La Lettonie veut encore choquer le monde

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La Lettonie a raccourci sa préparation aux championnats du monde cette année, avec seulement six rencontres. Bob Hartley estime que c’est suffisant maintenant qu’il connaît les joueurs et que ceux-ci connaissent son système. Après les deux rencontres jouées en France avec une équipe moins expérimentée, les habituels titulaires ont été rassemblés à Riga pour les deux uniques matchs à domicile, face à la Russie, devant des spectateurs fervents et rendus plus émus par la cérémonie de retrait du maillot numéro 33 de Sergejs Zoltoks, l’ancien joueur letton de NHL qui souffrait d’une artymie cardiaque connue et mourut d’un infarctus en plein match en novembre 2004.

La finale de KHL étant terminée, Hartley est de nouveau présent. Il indique que son équipe est déjà connue à 95%. Il n’a plus que les derniers choix à faire. En plus des joueurs alignés ce soir, Teodors Blugers (arrivé d’Amérique du nord) et Lauris Dārziņš (après une incertitude due à ses négociations contractuelles avec le Dinamo Riga) sont en tribunes. Le jeune Rudolfs Balcers, qui a débuté en NHL cette saison (36 matchs avec Ottawa pour 14 points), arrivera ce week-end. Les derniers renforts seront Jānis Jaks (NCAA) et Edgars Siksna, couronné champion en VHL ce mercredi avec le Saryarka Karaganda.

La Russie attend encore ses stars majeures (Malkin, Kucherov, Vasilevsky) et a laissé au repos les huit joueurs champions avec le CSKA Moscou. Yegor Yakovlev, malade, est resté au camp de base de Novogorsk. Pendant que deux joueurs étaient coupés de l’effectif (Yarullin et Yakimov), deux nouveaux arrivants ont tout de même été intégrés : Ilya Kovalchuk – nommé capitaine – et le défenseur Bogdan Kiselevich, dont la première saison en NHL n’a pas été une réussite puisqu’il n’a pas joué un seul match depuis qu’il a été échangé de Florida à Winnipeg en février dernier.

Rien ne remplace la compétition, mais le retour au jeu est compliqué pour Kiselevich, qui souffre du décalage horaire et que son entraîneur Ilya Vorobiev décrira comme tombant de sommeil à la fin du match. Dès la quatrième minute, il donne carrément le palet à Martins Dzierkals, qui ne demande pas son reste pour s’échapper en un contre un et marquer entre les jambières de Georgiev. Menés au score, les Russes peinent à entrer en zone offensive. Seul le trio de Kadeikin semble fonctionner : le centre travaille dans les deux sens de la glace, Barabanov va bien à la cage et la « carte-mystère » Kovalchuk amène sa créativité. Juste avant la pause, Nail Yakupov se fait intercepter un palet par Kaspars Daugavins qui offre une cage ouverte à Roberts Bukarts : deux grosses erreurs russes, 2-0 pour la Lettonie.

Rien ne peut faire plus plaisir au public de Riga. La Russie passe à l’offensive en deuxième période, avec de longues séquences installées dans la zone balte et des échanges continuels de palet et de position. Mais elle se procure relativement peu d’occasions franches contre une équipe bien en place. Elle ne peut compter que sur de la réussite, quand un lancer de bleue d’Artyom Zub bénéficie d’un ricochet favorable (2-1).

Au troisième tiers-temps, Nail Yakupov, qui a reculé en quatrième ligne à la place de Korshkov, se rattrape de son erreur de la première période : il égalise en reprenant une belle de passe de derrière la cage d’Anatoli Golyshev. Deux minutes plus tard, ce quatrième trio modifié marque encore, pour ce qui sera le plus beau but du match : passe de Kraskovsky pour le tir de Golyshev oublié devant la cage. La Lettonie a trop reculé et a commencé à abandonner le contrôle du jeu en perdant des palets aux lignes bleues. Maintenant que le score s’est retourné, elle est obligé de repasser à l’attaque. Dzierkals obtient deux bons palets d’égalisation, mais Rushan Rafikov conforte finalement le succès russe en cage vide.

