France – Bélarus (tournoi EIHC de Budapest, finale)

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La jeune équipe de France se retrouve en finale du tournoi face au Bélarus, et elle fait face là à un très gros morceau. L’entraîneur adverse Mikhaïl Zakharov a en effet réaffirmé que son objectif était de gagner le tournoi, qu’il ne venait pas pour perdre. Contrairement à Philippe Bozon, il a donc amené sa meilleure équipe possible, avec des joueurs à la très grande expérience, y compris les naturalisés Platt et Bailen. Une véritable armada à côté de la jeunesse tricolore. Pour autant, les Biélorusses ne se sont qualifiés que de justesse : face à la Corée du sud (qui les avait battus aux derniers Mondiaux de D1A), ils ont dû remonter deux buts de retard dans les quatre dernières minutes pour s’imposer 6-5 sur un but en prolongation de Stefanovich.

Le Bélarus se montre très agressif dès le coup d’envoi. Les Bleus sont asphyxiés par le forechecking et rencontrent un fort impact physique. Thomas Thiry est pénalisé pour obstruction sur une forte séquence des blancs dans les bandes, puis Enzo Guebey dégage un palet hors de la glace et le rejoint en prison. La France doit donc jouer à 3 contre 5 pendant 1’19, mais le trio Crinon-Bourgeois-Colotti fait bloc admirablement. Après cette belle résistance, les Français connaissent quelques séquences à mi-période en zone offensive, mais ils finissent bientôt de nouveau par patiner après le palet face à la maîtrise technique biélorusse.

Alors que Nesa est en prison pour un cinglage en zone offensive, Mermoux, Bourgeois, Colomban et Koudri subissent une présence de plus d’une minute dans leur zone en infériorité numérique. Adel Koudri se jette pour tenter une interception mais se blesse en trébuchant sur la crosse de Nick Bailen qui a réussi à faire tourner le palet. Il a du mal à rejoindre son banc en boîtant, et Farnier n’a donc pas le temps de rejoindre ses collègues fatigués qui défendent à trois… et encaissent logiquement un but sur un tir en pivot d’Andrei Kostsitsyn (0-1). À l’instar de l’ancien joueur de NHL, le métier aura fait la différence. Une dernière action de Bodganoff avant la pause donne un peu d’espoir pour la suite, même si son revers est bloqué par Osipkov.

Alors qu’on pourrait craindre le pire pour la deuxième période du fait de l’éloignement des bancs, l’équipe de France rivalise en fait bien mieux. Peu après la mi-match, Kazarine et Matima font un bon effort dans les duels pour maintenir le palet en zone offensive, et Fabien Kazarine donne en retrait à Robin Colomban, entre les cercles, qui marque malgré (ou à cause de) deux défenseurs qui se couchent devant le tir (1-1). Fabien Colotti est pénalisé une minute plus tard, mais en infériorité, l’inévitable Colomban – pas rassasié par ses trois buts en deux jours – contre un palet de Shinkevich et s’échappe : le défenseur biélorusse l’accroche et l’arbitre accorde un tir de pénalité. Malheureusement, Colomban met alors moins de vitesse dans une tentative de pénalty « touristique » qui lui fait visiter la balustrade gauche par le chemin le plus long. Son échec – tir du revers dans les bottes du gardien – paraît assez prévisible. C’est le moment-clé. Trente secondes plus tard, Kostistsyn ajoute un deuxième but d’un lancer à mi-distance. Puis dans la foulée, la circulation de palet biélorusse perd Mermoux et la défense française, permettant à Artyom Demkov de marquer sur une passe de derrière la cage de Sergei Malyavko (1-3).

