La Russie est-elle à court de relève ?

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La Russie est le seul pays à aligner régulièrement deux équipes nationales, dont une Russie dite « olympique » qui est censée préparer l’avenir. C’est normalement l’occasion pour ce pays de démontrer son immense réservoir. Mais justement, celui-ci n’est-il pas en train de se tarir ? Normalement, les résultats de l’équipe olympique n’éveillent qu’un intérêt distrait au pays. Mais cette fois, la claque reçue face à la Suisse en finale du « NaturEnergie Challenge » a fait frissonner les observateurs.

Cette défaite arrive en effet au moment même où les observateurs pointaient que l’équipe A était à bout de souffle. Avec l’instauration du plafond salarial en KHL, les joueurs majeurs qui avaient été retenus avant les derniers Jeux Olympiques (Sorokin, Kaprizov, Grigorenko…) vont tous partir en NHL. Ceux qui restent ne sont pas aussi dominants. Les Russes étaient les grands favoris du dernier tournoi olympique, et avaient assumé leur statut. Le prochain tournoi aux JO de Pékin risque de se dérouler dans un contexte similaire à celui de Pyeongchang, c’est-à-dire sans joueurs de NHL et sous la bannière « Athlètes olympiques de Russie » : récemment suspendue quatre ans de plus par l’Agence mondiale antidopage dans tous les sports olympiques, la Russie ne pourra toujours pas évoluer avec son hymne et son drapeau, même si ses sportifs au casier vierge pourront bien participer. Mais cette équipe olympique russe de 2022 sans joueurs NHL peine à se dessiner et ne paraît pas du tout au niveau de sa devancière…

Dès le début du match, les Russes se font presser sur leur cage par l’équipe helvétique, même s’ils restent dangereux en contre-attaque. En dominant territorialement, la Suissse est récompensée par un but sur engagement : mise au jeu gagnée par Tanner Richard et palet transmis par Tristan Scherwey à Thomas Ruefenacht qui place un tir hors de portée de Tikhomirov. La comparaison succesive des jeux de puissance est aussi sans appel : pas de danger russe, alors que Romain Loeffel double de son côté le score à 2-0. Mikhaïl Kotlyarevsky a l’occasion de réduire la marque sur une contre-attaque, mais il frappe le poteau.

La leçon continue en deuxième période. La deuxième supériorité numérique suisse est elle aussi convertie, par Vincent Praplan sur passe de Dominik Egli. La Nati n’est pas souveraine car elle laisse toujours quelques contres, mais son gardien Melvin Nyffeler – qui a remplacé Berra forfait pendant la semaine – s’impose même sur un 2 contre 0 à la dernière minute avant la pause et reçoit une belle standing ovation du public viégeois.

Le match vire carrément à la punition au troisième tiers. Sauvé par sa barre transversale sur un tir de Noah Rod bien servi par Marti, le gardien Andrei Tikhomirov s’incline une quatrème fois sur un lancer de Romain Loeffel depuis le haut du cercle gauche, dans le haut du filet : il laisse alors sa place à son remplaçant de 2m02 Ivan Fedotov… qui encaissera lui aussi quatre buts, mais en à peine un quart d’heure. Il est encore froid quand Alessio Bertaggia le bat en cage ouverte sur une passe parfaite d’Ambühl. Puis il encaisse deux autres buts – des tirs du poignet à 5 contre 5 cette fois – de Loeffel, auteur d’un quadruplé assez improbable pour un défenseur en match international. À ce stade, Fedotov a concédé trois palets dans ses filets sans même avoir arrêté un seul tir !

Humiliée 7-0, la Russie sauve l’honneur par Oleg Pogorishny, d’un tir lointain qui passe entre les jambières de Nyffeler, et par Aleksandr Dergachyov, dans une action confuse mais sans obstruction sur le gardien d’après le recours à la vidéo. Fedotov fait enfin ses premiers arrêts, avec une belle mitaine devant Andrighetto, mais la comparaison des gardiens est nettement favorable à la suisse : Nyffeler signe un superbe arrêt en bloquant le revers de Kodola sur un breakaway, alors que le géant de Chelyabinsk se met pour ainsi dire un dernier but contre son camp sur un palet envoyé sans angle depuis la ligne de fond par Tristan Scherwey.

La Russie a été proprement humiliée. Même son entraîneur Oleg Bratash ne voulait pas voir ça et est même un temps rentré dans son vestiaire !

Désignés joueurs du match : Ivan Igumnov pour la Russie et Romain Loeffel pour la Suisse.

 

Suisse – Russie B 8-2 (2-0, 1-0, 5-2)
Vendredi 13 décembre 2019 à 19h45 à la Lonza Arena de Viège. 3844 spectateurs.
Arbitrage de Marc Wiegand et Michael Tscherrig (SUI) assistés de David Obwegeser et Balazs Kovacs (SUI).
Pénalités : Suisse 10′ (4′, 4′, 2′) ; Russie B 24′ (2′, 8’+10′, 4′).
Tirs : Suisse 33 (10, 11, 12) ; Russie B 26 (6, 9, 11).

Évolution du score :
1-0 à 07’05 : Ruefenacht assisté de Scherwey et Richard
2-0 à 12’50 : Loeffel assisté de Suter et Corvi (sup. num.)
3-0 à 29’03 : Praplan assisté d’Egli et Ambühl (sup. num.)
4-0 à 46’24 : Loeffel assisté d’Untersander et S. Moser (sup. num.)
5-0 à 47’41 : Bertaggia assisté d’Ambühl et Untersander
6-0 à 49’03 : Loeffel assisté de Praplan
7-0 à 51’27 : Loeffel assisté d’Ambühl et Praplan
7-1 à 52’06 : Pogorishny assisté d’Altybarmakyan
7-2 à 53’38 : Dergachyov
8-2 à 59’40 : Scherwey assisté de Praplan

Suisse

Attaquants :
Simon Moser (C) – Enzo Corvi – Sven Andrighetto
Tristan Scherwey (+2) – Pius Suter (+2) – Vincent Praplan (+3)
Alessio Bertaggia (+1) – Tanner Richard (-1) – Thomas Ruefenacht (-1, 2′)
Andres Ambühl (A, +2, 2′) – Noah Rod (4′)

Défenseurs :
Philippe Furrer (+1, 2′) – Roman Untersander (+1)
Christian Marti – Roger Karrer
Romain Loeffel (+3) – Dario Trutmann (+2)
Michael Fora (A) – Dominik Egli (-1)

Gardien :
Melvin Nyffeler

Remplaçant : Robert Mayer (G). Non utilisé : Denis Hollenstein.

Russie olympique

Attaquants :
Alexander Dergachyov (2′) – Ivan Igumnov (C, -1) – Semyon Koshelev (+1)
Pavel Kudryavtsev (+1) – Alexey Byvaltsev (-1, 2′) – Sergei Tolchinsky (A, -3)
Artur Kayumov (-2) – Vladislav Kodola (A, 2′) – Andrei Altybarmakyan (4′)
Mikhail Kotlyarevsky (-1) – Artyom Galimov (-1) – Maksim Tsyplakov (-1, 2′)

Défenseurs :
Damir Sharipzyanov (-4) – Ziyat Paygin (-3)
Andrei Yermakov – Yegor Voronkov (+1, 2’+10′)
Ilya Karpukhin – Nikolai Demidov (+1)
Artyom Alyayev (-1) – Oleg Pogorishny

Gardien :
Andrei Tikhomirovv puis à 46’24 Ivan Fedotov

Non utilisés : Ilya Konovalov (G), Nikolai Kovalenko.

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