Slovaquie – Suisse (Deutschland Cup, 1re journée)

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Deutschland_CupAprès Hanovre, Mannheim, Munich puis Augsbourg, la Deutschland Cup prend ses quartiers cette année à Krefeld. On y retrouve les traditionnelles participantes que sont la Slovaquie et la Suisse, qui ouvrent la compétition rhénane ce jeudi avant l’affiche Russie U23 – Allemagne disputée en soirée. La Confédération helvétique est venue avec un effectif rajeuni – 24 ans de moyenne d’âge – dans les rangs duquel on dénombre cinq vice-champions du Monde de Copenhague (Gilles Senn, Michael Fora, Lukas Frick, Damien Riat et Noah Rod) pour autant de novices (le gardien Gauthier Descloux, les défenseurs Andrea Glauser et Roger Karrer ainsi que les attaquants Jérôme Bachofner et Marco Miranda).

La Slovaquie, quant à elle, lance en Allemagne une année plus importante que les autres puisque c’est elle qui accueillera en mai prochain les championnats du Monde. Pas question de répéter le fiasco de 2011 lorsque la bande du regretté Pavol Demitra n’avait pas réussi à sortir des poules à domicile malgré une équipe made in Zlatá generácia (« la Génération dorée ») réunie une dernière fois avant un triste tomber de rideau du hockey slovaque. Parmi les joueurs présents à Bratislava, il y avait Miroslav Šatan, capitaine de l’unique titre mondial slovaque (2002), aujourd’hui manager de la sélection nationale.

Le réservoir de talents venus des Tatras s’amenuise d’année en année et Craig Ramsay, le coach canadien, doit composer avec les moyens du bord. Aussi poursuit-il l’entreprise entamée au cours de sa première année de mandat en faisant appel pour la Deutschland Cup à des joueurs du cru : pas moins de onze éléments qui composent la sélection sont issus de l’Extraliga, le championnat local. Parmi eux, notons la présence de Martin Chovan et Radovan Puliš, qui évoluent tous deux à Detva, petit poucet de l’élite slovaque. Enfin, le gardien Andrej Košarišťan, le défenseur Chovan, donc, et les attaquants Branislav Rapáč et Róbert Lantoši endossent pour la première fois la tunique nationale.

Retard à l’allumage pour la Suisse

La Slovaquie étrenne d’ailleurs en Allemagne son nouveau maillot, sans pub et avec un blason revisité ; la traditionnelle Double-Croix dressée fièrement sur trois crosses qui dessinent la silhouette des massifs Tatra, Matra et Fatra. Une belle tenue, certes, mais le changement de look est davantage attendu dans le jeu et les premiers instants de la partie augurent en effet d’un comportement prometteur. La Slovaquie fait mouche sur sa première incursion dans le camp adverse. Matúš Sukeľ réalise un gros travail dans le coin gauche pour servir Tomáš Malec qui décoche sur la bleue ; Dávid Bondra lève sa crosse au parfait moment en haut du rond gauche pour dévier au fond de la cage adverse (1-0, 01’54).

Les Slovaques, bien qu’ils concèdent dans la foulée un premier jeu de puissance aux Suisses à la suite d’une crosse haute de Michal Sersen (4’24), font preuve de solidité. Le forechecking est efficace, le porteur du palet est de suite agressé par un Bleu, ce qui explique le mutisme des Helvètes sur cette première opportunité, galvaudée donc.

Interventions propres, transmissions rapides… La Double-Croix fait le jeu et les Suisses font montre en cette entame d’une certaine fébrilité, sinon d’une nervosité. Ils sont d’ailleurs à leur tour pénalisés après une charge d’Andrea Glauser contre Martin Gernát (9’29). Marek Ďaloga, dans son style si particulier, s’échappe dans le dos des deux défenseurs suisses mais loupe le cadre (10’28). Le jeu de puissance reste stérile mais les hommes de Craig Ramsay se sont montrés bien plus en mouvement.

