Il n’y a qu’une Russie

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Il y a toujours une ambiguïté avec l’équipe de Russie, la seule de nos jours à entretenir deux équipes nationales, dont l’une sous le qualificatif « olympique ». Si ces deux sélections évoluent en parallèle lors des trêves internationales, qui se produit en avril ? Le calendrier de l’Euro Challenge, sur le portail statistique de la fédération suédoise, mentionnait initialement une Russie « olympique » tout au long de la compétition, avant qu’elle soit rectifiée comme étant la sélection A. N’oublions pas que la préparation d’avril révèle parfois des joueurs qui deviennent ensuite des cadres de la sélection, comme ce fut le cas de Telegin en 2016 ou Mikheev en 2018.

Il y a en fait une relative continuité entre l’équipe russe qui a fait le déplacement en France la semaine dernière et celle qui se produit à domicile à Sotchi. Simplement, de nouveaux joueurs disponibles sont arrivés entre-temps, entre les éliminés des demi-finales KHL et les non qualifiés pour les play-offs NHL. Les plus nombreux sont les joueurs du SKA (Plotnikov, Barabanov, Yakupov…), accompagnés bien sûr de leur entraîneur, le sélectionneur national Ilya Vorobyov. Deux nouveaux visages font leurs débuts avec la Sbornaïa : Artyom Sergeev, le défenseur d’Ufa, et Aleksandar Georgiev, le gardien des New York Rangers, né en Bulgarie mais formé en Russie, qui a presque éclipsé Lundqvist cette saison.

La Suisse, elle, a retardé le début de la préparation en décalant ses confrontations avec la Lettonie à la dernière semaine. Celui lui permet de se présenter tout de suite dans une configuration assez avancée, avec une moitié de titulaires en puissance, même si l’effectif pour l’instant réduit se complètera surtout face à la France.

Tandis que la Suisse adopte une stratégie défensive passive, les Russes prolongent les séquences en zone offensive pendant qu’ils font tourner leurs lignes afin de fatiguer leurs adversaires. Après dix minutes de jeu, Aleksandr Barabanov attire l’attention de tous les défenseurs suisses en traversant derrière la cage et sert une magnifique passe en retrait croisée pour Damir Zhafyarov, qui n’aura mis que dix minutes à ouvrir son compteur international. Yakupov va récupérer le palet pour le lui offrir en cadeau. La Nati parvient à égaliser sur un lancer en entrée de zone d’Alessio Bertaggia. Mais la réaction est fulgurante : Hollenstein part en prison pour crosse haute, la Russie prépare le travail en fond de zone et une passe en retrait suffit pour que Dinar Khafizullin lui redonne l’avantage depuis la ligne bleue.

La Suisse obtient son seul jeu de puissance du match en deuxième période, avec un résultat maigre : on ne recense qu’une bonne combinaison du trio Corvi-Loeffel-Genazzi, mais le lancer de Joël Genazzi est bloqué par la défense. La différence de qualité des unités spéciales est nette. Lorsque Frick rejoint la prison, la Russie signe un jeu en triangle parfait avec Vladimir Tkachyov en haut du cercle, Sergei Plotnikov en relais ligne de fond et Aleksandr Barabanov pour conclure dans l’enclave.

Une situation de 4 contre 4 profite aussi à la Russie. Le gardien helvète Reto Berra rate le palet derrière son but, et Yakupov peut alors donner en retrait à Denis Alekseev qui marque dans une cage vide son premier but international. Le défenseur luganais Bertaggia hérite d’un palet dans son gant et le contrôle bien en zone offensive pour réduire le score à 4-2. La Suisse reste assez près pour que Patrick Fischer sorte son gardien en fin de match sur une mise au jeu dans la zone défensive russe. Anatoli Golyshev récupère alors le palet et réussit à viser la cage vide à 45 mètres de distance.

La Suisse peut plutôt se féliciter de son jeu défensif à 5 contre 5, et notamment du match sérieux de ses arrières (privés de Geering et Paschoud convoqués mais forfaits sur blessure avant ce voyage) qui n’ont pas laissé les adversaires pénétrer le slot et qui ont effectué de bonnes sorties de zone. Offensivement, la Nati a néanmoins produit peu de jeu. Et dès lors qu’elle était pénalisée, il était bien plus difficile d’empêcher les Russes de dérouler leur jeu de puissance.

