Brest – Cergy-Pontoise (Division 1, 6e journée)

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Brest dernier !

Dire que les Albatros sont à la peine cette saison est un euphémisme. Les Bretons abordent cette rencontre dans une position d’avant-dernier peu commune pour une formation brestoise largement habituée à occuper les hauts du classement. Totalement en déroute face à Angers en Coupe de France, le capital confiance n’est pas au beau fixe pour la réception de Cergy-Pontoise, gros club annoncé de la Division 1 et actuel dauphin de Caen.

En plus du forfait du défenseur Edgar Dikis, l’entraineur-joueur Nicolas Favarin doit se passer des services de Quentin Berthon en attaque. À la recherche de solutions susceptibles de créer un électrochoc, le coach local a de nouveau remanié ses lignes offensives qui peinent vraiment à convaincre.

Les deux équipes sont d’abord tour à tour sanctionnées d’une pénalité sans conséquence par un trio arbitral inédit à Brest (5’09’’ et 5’54’’). Comme on pouvait s’y attendre, les Jokers prennent le jeu à leur compte et inscrivent le premier but du match en supériorité numérique par Smith à la réception d’un palet rebondissant sur le poteau de Surek après un tir initial de Perl (0-1 à 12’58’’).

Brest a l’occasion de revenir sur la pénalité qui suit, une crosse haute du buteur Smith (15’). Gaëtan Cannizzo est à la réception d’une passe en profondeur, seul devant l’enclave de Chimienti. Sans doute peu habitué à être dans cette situation de jeu, il ne cadre pas son tir (15’30’’). Lorsque Bureau-Blais prend sa deuxième pénalité (15’35’’) c’est une occasion en or pour Brest de revenir à la marque avec une situation de 5 contre 3 pendant 1’25’’. La situation est très mal gérée par les locaux qui perdent un temps monstre à patiner dans leur zone défensive au lieu d’aller de l’avant. Un dégagement interdit est même sifflé à leur encontre. Ubuesque et surtout très peu propice à redonner de la confiance.

Globalement solide dans le premier tiers, Cergy-Pontoise n’a pourtant qu’une longueur d’avance. Les Jokers ne se montrent pas aussi fringants dans le tiers médian à l’image d’un Pierre-Charles Hordelalay (énervé après lui-même) qui effectue quelques mauvais contrôles ou fait les mauvais choix. Les visiteurs jouent un ton en-dessous et Brest se montre davantage présent. Mais tout cela reste bien stérile pour les Albatros malgré une volonté de bien faire évidente.

Offensivement, les Bretons déçoivent encore près une nouvelle crosse haute de Smith (34’06’’). Le jeu de puissance ne s’installe même pas. Et pourtant, défensivement, ils peuvent montrer de bonnes choses. C’est le cas en infériorité numérique sur une prison de Balaz où ils prennent efficacement à la gorge Cergy-Pontoise en mettant un gros pressing sur le porteur du palet (37’30’’).

Après du mieux dans cette deuxième période, le navire brestois prend l’eau dans la dernière période. Quelques mauvaises charges se produisent (sur Thos à 46’ et Lubin à 47’) mais le jeu se poursuit. Sur un contre assassin rondement mené, l’Américain originaire du Wisconsin, Austin Vieth, inscrit le but du break à une douzaine de minutes de la fin du temps réglementaire (0-2 à 47’58’’).

À nouveau, Brest ne profite pas de la supériorité numérique offerte dans la minute suivante (48’57’’). Le bilan est aussi désastreux que sur les mêmes situations de jeu précédentes avec au moins un tiers du temps passé en zone défensive et surtout aucun tir qui arrive jusqu’à Chimienti.

Le sort de la rencontre est scellé par un but contre son camp des Brestois qui met également fin aux encouragements du public. Un défenseur (ou bien Surek lui-même ?) détourne dans sa propre cage un lancer excentré (0-3 à 51’57’’).

Le quatrième clou planté dans le cercueil brestois est l’œuvre d’un ancien Albatros, Bastien Lardière en l’occurrence. Un tir en cloche totalement anodin atterrit juste devant Surek qui ne peut empêcher le puck de glisser entre ses jambières (0-4 à 57’11’’). Le gardien slovaque était masqué et n’a pas vu le palet partir. La rencontre se termine dans un silence glacial. Surek, fou de rage après le buzzer final, balance sa crosse par-dessus le plexiglas vers un mur. Ambiance, ambiance.

