Grenoble – Lyon (Ligue Magnus, 11e journée)

Les Brûleurs de Loups survolent le derby

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Les Brûleurs de Loups se sont inclinés pour la première fois de la saison contre Bordeaux (1-3) il y a une semaine, sur leur glace de Pôle Sud. Une défaite mal passée dans les rangs grenoblois car que l’attaque, si prolifique depuis le début de saison, a été complètement inefficace. Les Grenoblois ont eu le temps de digérer ce premier faux pas de la saison puisqu’ils n’ont pas eu de match cette semaine. L’occasion pour Edo Terglav de rectifier le tir en vue du double derby face à Lyon, ce soir dans le cadre de la Ligue Magnus et mercredi pour le compte des seizièmes de finale de la coupe de France. Cette rencontre est l’occasion pour le capitaine Teddy Trabichet, blessé à l’épaule, de faire son grand retour dans l’alignement.

Après la correction reçue contre Amiens (0-4), Lyon a réussi à redresser la barre en enchaînant deux succès face à Nice (4-2) puis Mulhouse (4-1). C’est donc avec ambition que les Lions se déplacent à Pôle Sud face à une équipe qui ne leur a guère réussi jusqu’à présent et contre laquelle ils ont perdu toutes leurs rencontres officielles lors des deux dernières saisons.

La première ligne lyonnaise canarde immédiatement la cage grenobloise. Il s’en faut de peu pour que les Lions n’ouvrent le score sur un tir de Mickēvičs sur le poteau. Lyon campe dans la zone offensive et Martins Lavrovs manque la cage en bonne position. Sur une mauvaise relance de Kara, Ankerst hérite du palet seul face à la cage mais le tir est bloqué par le portier grenoblois. Puis c’est Di Dio Balsamo qui s’échappe seul mais il est repris in extremis par Onno et son tir est finalement dévié par Horak. À force de presser, les Lions finissent par trouver la faille : Verbeek récupère le palet le long de la bande suite à un excellent décalage de Mickēvičs et son tir du poignet instantané finit sous la transversale (0-1, 05’28).

La défense grenobloise, en difficulté depuis le début de la rencontre, accuse le coup. Correia est tout près de doubler la mise mais sur le contre, Legault se fait charger irrégulièrement par Roussel. La supériorité numérique tombe à point nommé pour une équipe de Grenoble léthargique depuis le début du match. Les Brûleurs de Loups ne ratent pas l’occasion : à peine le power-play installé, la reprise de Magovac sur une passe en retrait de Kearney vient se loger dans la lucarne (1-1, 06’42). Enfin lancés dans la rencontre, les Brûleurs de Loups campent dans la zone lyonnaise avec plusieurs situations chaudes. Pascal accroche Legault le long de la bande. Et la sanction pour Lyon est la même que lors de la première supériorité numérique : sur une relance rapide de Magovac, Leclerc trouve Fleury complètement démarqué pour filer au but sans opposition et ajuster Stojanovic (2-1, 11’17).

Sur le coup d’envoi, Lyon est tout près d’égaliser lorsque Correia s’infiltre dans la défense grenobloise mais son lancer ne trouve pas le cadre. Les Lions continuent de profiter du laxisme de la défense iséroise lorsque Verbeek récupère un palet devant le slot, il n’a plus qu’à le pousser au fond mais Horak parvient miraculeusement à se coucher dessus. Le palet va vite d’une cage à l’autre puisque, sur un palet mal négocié par Ferry devant son propre slot, Kearney arrive lancé mais voit son tir bloqué par Stojanovic. La fébrilité défensive des deux équipes donne des opportunités en attaque, un lancer de Bisaillon passe de peu à côté alors que Lavrov arrive à s’approcher tout près de la cage mais manque de précision dans le dernier geste. Sur un bon pressing de la quatrième ligne grenobloise, Arnaud récupère le palet suite à une bonne charge de Baylacq sur Llorca, son centre en retrait trouve Onno plein axe dont le tir nettoie la lucarne de Stojanovic (3-1, 16’17).

Lyon ne renonce pas et dans la foulée, Dunda teste Horak qui repousse in extremis de la jambière. Les Lions continuent leur pressing en zone offensive et sont récompensés sur un rebond de Correia faisant suite à un bon lancer de Pascal repoussé par Horak (3-2, 17’49). Piqués au vif, les Grenoblois tentent de réagir mais malgré une reprise manquée de peu par Kramar, ils doivent se contenter d’un but d’avance à la première pause.