Commentaires d’après-match

Bob Hartley (entraîneur de la Lettonie) : « Je suis très heureux de notre début de match. Les joueurs ont réussi une grande performance. La dernière présence de la deuxième période, où les Russes ont eu une grosse occasion, a changé le cours du match. La Russie a pris le contrôle du jeu en troisième période. C’est un bon match pour apprendre de nos erreurs, la Russie nous les a fait payer. J’ai contacté tous les joueurs le secrétaire général de la fédération Viesturs Koziols et [l’adjoint et entraîneur par intérim] Artis Abols. Les joueurs sont en bonne forme. Je n’ai jamais eu de problème de condition physique avec l’équipe de Lettonie. Nous n’avons pas les ressources des grands pays, mais le hockey se joue sur la glace et j’espère que nous choquerons encore le monde du hockey. Rodrigo [Abols] a fait du chemin. J’aime son gabarit et ses qualités techniques. Il joue avec les adultes en Suède. J’attend encore plus de lui que l’an passé. »

Ralfs Freibergs (défenseur de la Lettonie) : « Nous voulions montrer notre meilleur visage contre la Russie. Je n’ai pas joué depuis longtemps, donc j’étais un peu nerveux. Je ne pense pas que les Russes aient été plus actifs en troisième période, ils ont essayé durant tout le match et ne nous ont jamais laissé jouer librement. Pour beaucoup, c’était le premier match de l’année en équipe nationale. Beaucoup de choses ont été oubliées du précédent championnat du monde. Dans chaque situation, il faut se rappeler des nuances tactiques qui ont été oubliées. Au derniers tiers, nous avons commis des erreurs tactiques, mais jouer est plus difficile que de s’entraîner. Le puzzle peut être grandement amélioré et nous le savons. La clé est de sentir ses partenaires. »

Ilya Kovalchuk (attaquant de la Russie) : « Nous avons bien joué. Seulement, nous avons commis des erreurs faciles qui ont donné deux buts. Ce n’est pas facile pour personne. Je suis arrivé lundi, je voulais jouer pour que le décalage horaire passe plus facilement avec le match. Bogdan Kiselevich a eu 17 heures de vol hier avec trois escales. On lui pardonne. L’équipe a su se refaire et gagner. »

 

Lettonie – Russie 2-4 (2-0, 0-1, 0-3)
Mercredi 24 avril 2019 à 19h30 à l’Arena Riga. 8419 spectateurs.
Arbitrage d’Andris Ansons et Jevgenijs Griskevics (LET) assistés d’Uldis Bušs et Agris Ozoliņš (LET).
Pénalités : Lettonie 10′ (6′, 2′, 2′) ; Russie 18′ (4′, 0′, 4’+10′).
Tirs : Lettonie 20 (4, 7, 9) ; Russie 26 (9, 8, 9).

Évolution du score :
1-0 à 03’40 : Dzierkals
2-0 à 19’01 : Ro. Bukarts assisté de Daugavins
2-1 à 34’23 : Zub assisté de Burmistrov et Kiselevich
2-2 à 45’08 : Yakupov assisté de Golyshev et Kraskovsky
2-3 à 47’13 : Golyshev assisté de Kraskovsky et Yakupov
2-4 à 59’33 : Rafikov (cage vide)

Lettonie

Attaquants :
Miks Indrašis (-1) – Kaspars Daugaviņš (C, -1) – Roberts Bukarts (-2)
Mārtiņš Dzierkals (+1) – Rodrigo Ābols – Ronalds Ķēniņš (+1)
Rihards Bukarts (-1) – Oskars Batņa – Emīls Ģēģeris (-1)
Gints Meija (-1) – Vitālijs Pavlovs – Rihards Marenis
Renārs Krastenbergs

Défenseurs :
Ralfs Freibergs (+1) – Oskars Cibuļskis
Artūrs Kulda – Kristaps Zīle (-2)
Uvis Balinskis (A, -1) – Kristaps Sotnieks (A, -4)
Krišjānis Rēdlihs – Roberts Mamčics

Gardien :
Kristers Gudļevskis [sorti de 58’08 à 59’33]

Remplaçant : Gustavs Davis Grigals (G).

Russie

Attaquants :
Vladimir Tkachyov [1995] (+1) – Aleksandr Burmistrov (+1) – Sergei Plotnikov (A, +2, 4′)
Ilya Kovalchuk (C) – Aleksandr Kadeykin – Aleksandr Barabanov (-1)
Damir Zhafyarov (-1) – Denis Alekseev (-1) – Nail Yakupov (+2)
Anatoli Golyshev (+2) – Pavel Kraskovsky (+2) – Egor Korshkov
Anton Zlobin

Défenseurs :
Rushan Rafikov – Ilya Lyubushkin (-1)
Dinar Khafizullin (A) – Artyom Zub
Bogdan Kiselevich (+1, 2’+10′) – Aleksandr Elesin (+1, 2′)
Artyom Sergeev

Gardien :
Aleksandar Georgiev

Remplaçant : Ilya Konovalov (G). En réserve : Ivan Bocharov (G), Nikita Cherepanov.

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