Suède – République Tchèque (Championnats du monde, groupe A)

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La Royal Arena affiche complet pour cette très belle affiche. La Suède, qui a régalé la foule vendredi soir, affronte là un premier test sérieux. Les Tchèques ont réussi à s’imposer la veille au soir au bout du suspense contre la Slovaquie : quel sera leur état de fraîcheur pour ce choc ? Ils seront privés de Martin Nečas, le héros de l’égalisation, victime d’un choc sévère contre la bande durant la prolongation. Le gardien David Rittich fait ses débuts en championnats du monde.

La promenade suédoise

Comme prévu, la Suède prend la main d’entrée. La circulation de palet est fluide et procure les premières incursions dans la zone de Rittich – un amour de petite passe lobée de Nyquist pour Klingberg. Les Tchèques suivent bien ce jeu en mouvement et ne sont pas dénués de talent pour répliquer. Filip Chytil déborde et efface son défenseur pour un tir dangereux.

La Suède joue de manière très collective, cherchant parfois trop la passe. Mais la méthode a ses mérites ; une montée en ligne vers la droite repousse la défense. Le centre est aspiré, et la passe de Janmark traverse jusqu’au cercle gauche. Rakell reprend lucarne opposée, piégeant Rittich dans son déplacement (1-0).

Malgré les efforts de Jaškin, les Tchèques ont du mal. Ils concèdent une pénalité de Moravčík pour obstruction sur une nouvelle vague suédoise. Le jeu de puissance va trop vite. Le palet revient sur Jamnark collé au poteau, qui tente sa chance en pivot. Le palet flotte dans le slot tel une boule de billard, et revient sur l’ailier de Dallas, qui double la mise entre les jambières du gardien (2-0).

Dans les cordes, les Tchèques tentent de revenir mais la défense scandinave patine fort et sait comment bloquer les lignes de passes. Toutefois les joueurs de Jandač sortent la tête de l’eau et s’octroient une belle chance, avec un lancer lointain et un rebond de Plekanec. Hellberg se déplace très vite et ferme la porte.

Vexée, la Tre Kronor confisque le palet et campe dans la zone de Rittich, multipliant les passes, les déplacements, les jeux en petit périmètre, en triangle… à la recherche de perfection, du meilleur endroit. Presque trop, encore une fois, mais cela donne le tournis à la défense. Cette aisance technique leur permet de compter deux buts d’avance à la pause, mais cela aurait sans doute pu être bien plus avec un peu plus d’instinct de buteur.

La mécanique s’arrête

Le tiers reprend sur une erreur suédoise, qui envoie Červenka en deux-contre-un. Sa passe pour Hyka est bonne, mais la finition de son jeune coéquipier trouve la plaque de Hellberg, qui repousse. Un avertissement sans frais, et les joueurs de Rikard Grönborg reprennent leurs bonnes habitudes : faire tourner le palet. Adam Larsson tente même sa chance en percutant vers la cage, mais sans réussite. Après une longue séquence dans sa propre zone, Libor Šulák commet une faute et la Suède évolue à un de plus.

Le jeu de puissance n’a guère de mal à s’installer et tourne bien. Sauf que la finition pose encore problème : les tirs manquent le cadre et Rittich n’a aucun arrêt à effectuer. Le capitaine Backlund est peu après sanctionné pour faire trébucher. Les Tchèques menacent Hellberg sur un lancer lointain, sans réussite. Le jeu reste à l’extérieur et la pénalité est tuée.

La Suède revient sur son atout, le patinage. Janmark sort le palet de sa zone, relaie avec Zibanejad à droite, qui lui remet en pleine course. Rittich contrôle cette tentative avec sérénité. Lias Andersson puni à son tour, on a le sentiment que les Scandinaves ne maîtrisent plus aussi bien leur sujet. L’intensité est nettement tombée.

Après un slalom en infériorité d’Adam Larsson qui manque de peu le troisième but suédois, les Tchèques ne parviennent pas à s’installer. Ils reçoivent toutefois dix secondes de cinq contre trois lorsque Hampus Lindholm est lui aussi puni… Sanction immédiate sur la mise au jeu avec une reprise de la bleue à travers le trafic de Filip Hronek (2-1).

La deuxième pénalité débute donc, et l’intensité des rouges monte en flèche. Cela ne donne cependant rien, Hellberg repoussant la seule occasion. La supériorité s’inverse et les Suédois se montrent à peine plus dangereux. À l’issue d’un tiers décevant, ils n’ont plus qu’un seul but d’avance.

Furia tchèque

Le début de dernier tiers est équilibré. Un exploit individuel fait basculer la partie. Rakell s’avance le long de la bande et trouve Zibanejad lancé vers le cercle, entre les défenseurs. L’attaquant des Rangers s’avance, et son revers en hauteur passe au dessus de l’épaule de Rittich (3-1).

Le but relance la partie vers un rythme plus élevée. Plekanec d’un côté, Janmark de l’autre : les tirs ne piègent pas les gardiens collés à leurs poteaux. Une échauffourée dans la neutre envoie Jaškin et Gustafsson sur le banc des punis, pour une séquence à quatre contre quatre… et, sur l’engagement, Gudas et Ekman-Larsson sont aussi punis suite à des échanges de coups dans le slot. La vidéo confirme que le palet n’avait pas entièrement franchi la ligne.