Après un premier tiers où les défenses étaient aux abonnées absentes, on attend un resserrage de vis de la part des deux coachs. Grenoble semble prendre le contrôle du palet avec une première occasion de Latendresse mais les Lions réagissent vite avec une grosse phase de possession de palet en zone offensive. Lavrovs manque de peu une cage ouverte mais il voit sa reprise détournée in extremis de la crosse par Hardowa. Fleury se fait retenir contre la bande par Pascal et offre à Grenoble une troisième supériorité numérique. Elle réussit aussi bien que les deux premières. Champagne récupère le palet au milieu du box-play lyonnais. Il décale Legault qui parvient à revenir devant la cage pour ajuster Stojanovic (4-2, 24’24).

Sur le coup d’envoi, Stojanovic repousse un palet de Kearney qui aurait pu donner trois buts d’avance à Grenoble. Lyon essaie de se relancer avec un lancer de Podzins repoussé par Horak mais les Grenoblois profitent des espaces laissés par la défense lyonnaise pour placer des contres bien sentis comme celui de Fleury mais cette fois Stojanovic a le dernier mot. Assis sur un matelas de deux buts d’avance, Grenoble laisse venir Lyon avec le palet mais les Lions sont une nouvelle fois sanctionnés pour une crosse haute de Berthon. Fleury et Latendresse sont tout près de pousser le palet au fond mais le boxplay lyonnais est un peu plus efficace cette fois et parvient à repousser les assauts grenoblois.

Première pénalité tuée par les Lyonnais qui se rassurent et restent encore dans le match. Bisaillon doit couper merveilleusement une passe entre Correia et Mickevics sur une contre-attaque. Les assauts lyonnais sur la cage grenobloise sont continus mais toujours très efficaces face à une défense grenobloise qui a retrouvé ses repères. L’esprit du derby est bien présent avec un accrochage derrière la cage de Horak entre Dinda et Arnaud pour quelques frictions. Place à une phase de jeu à quatre contre quatre. Le jeu s’emballe un peu en fin de tiers mais les Lions n’arrivent pas à marquer ce but qui les relanceraient dans la partie. Et à l’inverse, sur un engagement gagné en zone offensive par Champagne, un tir instantané de Legault finit sous la barre transversale, au grand dam de Stojanovic (5-2, 38’41).

Au troisième tiers, Grenoble doit protéger son avance face à des Lions toujours remuants mais moins dangereux. Kara fait trébucher Andres le long de la bande. Les Lions installent cette première supériorité numérique mais ne décochent que des lancers lointains à l’image de celui de Verbeek bloqué par Horak. À cinq contre cinq, Grenoble continue d’attaquer avec Legault, pas loin du triplé sur un contournement de cage.

Les minutes passent en faveur des Grenoblois alors que les Lions n’arrivent plus à porter vraiment le danger. Une faute de Roussel sur Fleury met le feu aux poudres alors que Custosse laisse grossièrement traîner son genou face au jeune Aurélien Dair. Ce dernier quitte la glace sur une jambe et Custosse est logiquement expulsé avec une pénalité de match.

Une situation difficile pour les Lyonnais qui jouent à trois contre cinq pendant deux minutes. Le palet tourne autour de la cage grenobloise avec Kearney et Latendresse à la manœuvre. Lyon doit encore défendre pendant trois minutes à quatre contre cinq et finit par craquer deux fois. D’abord sur une belle passe en retrait de Legault pour Kara qui pousse le palet en cage ouverte (6-2, 51’01). Un but qui provoque la sortie du gardien lyonnais Stojanovic au profit d’Olivier Richard. Le back-up lyonnais n’aura pas beaucoup de temps pour se mettre dedans puisqu’il doit s’incliner sur une petite déviation de Rohat sur un centre de Da Costa (7-2, 52’48).

Le match se termine en roue libre et le score continue d’enfler en faveur des Grenoblois. De retour à cinq contre cinq, les Lions ont abdiqué et laissent le palet aux Brûleurs de Loups qui en profitent pour enfoncer un peu plus leurs adversaires avec un one timer de Fleury qui transperce Richard (8-2, 56’01). Toujours indiscipliné, Alexandre Pascal subit sa troisième pénalité du match ! L’ex-junior grenoblois connaît un retour difficile à Pôle Sud. Grenoble continue de mettre la pression en supériorité numérique avec Champagne et Legault tout d’abord puis par Leclerc qui bute dans un premier temps sur Richard, mais Roussel relance directement sur Kearney qui décale sur Leclerc lequel cette fois ne manque pas le cadre (9-2, 59’05).