Même s’ils ont pris un petit coup sur la tête, les Bleus abordent la dernière période avec le bon esprit. Ils passent tout de suite à l’offensive et un lancer de la ligne bleue d’Enzo Guebey, dévié au passage par un Biélorusse, trompe Osipkov (2-3). Le Bélarus essaie de réagir par un tir du revers en pivot de Sergei Malyavko. Le jeu est plus ouvert et les occasions sont partagées. Une magnifique passe aérienne du capitaine Thomas Thiry envoie Rémi Colotti en breakaway, mais il échoue face au gardien Aleksandr Osipkov. Les Bleus sont incisifs et essaient de provoquer leur chance. Même pendant que Julien Guillaume est en prison, Vincent Nesa intercepte une passe de Bailen en zone neutre et part en contre, butant lui aussi sur le gardien. Ce bel allant tricolore ne sera toutefois pas couronné à une égalisation.

Le Bélarus a rempli son objectif et gagné le tournoi. Mais l’équipe de France a largement rempli son propre objectif, mettre le pied à l’étrier à la nouvelle génération. Dans cette fin de match, les jeunes Français ont été dynamiques, enthousiastes… et enthousiamants. On a l’impression qu’ils ont vécu un apprentissage en accéléré. Ils se sont progressivement habitués au rythme – le vrai rythme international si différent des rencontres précédentes – et ont su hisser leur niveau à celui de leur adversaire.

Désignés joueurs du match : Sebastian Ylönen pour la France et Andrei Kostitsyn pour le Bélarus.

France – Bélarus 2-3 (0-1, 1-2, 1-0)
Samedi 14 décembre 2019 à 19h30 au Vasas Jégcentrum de Budapest. 210 spectateurs.
Arbitrage de Miklós Haszonits et Zombor Pálkövi (HON) assistés de Dániel Soós et Lim Jung Shao.
Pénalités : France 10′ (6′, 2′, 2′) ; Bélarus 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : France 24 (2, 9, 13) ; Bélarus 40 (20, 14, 6).

Évolution du score :
0-1 à 17’07 : Kostitsyn assisté de Platt et Bailen (sup. num.)
1-1 à 31’49 : Colomban assisté de Matima et Kazarine
1-2 à 34’36 : Kostitsyn assisté de Bailen (sup. num.)
1-3 à 35’31 : Demkov assisté de S. Malyavko et Bogoleisha
2-3 à 41’15 : Guebey assisté de Colomban

France

Attaquants :
Thomas Suire – Fabien Colotti (2′) – Vincent Nesa (2′)
Loïc Farnier (-1) – Kévin Bozon (+1) – Robin Colomban (+2)
Rudy Matima – Malo Ville (-1) – Adel Koudri
Fabien Kazarine (+1) – Maurin Bouvet (+1) – Julien Guillaume (2′)
Lou Bogdanoff (+1)

Défenseurs :
Pierre Crinon – Fabien Bourgeois
Vincent Melin – Thomas Thiry (C, 2′)
Axel Prissaint (+1) – Enzo Guebey (+1, 2′)
Clément Mermoux (-1)

Gardien :
Sebastian Ylönen [sorti à 59’43]

Remplaçant : Quentin Papillon (G). En réserve : Enzo Cantagallo, Bastien Maia.

Bélarus

Attaquants :
Andrei Kostistyn (A) – Sergei Drozd (-1) – Geoff Platt (-1)
Mikhaïl Stefanovich (-1) – Evgeni Korvyshin (-1) – Dmitri Buinisky (-1)
Artyom Kisly – Aleksandr Kitarov (2′) – Aleksandr Kogalev
Sergei Malyavko (+1) – Pavel Boyarchuk (+1) – Artyom Demkov (+1)

Défenseurs :
Nikolai Stasenko (C, -1) – Nick Bailen
Kristian Khenkel (-2, 2′) – Ilya Shinkevich (A, -1)
Kirill Gotovets – Dmitri Znakharenko
Oleg Yevenko (+1) – Sergei Bogoleisha (2′)

Gardien :
Aleksandr Osipkov

Remplaçant : Igor Brikun (G).

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