Faux départ pour Bozon et les Bleus

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C’est la première de Philippe Bozon : un vent de changement souffle sur l’équipe de France. La mission est claire et a été suffisamment martelée dans les premiers instants du regroupement. L’objectif olympique est le seul qui compte. Pour ce faire, Bozon a ratissé large, appelant quasiment soixante joueurs, en comptant les indisponibles disputant la CHL ou les blessés. Seuls une vingtaine participent au voyage à Minsk, après quelques jours de regroupement intenses – deux entraînements par jour – au Centre fédéral de Cergy.

L’accent des premiers entrainements a été placé sur le mouvement, avec une volonté de jouer plus offensif. Un changement radical de philosophie, qui exigera une certaine adaptation.

Face à la Biélorussie dans ce Tournoi des 4 Nations, les Bleus comptent deux novices – Simon Barbero et Sébastien Rohat – et quelques revenants dont Charles Bertrand et le gardien Henri-Corentin Buysse. Les automatismes sont clairement à construire. La Biélorussie vit elle aussi une phase de reconstruction avec un nouveau sélectionneur (Andrei Sidorenko) après la relégation en Division 1. Les deux frères Kostitsyn, absents à Copenhague, sont de retour dans l’alignement.

Les Bleus font belle impression

Les premiers tirs sont tricolores, avec des essais de loin sans grand danger. Puis, Damien Fleury travaille fort derrière la cage et trouve Sacha Treille esseulé dans le slot. Le tir du revers en hauteur trouve la mitaine du gardien. Sur l’engagement, un slap de la ligne bleue de Simon Barbero manque de profiter à Fleury, qui percute le gardien. Sur la présence suivante, Hecquefeuille déborde et Sacha Treille, encore lui, manque de profiter du centre.

Les Bleus jouent avec autorité et maîtrisent la possession du palet. Le repli défensif coupe bien les incursions adverses, et il y a toujours du monde pour se positionner en écran devant le portier biélorusse. De quoi donner des phases offensives assez longues, même si les tirs restent encore relativement lointains ou excentrés.

La domination se poursuit avec une volée de Stéphane Da Costa au cercle droit, un revers de Teddy Da Costa dans l’axe… Les minutes défilent et Buysse n’a toujours aucun arrêt à effectuer. L’étau se desserre un peu passé la dixième minute, offrant deux tirs aux locaux sans réellement menacer le portier amiénois.

Alors que le match se ferme, Sacha Treille commet une faute dans la zone neutre, un faire trébucher le long de la bande sur Kovyrshin. Le manque de justesse technique des biélorusses, combiné à un bon pressing tricolore, les prive d’occasions sur cette supériorité numérique. 0-0 après vingt minutes plutôt favorables à la troupe de Philippe Bozon.

La France maîtrise son sujet

Le match reprend avec un bon décalage biélorusse, qui permet à Andrei Kostitsyn de s’infiltrer. Buysse repousse le tir, et la France concède deux minutes lorsque Manavian accroche l’attaquant. Cette fois, la Biélorussie exploite l’avantage. Au duel avec Hecquefeuille devant le gardien, Artyom Kisly prend le rebond du tir de la bleue de Kristian Khenkel, et Nikita Remezov est le plus rapide au deuxième rebond (1-0).

En confiance, l’équipe locale enchaîne avec un tir de Andrei Antonov de la bleue, capté du gant par Buysse. La France tente de reprendre ses intentions offensives, avec une bonne présence de Teddy Da Costa et Bastien Maia, ponctuée d’un tir de loin. Stéphane Da Costa, servi en retrait, se crée lui aussi une bonne chance.