Malmenés en début de match, les Brûleurs de Loups ont fait une démonstration offensive lors des deuxième et troisième tiers-temps. L’attaque, en panne il y a une semaine face à Bordeaux, a fait preuve d’un grand réalisme, notamment en supériorité numérique avec 6 buts inscrits ! Un power-play efficace comme jamais sous l’impulsion de Legault et Fleury, tous deux auteurs d’un doublé. Décidément Lyon est une équipe qui réussit bien à Grenoble si on garde en mémoire les 11 buts inscrits à Charlemagne l’an dernier. Dimanche, les Brûleurs de Loups se rendront à Anglet avec sérénité.

Lyon pour sa part a payé au prix fort une grosse indiscipline, au premier tiers tout d’abord avec deux buts encaissés sur les deux premières pénalités concédées alors que les Lions avaient trouvé le moyen d’ouvrir le score. Puis au troisième tiers avec la pénalité majeure de Custosse qui a transformé la défaite lyonnaise en déroute. En cause, une grosse faillite du boxplay qui n’a pas été à la hauteur sur ce match et de gros errements défensifs au fil de la rencontre. Les deux équipes vont se retrouver mercredi, cette fois pour le compte de la coupe de France. Un tout autre contexte mais les Brûleurs de Loups ont pris un gros ascendant psychologique ce soir avec une attaque retrouvée. En attendant, Lyon essaiera de se rassurer dimanche contre Gap.

Désignés joueurs du match : Maxime Legault (Grenoble) et Julien Correia (Lyon)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’est sûr, le score est large, mais si on regarde la première période, on est un peu comme lors du match contre Bordeaux, on a joué un peu sur les talons. Lyon a beaucoup patiné, a été très agressif. On a marqué les buts parce qu’on a été plus opportuniste, on a gardé les choses simples. J’ai beaucoup aimé la deuxième et la troisième période, on s’est ajusté un petit peu, on a bougé le palet plus vite, on a trouvé les solutions sur le forecheck, on a été très bon sur les transitions, c’est là que Lyon a pris beaucoup de pénalités parce qu’on avait plus de vitesse. J’ai beaucoup aimé la façon avec laquelle on a joué à cinq contre quatre, on a poussé jusqu’à la fin, on savait qu’on rejouait contre eux mercredi, c’était important de finir fort. La coupe de France, c’est une autre compétition, c’est comme une finale, soixante minutes. On sait que chaque début de match, c’est très fort, ils arrivent au forecheck à deux, c’est très, très agressif. C’est important de passer le message aux joueurs qu’on doit être prêt au début du match. Si on regarde les deux derniers matchs, les premières périodes n’étaient pas très bonnes. Je pense qu’il nous manquait un peu de rythme parce qu’on n’a pas joué mardi. Lyon, c’est un derby, il y a plus d’excitation, de gestes physiques qu’on ne voit pas dans les autres matchs. Lyon n’a pas été discipliné parce qu’ils ont eu beaucoup de frustration dans les deuxième et troisième périodes, nous ne s’occupait pas d’eux, on s’occupait de nous et ça a bien tourné. »

Maxime Legault (attaquant de Grenoble) : « Pour nous, c’était un objectif de rebondir après la performance  contre Bordeaux. Le premier tiers a été un peu plus compliqué pour nous mais on a réussi à s’ajuster au deuxième et troisième, garder les choses plus simples. On voit le score, ça porte ses fruits. On les revoit mercredi, pour un match d’une grande importance, c’est bon pour la confiance, de lancer un message comme quoi on les attend de pied ferme. Contre Lyon, à chaque match il y a une petite rivalité qui s’est installée au fil des années, on peut le voir encore ce soir. Dans un derby on s’attend à ce qu’il y ait beaucoup de jeu physique, on doit être prêts à s’attendre à ces choses-là, répondre de la bonne manière, ne pas répliquer aux gestes. Mais ça reste un match de hockey, forecheck, backcheck, c’est le système qu’on met en place, on essaie de tous travailler du même côté. On gagnera pas tous les matchs cette saison mais il y a des manières de perdre et on n’a pas aimé la façon dont on a perdu contre Bordeaux. Ça fait mal mais l’important pour nous c’est de rebondir, surtout à la maison comme ça, donc ça fait du bien au moral. »

