Les Brûleurs de Loups n’ont pas encore connu la défaite de la saison. Neuf victoires de suite dont les deux dernières à Mulhouse au cours d’un week-end passé chez les Scorpions (victoires 3-0 vendredi et 5-1 samedi). C’est donc un premier gros test qui attend les hommes d’Edo Terglav qui reçoivent Bordeaux ce soir, une équipe qui les avait diablement fait souffrir l’an dernier en demi-finales de la Ligue Magnus.
Cette année les Boxers accusent une pénalité de 9 points au classement à cause de leurs problèmes financiers pendant l’intersaison. Un retard déjà comblé. Après avoir tenu tête à Rouen (défaite 2/3 après prolongations), ils viennent de battre Mulhouse (6-4). Les retrouvailles s’annoncent prometteuses entre deux des plus gros effectifs de la Ligue Magnus. Grenoble est toujours privé de Trabichet, Goličič, Bonvalot et Fabre alors que Sauvé manque à l’appel côté bordelais. Petit clin d’œil avec la présence de Latendresse et Kramar côté grenoblois alors qu’ils avaient signé initialement à Bordeaux avant de quitter les Boxers à cause des problèmes financiers du club girondin.

Mal en point, les locaux continuent de subir le jeu. Leur réaction est timide avec un lancer d’Hardowa qui est capté de la mitaine par Fouquerel. C’est le début d’une bonne période grenobloise. Magovac s’avance, lance vers la cage mais voit son lancer repoussé par Fouquerel. La bonne circulation du palet des Grenoblois en zone offensive est récompensée par une pénalité de Loizeau qui fait trébucher Champagne. Les Brûleurs de Loups tentent de chercher rapidement l’égalisation. Installé, le power-play fait bien circuler le palet mais un lancer de la bleue de Magovac est bien bloqué par Fouquerel. Le boxplay bordelais fait un très bon travail pour tuer la pénalité, ce qui permet aux Boxers de se porter de nouveau vers l’avant. Sur une passe en profondeur de Hughesman, Johnston récupère le palet et s’infiltre entre Tartari et Hardowa pour défier Horak et le battre d’un dribble parfaitement exécuté (0-2, 08’53).

Fleury essaie de sonner la révolte avec un lancer bien capté par Fouquerel. Le portier bordelais est toujours présent sur un bon lancer de Tartari. Plus présents offensivement, les Brûleurs de Loups terminent mieux la première période et obtiennent même une pénalité d’Oldrich Horak. Le power-play grenoblois pousse dans la dernière minute, sans succès.

Les Brûleurs de Loups accélèrent sous l’impulsion de la ligne de Kearney et Leclerc notamment. Un puissant lancer de Hardowa est capté avec autorité par Fouquerel qui multiplie les interventions dans les minutes suivantes, en particulier en face-à-face avec Legault qui a reçu une passe millimétrée de Latendresse. À force de pousser, Grenoble s’expose aux contre-attaques et laisse partir un 2 contre 1 entre Valier et Johnston lequel lance à la cage mais cette fois Horak parvient à détourner.

Les pénalités s’enchaînent contre Bordeaux : Andrew Johnston est sanctionné puis Guillaume le rejoint pour une grosse charge contre la bande sur Bisaillon. Cela donne une double supériorité numérique de 1’35’ pour Grenoble, une occasion à ne pas rater pour les Brûleurs de Loups. Malheureusement pour Grenoble une faute de Da Costa ramène l’avantage seulement à quatre contre trois. Suffisant pour relancer la partie. Après un échange de passes entre Latendresse et Kearney, ce dernier parvient à trouver Fleury tout seul. La reprise directe de l’attaquant tricolore ne laisse aucune chance à Fouquerel (1-2, 31’32).
Ce but galvanise les Grenoblois mais les Boxers continuent de se montrer dangereux en contre à l’image de Hughesman qui vient encore inquiéter Horak. Sur une échappée, Da Costa a le palet de l’égalisation au bout de la crosse mais encore une fois Fouquerel sort le grand jeu pour repousser le palet. Quelques secondes plus tard, Da Costa remet ça mais c’est toujours le portier bordelais qui sort vainqueur du duel. Grenoble finit fort la deuxième période mais se découvre avec des contre-attaques bordelaises tranchantes. Un jeu très ouvert qui peut faire basculer la rencontre d’un côté comme de l’autre mais les gardiens prennent le pas sur les attaques. Une pénalité de Legault dans la dernière minute tempère finalement l’enthousiasme grenoblois.

