L’équipe de France perd son premier match post-désastre

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Cinq mois après le désastre contre la Grande-Bretagne, l’équipe de France repart au combat. Après la relégation en division IA mondiale, la préparation sera plus courte au printemps (mais quand même pas de trois jours comme cela aurait pu être le cas avec le projet abandonné de changement de formule des play-offs de Ligue Magnus). L’heure n’est donc plus aux expérimentations : Philippe Bozon avait procédé à sa revue d’effectif à l’automne dernier, il présente désormais sa meilleure équipe possible. Tant mieux pour les spectateurs, qui sont quelques centaines, plus nombreux qu’on aurait pu le penser pour un match un jeudi après-midi sans le pays-hôte (la Lettonie).

La patinoire de Liepaja a la particularité d’avoir une petite glace, et les Bleus semblent prêts à y jouer un hockey très actif. Mikhaïl Zakharov, entraîneur controversé qui revient une troisième fois en tant que sélectionneur du Belarus, a commenté ainsi à Pressbol ses impressions après avoir observé la séance d’entraînement des Français : « ils sont rapides, ils jouent un hockey très actif, franchement je ne m’y attendais pas ». Il n’y a donc pas d’effet de surprise à voir les Bleus démarrer fort en pressant avec des présences courtes. Le premier tir cadré n’intervient qu’après trois minutes, mais il fait déjà mouche : Sacha Treille, laissé seul dans l’enclave, ouvre le score (1-0). Pendant six minutes, les Français dominent et les rouges plient.

À la septième minute, le momentum fait comme la fameuse routourne de Ribéry : il tourne. La première ligne biélorusse réussit une longue séquence en zone offensive, conclue par le premier tir notable de Stasenko. Florian Hardy est contraint à des arrêts de plus en plus dangereux, en particulier face à Martynov qui visait la lucarne opposée. Après douze minutes, le capitaine Andrei Kostsitsyn – encore rappelé en sélection même si sa carrière décline – commet une faute après avoir perdu le palet dans une phase offensive. Les Français ne réussissent aucun tir pendant leur deux minutes d’avantage numérique, tandis que Drozd réussit à garder le palet dix secondes dans leur zone face à deux blancs. Kostitsyn lance de la bleue après sa sortie de prison et donne le signal d’une fin de période au net avantage des Biélorusses. Hardy repousse en particulier un tir puissant de Znakharenko.

La deuxième période confirme que les Français ont perdu la clé de la routourne. Ce sont les rouges qui passent deux minutes presque essentiellement en zone offensive. Et quand ils s’en font sortir, c’est pour voir Lopachuk lancer Belevich et Demkov partir à 2 contre 1. Trompant le projugé sur les joueurs de l’est, Andrei Belevich choisit le tir et égalise. Une minute plus tard, nouvelle contre-attaque de Stefanovich et Kogalev : cette fois les passes latérales déplacent Hardy jusqu’à ce que Mikhail Stefanovich trouve l’ouverture (1-2). Les Bleus se font avoir par un troisième 2 contre 1, de Belevich et Kostistsyn, mais Hardy peut cette fois geler le palet avec l’aide de sa défense.

Un avantage numérique tricolore est avorté par une crosse haute de Gaborit. Après la mi-match, les Français redeviennent enfin dangereux. Cédric Di Dio Balsamo fait écran dans le slot et tente de dévier un tir lointain de Nicolas Ritz, puis c’est Chakiachvili qui réussit un bon lancer de la ligne bleue. Mais c’est encore le Bélarus qui creuse l’écart : Gotovets tire de la bleue et Nikolaï Suslo conclut un bon travail dans le slot. Crinon répond d’un coup de crosse sur les mains à un cross-check de Martynov : les deux joueurs sont pénalisés, mais Chakiachvili part sur le banc 22 secondes plus tard pour avoir retenu la crosse et la France joue à 3 contre 4. Les rouges s’installent mais n’obtiennent pas de tir.

Plus que vingt minutes pour que la France remonte un retard de deux buts. Damien Fleury gagne la mise au jeu, les Bleus partent aussitôt à l’attaque et Guillaume Leclerc excelle dans l’enclave treize secondes plus tard (2-3). Le jeu est équilibré jusqu’à une pénalité contre Fleury pour une charge incorrecte sur Gotovets. Le Bélarus joue pour la première fois durablement à 5 contre 4, et installe son jeu de puissance avec Andrei Kostsitsyn (qui ne joue presque plus en supériorité numérique au Dynamo Minsk) en artilleur à la ligne bleue. Hardy capte bien le missile. C’est ensuite Eryomenko qui fait trébucher Guttig : peu de danger hormis un tir en angle de Fleury, et les Français laissent même Lopachuk et Boyarchuk partir en contre en infériorité.