Mitja Sivic (entraîneur de Lyon) : « J’ai vu le match en trois différentes parties : en première période, on a été très bons, je pense qu’on a joué comme on devait jouer. En deuxième période, on n’a pas géré le palet comme il le fallait, on n’a pas été aussi bon dans l’exécution, on a fait trop de turnovers. En deuxième période, il faut être très fort avec le palet et le pousser au fond pour que les joueurs puissent changer souvent et ne pas rester trop longtemps sur la glace… Je dois dire que j’ai détesté la troisième période parce qu’on a été ce qu’on avait dit ce qu’on ne serait jamais. Et on a arrêté de jouer. Ce qui fait notre identité, c’est qu’on ne s’arrête jamais, quelle que soit la difficulté. Quand je pense à la troisième période, j’ai envie de vomir, je pense que c’était terrible. Si on est intelligent, on doit retenir les bonnes et les mauvaises choses. Aujourd’hui il y a de bonnes choses à retenir mais on doit surtout apprendre de nos erreurs. En France, le championnat de hockey, c’est comme le championnat de foot en Espagne, vous avez deux équipes, Grenoble et Rouen comme Barcelone et le Real Madrid. Tous les autres essaient de s’accrocher pour obtenir quelque chose. C’est comme ça. Grenoble dépense en 1 an ce que nous dépensons en deux ans, c’est la réalité. Vous n’aimerez peut-être pas l’entendre mais c’est comme ça. Et si on veut gagner ici, on doit être à notre meilleur du premier au dernier gars. On a gagné la coupe l’année dernière, malheureusement on ne joue pas à domicile où ce serait un peu plus facile. Grenoble a gagné il y a deux ans, ce sont toujours les favoris, il n’y a pas de doute mais on verra ce qu’il va se passer. »

 

Grenoble – Lyon 9-2 (3-2, 2-0, 4-0)
Vendredi 19 octobre 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3300 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre et Alexandre Hauchart assistés de Gabriel Pointel et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 4’ (0’, 2’, 2’), Lyon 49’ (4’, 6’+10’, 4’+25’)
Tirs : Grenoble 39 (11, 13, 15), Lyon 27 (15, 9, 3)

Évolution du score :
0-1 à 05’28 : Verbeek assisté de Mickēvičs
1-1 à 06’42 : Magovac assisté de Kearney et Leclerc (sup. num.)
2-1 à 11’17 : Fleury assisté de Leclerc et Magovac (sup. num.)
3-1 à 16’17 : Onno assisté de Arnaud et Kramar
3-2 à 17’49 : Correia assisté de Pascal et Verbeek
4-2 à 24’24 : Legault assisté de Champagne et Da Costa (sup. num.)
5-2 à 38’41 : Legault assisté de Champagne
6-2 à 51’01 : Kara assisté de Legault et Bisaillon (sup. num.)
7-2 à 52’48 : Rohat assisté de Da Costa et Kearney (sup. num.)
8-2 à 56’01 : Fleury assisté de Da Costa et Tartari
9-2 à 59’05 : Leclerc assisté de Kearney et Fleury (sup. num.)

Grenoble

Attaquants :
Vincent Kara (2’) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Olivier Latendresse – Joël Champagne (A) – Maxime Legault
Denny Kearney – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq – Aurélien Dair – Matthias Arnaud (2’)

Défenseurs :
Christophe Tartari – Connor Hardowa
Aleksandar Magovac – Sébastien Bisaillon
Dominik Kramar – Lucien Onno
Teddy Trabichet (C)

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Loic Corvez (G). Absents : Boštjan Goličič (poignet), Antoine Bonvalot (cheville), Dylan Fabre (blessé).

Lyon

Attaquants :
Julien Correia – Ryan Verbeek – Artūrs Mickēvičs
Martins Lavrovs – Tomas Andres – Ainars Podzins
Jaka Ankerst – Kyle Essery (A) – Cédric Di Dio Balsamo
Pierre Robert – Quentin Berthon (A) (2’) – Valentin Michel

Défenseurs :
Tyler Ferry – Vincent Llorca (10’)
Lubomir Dinda (2’) – Jules Breton
Thomas Roussel (C) (4’) – Cédric Custosse (25’)
Alexandre Pascal (6’)

Gardien :
Rok Stojanovic puis Olivier Richard [de 51’01 à 60’00]

Remplaçant : Killian Lairet. Absent : Sébastien Delemps

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