Rouen installe le doute à Bordeaux

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Grosse pression à Mériadeck, où les Boxers de Bordeaux reçoivent des Dragons de Rouen, également dans une mauvaise passe en Ligue Magnus. Pour autant, si les Bordelais donnaient l’impression d’aller mieux récemment en championnat, l’élimination surprise à Clermont en coupe de France, suivie par une nouvelle défaite dans un derby face à Anglet a remis le doute dans le vestiaire.

Gagner ou s’enfoncer dans le doute. Dans le jeu, Bordeaux est bien mieux que l’an passé, et c’est bien un gros manque de réussite devant le but qui est la cause des maux actuels, réussite fuyante, mettant tout un staff, et un club en mauvaise posture. En recevant des Rouennais guère plus confiants après plusieurs défaites de rang, série tout juste stoppée, Mériadeck s’apprêtait à vivre une chaude soirée de presque Halloween, dans une patinoire pleine à craquer.

D’entrée, les Bordelais tentent de tester un Matija Pintaric plutôt hésitant. Alertant plusieurs fois le gardien rouennais sans pour autant que ce soit très périlleux, les Boxers effectuent une bonne entame malgré tout. Clément Fouqueret veille au grain, sans quoi Rouen aurait pu refroidir l’ambiance.

Les Boxers sont prévenus, il faut rester attentifs, car si les Rouennais ont connu quelques déconvenues récemment, Fabrice Lhenry et Marc-André Thinel confirment bien que l’accent a été mis « sur la solidité défensive avant tout, et prendre les chances quand elles se présentent ». Le programme est donc clair, les bases en premier.

« Marquer dans les moments forts »

Sur une des premières actions de la deuxième période, les Rouennais obtiennent une pénalité pour une crosse haute de Charles Eric Légaré, convertie rapidement par Chad Langlais dans le petit filet droit de Clément Fouquerel. Cueillis à froid, les Boxers réagissent et c’est un raz de marée qui déferle sur Matija Pintaric, ponctué comme souvent par un nombre important d’occases ratées. Tirs hors cadre le plus souvent, déviations sur lesquelles il manque un peu de réussite, les Boxers perdurent dans ce qui les embête depuis quelques semaines, traduire leur philosophie offensive par des buts.

Évidemment, Rouen finit par doubler la mise contre le cours du jeu par Kevin Dusseau, au demeurant particulièrement mobile sur cette rencontre. Jonathan Lessard aura bien une nouvelle occasion qui terminera au-dessus, même gêné par l’arbitre, avant qu’un surnombre ne vienne offrir une supériorité aux locaux, enfin convertie par Victor Barbero servi par Alex Ranger au second poteau.

Bordeaux respire, y croit, et pense avoir enfin ouvert les vannes. Rouen a du mal à enchaîner en attaque mais sait se montrer efficace dans les deux sens de la patinoire. Sur une incursion normande un peu désordonnée, les Dragons alertent Clément Fouquerel qui laisse un rebond et une cage vide, mais Matthias Arnaud se jette sur le palet pour sauver la patrie.

La fin du tiers voit les Rouennais plus incisifs, mais Bordeaux n’abdique pas et semble revigoré par ce but. À 1’23 du terme, Atte Mäkinen prend une pénalité pour obstruction, laissant Bordeaux évoluer en supériorité. Deux frappes de Ranger sont sauvées par le masque et le plastron du gardien slovène, et la période s’achève ainsi, avec des Dragons devant au score, qui sont parvenus à scorer aux moments opportuns, au contraire de Bordelais toujours dans le doute.

Toujours pas de réussite

En début de troisième, Joris Bedin se rend coupable d’un faire trébucher offrant une supériorité numérique à Bordeaux. Rien de concret pourtant, malgré des locaux qui continuent à investir la zone adverse sans concrétiser par des tirs dangereux. Sur une intervention litigieuse, Jonathan Janil écope de 2 minutes pour retenir, suivi par Aina Rambelo pour une deuxième faute bordelaise qui laisse les Boxers à 3 contre 5 pendant 20 secondes, puis à nouveau à 4 contre 5. Clément Fouquerel fait quelques parades, et François Paquin est envoyé à son tour en prison.

