Rouen – Chamonix (Ligue Magnus, 9e journée)

De l’ordinaire réussi. Pas commun !

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De l’ordinaire réussi. Pas commun !

Les Dragons, après s’être offert, il y a deux jours seulement, un match sans lendemain pour une qualification européenne, ce qu’aucun club français n’était encore jamais parvenu à faire (!), ont joué un match plein et homogène. Ils ont blanchi Chamonix (sans Henric Andersén), qui a tenu deux tiers accroché au bout des jambières, mitaine et bouclier d’un seul homme : Richard Sabol (notre photo ci-dessus). Le gardien slovaque de 24 ans a marqué de son empreinte toute la durée du match. De la première minute avec son premier arrêt devant Juha Koivisto (0’49), à la soixantième avec sa 35e parade face au revers de Joël Caron (59’32). Son seul regret, il n’a pas réussi à égaler voire dépasser son record personnel établi contre Grenoble en match avancé avec 42 parades, ni les 97,7% d’arrêts exécutés face à Mulhouse, afin de permettre à ses coéquipiers de réaliser un hold-up.

En face, Matija Pintaric a (évidemment) tenu la comparaison. Après Amiens et Lyon, c’est le troisième blanchissage du portier slovène en seulement 8 rencontres de championnat ! Les Normands ont eu besoin d’un gardien de cette stature ce soir. Joël Caron, placé dans le cercle droit, bien servi par Nicolas Ritz, a concrétisé le premier jeu de puissance, après une mauvaise charge d’Adrien Glévéau, d’un lancer ajusté des poignets dans le haut des filets (1-0 à 04’06). Après (et avant) ce début de match très réaliste, les coéquipiers de Mathieu Roy ne cesseront pas de posséder le palet et d’obtenir tout un tas d’occasions, butant en grande partie sur Richard Sabol.

Les partenaires de Numa Besson, après une entrée en jeu un peu poussive, jouent le plus souvent en contre-attaques à cause d’une maîtrise parfois incertaine des locaux (Langlais à 5’59 ou Aleardi à 24’26) et grâce à leur combativité et une forte vitesse de patinage. Ainsi, Perry D’Arrisso (0’33), Erik Higby (4’19 & 9’04), Fabien Kazarine (5’59), Quentin Fauchon (17’57), Adrien Glévéau (19’26) Scott Jacklin (24’26), Mathieu Briand (34’06), Maxence Leroux (37’33) et Benjamin Lagarde (39’28) ont eu des chances dans les deux premiers « vingt ». Mais ces Pionniers n’ont pas abordé leurs chances avec le sang-froid et la justesse qu’il fallait, poussés dans leurs limites d’exécutions par des Seino-marins à la vitesse du son au moins pendant les 12 premières minutes du match, et de 20’00 à 48’00.

Pendant ce temps, Richard Sabol retardait l’échéance devant Loïc Lampérier (1’59), Michel Miklik (2’47 & 29’11), Alex Aleardi (3’04), Marc-André Thinel (11’24), Nicolas Deschamps (23’59) et Vincent Nesa (36’37) ou le dernier rempart soufflait de voir passer à côté des lancers de Fabien Colotti (8’16), Joris Bedin (29’50), Nicolas Ritz (31’11), Mathieu Brodeur (32’01) et Joran Reynaud (32’33). Ce dernier a été aligné parce qu’Anthony Guttig n’était pas sur la feuille de match. Tout comme Florian Chakiachvili, blessé au cours du match de CHL et remplacé par Enzo Cantagallo.

À la reprise du dernier tiers, échaudés du match contre Anglet, de la semaine dernière, le spectre du hold-up chamoniard faisait son apparition dans les tribunes, mais parce qu’Alex Aleardi profitait d’un revirement causé par Fabien Kazarine, le scénario du braquage à la tartiflette n’eut pas lieu. L’ailier américain trouvait, sans fioriture (enfin), du haut du cercle droit, la lucarne droite, côté bouclier de Sabol, dès le démarrage de la dernière période (2-0 à 40’41).

Les hommes de Fabrice Lhenry ont retenu la leçon de l’Hormadi et ne jouent pas sur les talons. Ils vont bénéficier d’une série de prisons adverses (dont deux retards de jeu distribués très au pied de la lettre) pour se mettre définitivement à l’abri. Ils auront en tout 3’27 à cinq contre trois pour enfiler un troisième but. Si les trios Higby-Sullivan-D’Arrisso et Jacklin-Kloz-Freeman tiennent admirablement le coup, celui du capitaine devra justement s’incliner sur un lancer frappé fort en haut du cercle gauche par, l’autre « C », Mathieu Roy, dans la lucarne côté plaque de Sabol (3-0 à 45’16).

