Nerveux avant la purge

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Les Tchèques ont peu renforcé leur équipe pour le moment. Seul le défenseur Jan Štencel est arrivé du Kometa Brno, éliminé en demi-finale d’Extraliga, car son coéquipier expérimenté, le champion du monde 2010 Ondrej Nemec, se donne 5% de chances de participer au Mondial : le sélectionneur lui a laissé une semaine pour se rétablir avant de le rappeler. L’attaquant de NHL Filip Chytil est bien là mais il n’a pas encore le feu vert médical des Rangers pour jouer dans l’immédiat, et le dernier arrivé Martin Zaťovič est dans la même situation, faisant acte de présence mais en étant blessé pour le moment.

Ce n’est qu’après Pâques que la République tchèque devrait se rapprocher de son visage définitif, avec Jakub Voráček, Radko Gudas, Jan Kovář et Milan Gulaš, sans compter premiers éliminés des play-offs NHL. Tout le monde commence à être impatient de ce moment car Říha trouve ses joueurs très nerveux, inquiets des erreurs qu’ils peuvent commettre et du risque de se faire sortir. Il va être temps de trancher et de purger un peu un vestiaire qui atteint un trop-plein avec déjà 30 joueurs.

La concurrence existe aussi dans le camp allemand, notamment dans les cages. Alors que Niederberger et Treutle avaient fait de bonnes prestations la semaine dernière, Dustin Strahlmeier, le gardien de Schwenningen, connaît une entrée en matière très difficile. Pendant la première infériorité numérique (Wissmann en prison), il encaisse un lancer lointain de Jakub Krejčík, qui frappe son épaule et retombe dans son dos. à peine 18 secondes plus tard, il se replace mal après un premier arrêt, ayant perdu de vue le palet que Fořt passé derrière la cage sert en cage ouverte à Jan Kolář.

Le match semble idéalement parti pour les Tchèques, mais une crosse haute de Řepík qui blesse Wohlgemuth au visage remet tout en cause (2’+2′). Le jeu de puissance allemand, composé de jeunes joueurs, laisse une très belle impression avec une forte énergie et une circulation du palet rapide. Après un arrêt du bout de la botte droite de Kovář face à Leo Pföderl, c’est Lean Bergmann qui prend le rebond. Cinq secondes après le retour à cinq contre cinq, Bergmann conclut de nouveau, en arrivant en deuxième rideau après une bonne attaque à trois près de la cage, née d’une subtile feinte de lancer de Stefan Daschner.

Les Tchèques reprennent ensuite leur deux buts d’avance en élevant le rythme de jeu. David Tomášek efface Fabio Wagner – qu’il avait déjà contré à la ligne bleue au début de l’action – et tire entre les jambières de Strahlmeier. Le pire est pourtant encore à venir pour le gardien allemand : il encaisse un palet anodin envoyé du coin de la patinoire par Ondřej Beránek, qui rebondit derrière la jambe et entre dans ses filets ! Un joli cadeau pour Beránek : son premier but en équipe nationale, dans sa patinoire de club (Karlovy Vary) et devant ses proches venus de Havlíčkův Brod.

L’Allemagne réduit le score de nouveau après la pause en partant en contre-attaque après une glissade de Hynek Zohorna au passage de la ligne bleue offensive. C’est Marco Nowak, servi en retrait à la ligne bleue, qui envoie un boulet de canon dans les filets. Les tchèques restent toutefois les plus actifs. Maintenu en place par son coach, Strahlmeier a l’occasion de se racheter un peu par quelques bons arrêts lors de la deuxième période. Il bloque Řepík ou les frères Zohorna, et se saisit du palet sur un breakaway parfait que Tomášek n’a pas su conclure du revers.

Strahlmeier encaissera un cinquième but : Tomáš Mertl peut repiquer de derrière la cage pour placer le palet du revers dans le haut du filet. Mais ensuite, le buteur Mertl part en prison pour retenir, et l’Allemagne s’accroche de nouveau, avec une nouvelle réussite en supériorité numérique de ses jeunes expatriés : Marc Michaelis reprend une passe de derrière la cage de Dominik Bokk. La course-poursuite s’achève sur le score de 5-4, sans avoir rassuré les Tchèques sur leur jeu défensif.

