Projets de patinoires en France : le point complet

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La rentrée a été florissante avec les ouvertures de trois patinoires : une de dimension internationale à Angers (3536 spectateurs, accueil des Mondiaux féminins en avril prochain), une de dimension nationale à Dunkerque (1418 spectateurs) et une de dimension locale à Louviers (602 spectateurs). À chaque fois, ces bâtiments sont dotés de deux glaces : des pistes à vocation sportive dans les deux premiers cas, une petite piste uniquement ludique pour la ville normande, mais cela permet aussi un recours pendant les compétitions sportives.

Après ces trois belles réussites, qui remplacent des équipements vétustes, passons maintenant au coup d’après. Notre dernier « point-patinoires »  datait d’août 2018, voici une mise à jour la plus complète possible.

Les actualités d’Avignon

Tout d’abord, terminons le cas d’Avignon, évoqué l’an passé. 50 ans après sa construction, le fils du créateur de la patinoire a finalement vendu à un repreneur, Patrice Roux, un agent immobilier qui n’est autre que l’ancien secrétaire du club de hockey sur glace. Sa femme et son fils assureront la gestion. L’ancien « Palais de la Glace » de Saint-Chamand s’appelle désormais tout simplement « la patinoire », comme cela s’affiche sur sa façade, repeinte comme l’a été l’intérieur de l’édifice. Nouvelle surfaceuse, patins neufs en location, bar au look plus moderne… Sur la glace d’Avignon, on y danse tout en rond. Et le hockey sourit (les Castors sont invaincus dans leur poule de D3)

Deux remplacements de patinoire en Ile-de-France

Plus personne n’ignore le projet de nouvelle patinoire de Meudon – qui ouvrira à la rentrée 2020 – dans le cadre de l’éco-quartier, les ambitions affichées par le MHC l’ont rappelé si besoin aux plus distraits. (Sous le titre du présent article, la patinoire semi-enterrée en construction – photo Ville de Meudon).

Une autre construction de nouveau bâtiment avec maintien de l’équipement en phase transitoire (donc continuité essentielle pour les clubs) est programmée à Asnières dans les prochaines années. Le groupement mené par Eiffage Aménagement a même été lauréat de l’appel à projets « Inventons la Métropole du Grand Paris 2 » pour son projet « Figures Libres » qui intègre la nouvelle patinoire dans le quartier résidentiel en projet (avec un système de récupération de la chaleur produite par la patinoire afin d’assurer le chauffage des logements). Le point négatif est que les places en tribune seront drastiquement réduites (800). Il ne sera plus question d’accueillir l’équipe de France de hockey sur glace comme ce fut régulièrement le cas (mais cela n’aurait de toute façon plus été d’actualité avec l’Aren’Ice).

Voilà pour les poursuites d’activité et les modernisations, parlons maintenant des nouvelles implantations possibles pour le hockey sur glace français.

Beauvais, l’œuf ou la poule ?

Commençons par la certitude : une patinoire va bien ouvrir à Beauvais. C’est la nouvelle société Les Patinoires Modernes, dirigée par une famille de patineurs artistiques (les Halmaert), qui a été désignée attributaire de la délégation de service public pour 25 ans. Les travaux ont commencé dans le Parc Marcel-Dassault et la patinoire doit ouvrir dès décembre 2019. Elle aura une piste de 56 mètres sur 26, une tribune de 300 places et un snack-bar. Pour autant, pourra-t-elle accueillir du hockey sur glace ? La communication officielle relayée dans la presse dit que oui et parle de la pratique de tous les sports (patinage, curling et hockey)…

La retranscription du Conseil Municipal de novembre 2018 était plus ambigue. L’élu d’opposition M. Narzis, qui a fait partie de la commission DSP et a donc eu accès au dossier technique, pose franchement la question : « Vraiment, est-ce que la pratique du hockey est envisagée sur l’équipement ? Parce que ça suppose derrière, d’ailleurs c’est ce que dit le délégataire noir sur blanc dans ce rapport, ça suppose des investissements de la part de la Ville. C’est-à-dire qu’il demande une contribution de la Ville, il le dit clairement dans le rapport, pour l’adapter à la pratique du hockey. Donc où en êtes-vous de cette réflexion là-dessus ? Puisque manifestement vous, vous dites non, mais certains de vos élus font entendre que oui. » La réponse de Mme le Maire est la suivante : « Sur la vocation sportive, nous n’excluons absolument pas le hockey, sauf qu’il n’y a pas aujourd’hui d’équipe de hockey à Beauvais. C’est une première réponse, mais il n’y a aucune exclusion, on verra si cela fait partie d’une demande. »

On se retrouve un peu avec la question de l’œuf ou de la poule, car les clubs de hockey naissent généralement après la construction d’une patinoire adaptée… Qui ira porter la demande auprès des futurs élus ? Il faudra probablement une initiative locale de gens passionnés et persévérants…

Les images diffusées par la ville (ci-dessous) pour illustrer le projet de patinoire laissent le doute : on ne jouera pas au hockey au milieu de ces rambardes ouvertes potentiellement dangereuses, et il faut bien des travaux pour mettre en place des plexis… Et pour cause, ces rambardes sont directement inspirées de la patinoire Cyberglace de Monéteau (près d’Auxerre), piste de glace de dimensions normales qui, par sa conception, n’a jamais été homologuée pour la pratique du hockey sur glace même pour les enfants (il est simplement joué en loisir)… Un contre-modèle et une patinoire gâchée pour le hockey français.

