Amiens – Angers (Ligue Magnus, 9e journée)

Le Coliséum ne réussit plus aux Gothiques.

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Après avoir rebondi à Lyon en allant chercher une large victoire 0-4 quatre jours après un match plus que décevant face à Gap, les Gothiques avaient la possibilité de se racheter de ce match complètement raté à domicile. Retrouver le chemin de la victoire au Coliséum était devenu une obligation après quatre défaites en quatre matchs (face à Rouen, Grenoble, Nice et Gap). Mais il fallait surtout confirmer le « regain » de confiance en attaque, car les mauvais résultats amiénois sont surtout liés à un manque de réalisme flagrant. Pierre-Maxime Poudrier, toujours blessé, était absent, tout comme Giffen Nyren, écarté du groupe. Tommy Giroux retrouvait le premier trio aux cotés de Philippe Halley et Jérémie Romand pour tenter de retrouver l’efficacité offensive qui fait tant défaut.

À l’image d’un Spencer Edwards pénalisé d’entrée pour trop d’engagement, les Gothiques avaient envie de bien entrer dans ce match et de montrer aux Angevins que la partie ne serait pas facile. Cependant, les hommes de Mario Richer offraient là une cartouche d’entrée à un jeu de puissance en réussite depuis le début de saison. Si la première supériorité n’était pas convertie par les Ducs, la seconde l’était. Matt Carter tirait sur un Buysse un peu trop avancé et qui laissait un gros rebond devant sa cage. Cody Campbell, tout heureux de voir le palet lui arriver dans la crosse, n’avait qu’à pousser la rondelle dans la cage pour ouvrir le score (0-1, 6’00).

Les Amiénois réagissaient notamment par l’intermédiaire du premier trio, qui réalisait une grosse présence quelques minutes plus tard. Giroux, Halley et Romand lançaient chacun leur tour, mais n’arrivaient pas à concrétiser la domination des leurs depuis le but. Le manque de réalisme est encore une fois criant, et Bouchard aurait très bien pu en profiter pour assommer les hommes de Mario Richer. Servi dans l’enclave, l’ancien Gothique lançait et pensait inscrire le second but des Ducs, mais Buysse s’étendait parfaitement et réalisait un superbe arrêt de la botte.

Mathieu Gertin était alors pénalisé pour la deuxième fois, et la supériorité numérique amiénoise, pourtant dangereuse, n’arrivait pas à convertir. Alors que la pénalité se terminait, Gertin recevait la rondelle dans la zone neutre et s’échappait, avec pour seul adversaire Holden Anderson. L’attaquant angevin se servait du défenseur comme écran et envoyait un lancer dans la lucarne de Buysse, qui ne pouvait rien faire (0-2, 17’09). C’était presque un hold-up réalisé par les Ducs, tant les Picards dominaient cette rencontre.

En toute fin de tiers, les choses se compliquaient pour les hommes de Brennan Sonne. Doublement pénalisés, les Angevins offraient alors une opportunité aux Gothiques de revenir dans le match juste avant de retourner aux vestiaires. Et les locaux ne se faisaient pas prier : Giroux envoyait une passe très forte à West placé juste devant la cage. Ce dernier plaçait sa palette en opposition et déviait le palet dans les filets de Florian Hardy qui était jusque là impérial (1-2, 19’52).

Les Amiénois revenaient dans le deuxième tiers-temps avec la même détermination pour égaliser. Dominateurs dans le jeu et dans la possession du palet, les Picards n’arrivaient cependant pas à se montrer dangereux. Les Angevins, en contre, se montraient même les plus opportunistes. Tout d’abord par l’intermédiaire de Clément Masson, qui trouvait le poteau, puis par Guertin, parti en échappée, qui voyait sa tentative bloquée par HCB. S’ensuivait une échauffourée avec Romain Bault, car l’attaquant angevin avait laissé traîné sa crosse, et les deux équipes devaient évoluer à quatre contre quatre pendant deux minutes.

Ces deux minutes étaient encore une fois largement dominés par les Amiénois, bien présents en zone offensive et lançant une demi-douzaine de fois à la cage, mais Florian Hardy répondait bien à Henri-Corentin Buysse dans ce duel de gardiens à distance. Rappelons que le portier amiénois a été appelé plus tôt dans la semaine par Philippe Bozon, et que cette rencontre opposait les deux potentiels titulaires en bleu !

Les Amiénois avaient la crosse sur le palet, mais les Angevins protégeaient bien leur avance, avec l’aide d’un très bon Florian Hardy. On sentait alors que les Gothiques commençaient une fois de plus à douter, et à se précipiter, car il y avait de plus en plus de déchet technique.

Le troisième tiers-temps n’était lui pas différent des tiers précédents. Des Gothiques dominateurs, mais qui n’arrivaient pas à marquer, à l’image de Tommy Giroux qui butait sur Hardy en début de tiers. Puis, des Angevins qui se montraient dangereux en contre. Henri-Corentin Buysse réalisait d’ailleurs un deuxième arrêt spectaculaire sur un « wrap-around » que toute la patinoire voyait déjà terminer au fond des filets.