La partie s’équilibre quelque peu dans les cinq dernières minutes de la première période, les Suisses augmentant sensiblement un train jusque là de sénateurs. Un contre slovaque mené à trois ne donne rien, Ďaloga préférant tirer à côté au lieu de s’appuyer sur le surnombre de ses camarades (17’31). La sirène résonne dans des travées allemandes peu garnies sur un avantage d’un but mérité pour la Slovaquie.

La Slovaquie baisse sa garde

La Suisse est plus percutante au retour des vestiaires, c’est elle qui fait désormais le jeu. Mais le positionnement des lignes défensives adverses les empêche toutefois de se créer une vraie chance d’égaliser. Les Slovaques sont vigilants et agissent en contre. Le slap de Samuel Kreis est contenu d’un beau réflexe de la mitaine par Branislav Janus (4’56) et le gardien slovaque n’est pas loin de se faire avoir sur la séquence suivante lorsque coup sur coup Lino Martschini tente sa chance derrière la cage avant que Gernát ne repousse in extremis sur la ligne de but un rebond blanc. La Nati en a fini de ses réglages est passe la seconde en faisant la différence par sa vitesse.

Les joueurs des Tatras sont de plus en plus en retard dans leurs duels et l’égalisation, qui leur pend au nez depuis quelques minutes maintenant, intervient enfin. Christoph Bertschy se paie Juraj Mikuš d’une jolie feinte sur la bande droite puis repique au centre : son revers est repoussé mais le rebond est transformé au second poteau par Dario Simion (1-1, 29’03). Les Bleus, si consciencieux en première période, traversent un passage à vide inquiétant. Balayés par le mouvement d’horloge suisse dans une deuxième infériorité (Sukeľ, 30’29), ils ne doivent leur salut qu’à Janus, efficace dernier rempart de sa sélection.

La Slovaquie souffre… mais hérite à son tour d’un power-play (Frick, 33’25) qui ne lui permet pourtant pas de se relancer car les Suisses, même à un de moins sur la glace, ont un temps d’avance sur chaque action et repoussent trop facilement les Slaves à l’entrée de leur zone. Ils sont même en position de marquer en infériorité par Samuel Walser, parti en échappée, mais Janus s’interpose une énième fois.

La qualité technique et physique est désormais clairement du côté suisse mais la Slovaquie parvient toutefois à se montrer dangereuse sur des percées-éclairs et Gauthier Descloux, malgré la domination des siens, doit sortir le grand jeu devant Rastislav Špirko pour conserver la neutralité (37’32). Ce que son homologue ne parvient plus à faire sur un contre mené depuis sa zone par le capitaine de la Confédération Noah Rod qui ajuste sans être gêné dans son entreprise (1-2, 37’53). La Double-Croix est sur les rotules et elle accueille la deuxième pause avec soulagement.

La Nati contrôle

Dominateurs, les vice-champions du Monde n’ont pas encore tué le match, ni même fait le break. Une faute offensive de Rod redonne une nouvelle occasion aux Slovaques de reprendre du poil de la bête dès le retour des vestiaires (40’56). Incapables d’assurer leurs échanges sous la pression des attaquants adverses, ils se font chiper la rondelle et perdent un temps précieux. Un avantage numérique complètement foiré, donc, jusqu’à cette passe à l’aveugle de Radovan Puliš entre les deux cercles reprise instantanément par Marcel Haščák qui loge le caoutchouc sous la transversale (2-2, 42’50).

Alors qu’ils avaient la rencontre en mains jusque là, les hommes de Patrick Fischer font preuve de nonchalance, remettant sur les rails une Slovaquie à l’agonie qui n’en espérait pas tant. Mais la Double-Croix ne dispose pas des mêmes talents techniques que ses adversaires et semble alors s’épuiser dans des assauts menés avec entrain mais peu percutants. Sans s’affoler, la Suisse reprend tranquillement la main et transforme après seulement seize secondes son troisième jeu de puissance (faute de Gernát) par Inti Pestoni au poteau droit (2-3, 47’54). Passeur sur les deux précédents buts, Bertschy délivre encore un service décisif et inscrit donc un troisième point personnel.