Rouen va gérer, plutôt bien, les 15 dernières minutes. Le jeune Thomas Carminati est monté sur la glace pour préserver Mathieu Brodeur et Matija Pintaric de réaliser un blanchissage de plus en détournant les ultimes chauds palets d’Erik Higby (46’13) et de Scott Jacklin (50’09). Cela n’avait pas été le cas contre Anglet et Mulhouse, mais les champions de France, sans être parfaits, ont prouvé, ce soir, qu’ils pouvaient se concentrer sur la ligue Magnus tout en ayant une idée européenne derrière la tête.

Étoiles du match : Matija Pintaric *** (Rouen), Richard Sabol ** (Chamonix) et Mathieu Roy * (Rouen).

Commentaires (dans Tendance-Ouest et Paris-Normandie) :

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « C’était le quatrième match en 7 jours, c’est satisfaisant de voir que l’équipe a encore des ressources même mentales parce que, après ce qu’on a vécu, c’était dur de se re-focaliser sur le championnat. Ils l’ont bien fait même si on aurait pu mieux jouer mais le résultat est là. On a pu faire jouer tout le monde même avec deux blessés, c’est positif. Maintenant, l’objectif sera différent, ils ont un jour de repos et dès dimanche, on remet ça pour aller chercher la qualification à Nuremberg. »

Mathieu Brodeur (défenseur de Rouen) : « Après un match aussi intense que celui de mercredi, match lors duquel on avait connu des montagnes russes d’émotions, il fallait trouver la motivation pour bien commencer cette rencontre face à Chamonix. C’est ce qu’on a fait. On a bien débuté et on a su prendre les devants. Ensuite, on a su fermer le match et prendre les trois points. À 1-0 au début du troisième, c’était important de ne pas donner d’espoirs de retour à l’adversaire. C’est ce que les gars ont su faire en marquant rapidement deux buts. (Concernant son absence dans le troisième tiers). J’ai été victime d’une intoxication alimentaire. J’étais malade avant le match et, entre le deuxième et le troisième tiers, ça allait encore moins bien. Je me sentais vraiment trop faible pour continuer. Je ne voulais pas pénaliser l’équipe. C’était mieux que je ne remonte pas. »

 

Rouen – Chamonix 3-0 (1-0, 0-0, 2-0)
Vendredi 12 octobre 2018 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2646 spectateurs.
Arbitres : MM. Pierre Dehaen assistés de MM. Jérémie Douchy et Charles-Edouard Salmon
Pénalités : Rouen 2′ (0′, 0’, 2’) ; Chamonix 20′ (4+10′, 0′, 6′)
Tirs : Rouen 38 (12, 14, 12) ; Chamonix 28 (10, 8, 10)
Chances : Rouen 20 (9, 7, 4) ; Chamonix 14 (6, 4, 4)
Supériorités : Rouen 2/5, Chamonix 0/1

Évolution du score :
1-0 à 04’06 : Caron assisté de Ritz et Roy (sup.num.)
2-0 à 40’41 : Aleardi
3-0 à 45’16 : Roy assisté de Ritz et Lampérier (double sup.num.)

Rouen

Attaquants :
Nicolas Deschamps – Joël Caron – Alexander Aleardi
Joris Bedin – Juha Koivisto – Michel Miklik
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel (A)
Joran Reynaud – Fabien Colotti – Vincent Nesa

Arrières :
Kévin Dusseau – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur (puis Thomas Carminati à 45’16) – Atte Mäkinen
Chad Langlais – Enzo Cantagallo

Gardien:
Matija Pintaric (28 arrêts)

Remplaçants : Gaétan Richard (G) et Benjamin Berard. Absents : Florian Chakiachvili et Anthony Guttig.

Chamonix

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Erik Higby (A) – Perry D’Arrisso
Cody Freeman – Scott Jacklin (A) – Fabien Kazarine
Quentin Fauchon – Mathieu Briand – Maxence Leroux
Adrien Glévéau – Julien Laplace – Loïc Coulaud

Défenseurs :
Vojtech Kloz – Geoff Fortman
Jiri Klimicek – Colin Sullivan
Jérémie Penz – Numa Besson (C)

Gardien :
Richard Sabol (35 arrêts)

Remplaçants : Lucas Mugnier (G) et Clément Mermoux. Absent : Henric Andersén (blessé).

 

Richard Sabol (Chamonix).

 

Benjamin Lagarde (Chamonix) et Joran Reynaud (Rouen).

 

Adrien Glévéau (Chamonix) et Juha Koivisto (Rouen).

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