Bilan de la saison NHL 1/4 : Buffalo, Ottawa, Arizona, Montréal, Détroit, Vancouver

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Après deux trophées du Président, Washington a finalement remporté la coupe Stanley l’année où on les attendait le moins. Alexander Ovechkin et sa bande ont su exorciser leurs vieux démons en éliminant Pittsburgh au deuxième tour, en gagnant un match sept à Tampa Bay, et en renversant globalement des séries bien mal engagées. Au vu d’une saison régulière sans relief, c’est peu dire que la victoire des Capitals laisse les analystes dans le brouillard…

Pire, le finaliste, Las Vegas, était encore moins attendu. La franchise d’expansion figurait entre la 25e et la 31e place dans les pronostics d’avant-saison, et son succès embarrasse tous les médias. Certes, l’histoire est belle, mais elle rend surtout caduque toutes les analyses. Les journalistes n’ont rien vu venir et se trouvent un peu gênés aux entournures…

Il est temps désormais de procéder au traditionnel bilan : 31 équipes, certaines au succès inespéré, d’autres aux échecs cuisants.

 

31e – Buffalo Sabres – Par Nicolas Leborgne

Un nouveau manager, Jason Botterill. Un nouvel entraîneur Phil Housley. Mais une septième saison de suite sans playoffs. Encore une fois, les Sabres finissent bons derniers de la NHL. Avec 62 points, Buffalo échoue à 35 points des phases finales au cours d’une saison déjà finie dès novembre (6-15-4, 16 pts). La défense a été à la rue (29e, 3.22 buts encaissés par match) et l’attaque encore plus (31e, 2.38 buts marqués).

Le constat d’échec de Botterill était criant à la date limite des transferts, où il n’a obtenu qu’un retour relativement moyen pour Evander Kane et a avoué que le groupe dont il disposait « ne fonctionnait pas ».

Clairement, les joueurs de l’effectif ont intégré une culture de la défaite, décriée par Ryan O’Reilly lui-même : « J’ai senti au cours de l’année que je perdais l’amour du jeu à plusieurs reprises. Je dois le retrouver, car cela me ronge, et cela ronge d’autres joueurs aussi ». Ambiance… et rumeurs insistantes de transfert, qui se concrétisent en juillet avec un départ à St. Louis.

Alors que garder dans cet éternel projet de reconstruction ? Pas grand chose !

Jack Eichel, 21 ans, a manqué quelques matchs sur blessure, mais signe tout de même 25 buts et 64 pts, ce qui mène l’équipe. La contribution de Sam Reinhart a été honnête (25 buts, 50 pts en 82 matchs) mais reste en deçà des attentes d’un n°2 de draft. Ceci dit, il a terminé en feu, inscrivant 37 pts lors des 38 derniers matchs, ce qui peut laisser un peu d’espoir.

Le contrat mirobolant de Kyle Okposo n’est toujours pas mérité (6 millions de dollars mais seulement 15 buts et 44 pts), même si sa performance n’est pas si mauvaise compte tenu des ennuis de santé qu’il a connu en 2016-17.

Outre les 61 pts et 24 buts d’O’Reilly, c’est à peu près tout puisque seuls neuf joueurs ont franchi la barre des 20 points, dont deux défenseurs ! On sortira du lot Evan Rodrigues, qui a fini par gagner sa place avec 25 pts en 48 matchs.

Une défense passoire donc, dans laquelle Rasmus Ristolainen a produit (41 pts) mais pauvrement défendu, tout comme Marco Scandella (22 pts). La seule satisfaction fut donc Jake McCabe, un défenseur pur qui a surnagé. Les blessures de Zach Bogosian, limité à 18 matchs, n’ont rien arrangé.

Derrière eux, ni Robin Lehner ni Chad Johnson n’ont assuré une prestation solide dans les buts, contrairement aux années précédentes.

Le chantier s’annonce donc majeur, mais les bonnes pièces du puzzle arrivent : Casey Mittelstadt a quitté la NCAA après un titre de MVP du mondial junior et joué 6 matchs NHL en fin de saison (5 pts). Les Sabres ont enfin gagné la loterie de la draft et ont pioché premier : Rasmus Dahlin, défenseur le plus doué depuis des années, s’annonce comme une base précieuse pour l’arrière-garde de Phil Housley. Ajoutons Lawrence Pilut, défenseur de l’année en Suède, Brendan Guhle, solide dans ses débuts, Alex Nylander ou encore Victor Olofsson (27 buts et 43 pts avec Frölunda en 50 matchs)… La fierté des supporters remontera peut-être enfin la pente. Mais il y a encore du boulot.

