Premier point pour Jack Hughes

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Depuis sa défaite initiale contre le pays hôte, les États-Unis et leur pléiade de joueurs de NHL ont fait le boulot sans donner l’impression de s’employer. Qu’en sera-t-il contre le Danemark, que ses performances en dents de scie maintiennent encore dans la course aux quarts de finale ?

Nicklas Jensen inquiète déjà Cory Schneider, d’abord en angle fermé à droite puis sur une reprise à bout portant dans le slot. Le goalie des Devils bloque les deux tentatives. Le Danemark, poussé par un public venu nombreux ce samedi midi, commence sur les chapeaux de roues.

Les États-Unis réagissent bien en lançant quelques séquences dans le camp danois. Mais Alex DeBrincat charge avec la crosse Nicholas Jensen sur la bande gauche, dans sa zone (4’31). Le power-play viking ne donne rien mais est marqué par le beau tampon de Jesper Jensen sur Noah Hanifin derrière la cage américaine.

Plutôt timide jusque là, l’Oncle Sam accélère d’un coup. Hanifin envoie une longue passe depuis son coin droit et trouve Derek Ryan, échappé en compagnie de Frank Vatrano ; le joueur des Calgary Flames décale au centre pour la reprise imparable de la panthère de Floride (0-1, 10’34).

Photo Nicolas Leborgne

Julian Jakobsen est sanctionné pour un retard de jeu (10’48) et les Américains transforment immédiatement l’aubaine : Patrick Kane tente sa chance à l’entrée du cercle droit et Alex DeBrincat reprend le rebond dans le slot (0-2, 11’03).

Morten Poulsen ne parvient pas à reprendre au poteau gauche la passe en fond de zone de Jakobsen, revenu de prison, qui file récupérer son propre palet et effectue un tour de cage que Schneider contient difficilement de la botte (photo ci-dessous). Le Danemark domine encore dans la possession de palet mais il lui est de plus en plus difficile de se poser durablement en zone américaine.

Photo Nicolas Leborgne

La frappe lointaine de Ryan Suter entre la bleue et le rond gauche se fraie un passage entre plusieurs joueurs pour finir sa route dans le filet de Simon Nielsen ; le ralenti montre que James van Riemsdyk dévie au vol mais la réalisation sera mise à l’actif de Clayton Keller qui faisait rideau devant le gardien (0-3, 14’24).

Jack Eichel tend sa crosse dans le slot pour reprendre le long centre de Hanifin sur la gauche mais sa déviation embrasse le poteau droit. Chris Kreider est plus inspiré sur l’action suivante lorsqu’il glisse son revers entre les jambières de Nielsen, à la réception du rebond de Jack Hughes (0-4, 18’49).

Le Danemark a eu de bonnes intentions offensives en début de période mais les Américains ont par la suite fait preuve d’une redoutable efficacité. Le débours est déjà très lourd pour le Danemark au moment de retrouver les vestiaires.

Les Scandinaves, qui ont posté Patrik Galbraith devant la cage, n’abdiquent pas et affichent au retour sur la glace le même entrain offensif que sur l’entame de match. Leur ardeur est récompensée : Nick Olesen bute sur Schneider sur sa reprise mais, tout en se retournant, reprend son rebond et place son revers dans le dos du gardien (1-4, 24’50). La tendance du moment est au « coach challenge » et cette réalisation doit être elle aussi révisée avant d’être validée.

Le momentum danois se poursuit grâce à un power-play offer par Chris Kreider (altercation, 24’56) et se prolonge même un peu après le retour du pénitent. Les rouges, cependant, ne trouvent aucune solution.

La bannière étoilée a fait le dos rond. Ce temps fort danois passé, elle reprend son rythme et en rajoute une couche en deux temps trois mouvements. À la suite d’un engagement dans le cercle gauche, Patrick Kane centre pour Alex DeBrincat qui double la mise personnellement au poteau droit (1-5, 31’55). Après un revirement en zone neutre, Ryan déborde sur la droite, sert Larkin en entrée de zone et le centre des Detroit Red Wings sale la note danoise (1-6, 33’17).

Jesper Jensen préfère temporiser sur son breakaway et servir en retrait Frederik Storm, qui arrive à toute vitesse dans le slot mais qui arme directement sur Schneider. Le Danemark termine le tiers-temps de belle manière. Storm, encore, est bousculé dans le dos Suter alors qu’il fuyait vers le but (37’01). La supériorité numérique conséquente n’aboutit pas, malgré beaucoup de mouvement du joueur de Malmö.

Les premiers instants du troisième tiers-temps sont hachés par plusieurs fautes. Le power-play danois faisant suite au faire trébucher de DeBrincat est de suite annulé par l’obstruction de Storm. Dès la fin du jeu à 4 contre 4, les Américains développent un nouveau jeu de puissance (retenir de Nicholas Jensen, 43’11) dans lequel le plus dangereux est Suter sur un lancer flottant que Galbraith contient non sans mal.

