Rouen – Mulhouse (Ligue Magnus, 7e journée)

Mulhouse se paie Rouen !

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Mulhouse se paie Rouen !

Mulhouse débarque sur les bords de Seine aux relents d’hydrocarbures avec la réputation d’équipe à l’aise à l’extérieur, cela même sans trois renforts étrangers pas encore qualifiés, Josh Bowes, Connor Wilson et Tommy Besinger. En effet, l’équipe de Yorick Treille, toujours invaincue sur la route dans le temps réglementaire, a pris la totalité de ses points (7) en se rendant à Chamonix, Briançon et Gap !

L’efficacité des Alsaciens repose sur un trio d’attaquants, Vigners, Sevcenko et Jurik, déjà présents la saison dernière, ainsi que sur un gardien, Quentin Papillon, bien connu sur l’île Lacroix, en forme internationale. L’espoir, prêté par Rouen, fait en effet un début de saison aussi bon que le n°2 de l’équipe de France (Buysse) et mieux que le n°1 (Hardy) et le n°3 (Ylönen).

Rouen, même ré-équipé de Juha Koivisto qui jouera son premier match de la saison après une blessure au genou, devra donc tout de même se méfier d’un Mulhouse très réduit qui, outre ses trois recrues immigrées, sera toujours privé de Hecquefeuille, auquel s’ajoutent ce soir Ten Braak et Rousseau. Fabrice Lhenry, tellement insatisfait de la prestation de son équipe à Briançon, a bouleversé deux de ses paires d’arrières. Le tandem immuable Roy-Chakiachvili a sauté, croisé avec celui en construction depuis quelques matches, Mäkinen-Crinon.

Apres une salve d’applaudissements en hommage aux pompiers qui ont combattu l’incendie de produits dangereux chez un industriel rouennais jeudi dernier, entre les deux équipes, le match a eu du mal à se lancer. On a tardivement vu le premier tir après un peu plus de deux minutes de jeu (2’03). La première occasion était à l’initiative des visiteurs (Raux à 4’54). Rouen a malgré tout rapidement ouvert le score sur un lancer le long de la bande initié par Kévin Dusseau  qui a curieusement pris en défaut Papillon (1-0 à 5’56). Matija Pintaric a été solide face au tir de Genest (7’30) sur le premier jeu de puissance des Alsaciens.

Le RHE a été dominateur pendant trois petites minutes durant lesquelles Quentin Papillon a recouvré ses moyens en se dressant devant Maïa (9’37), Lampérier (9’45 & 12’59), Guttig (10’04) et Thinel (10’20). Le SMSP, organisé, combatif, sans excès d’agressivité, a ensuite endormi les Dragons, sans rythme, mollassons au point de les surprendre et d’égaliser en fin de période. En échappée, oublié à la ligne bleue, Arturs Sevcenko a pris le meilleur, des poignets, sur Pintaric impuissant (1-1 à 18’40). Photo ci-dessous.

Les locaux n’ont clairement pas joué les dix premières minutes du tiers médian. Incapables de ré-aborder le match avec l’essentiel qui compose un esprit de compétition, les Normands ont laissé leurs hôtes les distancer. D’abord, lors d’un jeu de puissance installé, Arturs Sevcenko, dans le cercle gauche, a repris un énorme rebond laissé libre pour surprendre Pintaric (1-2 à 20’50). Ensuite, l’autre ailier letton, Rolands Vigners, a fait tout un numéro en chaloupant devant une défense désunie et amorphe, pour glisser la rondelle du revers dans une cage qu’il s’était ouverte, derrière le dos de Pintaric livré à lui-même (1-3 à 25’03). Vincent Melin était très proche du KO quand son lancer a heurté le casque de Pintaric après un café crème sur Mäkinen (25’41).

Laxistes en défense, les « Noirs-et-Jaunes » étaient aussi désinvoltes en attaque, à l’image de Nicolas Deschamps qui héritait d’un mini breakaway mais il lançait sans conviction directement dans les bottes de Papillon (26’57). Suivant les alignements rouennais, la suite était hétérogène. Désorganisés, mal positionnés, abandonnant les duels à l’adversaire, avec des passes qui se débarrassaient du palet, la prestation des Dragons faisait parfois penser à un sabotage. Les coups de boutoir normands, qui à défaut d’être tranchants essayaient  d’influer un semblant de vitesse, faisaient au mieux briller Papillon. Thinel (31’02), Deschamps (35’01) et Lampérier (38’55) sollicitaient, en vain, le portier d’en face.