Leur sélectionneur Říha se montrera très sévère avec ses meneurs offensifs. Il avait aligné des premières lignes différentes lors des rencontres face à l’Autriche, les réunir ensemble pour former un top-6 réaménagé (Sekáč avec les frères Zohorna, alors que Řepík rejoignait Hanzl et Kubalík) n’a pas fonctionné. Et nul n’ignore que des renforts attendent en réserve…

Commentaires d’après-match

Miloš Říha (entraîneur de la République tchèque) : « Notre départ était fantastique, mais nous avons commis une faute et les Allemands ont égalisé. Nous avons commencé à jouer de manière un peu folle. Chaque joueur faisait ce qu’il voulait, nous n’accomplissions plus nos missions. Avant le match, nous avions tiré des leçons du match précédent en Autriche, mais nous avons encore commis les erreurs. Il n’y avait pas du tout de défense. La troisième ligne a rempli ses obligations, pas les autres. Je dis toujours que quand les centres ne sont pas là, leur ligne entière est absente. Et nos deux premiers centres [Hanzl et T. Zohorna] n’étaient pas là ce soir. Ils doivent mener leur ligne et amener de la sérénité sur la glace. On ne peut pas terminer chaque action en cage vide. On doit jouer plus simple, on ne peut pas se rater en zone offensive parce que les Allemands ont un jeu bâti sur les contre-attaques rapides. C’est grâce à Jakub Kovář s’ils ne les ont pas converties. »

Jakub Krejčík (défenseur de la République tchèque) : «  »Je ne pensais pas que vous le remarqueriez, mais c’est vrai. J’ai marqué un but à ma première sélection, avant une pause qui aura duré 83 matches. Bien sûr, je suis content d’avoir marqué de nouveau, et que cela ait aidé à gagner. Le palet a touché le gardien, est allé dans l’air et est tombé derrière lui, donc c’était un but chanceux. Après avoir mené 2-0, il y a eu de grandes ouvertures dans notre défense, nous le savons. Nous ne pouvons pas nous permettre de telles erreurs contre les Suédois et les Russes. Les Allemands ont eu beaucoup d’occasions. Ils sont certainement meilleurs que les Autrichiens, plus agressifs. Mais contre un meilleur adversaire, nous n’aurions pas gagné. »

 

République tchèque – Allemagne 5-4 (4-2, 0-1, 1-1)
Mercredi 17 avril 2019 à 17h30 à la Realtistic Arena de Karlovy Vary. 5238 spectateurs.
Arbitrage de Jan Hribik et Vladimir Pešina (TCH) assistés de Daniel Hynek et Michal Zika (TCH).
Pénalités : Tchéquie 10′ (4′, 0′, 6′) ; Allemagne 8′ (2′, 2′, 4′).
Tirs : Tchéquie 32 (15, 11, 6) ; Allemagne 31 (14, 8, 9).

Évolution du score :
1-0 à 05’18 : Krejčík assisté de T. Zohorna (sup. num.)
2-0 à 05’36 : Kolář assisté de Fořt (sup. num.)
2-1 à 07’26 : Bergmann assisté de Pföderl (sup. num.)
2-2 à 09’31 : Bergmann assisté de Bokk et Michaelis
3-2 à 13’58 : Tomášek assisté de Červený
4-2 à 19’20 : Beránek
4-3 à 24’45 : Nowak assisté de Bokk et Loibl
5-3 à 51’16 : Mertl assisté de H. Zohorna et Sekáč (sup. num.)
5-4 à 56’12 : Michaelis assisté de Bokk (sup. num.)

Tchéquie

Attaquants :
Dominik Kubalík – Robin Hanzl – Michal Řepík (A, -1, 4′)
Jiří Sekáč (-2) – Tomáš Zohorna (-1, 2′) – Hynek Zohorna (-1)
Rudolf Červený (+2) – Tomáš Fořt (+2) – David Tomášek (+2)
Patrik Zdráhal (+1) – Tomáš Mertl (2′) – Ondřej Beránek (+1, 2′)

Défenseurs :
Adam Polášek (A) – Petr Zámorský (+1)
Jan Kolář (C, +1) – Tomáš Kundrátek (+1)
Jakub Krejčík – Filip Pavlík (-1)
Michal Jordán – Vojtěch Mozík

Gardien :
Jakub Kovář

Remplaçants : Patrik Bartošák (G), Lukáš Rousek (A). En réserve : Marek Langhamer (G), Tomáš Dvořák (D), Lukáš Klok (D), Jan Štencel (D), Radim Zohorna (A).

Allemagne

Attaquants :
Lean Bergmann – Marc Michaelis – Leonhard Pföderl
Tim Wohlgemuth – Marcel Noebels (A) – David Elsner
Parker Tuomie (+1, 2′) – Stefan Loibl (+1) – Dominik Bokk
Mirko Höfflin – Gerrit Fauser (C, -2) – Marcel Kurth (-2)
Sven Ziegler (-2)

Défenseurs :
Benedikt Schopper (2′) – Stephan Daschner (+1, 2′)
Marcus Weber (+1) – Marco Nowak (A, +1)
Björn Krupp (-1) – Dominik Bittner (-1)
Fabio Wagner (-2) – Kai Wissmann (-2, 2′)

Gardien :
Dustin Strahlmeier

Remplaçant : Mathias Niederberger (G). En réserve : Niklas Treutle (G), Jonas Müller (D).

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