La Suisse renforcée avant d’affronter la France

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La Suisse a changé de tactique pour sa seconde confrontation avec la Russie : elle se montre plus agressive et perturbe les entrées russes en zone offensive. Elle réussit ainsi à se procurer des contre-attaques, parfois assez dangereuses. Mais la révélation de la saison Aleksandar Georgiev, aligné un deuxième match de suite pour le tester, démontre du sang-froid et donne confiance à ses partenaires. La Russie peut ainsi se détacher en première période par des buts de Nail Yakupov et Aleksandr Barabanov.

Quand elle est en pleine confiance, la Russie déploie son jeu avec délectation. Le deuxième tiers-temps en est la parfaite illustration. Des entrées de zone en contrôle, des joueurs qui intervertissent leurs positions, des défenseurs qui soutiennent l’offensive, des combinaisons qui donnent le tournis, bref, du hockey total. Il ne manque que la finition. Sans paraître très sûr, notamment parce qu’il lâche pas mal de rebonds, Robert Mayer n’encaisse donc pas d’autre but jusqu’à sa sortie.

À la trente-cinquième minute, le gardien Gauthier Descloux est en effet jeté à l’eau. Pas évident dans un tel match… surtout que Glauser est pénalisé pour coup de genou et le laisse gérer tout de suite une infériorité numérique. Au retour au complet, Enzo Corvi dérape et perd le palet près de sa cage : Vladimir Tkachyov hérite du palet et se retrouve à 2 contre 0 avec Barabanov, injouable pour le pauvre Descloux qui est facilement mis hors de position par un une-deux.

La troisième période s’ouvre avec une crosse haute de Romain Loeffel. Le powerplay russe ne pouvait pas rester sans but, et il récite ses gammes, répétées à l’entraînement : Aleksandr Burmistrov sert près de la cage son capitaine Plotnikov qui passe du revers en aveugle à Tkachyov pour le deuxième but personnel du joueur du Salavat Yulaev Ufa.

Néanmoins, le gardien Georgiev commet une erreur et se fait surprendre par le palet en sortant derrière sa cage. Alessio Bertaggia en profite pour inscrire son troisième but en deux jours, lui qui avait auparavant connu 4 premières sélections sans but. Petit gabarit, Bertaggia a su s’illustrer contre un adversaire qui ne l’a pas malmené physiquement. Ce but ne change toutefois rien à la physionomie du match. Les Russes poursuivent leurs offensives avec sérénité et Plotnikov inscrira un dernier but en cage vide.

La Suisse a été plus créative offensivement dans ce second match en adoptant une stratégie moins passive, mais le revers de la médaille est qu’elle a aussi connu plus d’erreurs. La paire défensive Fora-Frick est la bonne satisfaction de ces deux jours, alors que ces deux hommes n’avaient pas connu une grande saison en club. Coupable d’une certaine naïveté défensive, Samuel Guerra a en revanche été écarté de l’effectif, de même que Bachofner, Prassl et Baltisberger qui n’ont guère pu se mettre en évidence. Mais la grande perte est la blessure d’Enzo Corvi, grande révélation du dernier Mondial qui aura décidément connu une saison noire après un championnat compliqué avec Davos.

L’équipe de Suisse va donc profondément évoluer avant d’affronter la France vendredi et samedi : elle est complétée par les expatriés nord-Américains, le vétéran Ambühl et quatre joueurs de Bienne, remis de leur longue série de demi-finale (encore perdue au septième match). En défense, c’est une petite surprise de voir – en plus de Samuel Kreis – le junior Janis Moser ainsi que Yannick Rathgeb, libéré par Chicago après une saison moyenne en AHL. Les lignes arrières restent donc inexpérimentées, en attente des renforts-clés (Diaz et Josi). En revanche, l’attaque sera beaucoup plus forte avec les joueurs NHL Nico Hischier et Kevin Fiala, plus Vincent Praplan, Andres Ambühl, Damien Riat et Jason Fuchs. Dernière addition inattendue, le héros du Mondial junior (6 buts) Philipp Kurashev a rejoint à son tour le camp de l’équipe de Suisse, soudain beaucoup plus étoffé.

