Grenoble – Rouen (Ligue Magnus 2017/18, finale, match 2)

Les Brûleurs de Loups sans solution

65

Les Brûleurs de Loups sans solution

Battus 3-4 hier soir lors de la première rencontre de la finale, les Brûleurs de Loups avaient tout de même du positif à tirer avec un troisième tiers réussi qui leur a permis de revenir de 1-4 à 3-4 grâce notamment à deux buts marqués en supériorité numérique. Mais s’ils veulent garder leurs chances intactes dans cette finale, il faudra faire mieux car Grenoble ne peut pas se permettre de perdre ses deux premières rencontres sur sa glace. L’heure est donc à la mobilisation générale sachant que les hommes d’Edo Terglav ont toujours connu un début de série compliqué lors de ces play-offs (1-1 face à Mulhouse et Bordeaux après deux rencontres). Le coach grenoblois revient à un alignement plus classique alors que Rouen garde sa composition inchangée par rapport à la veille.

Rouen réalise une bonne entame en faisant circuler le palet en zone offensive avec des lancers lointains de Langlais ou Stehlik vers la cage grenobloise. Bedin parvient à déclencher un tir dans l’axe bloqué avec difficulté par Horak. Grenoble finit par réagir alors qu’une pénalité est sifflée contre Aleardi pour un cinglage. La supériorité numérique grenobloise n’est pas très bien exploitée et Rouen n’a pas trop de mal à tuer la pénalité. De retour à cinq contre cinq, les Dragons se montrent tout de suite dangereux avec un beau mouvement d’Anthony Guttig mais Horak reste vigilant. Les Rouennais ont la mainmise sur le palet et profitent des erreurs de relance grenobloises à l’image de David Wohlberg mais encore une fois Horak se montre présent. En difficulté, les Brûleurs de Loups arrivent tout de même à porter le danger sur la cage rouennaise avec un lancer de Dame Malka sur lequel Pintaric relâche le palet.

Plus de peur que de mal. Les Dragons se retrouvent rapidement en supériorité numérique suite à une faute de Rohat. Une supériorité qui devient double lorsque Côté rejoint son coéquipier en prison suite à une charge sur Aleardi, offrant un 5 contre 3 à Rouen. Une grosse opportunité pour les Dragons de prendre les devants dans la rencontre. À deux reprises, Aleardi se retrouve seul à côté de la cage pour marquer mais Horak repousse. Bisaillon se sacrifie pour bloquer un lancer de Chakiachvili et Grenoble parvient à tuer les deux pénalités. Côté a même une belle opportunité à sa sortie de prison mais il bute sur Pintaric après une belle chevauchée vers la cage. À cinq contre cinq, Grenoble peut se remettre à y croire mais une grosse erreur de marquage sur Aleardi permet à ce dernier d’ouvrir le score sur un bon service de Guttig alors que Tartari avait glissé sur la glace (0-1, 16’18). Comme la veille, les Dragons ont réussi à prendre les devants. Les Brûleurs de Loups accusent le coup en subissant au cours des dernières minutes mais trouvent une raison d’espérer en fin de tiers quand un cinglage de Chad Langlais sur Rodman leur offre une supériorité numérique pour la reprise.

Logiquement, les Grenoblois se mettent en action dès le début de la seconde période avec Champagne tout près de tromper Pintaric mais le portier rouennais se jette sur le palet alors que Hardy cherchait le rebond. Une intervention musclée de Chakiachvili sur le capitaine grenoblois provoque un début de bagarre. Champagne, décidément en manque de réussite, trouve cette fois la barre transversale sur une déviation devant la cage. Mais Grenoble se retrouve à son tour en double supériorité numérique suite à une poussette de Stehlik sur Rodman. L’occasion est rêvée pour égaliser mais malgré une bonne circulation de palet, les Brûleurs de Loups n’arrivent pas trouver la faille dans la défense rouennaise alors que Pintaric sort une belle mitaine sur un lancer de Kyle Hardy.

De retour à cinq contre cinq, Hordelalay prend un bon tir sur Pintaric qui laisse un rebond mais Le Blond ne parvient pas à l’exploiter. Une grosse charge de Legault sur Aleardi donne le ton physiquement. Alors que Legault continue de provoquer Aleardi, ce dernier se fait pénaliser pour une crosse haute. Nouvelle supériorité numérique pour Grenoble pas vraiment en réussite dans cet exercice jusqu’à présent. Encore une fois, les Brûleurs de Loups font tourner le palet de manière inoffensive et lorsqu’ils prennent un lancer, c’est directement sur Pintaric à l’image d’un lancer de Kara.