Il y a des espaces, dans lesquels Radek Faksa s’engouffre. Hellberg parvient à bloquer le palet, en déséquilibre. Nestrašil manque ensuite le cadre sur une action de près : les Tchèques parviennent à accéder à la zone dangereuses avec plus de constance. Hyka enchaîne avec une volée entre les cercles. La Suède recule, patine moins et est en retard.

Illustration à cinq minutes de la fin : Pääjärvi, pris de vitesse, est sanctionné pour faire trébucher. Le jeu de puissance parvient cette fois à créer un bon décalage, et la volée de Hyka en tête de cercle franchit le rideau défensif et trompe Hellberg (3-2).

Les Tchèques prennent feu et sortent Rittich pour un attaquant peu après. Hellberg multiplie les arrêts dans les derniers instants, avant un temps mort tchèque. Les derniers assauts ne suffisent pas.

La Suède s’impose donc 3-2, mais n’a pas du tout maîtrisé son sujet, contrairement à la première rencontre. Brillante de facilité au premier tiers, elle a péché par manque de réalisme et, lorsqu’elle a baissé de pied par la suite, elle s’est mise seule en difficulté. Les Tchèques n’ont sans doute pas la même aisance technique, mais ils ont compensé par une grande combativité, valeurs cardinales de leur succès la veille contre la Slovaquie. Même s’ils ne récoltent finalement rien ce soir, ils peuvent être confiants pour la suite du tournoi.

Désignés joueurs du match : Rickard Rakell (Suède) et David Rittich (République Tchèque).

Commentaires d’après-match :

Hampus Lindholm (défenseur de la Suède) : « Nous avons bien joué vingt minutes, mais le match en fait soixante. Les Tchèques ont une belle équipe, avec beaucoup de vitesse. Et nous leur avons laissé trop de champ pour qu’ils l’utilisent. Nous sommes sortis de notre jeu. Mais même à 3-2, nous croyions en nous. Nous aurions d$u nous mettre à l’abri plus tôt, mais à la fin, seule la victoire compte. La France a certes pris sept buts contre la Russie, mais chaque match est un nouveau combat et il faut jouer soixante minutes complètes. À ce niveau-là, chaque match doit être pris sérieusement, sinon cela peut vous revenir à la figure. »

Mikael Backlund (attaquant de la Suède) : « Nous avons plutôt bien joué, un match solide. C’est une grosse victoire. L’alchimie de la première ligne (Rakell-Zibanejad-Janmark) est incroyable, mais c’est à nous, sur les autres lignes, de travailler pour que, nous aussi, nous puissions fonctionner et marquer. Aujourd’hui, notre jeu en infériorité n’a pas été performant. Nous devrons travailler nos équipes spéciales pour la suite du tournoi. »

 

Suède – République Tchèque 3-2 (2-0, 0-1, 1-1)
Dimanche 6 mai 2018, 16h15. Royal Arena de Copenhague, 12490 spectateurs.
Arbitrage de Mark Lemelin (AUT) et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Nicolas Fluri (SUI) et Dmitry Golyak (BLR)
Pénalités : Suède 12′ (0′, 6′, 6′), République Tchèque 10′ (2′, 4′, 4′)
Tirs : Suède 27 (9, 9, 9), République Tchèque 25 (8, 6, 11)

Récapitulatif du score
1-0 à 04’49 : Rakell assisté de Janmark et Lindholm
2-0 à 07’13 : Janmark assisté de Rakell (sup. num.)
2-1 à 33’10 : Hronek assisté de Cervenka et Faksa (sup. num.)
3-1 à 43’11 : Zibanejad assisté de Rakell
3-2 à 55’46 : Hyka assisté de Faksa (sup. num.)

Suède

Attaquants
Mattias Janmark (+2) – Mika Zibanejad (+2) – Rickard Rakell (+2)
Gustav Nyquist – Mikael Backlund (C, 2′) – Elias Pettersson
Magnus Pääjärvi (2′) – Johan Larsson – Jacob de la Rose
Lias Andersson (2′) – Adrian Kempe – Dennis Everberg

Défenseurs
Oliver Ekman-Larsson (A, 2′, +1) – Adam Larsson (+1)
Hampus Lindholm (2′, +1) – John Klingberg (A, +1)
Erik Gustafsson (2′) – Mikael Wikstrand

Gardien :
Magnus Hellberg

Remplaçant : Anders Nilsson (G).

République Tchèque

Attaquants
Roman Červenka (C) – Radek Faksa (-2) – Tomas Hyka (2′)
Dmitrij Jaškin (2′) – Tomas Plekanec (A) – Andrej Nestrašil
Dominik Kubalík (-1) – Roman Horák – Michal Řepík (-1)
Robert Kousal (-1) – Filip Chytil (-1)

Défenseurs
Michal Jordán (-2) – Radko Gudas (A, 2′, -2)
Michal Moravčík (2′) – David Sklenička
Adam Polášek – Libor Šulák (2′)
Filip Hronek

Gardien :
David Rittich

Remplaçant : Pavel Francouz (G). Absent : Martin Nečas (A, commotion).

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