Dmitri Znakharenko se rend coupable d’un accrochage sur Perret et le jeu de puissance tricolore obtient sa première occasion. Gallet est à la pointe, Fleury et Da Costa se font artilleurs sur les deux cercles, sans réussite : Milchakov se déplace bien sur une passe du « magicien » vers Fleury à l’opposée. En fin d’avantage, Khenkel dégage le palet au dessus du plexiglas, offrant un cinq-contre-trois pendant quelques secondes. Il ne profite pas, puisque la Biélorussie gagne l’engagement et dégage, mais le jeu de puissance continue à un de plus. La défense se montre solide et ne concède aucune occasion… jusqu’à douze secondes de la fin de la pénalité. L’entrée en zone de Fleury est parfaite, avec fixation, décalage pour Douay lancé sur l’aile dans le dos de la défense. Ce dernier trouve Perret tout seul au poteau opposé, devant un but grand ouvert (1-1).

Peu après l’engagement, les Bleus doublent la mise avec un tir de Douay de la bleue, dévié par un défenseur au duel avec Perret. Le gardien est pris à contre-pied et le défenseur, sous la pression de Claireaux, ne parvient pas à sortir le palet avant qu’il ne passe la ligne (1-2). La France déroule et Charles Bertrand, sorti de derrière la cage, manque de peu le troisième but avec un tir en hauteur.

Une erreur de Stéphane Da Costa derrière le but de Buysse offre une rare occasion biélorusse dans une vague de domination française. Fleury perce encore et Manavian, qui a suivi, menace le gardien. Pris de vitesse, Nikita Kryskin fait tomber Perret et replace les Bleus en avantage numérique. La pression monte : Fleury manque le cadre sur une transversale de Stéphane Da Costa, puis Gallet provoque un cafouillage dans l’enclave sur un bon tir de la bleue. Le deuxième groupe, avec Maia, Bozon, Bertrand, Hecquefeuille, Baazzi, s’installe tout aussi bien mais les tirs ne trouvent pas le cadre.

Faute d’enfoncer le clou, les Français se font punir sur un contre anodin. Gavrus déborde et manque son tir, mais parvient à contourner la cage. Buysse contre le tir, voit le palet voler au-dessus de sa tête, retomber derrière lui où Kagalev surgit pour le pousser au fond. Les Bleus réclament la vidéo, à juste titre : le but a été marqué du patin et est logiquement refusé.

Buysse se re-concentre rapidement et stoppe un bon tir de la jambière, pendant que ses coéquipiers accélèrent. Da Costa, Fleury, puis Leclerc font parler leur pointe de vitesse. Un Leclerc qui profite ensuite d’un deux-contre-un, choisit de ne pas servir Manavian et chauffe la mitaine de Milchakov. La France a bien réagi après l’ouverture du score, et vire en tête après deux tiers-temps.

Les Bleus s’écroulent

La France reprend, mais fait preuve d’un peu trop de facilité. Stéphane Da Costa perd un palet dans la neutre et Buysse sort un double arrêt difficile sur Kostitsyn et Khenkel pour maintenir le score à 2-1. Kovyrshin n’a pas plus de succès sur la présence suivante.

La France perd alors brièvement Sacha Treille, qui rentre au vestiaire en boitillant. Le duo Fleury – Da Costa continue à dominer son sujet, et le premier expédie un bon tir du cercle gauche, bloqué du gant. L’élan s’interrompt pour une faute de Manavian sur Demkov. L’équipe spéciale tricolore tient bien le jeu vers l’extérieur, avant de concéder une nouvelle pénalité de Claireaux sur Vorobei. Le temps mort qui suit permet aux deux formations de fixer la tactique de ce cinq-contre-trois biélorusse pour 1’15. Tactique payante pour les locaux… Kostitsyn, en haut du cercle droit, trouve Kovyrshin pour une belle déviation. Buysse repousse mais laisse un rebond, dont s’empare Kovyrshin (2-2).

Le jeu de puissance se poursuit et, à dix secondes du retour de Claireaux, Stepanov reçoit le palet au deuxième poteau et prend de vitesse Buysse dans son déplacement latéral, sur une belle passe de Kostitsyn (3-2). Trois buts en supériorité numérique pour la Biélorussie… L’équipe spéciale tricolore a du travail devant elle.