Aleardi revient sur la glace et les Dragons investissent de nouveau la zone offensive. Le réalisme rouennais paie : Aleardi récupère le palet le long de la bande et sert Deschamps dont le tir du poignet en lucarne surprend Horak (0-2, 27’04). Alors que les Brûleurs de Loups dominaient depuis le début du tiers, ils se retrouvent désormais menés de deux buts. Les locaux deviennent fébriles avec des pertes de palet en zone défensive qui permettent à Rouen de maintenir la pression autour du slot grenoblois. À l’inverse, les Grenoblois n’arrivent pas à créer beaucoup de danger sur la cage rouennaise.

La frustration commence à gagner les rangs grenoblois avec une charge de Dame-Malka sur Reynaud, sanctionnée par l’arbitre. Peu de temps après, c’est au tour de Côté d’être sanctionné pour avoir bousculé Pintaric en cherchant un rebond. Les Dragons peuvent tuer quasiment tout suspense en marquant sur cette supériorité numérique, mais à trois puis quatre contre cinq les Brûleurs de Loups se montrent bien présents défensivement et parviennent à tuer les deux pénalités. L’occasion d’enclencher une bonne dynamique alors que Rodman tente une déviation mais Pintaric avait bien suivi la trajectoire du palet. Bisaillon tente de sonner la charge avec un gros lancer dans l’axe mais une nouvelle fois Pintaric est présent. Rouen prend encore une pénalité dans la dernière minute du tiers par Wohlberg qui fait trébucher Rohat. Mais cette fois elle n’aura pas de conséquence dans la troisième période car Champagne se fait pénaliser sur le coup de sirène pour une crosse haute sur Chakiachvili en essayant de prendre un rebond. Un signe que décidément rien ne fonctionne pour Grenoble ce soir…

Le troisième tiers débute à quatre contre quatre. Rouen limite les prises de risque offensives. Les Dragons se retrouvent en supériorité numérique puisque Champagne avait été sanctionné pour un 2’+2’. Cela permet aux hommes de Lhenry d’investir la zone grenobloise et de faire tourner le chrono alors que Grenoble reste totalement inoffensif en attaque. À cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups sont gênés par un pressing haut de Rouen qui maintient les débats en zone neutre. Et lorsqu’ils arrivent à s’approcher de la cage rouennaise, ils manquent de précision à l’image d’une nouvelle barre transversale trouvée par Gabin Ville sur une déviation.

Une charge de Colotti sur Rodman permet à Grenoble d’obtenir une nouvelle supériorité numérique : les Brûleurs de Loups poussent avec Golicic puis Champagne à six contre cinq. Mais les Dragons n’ont pas beaucoup de difficulté pour tuer la pénalité. Et alors qu’une faute avait été appelée contre Aleardi pour avoir fait trébucher Rodman, Golicic bouscule Aleardi et se fait également envoyer en prison. Pas de supériorité numérique donc pour Grenoble qui a peu de temps désormais pour renverser la tendance. Ce n’est que partie remise puisque quelques minutes plus tard, Paquet est envoyé en prison après une faute sur Champagne. Mais encore une fois le power-play grenoblois ne trouvera pas de solution. Terglav prend logiquement un temps mort et décide de sortir Horak pour jouer à six contre quatre. Une option qui finalement ne s’avère pas payante puisque Deschamps met fin au suspense en marquant en cage vide (0-3, 59’15).

Terrible sentiment d’impuissance pour les Brûleurs de Loups qui ont donné l’impression de se heurter à un mur pendant toute la rencontre. Les cinq petits tirs cadrés au troisième tiers montrent à quel point Grenoble était sans solution ce soir. Avant cela, le froid réalisme des Dragons avait fait son œuvre : Rouen avait profité d’une erreur défensive et d’un placement approximatif d’Horak pour marquer deux buts. Suffisant pour prendre les devants et faire la course en tête. Avec encore une fois en leader offensif Alex Aleardi qui a été impliqué sur les trois buts rouennais (1 but, 2 assistances). Pourtant le « Top Scorer » rouennais n’a pas été ménagé ce soir, en subissant un traitement de faveur particulier des Grenoblois qui avaient semble-t-il comme objectif de le faire sortir de ses gonds. Ils y sont partiellement parvenus puisqu’Aleardi a été pénalisé à trois reprises. Mais ils n’ont pas su en profiter tant le power-play grenoblois a été totalement inefficace.

