Dame-Malka battu par Gudas

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0 but marqué et 30 buts encaissés en quatre défaites : l’Italie va-t-elle enfin adoucir ce bilan amer ? Comme elle rejoue dès demain après-midi contre la Norvège, elle pourrait être tentée de faire l’impasse sur ce match face aux Tchèques. Mais une impasse à un championnat du monde, c’est compliqué, surtout dans une patinoire à guichets fermés devant des supporters tchèques surexcités. Tommaso Traversa, qui avait été retranché de l’effectif mais a été rappelé après la blessure de Morini, fait ses débuts.

La République Tchèque a aussi ajouté un joueur qui revient de loin : Milan Gulaš n’avait pas participé à la préparation à cause de problèmes intestinaux, et il avait ensuite convenu avec le staff que la pause était trop longue. Mais lundi matin, Miloš Říha, doutant toujours de l’équilibre de son équipe, a expliqué s’être réveillé en décidant de rappeler Gulaš alors qu’il avait déjà plus qu’assez de joueurs ! Il l’a fait venir à l’entraînement, et il l’a jugé apte quelques jours plus tard en « sacrifiant » donc à sa place David Tomášek, qui peut « l’avoir mauvaise » puisqu’il avait joué avec brio toute la préparation. Mais si Tomášek veut un exemple de persévérance, il peut regarder Gulaš : par deux fois (en 2010, année du titre mondial des Tchèques, et 2014), celui-ci avait été sélectionné et présent sur place sans jamais être inscrit. C’est ensuite une blessure à l’entraînement qui l’avait privé des derniers Jeux olympiques. Ce premier match en championnat du monde, qu’il attend depuis neuf ans, on peut dire que Gulaš l’aura mérité ! Après autant de rendez-vous manqués, le « débutant » a déjà 33 ans.

L’Italie démarre bien, avec même une séquence installée en zone offensive. Même un bête surnombre à la deuxième minute ne la fait pas dérailler d’un match solide, où elle rivalise dans les duels et dans l’activité. L’équipe tchèque paraît franchement mal avoir abordé son match… à une exception près. Milan Gulaš, lui, est motivé et présent : il échange le palet avec Kubalík et tire dans la lucarne à la huitième minute. Heureusement que le nouveau venu a pu ajouter sa dynamique ! Les Tchèques dominent plus nettement la suite de la période. Les Italiens n’auront cadré que deux tirs en vingt minutes, mais l’un d’eux, envoyé de la ligne bleue par Marco Rosa, a été détourné de justesse par le bout du bouclier de Francouz.

Les Tchèques ne donnent pas l’impression d’avoir subi une remontée de bretelles de Říha à la pause. Ils perdent même plus de palets, à l’instar de Kovář dans sa zone qui permet à Diego Kostner de se procurer deux tirs, dont l’un dévié in extremis de l’épaule par Francouz. Il manque toujours quelques centimètres à l’Italie pour inscrire enfin son premier but de la compétition.

Olivier Dame-Malka pensait bien avoir le but le plus distant du Mondial avec sa « spéciale » de la ligne rouge contre le Danemark, mais le voilà battu : le slap envoyé depuis son camp par Radko Gudas prend une étonnante trajectoire et le palet ricoche sur la glace avant de monter progressivement juste au-dessus de la jambière du malheureux Marco de Filippo Roia (2-0). Le rugueux défenseur de Philadelphie en rigole, le gardien italien beaucoup moins…

La réussite fuit toujours l’Italie. Simon Kostner offre à Ivan De Luca une cage grande ouverte mais son tir contré au départ par la crosse de Dmitrij Jaškin fait tinter le haut de la transversale. Sur l’action suivante, Michal Moravčík centre pour Michael Frolík laissé seul devant la cage. De Luca en pousse alors un hurlement de rage sur le banc !