Il est évident que la Suisse baisse volontairement d’un cran par la suite. En voulant contrôler la marque, elle fait preuve parfois de laxisme dans ses placements et joue de nouveau avec le feu ; le revers de Špirko au corps-à-corps avec le portier genevois fait soulever les cœurs de la maigre assistance (49’09). Après avoir tué une ultime infériorité (Gernát, 50’21) pendant laquelle Marco Miranda loupe l’occasion de sceller la partie, la Slovaquie lance toutes ses dernières forces pour arracher l’égalisation… qui n’interviendra pas en dépit de la sortie de Janus et des bonnes intentions de la deuxième ligne Bondra-Sukeľ-Lantoši.

Désignés joueurs du match : Jaroslav Janus (Slovaquie) et Christoph Bertschy (Suisse).

Commentaires d’après-match

Craig Ramsay (entraîneur de la Slovaquie) : « On a fait une bonne première période, on y a offert une performance solide et, dans l’ensemble, on contrôlé le palet dans la zone offensive. On a ouvert le score sur une déviation, on en avait justement parlé avant la rencontre. Mais les choses tournent parfois très vite. On a vraiment mal joué dans le deuxième tiers, on a juste regardé comment eux jouaient. Ils ont bien couvert les espaces, ils nous ont mis sous pression et on n’a pas réagi comme on aurait dû. On a alors commis des fautes et, ça, on ne peut pas se le permettre. Les jeux de puissance m’ont extrêmement déçu. »

 

Slovaquie – Suisse 2-3 (1-0,0-2,1-1)
Jeudi 8 novembre 2018 à 15h30 au Königpalast de Krefeld. 3528 spectateurs.
Arbitrage de Marc Iwert (ALL) et Andre Schrader (ALL) assistés de Denis Kyei (ALL) et Joep Leermakers (HOL).
Pénalités : Slovaquie 8′ (2′, 2′, 4′) ; Suisse 6′ (2′, 2′, 2′)
Tirs : Slovaquie 25 (7, 7, 11) ; Suisse 23 (4,14, 5)

Évolution du score :
1-0 à 01’54 : Bondra assisté de Malec et Sukeľ
1-1 à 29’03 : Simion assisté de Bertschy
1-2 à 37’53 : Rod assisté de Bertschy
2-2 à 42’50 : Haščák assisté de Puliš et Gernát (sup. num.)
2-3 à 47’54 : Pestoni assisté de Bertschy et Fuchs (sup. num.)

Slovaquie

Attaquants :
Andrej Kudrna – Milan Kytnár (A) – Branislav Rapáč
Dávid Bondra (+1) – Matúš Sukeľ (2′, +1) – Róbert Lantoši
Mário Lunter (-1) – Rastislav Špirko (A, -1) – Patrik Svitana
Radovan Puliš (-1) – Miloš Bubela (-1) – Marcel Haščák (-1)

Défenseurs :
Marek Ďaloga – Martin Chovan
Mislav Rosandič – Michal Sersen (C, 2′)
Tomáš Malec – Mário Grman
Juraj Mikuš (-1) – Martin Gernát (2’+2′, -1)

Gardien :
Jaroslav Janus [sorti à 58’30]

Remplaçant : Andrej Košarišťan (G). Non-utilisés : Peter Čerešňák (D), Michal Krištof (A), Dávid Šoltés (A).

Suisse

Attaquants :
Inti Pestoni – Damien Riat – Jason Fuchs (+1)
Yannick Herren (-1) – Tanner Richard (-1) – Lino Martschini (-1)
Dario Simion (+1) – Yannick-Lennart Albrecht (+1) – Killian Mottet
Christoph Bertschy (+2) – Samuel Walser (A) – Noah Rod (C, 2′, +1)

Défenseurs :
Michael Fora (A, +1) – Lukas Frick (2′, +1)
Samuel Kreis (-1) – Andrea Glauser (2′, -1)
Christian Marti – Roger Karrer (+1)
Fabian Heldner (+1)

Gardien :
Gauthier Descloux

Remplaçant : Gilles Senn (G). Non-utilisés : Lukas Flüeler (G), Claude-Curdin Paschoud (D), Jérôme Bachofner (A), Marco Miranda (A).

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