PS important (7/11) : Thierry Voegeli du bureau d’études NewPatinAge qui pilote le projet beauvaisien nous confirme que des balustrades, plexis et filets réglementaires sont bien en cours de montage et que la patinoire sera homologuée y compris pour la pratique du hockey.

Dreux : c’est parti

Alors que l’Usine à Loisirs est en construction au nord de Dreux, le projet de patinoire, qui en est devenu autonome, a bel et bien lancé cet été après un moment. La ville a lancé un marché pour recruter un assistant à maîtrise d’ouvrage pour le montage technique, financier et juridique du projet, et elle en a fixé à cette occasion les grandes lignes : une piste de 58 mètres sur 28 et une capacité d’accueil pouvant être portée ultérieurement jusqu’à 600 places. Le calendrier prévu dans cette annonce programme l’attribution du contrat pour décembre 2020. Le temps que les travaux se fassent par la suite, 2022 semble une date raisonnable d’inauguration.

Et ce n’est pas tout car le mois d’octobre 2019 a été riche avec pas moins de deux lancements de projets similaires dans le Nord de la France… Il faudra maintenant qu’ils soient menés à leur terme (ce qui n’est pas toujours le plus facile avec les élections municipales au milieu).

Le Nord bientôt pavé de patinoires ?

C’est une reconquête car il s’est déjà écoulé douze ans depuis la fermeture de l’ancienne patinoire : la Mairie de Béthune vient de lancer une concession pour la construction et l’exploitation d’une patinoire sous la forme – un peu inédite pour ce type d’équipement – de SEMOP, c’est-à-dire en cofinancement et cogestion par la Ville et le futur partenaire à sélectionner. Ouverture annoncée fin 2022.

Deux semaines après Béthune, c’est l’Agglo de Douai qui lançait à son tour un marché public. Elle n’en est pour sa part qu’au rectrutement d’un asistant à maître d’ouvrage, comme Dreux : la patinoire doit être construite, de même qu’un boulodrome, dans l’éco-quartier du Raquet à Sin-le-Noble (le quartier est à cheval entre cette commune et Douai). Les élus parlent bien d’un projet adapté au hockey sur glace et évoquent une échéance à fin 2021.

L’année passée, la commune de Liévin lançait une étude de faisabilité pour la construction d’une patinoire. « Quand on demande aux jeunes ce qui manque, systématiquement, on me répond une patinoire », déclarait le Maire (Laurent Duporge) à La Voix du Nord à l’automne dernier. Plus de nouvelle depuis. Le lancement des projets par les deux agglomérations voisines (Douai et surtout Béthune, relativement proche) conduit-il les élus de Liévin à être plus attentistes ?

C’est sans compter sur le projet de seconde patinoire (en plus de celle de Wasquehal), toujours en réflexion au sein de la Métropole Européenne de Lille. Longtemps terre en friche, le Nord pourrait disposer dans quelques années d’un bon quadrillage de patinoires.

Les régions mortes

Toutes les régions ne peuvent pas en dire autant. Cherbourg en est toujours au point mort : l’exemple béthunois montrera-t-il aux anciens « Vikings » qu’il ne faut pas désespérer ? Et que dire de la Bretagne où, à côté de Brest et Rennes, il n’y a jusqu’ici que des petites pistes de 40 mètres sur 20 où l’on ne joue qu’un hockey embryonnaire. Le cas le plus emblématique est celui de Saint-Brieuc, où il y a un club très actif mais limité par ses infrastructures. Une pétition avait été lancée au début du mandat actuel pour que soit construite une glace aux normes, de 56 mètres sur 26. Douche froide l’an passé : on leur a répondu qu’il faudrait représenter leur demande en 2020. Les élections municipales permettront-elles de remettre le dossier sur la table dans ces villes ?

Feu vert à Saint-Étienne

Une enceinte adaptée, cela change tout. Les sports de glace ont toujours vivoté à Saint-Étienne parce que la patinoire n’était ouverte que six mois dans l’année. Le 3 octobre dernier, la Métropole a voté le projet de nouvelle patinoire olympique derrière la gare de Châteaucreux, le long de la troisième ligne de tramway : une piste olympique de 60×30, une seconde piste de loisirs d’au minimum 40 mètres sur 20, un budget total de 22 millions d’euros. Ouverture en 2023.

Seule métropole sans patinoire… plus pour longtemps ?

Le cas Saint-Étienne réglé, et sachant que les travaux de réhabilitation de la patinoire de la Garde (fermée pour raisons de sécurité) ont commencé pour permettre sa réouverture à la rentrée 2020, il reste une seule métropole française sans patinoire : le Grand Nancy. La vieille patinoire de 1969 au Parc des Expositions a fermé définitivement en 2017. Le président de la métropole André Rossinot déclarait l’an dernier à La Semaine « Si un promoteur assez solide portait une patinoire, ce serait bien. » On est pour l’instant dans l’attente d’investisseurs privés, mais le projet fait bien partie des ambitions de la métropole pour l’aménagement de la Plaine Flageul à Tomblaine (non loin du stade de football Marcel-Picot). Un projet qui point au moment où la patinoire de l’éternelle ville rivale Metz est en pleine redynamisation (avec l’inscription du club de hockey local en D3 cette saison).

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