Troisième défaite en autant de matchs à domicile pour Brest. D’ordinaire, c’est le nombre total de défaites à la maison en une saison régulière complète que les Albatros subissent. On doute qu’ils n’en subiront pas d’autres d’ici la fin de saison dans l’état actuel des choses. Blanchis pour la deuxième fois de suite au Rïnkla Stadium (un autre élément inédit), les Albatros sont désormais derniers de Division 1 pour ce qui constitue le pire démarrage en championnat de l’histoire du club.

Pour se relancer des renforts paraissent indispensables. Les joueurs actuels ne sont pas passifs, loin de là. Ils travaillent et ne ménagent pas leurs efforts. Mais malgré un effectif pourvu de joueurs aguerris à ce niveau, leurs profils sont pour la plupart tournés vers la défensive. Les Quentin Jacquier, Nicolas Thos, Jonathan Avenel sont des joueurs de devoir mais en aucun cas des sérial-buteurs. Et le problème est qu’il n’y a justement personne à l’heure actuel pour endosser ce costume.

Dans cette surabondance de profils défensifs, on ne peut que constater l’inoffensivité actuelle des Albatros en attaque (un but inscrit en trois matchs). Les attaquants étrangers, sans être mauvais, sont peu nombreux et n’apportent pas le « plus » que l’on attend d’eux pour faire la différence à ce niveau. La dernière recrue Quentin Berthon a bien progressé durant ces dernières saisons en Ligue Magnus. Mais on lui demande désormais d’évoluer dans un rôle offensif, soit exactement l’inverse de ce qu’il faisait à Lyon. Des renforts sont évoqués depuis plusieurs semaines dans la presse mais rien n’est officialisé à l’heure actuelle.

Le déplacement chez le leader Caen ne prête guère à l’enthousiasme. Face à la meilleure défense du championnat, il sera difficile à l’offensive brestoise de se relancer. Cependant, il sera intéressant de voir le comportement des Albatros face à une équipe ayant un profil résolument défensif également.

Joueurs du match : Dominik Gabaj (Brest), Danny Smith (Cergy-Pontoise).

Brest – Cergy-Pontoise 0-4 (0-1, 0-0, 0-3)
Samedi 26 octobre 2019 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 672 spectateurs.
Arbitrage de Adrien Ernecq assisté de Johan Fauvel et Vincent Villard.
Pénalités : Brest 6′ (4’, 2’, 0’), Cergy-Pontoise 10′ (6’, 2’, 2’).
Tirs : Brest 17 (3, 8, 6), Cergy-Pontoise (9, 4, 9)

Évolution du score :
0-1 à 12’58’’ : Smith assisté de Perl et Corbett (sup. num)
0-2 à 47’58’’ : Vieth assisté de Smith et Corbett
0-3 à 51’57’’ : Kalter assisté de Montenoise et Da Costa
0-4 à 57’11’’ : Lardière assisté de Kluuskeri et Kalter

Brest

Attaquants :
Alex Corvi – Graham Avenel – Jonathan Avenel (C)
Nicolas Thos – Quentin Jacquier – Dimitri Motreff
Marcel Balaz – Dominik Gabaj – (Bernier ou Toukmatchev)
Anthony Laurent – Nathan Bernier – Serge Toukmatchev

Défenseurs (rotation à cinq)
Aurélien Gréverend (A) – Tomas Valecko
Gaëtan Cannizzo – Nicolas Favarin (A)
Oscar Conil

Gardien :
Martin Surek

Remplaçant : Julien Gaubert. Absents : Quentin Berthon, Edgars Dikis.

Cergy-Pontoise

Attaquants :
Pierre-Charles Hordelalay – Max Kalter (A) – Kevin Da Costa (C)
Alexandre Lubin – Danny Smith – Patrik Fransson
Kevin Lorcher – Timothée Franck – Austin Vieth
Lucas Herrera – [alternance Kalter/Fransson] – Bastien Lardière

Défenseurs :
Philippe Bureau-Blais – Derek Perl
Jeff Corbett – Toni Kluuskeri (A)
Antonin Marcelle – Arthur Montenoise

Gardien :
Lino Chimienti

Remplaçant : Pierre Pawelek (G). Absents : Liam Kerins, Mathieu Buttin.

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