La production des Normands au début du dernier tiers n’était pas meilleure. Matija Pintaric s’est même employé à deux reprises, sur des tentatives de Munoz (41’47) et Jurik (44’18), soutenant ses coéquipiers du bout de sa mitaine. En dehors d’une attaque à cinq jouée sans imagination, on a revu un Dragon véritablement à l’attaque, Maurin Bouvet, qu’à la 53e minute de jeu !

Il y a bien eu un laconique baroud d’honneur. Chakiachvili (55’33) et Ritz (56’14) et le remplacement de Pintaric par un attaquant supplémentaire, mais ce fut pour tendre l’autre joue. Arturs Sevcenko a logiquement obtenu un but automatique, illicitement rattrapé alors qu’il filait vers la cage vide (1-4 à 57’59). La claque prenait même l’allure d’une fessée lorsque Colin Downey ajoutait un dernier filet en bordée (1-5 à à 58’17). Le public rouennais pouvait oublier la triste prestation de ses favoris en scandant le nom de Quentin Papillon !

Mulhouse ne l’avait pas encore emporté à Rouen depuis son retour en Ligue Magnus en 2017. Les Scorpions ont réalisé ce résultat avec beaucoup de réalisme offensif – Arturs Sevcenko obtient un triplé – de combativité et d’organisation, devant un gardien, local de l’étape, qui a su résister à l’émotion d’un match « chez lui » face à son ancienne équipe.

Commentaires (dans Paris-Normandie):

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen): « Je suis déçu de l’investissement. On n’a pas mis les bons ingrédients pour jouer un match de hockey. On fait un premier tiers correct mais on leur permet de revenir dans le match sur une erreur d’inattention en fin de tiers. En deuxième période, on était totalement désorganisé. Pas présent collectivement. On est tombé sur une équipe qui avait plus faim que nous, qui a gagné ses duels, qui a bloqué les shoots. J’étais très énervé à la fin du deuxième tiers. J’ai demandé une réaction dans le troisième mais celle-ci n’est pas venue. Je suis vraiment déçu de l’attitude de travail. Individuellement comme collectivement, ça ne va pas. On a perdu notre identité. On a un week-end difficile qui nous attend et si, à Anglet vendredi sur petite glace et à Gap dimanche, on ne se présente pas, on peut être certain que ça ne fonctionnera pas. »

 

Rouen – Mulhouse 1-5 (1-1, 0-2, 0-2)
Mardi 1er octobre 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2732 spectateurs.
Arbitres : MM. Savice Fabre et Alexandre Hauchart assistés de MM. Clément Goncalves et Jérémie Douchy.
Pénalités : Rouen 6′ (2′, 4′, 0′) ; Mulhouse 6′ (0′, 4′, 2′).
Tirs : Rouen 33 (12, 10, 11) ; Mulhouse 16 (5, 5, 6).

Évolution du score :
1-0 à 05’56 : Dusseau assisté de Nesa et Bedin
1-1 à 18’40 : Sevcenko assisté de Jurik et Vigners
1-2 à 20’50 : Sevcenko assisté de Vigners (sup.num.)
1-3 à 25’03 : Vigners assisté de Sevcenko et Onno
1-4 à 57’59 : Sevcenko assisté de Raux (but automatique)
1-5 à 58’17 : Downey assisté de Jurik

 

Rouen

Attaquants :
Joris Bedin – Nicolas Ritz – Vincent Nesa
Nicolas Deschamps – Juha Koivisto – Joël Caron
Loïc Lampérier (A) – Anthony Guttig (A) – Marc-André Thinel
Bastien Maïa – Maurin Bouvet – Julien Msumbu

Défenseurs :
Kévin Dusseau – Chad Langlais
Pierre Crinon – Mathieu Roy (C)
Florian Chakiachvili – Atte Mäkinen

Gardien :
Matija Pintaric (11 arrêts)

Remplaçant : Gaétan Richard (G).

Mulhouse

Attaquants :
Rolands Vigners – Milan Jurik (A) – Arturs Sevcenko
Corentin Cruchandeau – Colin Downey – Teemu Loizeau
Julien Munoz – Damien Raux (A) – Ivan Esipov

Défenseurs :
Hubert Genest (A) – Lucien Onno
Jerry Laasko – Vincent Melin
Jonathan Estienne – Andrei Esipov

Gardien :
Quentin Papillon (33 arrêts)

Remplaçant : Adrien Vazzaz (G). Absents : Josh Bowes, Connor Wilson et Tommy Besinger (non qualifiés), Samuel Rousseau, Kévin Hecquefeuille et Bryan Ten Braak (blessés).

 

 

 

 

 

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