Jack Hughes a marqué aujourd’hui son premier point en championnats du monde mais il lui manque toujours un but. Il n’est pas loin d’ouvrir son compteur à la réception d’une passe croisée de Keller mais il ne lève pas suffisamment sa tentative devant une cage aux trois-quarts découverte.

Photo Nicolas Leborgne

Les deux formations sont indisciplinées dans cette période. Le cinglage de Larkin (47’48) redonne l’occasion aux unités spéciales danoises d’offrir un visage plus brillant mais c’est encore raté. À son retour de glace, Larkin se fait accroché par Jesper Jensen (50’01). Cela vire à la déculottée pour le Danemark lorsque Eichel fait mouche avec un tir du poignet dans le cercle gauche (1-7, 51’19).

Photo Nicolas Leborgne

Il n’y a plus d’enjeu depuis longtemps et les deux formations semblent avoir décidé de ne plus trop insister. Résultat : le palet circule sans coup d’éclat jusqu’à la sirène. Sans trop forcer, les États-Unis repartent avec un nouveau score-fleuve et n’ont désormais besoin plus que de deux points pour entériner leur présence en quart-de-finale.

Désignés joueurs du match : Peter Regin (Danemark) et Dylan Larkin (États-Unis)

Réactions d’après-match

Patrick Kane (attaquant des États-Unis) : « Jack Hughes ? c’est un bon garçon. Il travaille fort et il va encore s’améliorer. Il est encore très jeune. De le côtoyer tous les jours, de lui parler… C’est amusant de le voir jouer. Il sera très bon au centre, grâce à sa vision et sa vitesse. Il sait aller derrière une défense et créer du jeu. »

Jack Eichel (attaquant des États-Unis) : « Jack Hughes ? C’est super excitant pour lui. Il joue à très haute vitesse, il a de très bonnes mains. Une fois quand il sera plus costaud, il sera dominant. J’imagine très bien la pression qu’il vit et il l’assume très bien. Il joue bien pour nous. Dans l’équipe, beaucoup de joueurs sont passés par là aussi, en étant des choix de draft très élevés. Il faut juste qu’il reste lui-même, mais son frère est passé par là donc il sait à quoi s’attendre. Il va continuer à gagner en maturité. »

Photo Nicolas Leborgne

Danemark – États-Unis 1-7 (0-4, 1-2, 0-1)
Samedi 18 mai 2019 à 12h15 à la Steel Aréna de Košice. 6184 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Mikko Kaukokari (FIN) assistés de Dmitri Shishlo (RUS) et Nathan Vanoosten (CAN)
Pénalités : Danemark 8′ (2′, 0′, 6′) ; États-Unis 10′ (2′, 4′, 4′)
Tirs : Danemark 22 (8, 9, 5) ; États-Unis 26 (11, 6, 9)

Évolution du score :
0-1 à 10’34 : Vatrano assisté de Ryan et Hanifin
0-2 à 11’03 : DeBrincat assisté de Kane et Suter (sup. num.)
0-3 à 14’24 : Keller assisté de van Riemsdyk et Suter
0-4 à 18’49 : Kreider assisté de J. Hughes et Eichel
1-4 à 24’50 : Olesen assisté de Bau et O. Lauridsen
1-5 à 31’55 : DeBrincat assisté de Kane et White
1-6 à 33’17 : Larkin assisté de Ryan
1-7 à 51’19 : Eichel assisté de Kane et DeBrincat (sup. num.)

Danemark

Mikkel Bødker (-1) – Peter Regin (C, -1) – Patrick Russell (-1)
Nicklas Jensen (-1) – Jesper Jensen (2′, -1) – Frederik Storm (2′, -1)
Morten Madsen (A, -1) – Mathias Bau (-1) – Nicolai Meyer (-2) puis à 20’00 Nick Olesen (+1)
Morten Poulsen (-1) – Julian Jakobsen (2′, -1) – Mathias From (-1)

Défenseurs :
Oliver Lauridsen – Markus Lauridsen
Jesper Jensen Aabo (A, -3) – Stefan Lassen (-1)
Nicholas B. Jensen (2′, -1) – Oliver Larsen (-1)
Mathias Lassen (-2)

Gardien :
Simon Nielsen puis à 20’00 Patrick Galbraith

En réserve : Sebastian Dahm (G), Phillip Bruggisser (D).

États-Unis

Attaquants :
Alex DeBrincat (4′) – Dylan Larkin (A, 2′) – Patrick Kane (C)
Jack Hughes (+1) – Jack Eichel (+2) – Chris Kreider (2′, +1)
James van Riemsdyk (+1) – Colin White (+2) – Clayton Keller (+1)
Derek Ryan (+2) – Luke Glendening – Frank Vatrano (+2)

Défenseurs :
Ryan Suter (A, 2′, +2) – Alec Martinez
Brady Skjei (+1) – Noah Hanifin (+3)
Quinn Hughes (+1) – Adam Fox (+2)
Christian Wolanin (-1)

Gardien :
Cory Schneider

Remplaçant : Thatcher Demko (G). En réserve : Johnny Gaudreau (A, légère torsion de la jambe, ménagé)

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