Mulhouse – Briançon (Ligue Magnus, 14e journée)

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L’affiche de cette soirée oppose les deux équipes pronostiquées, durant l’intersaison, comme les deux plus faibles de la ligue. Elles ont notamment en commun d’avoir été passablement gênées dans leur validation par différents soucis, en particulier financiers. Leur recrutement a donc été plus que limité, puis contrôlé, c’est d’ailleurs pour cette même raison que les Scorpions alsaciens n’ont pu valider leurs trois recrues nord-américaines que tardivement, bien après le début de la saison.

Ceci dit, si Briançon éprouve toujours des difficultés à prendre des points (un seul à ce jour), force est de constater que les Alsaciens, eux, déjouent magistralement tous les pronostics puisqu’avant le début de cette partie, ils pointent en 5e place avec 21 points marqués en 14 matchs, le tout avec un effectif privé constamment d’entre 4 et 6 joueurs blessés, excusez du peu.

Attention toutefois à ce match-piège, les Diables Rouges voudront sans doute essayer d’effacer l’affront du dernier derby haut-alpin, récemment perdu à la maison contre le rival gapençais.

C’est pourtant Mulhouse qui débute tambour battant en se ruant d’entrée vers son ancien portier Jiri Blazek, mais le cerbère ne compte pas se laisser impressionner. Ses coéquipiers courbent patiemment l’échine et guettent l’occasion de lancer le moindre jaillissement. C’est d’ailleurs un de ces jaillissements qui est à l’origine de leur ouverture du score : un palet mal contrôlé à la bleue sur un powerplay alsacien installé, et Nicolas Ruel jaillit pour lancer Hugo Sarlin. L’ancien Bas-Rhinois gagne son duel contre Quentin Papillon, pas encore bien chauffé au niveau des tirs (0-1 à 5’05). Les Hauts-Alpins useront d’ailleurs de cette tactique durant tout le tiers, ce qui aura le don de contrarier pendant une petite dizaine de minutes le pressing des Scorpions, pas encore au point lors de leurs entrées en zone. Mulhouse tire pourtant beaucoup, mais souvent de loin, sans que les rebonds puissent être exploités, la faute à un positionnement défensif imperméable devant Blazek. Ce qui n’empêche pas le lutin Tommy Besinger de faire parler sa pointe de vitesse (6’39) puis sa technique sur deux autres actions consécutives, sans toutefois trouver les filets. La fin du tiers voit les Scorpions enfin redevenir plus pressants, sans toutefois qu’ils arrivent à se mettre à l’abri d’éventuelles escapades briançonnaises, dont l’une crée de nouveau le frisson dans les travées de l’Illberg.

La patinoire, plutôt bien remplie, attend donc une autre configuration, plus incisive, pour les 40 minutes à suivre. Et elle ne va pas être décue. Très rapidement, les deux voltigeurs Arturs Sevcenko et Rolands Vigners vont prendre les choses en main. Le premier feinte de près, puis décale, le portier briançonnais (1-1 à 23’25). On respire mieux sur le banc local, et c’est tout le contraire du banc alpin qui va commencer à subir singulièrement le tiers. Les deux Lettons éprouvent une nouvelle fois Blazek (27’10) avant que Vigners ne conclue d’une reprise au centre un contre turbo lancé par Sevcenko (2-1 à 28’33). Besinger n’est pas en reste, faisant de nouveau parler sa pointe de vitesse avant de rentrer en collision avec le portier visiteur (29’56). Dans la foulée, Blazek a tout juste le temps de reprendre ses esprits qu’Hubert Genest bute à bout portant contre lui (30’07). Ça sent le KO, tant les Briançonnais, dominés territorialement, éprouvent beaucoup de difficultés à sortir proprement de leur zone. Leurs jaillissements du premier tiers sont nettement plus étouffés, les alsaciens mettant un point d’honneur à relancer plus proprement… tout en remontant de façon ultra-rapide, à l’instar de de ce raid conclu victorieusement par Jerry Laakso, qui exploite le rebond de près d’un nouveau missile letton (3-1 à 34’29).

Pas le temps d’imaginer un retour des vestiaires plus revanchard des Alpins que Milan Jurik conclut une belle combinaison menée avec ses deux comparses Vigners et Raux (4-1 à 40’40), puis que Laakso y va de son doublé en conclusion d’une nouvelle remontée turbo… toujours du duo letton (5-1 à 43’40). Briançon est cuit à l’étouffée, agglutiné dans sa moitié de glace par cinq Mulhousiens qui font bien et rapidement circuler la rondelle, à l’instar de ce palet travaillé par Bryan Ten Braak puis Damien Raux, et finalisé de près par Teemu Loizeau (6-1 à 45’03). Connor Wilson, bien servi par Besinger, y va de son pressing (47’14) avant que l’inévitable Sevcenko ne prenne une nouvelle fois de vitesse toute la brigade (7-1 à 48’34).