 

30e – Ottawa Senators – Par Nicolas Leborgne

Peut-on trouver une pire saison que celle des Senators d’Ottawa ? Pas sûr. A la fois horrible sur le plan sportif et calamiteuse hors glace, cette saison a durablement entamé la confiance des supporters et vu le vestiaire à deux doigts d’imploser. Un triste sketch, où quasiment aucun acteur n’en sort grandi.

Sur le plan sportif, Ottawa n’a pas capitalisé sur sa finale de conférence 2017. Passés à un but de la finale, les Senators étaient visiblement en surrégime. Cette fois, ils n’ont pas été sauvés par les gardiens. Craig Anderson a affiché ses 37 ans et termine avec 3.32 buts encaissés et 89,8% d’arrêts seulement. Mike Condon n’a pas fait mieux en 31 matchs (3.25, 90,2%). La défense n’a donc pas du tout couvert ses portiers, à l’image de Phaneuf, finalement échangé à Los Angeles contre un Gaborik en fin de carrière, mais aussi d’un Cody Ceci aux fraises. Chris Wideman n’a joué que 16 matchs, blessé. Le jeune Thomas Chabot et Mark Borowiecki ont surnagé, tout comme un Erik Karlsson pressé comme un citron (26 minutes par match) et tout de même auteur de 62 pts. Le multiple vainqueur du trophée Norris pouvait recevoir une extension de contrat au 1er juillet, mais les rumeurs d’échange ont fait les gros titres toute l’année. Gêné par des blessures, le Suédois n’a pas pu donner la pleine mesure de son talent. Lui qui peut espérer dix millions de dollars sur le marché l’an prochain sera-t-il échangé d’ici là ? C’est semble-t-il passé tout près à la date limite, avec Vegas sur les rangs, et son départ semble acté dans les têtes des dirigeants.

Offensivement, le duo Mark Stone-Mike Hoffman a tiré son épingle du jeu avec 62 et 56 pts, parmi les rares joueurs à passer la barre des 20 buts. Stone a pourtant manqué 24 matchs sur blessure. Le staff a cherché de multiples solutions et sacrifié un Kyle Turris proche de la fin de contrat pour récupérer Matt Duchene, alors que l’équipe affichait alors un bilan de 6-3-5. L’attaquant a mis des mois à s’adapter (5 pts sur ses 24 premiers matchs), poursuivi par une poisse mémorable devant la cage. Il signe finalement 23 buts et 49 pts au total. Le gros contrat de Bobby Ryan est un boulet spectaculaire dont personne ne veut (33 pts). Ryan Dzingel a surnagé (23 buts mais 17% au tir), mais le bottom-6 n’a pas du tout produit, à l’instar d’un Alex Burrows en bout de course (6 buts, 14 pts). Zack Smith efficace depuis deux ans, n’a cette fois marqué que 5 buts. L’effectif a changé tout au long de l’année, sans réussite, et a abouti à une vente massive à la date limite des transactions (dont Derick Brassard). Reconstruction ?

Mais s’il n’y avait que le sportif… Le pire restait à venir. Une année marquée par des tragédies (décès de l’enfant à naître d’Erik Karlsson), déjà. Mais surtout, une fronde des supporters envers le propriétaire Eugene Melnyk, qui s’est traduite par l’achat d’un panneau d’affichage appelant à son départ ! Un propriétaire aux déclarations fracassantes, expliquant, en gros, que les fans ne méritaient pas une équipe et qu’il pourrait tout aussi bien vendre ou voir ailleurs. Et ce, en plein match en plein air, pour les célébrations du centenaire de la NHL. Ambiance… Pour enfoncer le clou, Melinda Karlsson, épouse du joueur vedette, a engagé des poursuites judiciaires contre la petite amie de Mike Hoffman, pour cyber-harcèlement, soutenue par les compagnes de plusieurs joueurs. Hoffman, dommage collatéral, a rapidement été évincé et expédié à l’autre bout du continent – San Jose -, du moins pour quelques minutes puisqu’il a fini par atterrir en Floride, dans la même division qu’Ottawa !