Plus le match s’approchait de la fin, plus les Gothiques semblaient perdre confiance, et cela se ressentait sur la glace. Mauvais choix, passes ratés, duels perdus, les hommes de Mario Richer semblaient touchés psychologiquement. Les sifflets en fin de match, pour la deuxième fois d’affilée, ne feront certainement rien pour arranger les choses. Il faut dire que les Picards pointent à la neuvième place, avec seulement huit points en neuf matchs. On pensait que la victoire à Lyon avait relancé la machine, mais le mal est peut être plus profond que cela.

D’autant que les Amiénois vont réaliser le plus long déplacement de la saison mardi à Anglet, et recevront vendredi Chamonix, très accrocheur depuis le début de saison. Deux concurrents directs contre qui il faudra, à défaut d’une victoire en temps réglementaire, prendre des points pour ne pas se retrouver dans une situation très délicate dans la course aux play-offs.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Il y a encore eu un manque de réussite de notre part et l’avantage numérique n’est pas au point. On manque beaucoup de précision au niveau technique, que ce soit au niveau des passes ou des lancers. Ce sont des choses qui nous coûtent beaucoup. On est dans la zone adverse mais on ne réussit pas à mettre les lancers vers le but, à les dévier ou à prendre les rebonds. Techniquement, il faut s’améliorer et être plus opportuniste. On travaille à l’entraînement en ce sens, pour amener le puck au filet, mais on n’arrive pas à le convertir en match. On a aussi eu le droit à un gros duel de gardiens, qui se battent pour être titulaires en équipe de France. La différence se fait finalement sur un seul but. Les vrais partisans doivent soutenir l’équipe jusqu’à la fin et ça a été le cas pour la majorité. On a travaillé jusqu’à la fin et il faut donner du crédit à Angers qui a bien joué le jeu. Ils ont pris l’avantage et ils nous ont forcé à jouer un match de ping-pong. Maintenant, je ne sais pas si les joueurs ressentent une pression supplémentaire de ne pas gagner et de se faire siffler à la maison, il faudrait leur demander. Ils doivent aussi vivre avec la pression et être un peu moins nerveux à la maison. Ici, on ne se contente que d’un but alors que notre pourcentage d’efficacité est meilleur sur la route. Il faut que l’on compte plus de buts à la maison pour aller chercher des victoires à la maison. »

Brennan Sonne (entraîneur d’Angers) : « C’était très dur de construire un plan de jeu. Nous avions analysé le jeu d’Amiens et c’est une équipe très physique, dure sur l’homme. On savait que ça allait être une guerre de tranchées contre eux. Il faut se battre sur chaque palet parce que sinon, ils déferlent. On a donc travaillé sur la meilleure façon de les affronter et ce n’était pas évident face à cette équipe qui bosse dur. Ça fait du bien. Pour la majeure partie du match, je trouve que nous avons réussi ce que nous voulions mettre en place, et les pénalités tuées à cinq contre quatre ont aidé bien sûr. Le goal a aussi été très fort. Ils ont eu leurs chances et leurs shoots, mais Flo Hardy a assuré sa part du travail. C’est toujours un très gros match quand vous affrontez Amiens, ils font du très bon travail. Je suis content aujourd’hui de mon équipe, mais que l’on gagne ou que l’on perde, ma culture fait qu’on tente de passer à autre chose aussi vite que possible. »

 

Amiens – Angers 1-2 (1-2, 0-0, 0-0)
Vendredi 12 octobre 2018 à 20h au Coliséum. 1900 spectateurs.
Arbitrage de MM. Geoffrey Barcelo et Benjamin Gremion assistés de Mme Anne-Sophie Boniface et M. Clément Goncalves.
Pénalités : Amiens 6′ (4′, 2′, 0′) ; Angers 14′ (8′, 4′, 2′)
Tirs : Amiens 26 (9, 10, 7) ; Angers 27 (14, 8, 5)

Evolution du score :
0-1 à 06’00 : Campbell assisté de Carter et Levesque (sup. num.)
0-2 à 17’09 : Guertin
1-2 à 19’52 : West assisté de Giroux et Halley (double sup. num.)

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Spencer Edwards (-1, 2′) – Mario Valery-Trabucco (-1)  – Rudy Matima
Thomas Suire (-1) – Joey West (A, -1) – Dimitri Thillet
Baptiste Bruche – Félix Plouffe (2′) – Rayan Belharfi

Défenseurs :
Ondrej Smach  – Jonathan Narbonne (C)
Holden Anderson (-1) – Léo Guillemain
Romain Bault (2′) – Kévin Da Costa

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Remplaçants : Lucas Savoye (G), Axel Prissaint. Absent : Giffen Nyren (écarté du groupe), Pierre-Maxime Poudrier (blessé).

Angers

Attaquants :
Matt Carter (2′) – Maxime Lacroix (A) – Clément Masson (2′)
Mathieu Guertin (4′, +1) – Cody Campbell – Danick Bouchard
Gauthier Gibert (+1) – Marius Serer (+1) – Loïc Farnier
Robin Gaborit (A) – Brian Henderson (2′)

Défenseurs :
Patrick Coulombe (C, 2′) – Justin Hamonic (+1)
Mathieu Gagnon (+1) – Marc-André Lévesque
Gary Lévèque – Kevin Igier
Arnaud Faure

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Isaac Charpentier (G). Absent : Julien Albert (mâchoire).

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