Encore une fois les leaders offensifs grenoblois (Giroux, Rodman, Champagne) sont aux abonnés absents et connaissent une grosse crise de confiance face à la cage. Cela devient inquiétant pour les Brûleurs de Loups qui vont devoir se creuser les méninges pour essayer de rebondir dans la série. Et surtout trouver des ressources mentales et physiques qu’ils ont semble-t-il laissé en route lors de leur demi-finale contre Bordeaux. Car avec une avance de 2-0 avant de disputer deux matchs à l’île Lacroix, les Dragons sont en position idéale pour aller chercher leur quinzième titre de champion de France à domicile….

 (Photos Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On va se reposer demain, remplir les batteries et aller à la guerre à Rouen. Ce n’est pas facile, on a travaillé fort pour rien. On a senti qu’il a manqué un peu de chance, on l’a pas eue, c’est une équipe défend bien, qui est bien en place, bon gardien, on n’est pas arrivé à trouver une façon d’être dangereux aujourd’hui. Je suis fier de ce qu’a fait mon groupe, il n’a jamais abandonné aujourd’hui, on va jusqu’à la fin, c’est ce que je leur demande et ils l’ont fait même si ça ne marchait pas. On parle souvent de confiance chez les gros joueurs, la confiance se travaille, il faut qu’ils aillent dans un endroit où ça fait mal, des fois quand les choses ne vont pas de la bonne façon, il faut aller à côté de la cage pour prendre un rebond ou aller chercher une déviation. On en parle beaucoup, ils savent quoi faire. Tous ces gars sont déçus, on est une équipe, on gagne et on perd en équipe. On parle des gros joueurs aujourd’hui mais chacun peut donner un peu plus. Aujourd’hui les choses n’ont pas tourné comme on voulait. J’aime la façon avec laquelle on joue à quatre, ça ne triche pas, ça bloque les shoots, je veux voir la même chose à cinq contre cinq, le même état d’esprit, la même intensité. On voit les deux buts qu’on prend, ce sont des erreurs individuelles, les petits détails. Quand on donne les chances comme ça à Rouen, ils ont des joueurs de qualité qui te font mal. J’espère qu’on a appris de ces deux matchs qu’il faut que défensivement on soit mieux. »

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On n’imaginait pas le scénario comme ça, venir remporter deux victoires à la suite à Grenoble. On est vraiment satisfait de ce bon départ dans cette finale, maintenant il en reste deux à gagner, Grenoble en a encore quatre à gagner. C’est vrai qu’on est bien parti mais ce n’est pas encore fini, ils sont capables de renverser la situation. Ce soir on a eu une très bonne première période, on a bien su conserver le palet, tactiquement on était bien en place. Après, on a eu cinq minutes difficiles vers la fin du deuxième tiers. Au troisième tiers, on a joué beaucoup plus défensif, j’avais demandé de prendre moins de risque et de jouer un peu mois avec le palet mais on a su gérer ce score et je suis vraiment satisfait de la prestation des joueurs ce soir. À quatre contre cinq, on a été vraiment vaillants pour bloquer les shoots, ne pas prendre de but, on a pris quand même beaucoup de pénalités aussi et le seul regret c’est qu’à cinq contre quatre et cinq contre trois, on aurait pu faire tourner le match un peu plus vite mais on n’a pas de réussite. Quand on continue à travailler, la roue tourne donc il va falloir qu’on arrive à débloque ça à un moment ou à un autre. On a des styles de jeu complètement différents. Nous on garde beaucoup plus le palet, on essaie de construire… On a réussi aussi à gagner beaucoup de duels et c’est ça qui nous permet de récupérer rapidement le palet. On s’est bien sacrifié mais Grenoble le fait aussi, notre gardien est impérial aussi même si tout le monde l’aide, mais quand c’est à lui de faire la différence il le fait aussi. C’est un ensemble, je suis satisfait de tout le monde, de l’état d’esprit avant, pendant et après le match. Je vis une année extraordinaire avec ce groupe depuis le mois d’août, tous les jours ils sont motivés, ils sont joyeux de venir à l’entraînement, contents de venir travailler. J’espère vraiment aller au bout avec eux pour qu’ils en soient récompensés. Il ne faut pas voir trop loin non plus, dans le sport en général, il y a des retournements de situation régulièrement. On aura l’aide de tous nos supporters, on fera les comptes lundi soir. Il ne faut pas voir trop loin, ça peut être une série qui peut avoir des rebondissements et être très longue. »