Quand la frustration se mêle à la fatigue, les buts s’enchaînent. Avec Insam en prison pour obstruction, Jan Kovář prend le rebond d’un tir de Voráček. 34 secondes plus tard, Filip Chytil, revenu au jeu après un passage en tribune hier (à la place des frères Zohorna) centre du revers pour Dmitrij Jaškin, qui s’inscrit enfin au tableau d’affichage après un deuxième Mondial jusqu’ici aussi frustrant que le premier était réussi. Malgré le lourd score de 5-0, l’Italie – qui a perdu Diego Kostner à son tour atteint au visage – continue de travailler pendant les cinq dernières minutes du tiers.

Pendant tout le troisième tiers, l’Italie s’échine avant de ne pas rester sans le moindre but pendant désormais 300 longues minutes, en vain. Ce sont les Tchèques qui enfoncent encore le clou à quatre minutes de la fin quand Dominik Simon redirige un service au second poteau. De Filippo évite un but d’un réflexe de la botte face à Gulas, envers qui il avait une petite revanche. Mais il ne peut rien ensuite sur un lancer en entrée de zone de Jaškin en pleine lucarne, puis sur un lancer masqué de la ligne bleue de Frolík seize secondes plus tard. Une fois de plus, le score est lourd pour les efforts italiens.

Désignés joueurs du match : Jan Kovář pour la République tchèque et Tommaso Traversa pour l’Italie.

 

République tchèque – Italie 8-0 (1-0, 4-0, 3-0)
Vendredi 17 mai 2019 à 20h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 9082 spectateurs.
Arbitrage d’Olivier Gouin (CAN) et Evgeni Romasko (RUS) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Lauri Nikulainen (FIN).
Pénalités : Tchéquie 2′ (0′, 0′, 2′) ; Italie 6′ (4′, 2′, 0′).
Tirs : Tchéquie 48 (15, 16, 17) ; Italie 15 (2, 7, 6).

Évolution du score :
1-0 à 07’04 : Gulaš assisté de Kubalík
2-0 à 27’09 : Gudas assisté de Jaškin
3-0 à 32’07 : Frolík assisté de Voráček et Simon
4-0 à 33’43 : Kovář assisté de Voráček et Frolík (sup. num.)
5-0 à 34’17 : Jaškin assisté de Chytil et Řepík
6-0 à 56’02 : Simon assisté de Voráček et Frolík
7-0 à 57’42 : Jaškin assisté de Musil et Řepík
8-0 à 57’58 : Frolík assisté de Kolář

République tchèque (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Michael Frolík (A, +3) – Dominik Simon (+3) – Jakub Voráček (C, +3)
Ondřej Palát – Radek Faksa – Jakub Vrána
Dominik Kubalík (+1) – Jan Kovář (+1) – Milan Gulaš (+1)
Dmitrij Jaškin (+3) – Filip Chytil (+3) – Michal Řepík (+3)

Défenseurs :
David Musil (+1) – Filip Hronek (+1)
Michal Moravčík (+2) – Jan Rutta (+2)
Jan Kolář (+2) – Radko Gudas (A, +3)
David Sklenička (+2) – Petr Zámorský (+1)

Gardien :
Pavel Francouz

Remplaçant : Šimon Hrubec (G). En réserve : Patrik Bartošák (G), Tomáš Zohorna, Hynek Zohorna.

Italie (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Tommaso Traversa (-3) – Raphael Andergassen (-3) – Markus Gander (-3)
Angelo Miceli (-1) – Diego Kostner – Marco Insam (A, 2′)
Joachim Ramoser – Marco Rosa (-1) – Anthony Bardaro
Ivan De Luca* (-3) – Alex Lambacher (-3) – Simon Kostner* (-2)
* ou en rotation Peter Hochkofler (-2)

Défenseurs :
Luca Zanatta (-1) – Ivan Tauferer (-2)
Alex Trivellato (C, -1) – Armin Hofer (-1)
Armin Helfer (A, -2) – Sean McMonagle (-4)
Stefano Marchetti (-3)

Gardien :
Marco De Filippo Roia

Remplaçant : Andreas Bernard (G). En réserve : Gianluca Vallini (G), Jan Pavlu (palet dans le visage). Blessé : Giovanni Morini (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche).

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