La Russie ne manquera pas non plus de renfort : en plus des joueurs de NHL déjà évoqués, huit finalistes de KHL la rejoindront : le gardien Ilya Sorokin, les défenseurs Nikita Nesterov et Artyom Blazhievsky, les attaquants Kirill Kaprizov, Mikhail Grigorenko, Sergei Andronov, Ivan Telegin et enfin Ilya Mikheev (le seul joueur d’Omsk dans le lot puisque les sept autres viennent du CSKA champion).

Commentaires d’après-match

Aleksandar Georgiev (gardien de la Russie) : « Les gars m’ont bien aidé aujourd’hui, ils ont très bien défendu, ils se sont couchés sur le palet. J’aimerais jouer mieux avec le palet, sur cette patinoire les coins et les rebonds sont différents, mais je vais m’y habituer. Les Suisses ont un peu changé leur système, ils ont joué plus activement et essayé de tirer plus. Je me suis senti confortable avec ce jeu, j’ai senti que j’étais dans un bon rythme. Nous avions parlé avant le match de l’anniversaire de nos légendes Fetisov, Maltsev et Shalimov. Nous voulions leur faire un cadeau. Nous leur souhaitons un joyeux anniversaire et nous leur dédions cette victoire. »

 

Russie – Suisse 5-1 (2-0, 1-0, 2-1)
Samedi 20 avril 2019 à 19h30 à la patinire Shaïba de Sotchi. 6017 spectateurs.
Arbitrage de Yuri Oskirko et Denis Naumov (RUS) assistés de Nikita Vilyugin et Aleksandr Sysuev (RUS).
Pénalités : Russie 6′ (0′, 2′, 4′) ; Suisse 12′ (0′, 6′, 6′).
Tirs : Russie 25 (10, 8, 7) ; Suisse 30 (10, 8, 12).

Évolution du score :
1-0 à 08’37 : Yakupov assisté de Yakovlev et Burmistrov
2-0 à 18’36 : Barabanov assisté de Zhafyarov et Kadeikin
3-0 à 37’28 : Tkachyov assisté de Barabanov
4-0 à 43’54 : Tkachyov assisté de Plotnikov et Burmistrov (sup. num.)
4-1 à 45’11 : Bertaggia assisté de Rod
5-1 à 57’37 : Plotnikov assisté de Kadeikin et Elesin (cage vide)

Russie

Attaquants :
Vladimir Tkachyov [1995] (+2) – Aleksandr Burmistrov (+1) – Sergei Plotnikov (C, +2, 2′)
Damir Zhafyarov (+1) – Aleksandr Kadeykin (A, +1, 2′) – Aleksandr Barabanov (+2)
Nail Yakupov (+1) – Denis Alekseev – Bogdan Yakimov
Anatoli Golyshev (-1, 2′) – Pavel Kraskovsky – Egor Korshkov
Anton Zlobin

Défenseurs :
Yegor Yakovlev (A, +1) – Ilya Lyubushkin (+1)
Dinar Khafizullin – Artyom Zub
Rushan Rafikov (+2) – Aleksandr Elesin (+2)
Artyom Sergeev

Gardien :
Aleksandr Georgiev [sorti de 20’33 à 20’46]

Remplaçant : Ilya Konovalov (G). En réserve : Nikita Cherepanov.

Suisse

Attaquants :
Denis Hollenstein (C, -3, 2′) – Enzo Corvi (-3) – Grégory Hofmann (-2)
Noah Rod (A, +1, 2′) – Marco Müller – Christoph Bertschy
Alessio Bertaggia (-1, 2′) – Samuel Walser (-1) – Chris Baltisberger (-1, 2′)
Raphael Prassl – Jérôme Bachofner

Défenseurs :
Joël Genazzi (A) – Romain Loeffel (-2, 2′)
Lukas Frick – Michael Fora
Christian Marti (-2) – Andrea Glauser (-2, 2′)
Samuel Guerra

Gardien :
Robert Mayer (14/16) puis à 34’52 Gauthier Descloux (6/8) [sorti de 57’27 à 57’37]

En réserve : Reto Berra (G).

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