Le boxplay grenoblois fait le travail pour revenir à cinq contre cinq mais les Brûleurs de Loups continuent de confondre vitesse et précipitation dans ce match. La frustration commence à gagner les rangs grenoblois et une nouvelle pénalité est sifflée contre Joël Champagne. À l’image de Valier, Bordeaux essaie de profiter des prises de risque des Grenoblois qui cherchent la moindre opportunité, même à quatre contre cinq.

Les Brûleurs de Loups n’y arrivent décidément pas. Une pénalité contre Kara est vite annulée par une crosse haute de Valier sur Baylacq qui remet les deux équipes à égalité numérique. Le jeu à quatre contre quatre accélère encore plus les débats. Moisand fait le tour de la cage mais bute sur Horak. Grenoble termine en supériorité numérique, Terglav tente le tout pour le tout en faisant sortir son gardien mais l’attaque grenobloise manque de justesse alors que la défense bordelaise est parfaitement en place. Les tirs se multiplient sur la cage bordelaise mais pour la plupart ce sont des tirs lointains que Fouquerel arrive à capter facilement. Pôle Sud croit à l’égalisation sur un lancer de Bisaillon repoussé par Fouquerel mais Champagne, idéalement placé face à la cage, ne parvient pas à prendre le rebond. Bordeaux parvient à maintenir son avance jusqu’au bout !