Les Bleus partent à l’abordage : Parfeyevets manque de les piéger et échoue sur Buysse en échappée. Stéphane Da Costa réplique par un slalom, élimine le gardien mais, ligne de fond, ne parvient pas à redresser.

La Biélorussie enfonce le clou à huit minutes de la fin. Douay bloque un tir et reste sur la glace, ce qui offre un boulevard pour un tir calculé dévié par Denisov près de la cage (4-2). Sur l’engagement, les locaux aggravent le score : Parfeyevets surgit et reprend un palet retombé derrière le gardien (5-2).

La France tente de revenir, confisque le palet mais cela reste brouillon. La recherche d’exploit individuel ne fonctionne pas, pas plus que les tirs lointains.

Philippe Bozon entame donc son mandat par une défaite assez large. La France a plutôt maîtrisé son sujet pendant deux périodes, dominant à cinq-contre-cinq. Malheureusement, l’indiscipline a coûté très cher : la Biélorussie a renversé le match avec son jeu de puissance, là où celui des Tricolores n’a marqué qu’une fois. On a senti une baisse d’impact physique des Bleus au fil des minutes, sans doute logique après une préparation très intense cette semaine. Il faudra réagir dès vendredi contre la Lettonie.

 

Biélorussie – France 5-2 (0-0, 1-2, 4-0)
Jeudi 8 novembre 2018, 18h15, Chizhovka Arena de Minsk. 2037 spectateurs.
Arbitrage de Andrei Shrubok et Vasily Koleda (BLR) assistés de Viktor Zinchenko et Artem Labzov (BLR).
Pénalités : Biélorussie 6′ (0′, 6′, 0′), France 8′ (2′, 2′, 4′)
Tirs : Biélorussie 25, France 38

Récapitulatif du score
1-0 à 20’56 : Remezov assisté de Khenkel (sup. num.)
1-1 à 30’17 : Perret assisté de Fleury et Douay (sup. num.)
1-2 à 30’46 : Douay assisté de Barbero et Claireaux
2-2 à 46’27 : Kovyrshin assisté de S. Kostitsyn et A Kostitsyn (double sup. num.)
3-2 à 48’02 : Stepanov assisté de A. Kostitsyn et S. Kostitsyn (sup. num.)
4-2 à 52’29 : Stepanov assisté de Kovyrshin et Antonov
5-2 à 52’54 : Parfeyevets assisté de Gavrus et Vorobei

Biélorussie

Attaquants :
Andrei Kostitsyn (-1) – Sergei Kostitsyn (-1) – Aleksandr Kogalev (-1)
Artur Gavrus – Yevgeni Kovyrshin (+1) – Ivan Drozdov
Andrei Stepanov (+1) – Pavel Razvadovski (+1) – Maksim Parfeyevets (+1)
Artyom Demkov – Nikita Remezov – Artyom Kisly
Nikita Feoktistov (+2)

Défenseurs :
Kristian Khenkel (-1, 2′) – Vladimir Denisov (C)
Pavel Vorobei (+2) – Andrei Antonov (+2)
Dmitri Znakharenko (2′) – Daniil Bokun (-1)
Nikita Kryskin (2′)

Gardien :
Dmitri Milchakov

Remplaçant : Mikhaïl Karnaukhov (G).

France

Attaquants :
Damien Fleury – Stéphane Da Costa (C) – Sacha Treille (2′)
Anthony Rech (-1) – Tim Bozon (-1) – Charles Bertrand
Jordann Perret (+1) – Valentin Claireaux (2′) – Floran Douay (-1)
Guillaume Leclerc – Teddy Da Costa – Bastien Maia
Sébastien Rohat (-1)

Défenseurs
Aziz Baazzi – Antonin Manavian (+1, 4′)
Kévin Hecquefeuille – Hugo Gallet (-1)
Aurélien Dorey (-1) – Vincent Llorca (-1)
Simon Barbero

Gardien :
Henri-Corentin Buysse [sorti à 59’25]

Remplaçant : Ronan Quemener (G). En réserve : Thomas Thiry, Maurin Bouvet, Eliot Berthon.

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