus en vue avec 25 points (8 buts, 17 passes) en 28 matchs de saison régulière, puis 4 points (2 buts, 2 passes) durant le quart de finale. Si les Championnats du monde avec l’équipe de France sont réussis, Da Costa pourrait bien obtenir (enfin) une nouvelle chance en NHL. Quant à Genève, Quennec avait lâché son poste en début d’année à François Bellanger, qui a semble-t-il évité la faillite. Bellanger s’est depuis retiré et l’organigramme du GSHC est, pour l’heure, encore loin d’être défini.

Lanterne rouge de National League, Kloten, où évolue Tim Bozon, n’a pu échapper au play-out, une série à disputer contre le HC Ambri-Piotta d’Eliot Berthon. Le perdant devra affronter le vainqueur du deuxième échelon, la Swiss League, avec un ticket en National League à clef. A noter que Berthon est actuellement blessé au genou.

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