Les Boxers accumulent les fautes, et s’exposent à la sanction rouennaise. Les Normands ne feront pourtant rien des multiples surnombres offerts, mais c’est malgré tout en toute fin du dernier avantage numérique que Nicolas Ritz inscrira le troisième but des visiteurs sur une chevauchée fantastique, au milieu de plusieurs Bordelais n’osant plus intervenir. Après avoir joué au funambule entre les défenseurs des Boxers, il trouve une lucarne à l’issue d’une action magnifique. Un but tout en vitesse, évitement, et finesse pour conclure, enterrant les derniers espoirs de retour bordelais.

Encore 6’50 à jouer et 3-1 pour Rouen. « Fouquy » gardera bien les siens dans le match encore un peu, en sauvant des face-à-face, mais le temps s’écoule inexorablement vers une nouvelle déconvenue bordelaise. Les Rouennais, sans être spécialement imaginatifs ou largement supérieurs, ont su concrétiser à des moments importants, sur des bases solides surtout défensivement, contrairement à des Bordelais toujours aussi embêtés par un manque de réalisme criant.

Le doute bien installé

« Rendre le sourire à notre public » « Enfin gagner à domicile » Un sentiment partagé autant par Olivier Dimet que par Clément Fouquerel en après-match, plutôt minés par la situation, aux sentiments mêlés de frustration, de doute, et d’agacement. Bordeaux joue bien, et n’ayons pas peur des mots, joue mieux que les saisons précédentes.

Mais Bordeaux ne « marque pas plus d’un but par match » depuis quelques temps pour le gardien girondin. Si le coach a bien conscience que la réussite peut aller et venir dans le cours d’une saison, il y a malgré tout « un gros besoin de points ». Le « doute s’immisce dans le vestiaire » et s’il est impossible de remettre en cause « l’investissement des gars sur la glace », tant en match que pendant des séances d’entraînement où « ça travaille fort », l’heure est au doute.

Très touchés par le fait de ne pas parvenir à gagner à domicile, les Boxers continuent dans la spirale négative, et si la saison est encore longue, il sera l’heure d’un premier bilan après le week-end prochain pour potentiellement adapter un « système de jeu aux besoins de résultats ». Olivier Dimet, pas forcément convaincu du bien-fondé d’un changement, avoue malgré tout « ne pas être obtus » et s’entourera de l’organisation du club pour tirer les premières conclusions.

Toutefois, si la pilule a du mal à passer, que ce soit au niveau des joueurs ou des supporters, la réussite devant le but ne fuit pas une équipe une saison entière. Si la passade actuelle est réelle, et nocive, la trêve internationale peut faire du bien dans les têtes, et les semaines suivantes plus clémentes pour Bordeaux.

Le mot d’ordre est donc de « continuer à travailler » pour que la roue tourne le plus rapidement possible. Avec toutefois la réception des Brûleurs de loups grenoblois samedi soir, force est de constater que la fin de semaine devra être studieuse.
 

Bordeaux – Rouen 1-3 (0-0, 1-2, 0-1)
Mardi 28 octobre 2019 à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 3312 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion e Jérémy Rauline assistés d’Éric Briolat et Jérémy Poulain.
Pénalités : Bordeaux 20′ (2′, 4′, 6’+10′) ; Rouen 12′ (4′, 6′, 2′).
Tirs cadrés : Bordeaux 27 (13, 7, 7) ; Rouen 32 (10, 8, 14).

Évolution du score :
0-1 à 22’44 : Langlais assisté de Guttig et Bedin (sup. num.)
0-2 à 32’23 : Dusseau assisté de Caron et Deschamps
1-2 à 33’27 : Barbero assisté de Ranger et Poulin (sup. num.)
1-3 à 51’45 : Ritz assisté de Mäkinen et Crinon

 
Bordeaux

Attaquants :
Charles-Éric Légaré – Bostjan Golicic – Alexandre Ranger
Loik Poudrier – Félix Petit – Jonathan Lessard
Victor Barbero – Robin Colomban – Alexandre Mulle
Matthias Arnaud – Julien Guillaume – Jules Gallet

Défenseurs :
François Paquin – Marc André Levesque
Félix-Antoine Poulin – Maxime Moisand
Jonathan Janil – Aina Rambelo

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Julian Junca (G). Absent : Mitch Ferguson.

Rouen

Attaquants :
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig – Joël Caron
Loic Lamperier – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Bastien Maia – Maurin Bouvet – Bastien Zago

Défenseurs :
Chad Langlais – Kevin Dusseau
Pierre Crinon – Atte Mäkinen
Mathieu Roy – Florian Chakiachvili

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçant : Gaétan Richard (G).

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