La meilleure occasion de la fin de match est pour Nicolas Ritz, mais il semble surpris que le palet lui parvienne et son tir est poussif. Les Bleus donnent tout et sèment enfin un peu de confusion dans la défense, mais dans la précipitation, leurs passes rapides sont parfois imprécises. Après le temps mort de Philippe Bozon à deux minutes de la fin, les deux sorties de Hardy sont vaines et Lopachuk termine en cage vide (2-4).

Les deux équipes jouent ensuite une séance de tirs au but d’entraînement… qui n’a même pas de vainqueur. Deux buts partout, avec un tir du poignet plein de sang-froid d’Anthony Rech et un bon mouvement de Fleury. Lecler n’a pas trouvé la faille entre les bottes, le revers de Bertrand a manqué de peu le cadre et Gaborit a perdu son duel face à Birkun. Hardy a encaissé un lancer de Kogalev entre les bottes et un beau tir de Belevich sous la barre.

La France pourra s’inspirer du Bélarus sur un point : il y a de la vie après la relégation. L’efficacité aux mises au jeu de Damien Fleury (17/22) sera la satisfaction du jour, et le capitaine est élu homme du match. Dans le camp adverse, cet honneur revient au défenseur Nikolai Stasenko, qui fait son grand retour en équipe nationale après deux saisons pleines où il était censé avoir refusé la sélection.

Désignés joueurs du match : Damien Fleury pour la France et Nikolai Stasenko pour le Bélarus.

 

France – Bélarus 2-4 (1-0, 0-3, 1-1)
Jeudi 7 novembre 2019 à 15h30 à la LOC Ledus Halle de Liepaja (LET). 350 spectateurs.
Arbitrage de Krišs Kupčus et Andris Ansons (LET) assistés d’Uldis Bušs et Viesturs Lēvalds (LET).
Pénalités : France 8′ (0′, 6′, 2′), Bélarus 8′ (2′, 4′, 2′).
Tirs : France 19 (3, 6, 10), Bélarus 35 (13, 15, 7).
Engagements : France 39 (6, 17, 16), Bélarus 27 (8, 12, 7).

Évolution du score :
1-0 à 03’14 : Treille assisté de Fleury
1-1 à 22’42 : Belevich assisté de Lopachuk et Brikun
1-2 à 23’53 : Stefanovich assisté de Kogalev
1-3 à 35’02 : Suslo
2-3 à 40’13 : Leclerc assisté de Fleury
2-4 à 59’12 : Lopachuk assisté de Drozd

France

Attaquants :
Sacha Treille (A) – Damien Fleury (C, 2′) – Charles Bertrand
Timothé Bozon – Anthony Guttig – Anthony Rech
Guillaume Leclerc – Nicolas Ritz – Robin Gaborit (2′)
Floran Douay – Eliot Berthon – Jordann Perret
Cédric Di Dio Balsamo

Défenseurs :
Hugo Gallet – Antonin Manavian (A)
Florian Chakiachvili (2′) – Maxime Moisand
Thomas Thiry – Pierre Crinon (2′)
Teddy Trabichet

Gardien :
Florian Hardy [sorti de 58’02 à 58’16 et de 58’55 à 59’12]

Remplaçant : Henri-Corentin Buysse (G). En réserve : Kévin Hecquefeuille, Peter Valier, Bastien Maia.

Bélarus

Attaquants :
Stanislav Lopachuk [puis Demkov à 20′] – Andrey Belevich – Andrei Kostsitsyn (C, 2′)
Mikhail Stefanovich – Sergey Drozd – Aleksandr Kogalev
Aleksandr Malyavko – Nikolai Suslo – Sergei Malyavko
Igor Martynov (2′) – Pavel Boyarchuk – Artyom Demkov [puis Lopachuk à 20′]

Défenseurs :
Vladislav Eryomenko (2′) – Dmitry Znakharenko
Andrei Antonov – Nikolai Stasenko (A)
Kirill Gotovets – Oleg Evenko (2′)
Sergey Bogoleisha – Evgeny Nogachev

Gardien :
Igor Brikun

Remplaçant : Konstantin Shostak (G). En réserve : Dmitry Ambrozheychik.

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