Les Senators sont une franchise en perdition, avec un public qui vide massivement les travées de l’arena. Le staff semble à bout d’idées et va devoir vivre avec de gros contrats inutiles encore un an (Ryan, Gaborik, Burrows…), avec la menace de perdre son meilleur joueur, Erik Karlsson. Il va falloir reconstruire très vite, trouver un gardien d’envergure, consolider la défense. Ottawa doit encore un premier choix 2019 à Colorado, après avoir décidé de garder le n°4 cette année pour Brady Tkachuk. Il serait tragique pour la franchise qu’il s’agisse du 1er au total, autrement dit le talent générationnel Jack Hugues…

 

29e – Arizona Coyotes – Par Nicolas Leborgne

Les Coyotes de l’Arizona débutaient la saison avec des attentes plus importantes. La reconstruction touchait à sa fin, et les acquisitions d’Antti Raanta, Derek Stepan et Niklas Hjalmarsson visaient à positionner les dernières pièces du puzzle afin de franchir un cap au classement. Le nouvel entraîneur Rick Tocchet, débarquait avec une coupe Stanley en tant qu’assistant coach des Penguins.

Malheureusement, la première victoire dans le temps réglementaire n’est arrivée que… le 16 novembre ! L’équipe était hors course d’entrée, avec 14 pts de retard sur les playoffs après même pas deux mois de compétition. La clé du problème ? Le poste de gardien. Antti Raanta blessé, les Coyotes ont utilisé pas moins de six gardiens dans les premières semaines sans trouver un jeune pour tenir le fort convenablement. Aucun n’a été aidé par une défense décimée par les blessures (Connauton, Chychrun, Schenn, Hjalmarsson). Le contraste avec une fin de saison en boulet de canon après le all-star game est criant.

Pourtant donc, l’équipe termine avec moins de 80 pts pour la quatrième année de suite, échouant à atteindre les playoffs pour la sixième fois. Le meilleur joueur de l’équipe, le défenseur Oliver Ekman-Larsson, est en fin de contrat au 1er juillet 2019 et aucune indication d’une prolongation ne transpirait. Il a finalement resigné pour 8 ans au 1er juillet.

La satisfaction Antti Raanta a répondu présent : 2.24 buts encaissés, 93% d’arrêts… mais seulement 47 matchs. Une saison en santé est impérative pour les Coyotes : le jeune Wedgewood, acquis des Devils, a fait ce qu’il a pu, et l’acquisition de la date limite Darcy Kuemper n’a rien donné. Il sera cependant le numéro 2 l’an prochain, Wedgewood ayant été envoyé aux Sabres..

La défense a été catastrophique une bonne partie de l’année, notamment Alex Goligoski, aux statistiques de possession abyssales. Ekman-Larsson a surtout produit en supériorité (15 de ses 42 pts). Pour le reste, Connauton et Demers auront fait une saison correcte et Chychrun bien fini l’année, au contraire d’un Schenn toujours aussi décevant.

L’attaque ne termine que 30e de la ligue, avec le seul Clayton Keller au-delà des 20 buts.  Le rookie compte 65 pts, en tête de l’équipe et 3e au trophée Calder. Après un gros début de saison, il a ralenti en cours d’année avant de mieux finir. Derrière lui, Stepan reste régulier (56 pts). Max Domi n’aura marqué que 9 buts, dont plusieurs cage vide, et s’est surtout illustré avec 36 passes. Le divorce semblait inévitable et il rejoint Montréal contre Alex Galchenyuk à l’intersaison. Christian Dvorak et le rookie Christian Fischer ont souffert défensivement, tout comme le bottom-6, où Brad Richardson et Jordan Martinook ont été des poids morts. L’acquisition de Richard Panik aura été intéressante (19 pts en 35 matchs) en dépit d’un incident hors glace. Enfin, le grand espoir Dylan Strome peine toujours à s’installer durablement en NHL. Productif en AHL, il a signé 9 pts en 21 matchs avec les Coyotes et paru un peu plus à l’aise en fin de saison. Arizona a du potentiel, de la place dans sa masse salariale, mais va devoir trouver des solutions au cinéma des coulisses. Le propriétaire Andrew Barroway cherche toujours des investisseurs et le cas de la patinoire n’est toujours pas réglé.