Commentaires d’après-match

Sergei Plotnikov (capitaine de la Russie) : « Toute l’équipe a bien joué, nous avons constamment attaqué et nous les avons pressés dans leur zone. Dans notre zone, nous avons été agressifs sur le palet et bien lancé des transitions. C’est exactement ce dont nous avons besoin. Il y a parfois eu des passes de trop, on cherchait un peu trop le beau jeu. Il faudra en parler. Mais tout le monde veut se montrer à son meilleur. »

Roman Rotenberg (directeur de l’équipe de Russie) : « Nous gardons contact avec tous les candidats de l’équipe nationale tout au long de la saison. Nous pouvons maintenant officiellement annoncer qu’Ilya Kovalchuk arrivera au camp de l’équipe nationale le 22 avril, Nikita Kucherov, Evgeny Malkin, Mikhail Sergachev et Artem Anisimov le 27 avril, et le gardien Andrei Vasilevsky le 28 avril. »

 

Russie – Suisse 5-2 (2-1, 2-1, 1-0)
Jeudi 18 avril 2019 à 19h30 à la patinoire Shaïba de Sotchi. 5658 spectateurs.
Arbitrage de Yuri Oskirko et Denis Naumov (RUS) assistés de Nikita Vilyugin et Aleksandr Sysuev (RUS).
Pénalités : Russie 12′ (2′, 8′, 2′) ; Suisse 18′ (4′, 10′, 4′).
Tirs : Russie 29 (12, 11, 6) ; Suisse 19 (7, 8, 4).

Évolution du score :
1-0 à 10’14 : Zhafyarov assisté de Barabanov
1-1 à 17’50 : Bertaggia assisté de Genazzi et Prassl
2-1 à 18’31 : Khafizullin assisté de Tkachyov et Plotnikov (sup. num.)
3-1 à 35’47 : Barabanov assisté de Plotnikov et Tkachyov (sup. num.)
4-1 à 36’45 : Alekseev assisté de Yakupov et Yakovlev
4-2 à 39’38 : Bertaggia assisté de Frick
5-2 à 57’34 : Golyshev (cage vide)

Russie

Attaquants :
Vladimir Tkachyov [1995] (-2) – Aleksandr Burmistrov (-2) – Sergei Plotnikov (C, -2)
Damir Zhafyarov (+1) – Aleksandr Kadeykin (A, +1) – Aleksandr Barabanov (+1)
Anton Zlobin – Denis Alekseev (+1) – Nail Yakupov (+1)
Anatoli Golyshev (+1, 2′) – Pavel Kraskovsky (+1) – Egor Korshkov (+1, 4′)
Bogdan Yakimov

Défenseurs :
Yegor Yakovlev (A, +2) – Ilya Lyubushkin (+2, 2′)
Dinar Khafizullin – Artyom Sergeev
Rushan Rafikov (-1) – Aleksandr Elesin (-1, 4′)
Nikita Cherepanov

Gardien :
Aleksandr Georgiev

Remplaçant : Ilya Konovalov (G). En réserve : Artyom Zub.

Suisse (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Denis Hollenstein (C, -2, 2′) – Enzo Corvi (-2, 2′) – Jérôme Bachofner (-1, 4′)
Grégory Hofmann (-2, 2′) – Marco Müller (-1) – Christoph Bertschy (+1)
Alessio Bertaggia (+1) – Samuel Walser – Noah Rod (A, 2′)
Raphael Prassl (+2) – Chris Baltisberger (+1)

Défenseurs :
Joël Genazzi (A, -2) – Romain Loeffel (-2, 2′)
Samuel Guerra (-1) – Andrea Glauser (-1)
Lukas Frick (+2, 2′) – Michael Fora (+2)
Christian Marti

Gardien :
Reto Berra [sorti de 57’28 à 57’34]

Remplaçant : Gauthier Descloux (G). En réserve : Robert Mayer (G).

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