Côté grenoblois, les approximations furent nombreuses avec beaucoup d’erreurs de relance et de contrôles manqués. La nervosité, palpable chez les Grenoblois obligés de courir après le score, s’est matérialisée par de nombreuses pénalités qui ont haché le jeu et empêché les Brûleurs de Loups de presser vraiment dans la zone bordelaise, exception faire de la fin du deuxième tiers. Trop peu pour déstabiliser une équipe qui réalise un gros coup sur la glace grenobloise ce soir. Bon pour la confiance des Bordelais qui reçoivent Gap dans une semaine alors que les Brûleurs de Loups tenteront de se racheter dans le derby contre Lyon.
Désignés joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Clément Fouquerel (Bordeaux)
(Photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Quand tu fais les choses bien, ça arrive de perdre, mais quand tu perds le match parce que tu joues à ta manière et que t’es pas prêt, c’est plus dur à accepter. J’espère que les joueurs vont réaliser ça et montrer un autre visage vendredi prochain. Il y a eu une bonne réaction, on savait que la première période n’était pas bonne, mais ce n’était pas assez. On travaillait fort mais on était en retard sur les palets, on a fait briller leur gardien, on n’avait pas assez de trafic devant la cage…. Dernièrement on le faisait très bien mais à ce niveau-là, il faut se faire un peu plus mal pour avoir du succès mais on n’a pas assez payé le prix à ces endroits-là pour que ça marche, c’est comme ça. Il faut bien analyser ce match-là et bien préparer la semaine qui vient. La deuxième période il y avait plus de momentum mais on a pris trois pénalités d’affilée, on leur a donné le deuxième souffle, Lukas nous a gardé dans le match, en désavantage numérique on a fait le boulot mais après on passe trop d’énergie à défendre et il n’y avait pas assez de jus à la fin pour la différence offensivement. »
Philippe Bozon (entraîneur de Bordeaux) : « On a eu l’opportunité d’être les premiers à faire tomber Grenoble donc tout le monde était bien motivé. On a fait une bonne entame, c’était très important, on a pris les devants. On a subi normalement dans la deuxième période et la troisième période était plus équilibrée à cause des pénalités. Très fier des joueurs ce soir, ils ont fourni un gros effort. Il y a un bel état d’esprit dans cette équipe actuellement avec beaucoup de sacrifices à la fin. C’est une victoire importante pour les joueurs avec ce qu’ils donnent depuis quelque temps, ça fait du bien au moral. C’est logique qu’on ait eu du retard à l’allumage avec les événements qui sont arrivés dans notre club, on a eu des changements tardifs, des joueurs qui sont arrivés, des petits problèmes… Il faut trouver l’alchimie, l’osmose entre tout le monde. On savait que ce serait difficile en début de championnat, maintenant on commence à voir de belles choses, à trouver des alchimies entre les joueurs et surtout un état d’esprit irréprochable pour le moment. J’avais demandé aux joueurs de jouer notre jeu. On a été à Rouen, on n’a pas reculé. Qu’on joue contre Grenoble ou d’autres équipes, il ne faut pas les respecter, il faut tout de suite jouer notre jeu et être agressif, c’est notre façon de jouer et on s’y tient, que ce soit à la route ou à la maison. »
Sébastien Rohat (attaquant de Grenoble) : « Pour gagner face à des équipes de haut de tableau, il faut jouer soixante minutes du début jusqu’à la fin, c’est ce qu’on n’a pas fait. On avait vraiment bien préparé ce match, toute la semaine on avait travaillé fort. Ils ont bien joué les contres, ils ont deux grosses chances au début, ils les ont mises au fond. Aujourd’hui, on a un peu péché devant notre cage et devant leur cage et on n’a pas payé le prix. On n’a pas mis assez de trafic, on n’a pas assez gêné Clément Fouquerel. Il n’a pas eu un très gros boulot à faire ce soir, il n’a pas dû s’employer pour faire gagner son équipe donc c’est uniquement notre faute, c’est à nous d’être plus tranchants face à la cage, de le mettre plus en difficulté, tout ce qu’on n’a pas fait ce soir. C’est pas plus mal que ça arrive maintenant plutôt qu’à un tour de coupe de France ou après, c’est à nous de voir au prochain match si on est capable de se remettre en question et de repartir tout de suite sur un bon pied ou si on continue à se laisser aller. On a réussi à remettre du rythme, le match était haché avec les nombreuses pénalités mais on a eu nos chances. On a quand même réussi à capitaliser sur un de nos power-plays mais on joue quand même 90% du match à cinq contre cinq donc il faut qu’on y soit plus tranchants. La sélection en équipe de France, ça me passe au-dessus de la tête, c’est un plus, c’est une récompense pour moi, à mon âge je ne fais pas attention à ça, ma carrière est plus derrière moi que devant moi, je prends ce qu’il y a à prendre mais ça ne va vraiment pas changer ma vie aujourd’hui. »
Grenoble – Bordeaux 1-2 (0-2, 1-0, 0-0)
Vendredi 12 octobre 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3540 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Julien Peyre assistés de Gabriel Pointel et Guillaume Barthe.
Pénalités : Grenoble 22’ (2’, 4’, 6’+10’), Bordeaux 26’ (4’, 6’+10’, 6’).
Tirs : Grenoble 32 (9, 11, 12), Bordeaux 27 (6, 15, 6).
Évolution du score :
0-1 à 02’07 : Valier assisté de Baazzi et Lessard
0-2 à 08’53 : Johnston assisté de Hughesman
1-2 à 31’32 : Fleury assisté de Kearney et Latendresse (sup. num.)
Grenoble
Attaquants :
Olivier Latendresse (10’) – Joël Champagne (C) (2’) – Damien Fleury (A) [puis Legault]
Vincent Kara (2’) – Teddy Da Costa (2’) – Maxime Legault (2’) [puis Fleury]
Denny Kearney (2’) – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq – Aurélien Dair – Matthias Arnaud
Défenseurs :
Aleksandar Magovac – Sébastien Bisaillon (2’)
Christophe Tartari (A) – Connor Hardowa
Dominik Kramar – Lucien Onno
Gardien :
Lukáš Horák [sorti de 58’18’ à 60’00’]
Remplaçant : Loic Corvez (G). Absents : Teddy Trabichet (épaule), Boštjan Goličič (poignet), Antoine Bonvalot (cheville), Dylan Fabre (blessé).
Bordeaux
Attaquants :
Jonathan Lessard – Andrew Johnston (2’) – Peter Valier (4’)
Adam Hughesman – Tanner Glass (A) – Victor Barbero
Alexandre Mulle – Matthias Terrier – Julien Guillaume (2’+10’)
Aina Rambelo – François Paquin – Teemu Loizeau (2’)
Défenseurs :
Oldrich Horak (2’) – Hugo Gallet
Jakub Melisko – Maxime Moisand (C)
Jonathan Janil (A) (2’) – Aziz Baazzi (2’)
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçants : Julian Junca (G), Jules Lefebvre. Absent : Maxime Sauvé (blessé).








