 

28e – Montréal Canadiens – Par Thibaud Châtel

Aurait-on pu écrire un scénario plus cauchemardesque pour cette saison 2017-18 ? Presque pas. Il faut remonter à l’été pour comprendre où plongent les racines du problème. Marc Bergevin est un Directeur Général prudent, dans ses réflexions comme dans ses actes. Lui qui n’a jamais souhaité sacrifier l’avenir de l’équipe pour des succès immédiats a laissé traîner en longueur les négociations avec Alex Radulov, pourtant auteur d’une excellente saison pour son retour en NHL. S’il finit par égaler l’offre de 5 saisons des Stars de Dallas, l’attaquant russe avait décidé d’aller voir ailleurs. Le trou creusé au sein du top-6 d’attaque ne sera jamais comblé. De même, Bergevin refusa de donner à Andrei Markov les deux saisons de contrat qu’il souhaitait, et le « Général » décida de rentrer en Russie gagner la coupe Gargarin. Le trou creusé au sein du top-2 de la défense ne sera jamais comblé.

L’échange de l’espoir Mikhail Sergatchev pour Jonathan Drouin signait une tentative de combler le manque de talent en attaque et surtout de trouver un premier centre à l’équipe. En conférence de presse, Bergevin déclarait que Drouin aurait toute la patience du management pour apprendre le poste, lui qui n’avait plus joué centre depuis le Junior, tout en ajoutant que Galchenyuk n’aurait plus sa chance, en aucun cas. Pour trouver une solution en défense, Bergevin offrit un contrat très généreux et immédiatement décrié à Karl Alzner, tout en espérant qu’un effort collectif comblerait le départ de Markov à la relance de l’attaque…

La somme de ces manques et approximations se fit très tôt sentir parmi les joueurs. Des joueurs qui déclaraient à mots couverts dès septembre qu’ils n’avaient pas l’effectif pour être compétitifs… Le jeune Victor Mete arrachait une audition aux côtés de Shea Weber mais la marche demeurait haute pour tenir toute une saison. Plus que tout, ce même Weber se blessa dès les premières minutes de jeu contre Buffalo, en ouverture de saison. S’il traîna son pied amoché une vingtaine de matchs, Montréal dût jouer les trois quarts de la saison sans son défenseur principal.

Mais la liste des malheurs ne s’arrêtait pas là. Carey Price a connu un début de saison catastrophique, et la pire saison de sa carrière en général. L’ajustement de sa position est une raison évoquée. Alors que Claude Julien a placé beaucoup plus de corps devant lui qu’un Michel Therrien, Price devait jouer plus bas sur ses appuis pour tenter d’y voir un peu. La conséquence en était une perte de la mobilité qui faisait de Price le meilleur du monde à son poste ces dernières saisons. Le portier était en outre gêné par des bobos qui finirent par le mettre sur la touche dès l’automne.

Les 10 premiers matchs des Habs défilèrent ainsi tel un cauchemar. Plutôt dominateur dans le jeu, le Canadien voyait le but adverse se refuser à lui et le puck rentrer systématiquement dans le sien. Si le mois de novembre vit les choses se rétablir, le retard accumulé au classement ne serait jamais comblé. La suite ressemble à un abandon devant trop d’adversité. Philip Danault fut longtemps sur la touche, laissant la ligne de centre complètement dégarnie, derrière un Jonathan Drouin en souffrance dans le jeu et devant un Tomas Plekanec n’ayant plus ses jambes d’autrefois. Max Pacioretty traînait son mal-être, laissé sans joueur capable de l’alimenter dans un jeu nord-sud comme le faisaient Radulov ou Danault. De toute façon, Pacioretty allait manquer le dernier quart de la saison, comme Mete, comme Andrew Shaw… Montréal finit la saison avec un effectif à moitié composé de joueurs de ligue Américaine.

Face à une telle avalanche de pianos sur la tronche, il est presque inutile d’analyser le contenu de la saison des Habs. Le fait est que les hommes de Claude Julien ont longtemps eu le dessus sur leurs adversaires, gagnant la bataille des tirs et des chances de marquer. Seulement le manque de finition devant et le manque de talent derrière faisaient payer cash chaque espace laissé, ce qui rendait cette domination stérile.