Le temps mort demandé par Claude Devèze refroidit à peine les ardeurs locales. Même en infériorité, les Scorpions trouvent le moyen d’inquiéter Blazek sur un break de Ten Braak, contré illicitement par un cinglage de Kevin Igier (51’56). La partie a perdu toutefois en intensité, et en intérêt. Le coach briançonnais en profite pour faire jouer plus longuement sa 4e ligne, fougueuse et volontaire à défaut d’être précise, malgré des essais de Gibert et Ruel. C’est Mulhouse qui conclut le score lors d’un énième grigri « vigneresque » prolongé par Genest (8-1 à 53’03), le même Letton lançant une dernière fois son capitaine Jurik, mais Blazek ferme le rideau (57’50).

La lecture de ce compte-rendu ne laisse pas beaucoup de place aux Hauts-Alpins ! Le récit est pourtant à l’image de ce match, où ils ont fait illusion un tiers avant de s’écrouler progressivement sous les coups de boutoir des voltigeurs locaux, à commencer par les deux plus mulhousiens parmi tous les Baltes, chauds-bouillants ce soir.

L’absence de Lubomir Dinda, en défense, n’aurait pas forcément compensé un manque de percussion flagrant devant, où il manquait ce soir un chef, et ce malgré la bonne volonté des Fauchon, Campbell ou Ruel. La saison risque d’être longue (mais tout le monde le savait) du côté de René-Froger.

Mulhouse confirme être la bonne surprise du moment et en profite pour engranger un maximum de points. Tout ne fut pas exceptionnel ce soir, notamment un premier tiers crispé et manquant de précision, mais la combativité et l’application des joueurs est notable, la ligne des « cadres » fait largement honneur à son rang, et le reste de la bande suit dans le sillage… et dire qu’il manque au moins 3, voire 4, joueurs clés, encore blessés ou convalescents !

Récompensés à la fin du match : Hugo Sarlin pour Briançon et Arturs Sevcenko pour Mulhouse.

 

Mulhouse – Briançon 8-1 (0-1, 3-0, 5-0)
Vendredi 25 octobre 2019 à 20h à la Patinoire de l’Illberg. 1097 spectateurs
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Julien Peyre assistés de Charles-Édouard Salmon et Vincent Zede.
Pénalités : Mulhouse 6′ (0′, 2′, 4′) ; Briançon 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Mulhouse 56 (15, 24, 17) ; Briançon 25 (11, 8, 6).

Évolution du score :
0-1 à 05’05 : Sarlin assisté de Ruel (inf. num.)
1-1 à 23’25 : Sevcenko assisté de Vigners et Jurik
2-1 à 28’33 : Vigners assisté de Sevcenko
3-1 à 34’29 : Laakso assisté de Vigners et Sevcenko
4-1 à 40’40 : Jurik assisté de Vigners et Raux (sup. num.)
5-1 à 43’40 : Laakso assisté de Sevcenko et Vigners
6-1 à 45’03 : Loizeau assisté de Raux et Ten Braak
7-1 à 48’34 : Sevcenko assisté de Vigners
8-1 à 53’03 : Genest assisté de Vigners

Mulhouse

Attaquants :
Arturs Sevcenko – Milan Jurik (C) – Rolands Vigners
Bryan Ten Braak – Damien Raux (A) – Teemu Loizeau
Julien Munoz – Tommy Besinger – Connor Wilson
[Vigners] – Corentin Cruchandeau – Lauric Convert

Défenseurs :
Jerry Laakso – Vincent Melin
Hubert Genest (A) – Lucien Onno
Ivan Esipov – Andrei Esipov

Gardien :
Quentin Papillon

Remplaçants : Olivier Richard (G), Jonathan Estienne. Absents : Kevin Hecquefeuille (convalescent), Samuel Rousseau (commotion cérébrale), Colin Downey (commotion cérébrale), Josh Bowes (côte).

Briançon

Attaquants :
Fabien Metais – Felix Plouffe (A) – Mathieu André (C)
Lucas Bonnardel – Evan Richardson – Kyle Campbell
Hugo Sarlin – Quentin Fauchon – Felix Chamberland
Pierre Robert – Nicolas Ruel – Gauthier Gibert

Défenseurs :
Jiri Klimicek – Joey Raats
Loïc Chapelier – Sean Robertson
Kevin Igier (A) – Colin Morillon

Gardien :
Jiri Blazek

Remplaçant : Raphaël Sanyas (G). Absents : Lubomir Dinda, Thibaut Farina, Justin Valentino.

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