Mathias Arnaud (attaquant de Grenoble) : « On a eu quelques difficultés dans le jeu à cinq contre cinq, on voit qu’on a beaucoup d’énergie en infériorité et on aimerait bien transférer cette énergie sur le 5 contre 5 malheureusement ce soir, ça ne l’a pas fait. J’ai passé la porte du vestiaire, je ne pense plus au match, je pense déjà à lundi. On a déjà connu un manque de réussite offensivement aux deux premiers tours, on espère que ça va tourner en notre faveur. Le match de ce soir, on n’a pas lâché, on a développé quand même de l’intensité. On manque de réalisme mais contre Mulhouse on a galéré, contre Bordeaux on a galéré, maintenant à nous de continuer à travailler fort pour que les rebonds, les contres tournent en notre faveur. Il ne faut pas sous-estimer Rouen, c’est une grosse équipe avec des très bons joueurs, des mecs qui savent défendre, malheureusement on n’aura pas 50 occasions comme on peut l’avoir dans l’année. Donc à un moment il faut être décisif dans le peu d’actions qu’on a. On a déjà gagné à Rouen, on y va on est confiant, on sait que le travail ça paie, on va continuer comme ça. »

Vincent Kara (attaquant de Grenoble) : « On connait le caractère de notre groupe, on a déjà remonté des situations assez compliquées, donc on sait qu’on a l’équipe pour pouvoir remonter, pour aller chercher des victoires à Rouen. On est confiant, ce match est derrière nous, maintenant on se concentre plus sur lundi. C’est une finale, il y aura beaucoup moins de grosses occasions qu’en saison régulière. Le jeu est plus fermé, tout le monde joue très bien défensivement, le jeu est un peu plus compliqué. On n’a pas la réussite qu’on peut avoir par moments, mais on a beaucoup de talent offensivement. On sait qu’on peut mettre les buts, on l’a fait pendant la saison contre Rouen. Il n’y a aucun souci là-dessus. On regarde vers l’avant et on est confiant. On ne se cherche pas des excuses, on se présente chaque match sur la glace pour gagner. »

 

Grenoble – Rouen 0-3 (0-1, 0-1, 0-1)
Samedi 24 mars 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3852 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay et Alexandre Hauchart assistés de Nicolas Constantineau et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 24’ (4’, 8’, 2’+10’), Rouen 16’ (4’, 6’, 6’)
Tirs : Grenoble 29 (8, 16, 5), Rouen 22 (12, 8, 2)

Évolution du score :
0-1 à 16’18 » : Aleardi assisté de Guttig et Langlais
0-2 à 27’04 » : Deschamps assisté de Aleardi et Guttig
0-3 à 59’15 » : Deschamps assisté de Aleardi (cage vide)

Grenoble

Attaquants :
Alexandre Giroux – Boštjan Goličič (2’+10’) – David Rodman
Guillaume Leclerc – Joël Champagne (A) (4’) – Vincent Kara
Julien Baylacq – Matthieu Le Blond – Pierre-Charles Hordelalay
Gabin Ville – Sébastien Rohat (2’) – Maxime Legault
Matthias Arnaud

Défenseurs :
Kyle Hardy (C) – Sébastien Bisaillon
Olivier Dame-Malka (2’) – Aziz Baazzi
Christophe Tartari (A) – Jean-Philippe Côté (4’)
Joona Kunnas

Gardien :
Lukáš Horák [sorti de 57’52 » à 59’15 »]

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absent : Teddy Trabichet (commotion).

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – David Wohlberg (2’) – Marc-André Thinel
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig – Alex Aleardi (6’)
Petr Hubacek (A) – Nicolas Ritz – Joris Bedin
Joran Reynaud – Fabien Colotti (2’) – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Richard Stehlik (2’) – Philippe Paquet (2’)
Kévin Dusseau – Chad Langlais (2’)

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Julien Msumbu, Camil Durand.

Les commentaires sont fermés.

odio fringilla venenatis, Nullam commodo dolor leo