La conséquence de ce maelström est que la direction des Habs a changé son fusil d’épaule. La fenêtre pour la coupe de la génération Price, Pacioretty, Subban, Markov and co est refermée. Du noyau dont a hérité Marc Bergevin à son arrivée en poste, auquel on peut rajouter Alex Galchenyuk, seul Price sera certainement encore à Montréal en septembre prochain. La direction tourne cet été la page sur cette époque et les feuilletons qui l’ont accompagnée. Pacioretty reste à échanger mais il sera le dernier sujet de tension à évacuer avant de reconstruire. Reconstruire, le mot auquel se refuse Bergevin, qui préfère parler de « retool », réarmement, certainement par respect pour Price et Weber, mais toutes ses actions pointent dans ce sens. Montréal cherche à se rajeunir. Le CH a bien géré ses multiples choix de draft en juin et semble attendre la prochaine génération de prospects. Techniquement, Montréal pourra toujours espérer que la chance lui sourit pour se glisser en séries. Avec un Price en santé tout est possible… puis espérer que ce même Price fasse des miracles en playoffs.

Au moins les jeunes ont donné satisfaction dans la défaite. Gallagher, Drouin, Scherbak, Domi, Hudon, Lehkonen, Danault, Armia sont tous des joueurs de top-9 et Gallagher fait office de doyen à 26 ans… Gallagher qui a retrouvé ses moyens cette saison, et laissé les blessures au vestiaire. Derrière, Mete et Juulsen sont deux défenseurs top-4 en puissance. Weber et Price ont encore quelques années dans les jambes. Jeff Petry a prouvé qu’il peut être efficacement au four et au moulin. Il faut désormais prôner la patience et regarder Toronto et Tampa s’entretuer en attendant son heure. Marc Bergevin saura-t-il mieux gérer cette génération que la précédente ? Là est la question.

 

27e – Detroit Red Wings – Par Nicolas Leborgne

La seule chose positive de la saison de Detroit ? L’inauguration de la Little Caesars Arena. La nouvelle patinoire des Red Wings a cependant eu bien du mal à attirer les foules, tant l’équipe fut médiocre. Neuf joueurs de plus de trente ans et une masse salariale quasiment au maximum ne montrent guère une envie de reconstruction. Mais la formation du Michigan n’a jamais été dans le coup (15-16-7 au 1er janvier). L’attaque termine 4e et la défense 9e… en partant de la fin. Sans marquer et en prenant trop de buts, cela devient difficile !

Défensivement donc, l’équipe a souffert, laminée en possession. Le vétéran Mike Green n’a pas autant produit que l’année précédente (33 pts) mais termine meilleur marqueur dans ce secteur devant un autre ancien, Niklas Kronwall (27 pts). Les autres défenseurs ont été anecdotiques et n’ont pas trop brillé, notamment l’expérimenté Trevor Daley. On attendait ainsi plus de Danny DeKeyser après son nouveau contrat, même s’il n’a pas été le pire dans son jeu défensif pur. Nick Jensen a plus séduit dans un rôle limité, avant d’enchaîner avec le bronze au Mondial avec les Etats-Unis.

Le souci est venu des gardiens. Petr Mrazek (22 matchs) n’a pas réussi à déboulonner Jimmy Howard (60 matchs) et les deux portiers finissent avec des statistiques comparables : respectivement 90.9% et 91% d’arrêts, 2.89 et 2.85 buts encaissés. Trop juste pour gêner les meilleurs.

Les satisfactions sont à chercher en attaque. Anthony Mantha a franchi un palier et termine meilleur buteur de l’équipe avec 24 réalisations (48 pts), devant Gustav Nyquist (21 buts, 40 pts). Dylan Larkin a retrouvé des couleurs, en prenant le poste de distributeur (63 pts, dont 47 passes). L’expérimenté Henrik Zetterberg n’a pas manqué le moindre match cette saison, et, avec 56 pts dont 45 passes, continue à exceller dans les deux sens du jeu – il fut l’un des rares à dominer son sujet en possession. Le vide abyssal derrière ce quatuor a coûté très cher, cependant. Justin Abdelkader est largement surpayé (35 pts, encore 5 ans à 4,25 millions !), Andreas Athanasiou n’a pas justifié son bras de fer de l’intersaison – il menaçait de signer en KHL – et n’a compté que 33 pts, en souffrant défensivement. Les rookies Martin Frk et Tyler Bertuzzi signent 25 et 24 pts. On pourra oublier le bout du banc, composé de vétérans en bout de course mais aux salaires conséquents, à l’image de Frans Nielsen (4 ans à 5,25 millions) ou Darren Helm (3 ans, 3,85 millions).

Le manager général Ken Holland n’a semble-t-il pas accepté que ses 21 ans à la tête de l’équipe exigent désormais une « purge » majeure des lourds contrats et une reconstruction plus ambitieuse. Certes, l’envoi de Tomas Tatar à Vegas a permis de récolter trois choix de draft. Mais en dépit des sélections intéressantes de Filip Zadina ou Joseph Veleno, Holland a repris sa stratégie d’anciens, en signant au 1er juillet Jonathan Bernier, Thomas Vanek et Mike Green. Bref, on ne sait pas trop où va Detroit, mais cela risque fort de ne pas être en playoffs avant un bon moment.

 

26e – Vancouver Canucks – Par Thibaud Châtel

S’il fallait classer les franchises actuellement les plus éloignées d’une Coupe Stanley, Vancouver figurerait assurément parmi le top-3 de ces pires élèves. Peuvent-ils espérer remonter rapidement la pente ? Encore faut-il que la direction adopte la bonne philosophie. La saison dernière est un exemple des contradictions à l’oeuvre chez les Canucks. Pour la der des frères Sedin, le management a longtemps cru que l’équipe pourrait lutter pour les playoffs. Peine perdue, la réalité finit par rattraper un collectif emmené par des vétérans trop usés : les Sedin, Vanek, Edler, Gagner, Del Zotto, Eriksson, Tanev and co. L’effectif semble plutôt à des années lumières d’être prêt.

La grande satisfaction de la saison fut Brock Boeser. Le rookie enfila 29 buts en 62 rencontres, soit un rythme de quasi 40 buts par saison. Le jeune homme est un finisseur d’élite et formera avec Elias Pettersson (qui devrait débarquer l’an prochain en NHL) le duo d’avenir de l’équipe. Mais les autres espoirs de l’équipe ont plutôt déçu. Bo Horvat a désormais 23 ans et son potentiel semble se limiter à une deuxième ligne. Ses 22 buts et 44 points correspondent à son rendement moyen depuis 3 ans. Sven Baertschi (29 points en 59 matchs) et Markus Granlund (12 points en 53 matchs) sont au mieux des joueurs de soutien. Jake Virtanen, ex-6e choix au total du repêchage 2014 a été plutôt positif dans le jeu mais n’a enfilé que 20 points en 75 matchs. La dynamo Troy Stecher n’a pas confirmé sa première saison, marquant moitié moins de points cette campagne-ci (11 en 68 matchs). Si l’on ajoute un Olli Juolevi, 5e choix de la draft 2016 rentré en Finlande pour relancer un développement à l’arrêt, cela fait beaucoup de déceptions pour une reconstruction qui traîne déjà en longueur.

Dans les cages, Jacob Markström et son remplaçant Anders Nilsson ont joué à leurs niveaux, c’est-à-dire en dessous de la moyenne de la ligue. Les Canucks espèrent que Thatcher Demko pourra bientôt donner de la stabilité à ce poste mais les deux Suédois sont encore sous contrat la saison prochaine.

Collectivement, les Canucks ne pouvaient tromper grand monde. 28e équipe de la ligue pour la possession, 27e aux buts anticipés, le niveau de jeu proposé correspondait à la réalité d’une franchise encore engluée au fond du classement. L’entraîneur novice Travis Green a bien concentré ses efforts sur la défense mais, offensivement, seuls les Rangers et Buffalo obtenaient moins de tirs par heure de jeu dans la ligue.

Mais même le nez dans le mur en février, le Directeur Général Jim Benning ne profita pas de la date limite des échanges pour accélérer la reconstruction. Seul Vanek fit ses valises, non pas en retour d’un choix au repêchage, mais d’un vétéran (Jokinen) et d’un joueur de ligue américaine (Motte)… Erik Gudbranson, défenseur défensif attirait quelques convoitises mais Vancouver préféra le prolonger pour 3 saisons, à 4M$ par saison, cher pour un joueur de profondeur… Et la valse des décisions bizarres continua au 1er juillet. Les Canucks ont exclusivement signé des vétérans de profondeur pour des contrats trop longs et trop chers, comme si Benning pensait toujours pouvoir être compétitif l’an prochain. Même si Pettersson arrive et si Quinn Hughes, leur premier choix de la draft 2018 perce, la déception risque encore une fois d’être au rendez-vous. Entre-temps, la grogne des fans monte. Bref, on prend les mêmes et on recommence à Vancouver, alors que les jumeaux Sedin ne seront plus là pour tenir à peu près le navire à flot.

 

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